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5 octobre 2017 4 05 /10 /octobre /2017 15:41

Europe: le courant porte à droite...

 

L'analyse des discours guerriers de Donald Trump révèle une nouveauté par rapport à ses prédécesseurs: l'arme atomique n'est plus un moyen de  dissuasion, une perspective tellement terrifiante qu'il faut absolument éviter d'y avoir recours, mais elle entre dans une sorte de normalité, elle est utilisable !

 

 Face à un petit pays comme la Corée du nord, Trump est entré parfaitement dans le jeu des matamores en charge de ce régime, évoquant la possibilité d'un anéantissement  qui signifierait la mort de millions de gens. La guerre atomique banalisée: voilà la géniale innovation verbale du locataire de la Maison Blanche! Imagine-t-on un tel personnage, au lieu de J.F. Kennedy, dans la crise des missiles de Cuba ?

 

C'est sur le problème climatique que Trump s'est révélé le plus réactionnaire et anachronique. En retirant les Etats-Unis du protocole de Paris sur le climat (bien insuffisant), et alors même que le Texas subissait ouragans et inondations, il a montré son déni de réalité face à la communauté scientifique mondiale. Au titre de quelques emplois dans le secteur minier traditionnel, ce nationaliste américain du dix-neuvième siècle s'est mis en rupture du sens commun.

 

Les responsables de son administration passent d'ailleurs leur temps à recadrer ses propos, et presque à le corriger, lui et ses tweets. L'administration républicaine est passablement chaotique, tiraillée entre des courants contradictoires. Face à l'Iran, bête noire de Trump, sa seule pensée est de défaire le patient travail d'Obama pour limiter les ambitions nucléaires de Téhéran...

 

Allemagne: la chancelière Merkel déstabilisée

 

Le surgissement en Allemagne d'un parti de la droite dure, nationaliste, hostile à l'Europe, xénophobe, ne devrait pas surprendre outre mesure, si l 'on considère ce qui se passe ailleurs, à commencer par la France et son Front national. Mais, s'agissant de l'Allemagne et de son sinistre passé nazi, ce parti A.f.D. retient davantage l'attention, avec ses 12% et ses 94 élus au Bundestag.

 

 Parallèlement, les grands paris traditionnels enregistrent de forts reculs, le SPD optant pour une cure d'opposition, ce qui oblige la chancelière Merkel à négocier une majorité improbable  englobant des libéraux eurosceptiques et les écologistes du bord opposé.

 

Le réalisme le plus élémentaire commande de voir dans ce glissement à droite, au premier chef, l'effet de la peur devant le phénomène migratoire. Une peur savamment entretenue dans les médias, au mépris des chiffres: un Etat de 82 millions d'habitants, à la population vieillissante, peut absorber ce million de réfugiés ou de migrants économiques tant reproché à la chancelière.

 

Pourquoi ?

 

 L'Europe demeure, pour des centaines de millions de déshérités, un Eldorado qu'il faut atteindre à tout prix, même au risque de sa vie (Pour les migrants, la traversée de la Libye est un cauchemar).

 

Le premier constat qu'il faut faire est que cette situation consacre l'échec complet de "l'aide au développement" chichement octroyée pendant un demi siècle, souvent détournée par des autorités corrompues, ou vampirisée par les sociétés multinationales. Faute de canaux aptes à réguler ce flux migratoire, de plus en plus impérieux et géré par des maffias de passeurs, faute aussi de politique européenne bien coordonnée, ce flot n'est pas près de se tarir...

 

 

Robert Falony

 

 

 

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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 17:28

 

 

Armes nucléaires: gare aux gorilles ! 

 

 

En aout 1945, le monde sortait d'une effroyable guerre mondiale en entrant dans une ère nouvelle encore plus terrifiante: avec l'exécution par la bombe atomique des deux villes japonaises d'Hiroshima et Nagasaki, ce qui fit du président Truman un des grands criminels  de guerre du vingtième siècle. Le militarisme japonais était alors à bout de souffle, et pouvait être vaincu par d'autres moyens.

 

 

L'humanité savait désormais qu'elle pouvait disparaitre dans le feu atomique. Une fois sorti de sa cachette, le mauvais génie ne devait plus y rentrer. Ce fut l'époque des essais nucléaires dans l'atmosphère, avant qu'une technologie plus avancée ne permit de les réaliser par voie souterraine. Mais surtout, le nombre des détenteurs de l'armement nucléaire dépassa vite le cercle des cinq "Grands": s'y ajoutèrent l'Inde et le Pakistan, surement Israël, tandis que la tentation grandissait, parmi les puissances "secondaires" de s'approprier ce signe suprême de la "souveraineté nationale". Les tensions de la guerre froide mirent la planète au bord de la catastrophe lors de la crise des missiles de Cuba.

 

 

Le traité de non prolifération nucléaire

 

 

Entretemps, les forces agissant pour la paix mirent au point le traité de non-prolifération nucléaire, devenu à partir de 1968 un "must" de la politique de sécurité. Passer outre demeure cependant une tentation, notamment pour un pays comme l'Iran, véritable puissance régionale.   L'habileté diplomatique de l'administration Obama permit d'aboutir à un accord suspensif.

 Avec Donald Trump, un nationaliste primaire qui a pour vocation de susciter des troubles aux quatre coins du monde, tout cet acquit peut être remis en  question. On le voit bien avec les tensions autour de la Corée du nord.

 

Corée: un foyer de troubles permanent...

 

En 1945, l'entrée tardive de l'URSS dans la guerre contre le militarisme japonais permit à Staline de s'assurer d'un gage géographique: la partie nord de la Corée. Celle-ci demeure  le seul pays au monde qui reste divisé depuis 1945, et qui fut en proie de 1950 à 1953 a une guerre opposant les Etats-Unis et le camp russo-chinois, conflit se soldant par un match nul: le trente huitième parallèle divise toujours la Corée en deux camps surarmés. Depuis la fin de la division de l'Allemagne, c'est une situation unique.

 

Etrange régime que celui de la Corée du nord! Il est aux mains d'une famille qui exerce un pouvoir absolu, une sorte de stalinisme à l'asiatique. Il s'est émancipé de la Chine, qui doit subir ce voisin remuant tout en étant obligé de lui assurer une certaine protection.

 

L'ambition affichée par les dirigeants nord-coréens de se rendre invincibles par la détention de fusées à longue portée, bref d'entrer dans le "club nucléaire", parait de plus en plus évidente. Le Conseil de Sécurité des Nations-Unies a beau la condamner à l'unanimité, sans veto russe ou chinois, le "génial leader" Kim Jong Un continuera à brandir ses missiles, de concert avec Donald Trump. Tous deux font penser à des gorilles se frappant le torse pour montrer leur force.

 

 D'autre part, les manœuvres militaires conjointes américaines, japonaises et sud-coréennes  ne sont certainement pas le meilleur moyen d'assurer une détente dans la région.                                                                                  

Les seules pressions qui peuvent amener la Corée du nord à modérer sa frénésie nationaliste et guerrière sont sans doute d'ordre commercial. Mais le pire n'est pas impossible: c'est une zone à haut risque.

 

 

 

Robert Falony

 

 

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10 août 2017 4 10 /08 /août /2017 09:43

 

 

 

La social-démocratie: le déclin ou la débâcle ?

 

S'il fallait s'en tenir à la situation belge, on devrait parler de débâcle pour le P.S.: les affaires Publifin à Liège, la chute de la maison Mayeur à Bruxelles (par analogie avec un conte fantastique..), la révélation des abus de pouvoir et de rémunérations liés aux mandats dérivés et aux cumuls -seul le décumul intégral est garant de démocratie- tout cela a facilité le tournant à droite du CDH, qui va désormais gérer la Wallonie avec un MR complice de la NVA au niveau fédéral. S'il y avait des élections aujourd'hui, le PS serait laminé, le PTB pourrait faire jeu égal avec lui.... Un Magnette sauve l'honneur.

 

Ailleurs en Europe, la situation est plus diversifiée. Mais en France, le parti socialiste a été victime de l'aspirateur Macron, le candidat du PS à l'élection présidentielle n'a obtenu que 6,35% des suffrages. Benoit Hamon, il est vrai, n'a guère été assisté par les Hollande et les Valls, comptables des cinq années de la législature, et qui ont préféré se  tourner vers la droite que de servir un "frondeur". En outre, il devait composer avec la "France insoumise" de Mélenchon, nullement adepte des alliances et très porté sur son égo...

 

La social- démocratie allemande, associée aux affaires, ne paraît pas pouvoir  renverser le monument qu'est la chancelière Merkel lors des élections de cette année. Aux Pays-Bas, le parti travailliste a été maltraité lors du dernier scrutin. En Espagne, la concurrence de Podemos nuit au PSOE, et l'inertie qui en résulte maintient au pouvoir un Rajoy minoritaire. En Italie, le populisme incarné par Grillo brouille la situation. En Grande-Bretagne, le Labour a toute sa chance avec le charismatique Jeremy Corbyn, en dépit des barons du  parti et grâce à la désastreuse Theresa May.

 

Des causes d'ensemble...

 

Il faut quand même rechercher des causes d'ensemble pour expliquer ce tableau. Avant ce qu'il est convenu d'appeler la crise (Retenons celle de 2008!) la mission historique de la social-démocratie était d'assurer une répartition moins inégalitaire des fruits de la croissance. Depuis que celle-ci est devenue anémique par rapport aux "belles années", les couches défavorisées subissent de plein fouet une politique budgétaire faite de restrictions. Elles ont sous les yeux le spectacle d'une richesse insolente et arrogante, si bien incarnée par un Donald Trump. Elles se détournent donc d'une social-démocratie qui ne les protège plus comme avant. En France, ce qui était jadis l'électorat communiste est passé en partie au Front national.

 

La gauche classique n'apporte pas non plus de réponses aux questions les plus cruciales. Elle est incapable de combattre efficacement la fraude fiscale. Aborder le sujet de la célèbre taxe de Tobin sur les transactions financières est devenu une véritable plaisanterie. C'est une taxe introuvable. 

 

Face au gigantesque problème de la dégradation climatique, la social-démocratie est en concurrence avec les partis écologistes, eux-mêmes dans l'embarras face à des lobbies comme celui de l'automobile. Le capitalisme, avec sa société de consommation à outrance, fait vivre l'humanité a crédit, comme titrait le journal "Le Monde" du 2 août: à cette date, l'humanité avait déjà consommé toutes les ressources naturelles que la planète peut normalement produire en une année. Et cette date survient de plus en plus tôt...

 

Le système économique dominant, imposé aux peuples,  prépare un avenir désastreux.

 

                                                                                      

Robert Falony

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4 juillet 2017 2 04 /07 /juillet /2017 21:09

 

 

 

Macron: une aventure libérale

 

 

Comment un homme quasiment inconnu il y a deux ans a-t-il pu devenir président de la République française en deux temps et trois mouvements? Avec une majorité absolue à l'assemblée nationale? Faut-il voir dans cette ascension une illustration de la propension des masses à chercher l' homme providentiel s'il s'en présente ? A le porter au pinacle ?

 

Il y a de cela: l'effondrement des vieux partis, de la droite républicaine comme de la gauche socialiste, témoigne d'un évanouissement de la démocratie bourgeoise classique: ils se sont par trop discrédités. 

 

 

Le chef de l'Etat aurait pu s'appeler Fillon. Ce nom incarne précisément ces combines affairistes qui, en Belgique aussi, suscitent, les médias aidant, le rejet de la "classe politique" par la population. Il suffit alors qu'un bateleur se présente, s'affirmant "ni de gauche  ni de droite". Un bateleur, parce qu' Emmanuel Macron pratique au plus haut degré la langue de bois. Les chroniqueurs politiques décrivent un homme épris du secret, qui veut tout contrôler, servi par un entourage  dévoué servilement à son  chef d'entreprise, ex-banquier et haut fonctionnaire.

 

 

Les chiffres rapetissent Macron.

 

 

 Mais la France, dans la vieille tradition bonapartiste, s'est-elle vraiment "donnée" à Macron? Les chiffres le démentent absolument. Il y a d'abord cette énorme masse d'absentions, près de la moitié des électeurs inscrits. Quelle démission, quel vide de la représentation !

 

 

Et puis les chiffres le rapetissent: au premier tour de l'élection présidentielle, il est arrivé en tête avec 23,86%, soit 2,43% de plus que Marine Le Pen, suivie de Fillon et de Mélenchon. Quatre blocs de l'ordre des vingt pour cent! Mais le système électoral majoritaire à deux tours opère des miracles. Au second tour, et contre Marine Le Pen, l'ovni Macron passait évidemment à 66%.   

 

 

Dès lors, les jeux étant faits, et pour "être gouvernés", les électeurs ont envoyé une majorité LRM à la nouvelle assemblée nationale:  soit 356 sièges (LRM et Modem) sur 577, contre 136 pour la droite classique, 38 pour le PS et 29 pour la gauche radicale. Le Front national a fait passer dix élus.

 

 

Un style monarchique

 

 

D'emblée, "la République en marche" est manifestement en marche vers un système hyper-présidentiel. On invoquera le général De Gaulle: mais il avait son domaine réservé, et laissait "l'intendance" à ses ministres. Avec Macron, il s'agit de pratiques nouvelles. Face au Parlement, il "bouscule les usages", titre "Le Monde" du 30 juin.

 

 

Par delà ces circonstances immédiates, c'est le fond de la politique présidentielle qui pose question. On le soupçonne de vouloir gouverner (surtout) par ordonnances. D'avoir en vue une réforme du code du travail qui serait tout bénéfice pour le patronat.

 

 

Accords d'entreprise ou accords de branche? Ce n'est pas une question technique. C'est au niveau de l'entreprise que la position des salariés et de leurs organisations syndicales est la plus faible.

 

 

Comme élément positif, on peut retenir la promotion de la parité hommes -femmes.

 

 

Un champion de l'Europe libérale

 

 

A ce niveau, Emmanuel Macron s'est affirmé d'emblée comme un "pro- européen ", certes, mais évidemment  comme un champion de l'Europe libérale. Il sera jugé sur sa capacité à combattre le dumping social. E la fraude fiscale !

 

 

 

                                                                                       

 

Robert Falony

 

 

 

 

 

 

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5 juin 2017 1 05 /06 /juin /2017 21:48

Les sujets qui fâchent: immigration, terrorisme...

 

 

 

Les flux migratoires auxquels l'Europe est confrontée sont sans doute les plus importants depuis les lendemains de la seconde guerre mondiale. Des centaines de milliers de gens, qui fuient la guerre et la misère, espèrent gagner le continent européen vu comme un Eldorado, soit par la voie terrestre, mais la route des Balkans a été coupée, soit par la voie maritime pour atteindre les rivages de la Grèce ou de l'Italie. Des dizaines de milliers y parviennent, quand ils ne se sont pas noyés en Méditerranée. Tous sont la proie de gangs de "passeurs", trafiquants de la misère humaine.

 

 

Faillite de "l'aide au développement"...

 

 

C'est d'une évidence tellement énorme qu'on néglige de s'en apercevoir: malgré des décennies "d'aide au développement", nombre de pays de transit migratoire sont demeurés, pour les masses populaires, en dehors de la sphère d'abondance européenne. En Libye, la rente pétrolière a été confisquée par les suppôts de la défunte dictature, remplacée par des milices rivales. En Syrie, un régime encore plus féroce, incarné par le clan Assad, a choisi la partition et la guerre plutôt qu'une évolution en douceur.

 

 

L'immigration vers l'Europe devient dès lors le produit d'un immense échec: celui de "l'aide au développement" elle même. L'Union européenne, une fois de plus, a été incapable de définir des règles communes pour une politique concertée de l'asile. Chaque pays membre a réagi de façon empirique, avec plus ou moins de "générosité" (Allemagne, Suède) ou de réticences (France). Premier pays d'accueil, la malheureuse Grèce, déjà étranglée par sa dette, a du faire face à un problème supplémentaire: gérer ce flot. Par ailleurs, cet afflux mal contrôlé a pour effet de peser sur les politiques salariales et les conditions de travail. ce dont la classe possédante s'accommode fort bien.

 

 

Terrorisme d'importation

 

 

Le terrorisme a existé à travers toute l'Histoire, mais lié à des circonstances telles que la guerre ou la décolonisation, l'exemple de l'Algérie au temps de l'OAS étant le plus frappant. On peut se souvenir aussi de l'Italie des "années de plomb", marquées par des attentats qui étaient des massacres de masse, attribués à l'extrême-droite, comme à la gare de Bologne en 1980.

 

 

Ce qui caractérise le terrorisme djihadiste contemporain est évidemment sa composante religieuse: la religion est utilisée comme alibi. Ben Laden en est demeuré l'acteur le plus illustre.

 

 

En se faisant l'avocat du diable, on peut invoquer tous les griefs du monde arabo-musulman envers le "monde occidental", Etats-Unis en tête, en ce qu'ils ont de légitimes: sa partialité envers Israël, son mépris du peuple palestinien, l'injustifiable guerre d'agression conduite en 2003 contre la nation irakienne. Mais il ne faut pas (seulement) entrer dans cette logique revancharde. Il existe un Etat arabe porteur "sui generis" d'une version guerrière et conquérante de l'Islam: c'est l'Arabie saoudite (Etat qui porte le nom d'une dynastie!). Le wahhabisme, du nom d'un théologien du dix-huitième siècle, est porteur d'une intolérance extrême. Il diffuse cette intolérance dans l'ensemble du monde islamique, l'arrose de sa propagande avec ses énormes moyens financiers. Derrière le 11 septembre, il y avait déjà cet Islam dévoyé. "L'Etat islamique" d'aujourd'hui inspire cette fraction de la jeunesse d'origine immigrée qui, dans notre société en proie à la xénophobie, est incapable de prendre l'ascenseur social. Et Trump ménage l'Arabie saoudite...

 

 

 

 

Robert Falony

 

 

 

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3 mai 2017 3 03 /05 /mai /2017 14:08

 

France: entre deux maux, choisir le moindre...

 

Les institutions politiques de la France ne vont pas de soi. Elles sont issues de la dramatique défaite de la gauche en 1958, lorsque de Gaulle prit le pouvoir et apparut comme un moindre mal face aux putschistes d'Alger. Car la Cinquième République est un produit de la sale guerre d'Algérie.

 

 

L'élection du président de la République au suffrage universel, d'apparence si démocratique, s'inscrit dans la vieille tradition française du bonapartisme plébiscitaire, consacrée par le référendum du 28 septembre 1958, avec 79% de oui. Après De Gaulle, la gauche a subi Pompidou et Giscard d'Estaing. Et Mitterrand a revêtu en 1981 les habits de cette monarchie élective, pour en adoucir un peu les rigueurs. Mais la gauche française n'est jamais sortie du piège de 1958. Pire, les partis politiques, PS inclus, sont devenus des champs de course, avec l'Elysée comme seul objectif.

 

 

Dans un tel système, le président de la République n'est pas un arbitre, c'est le chef d'une majorité politique.

 

 

L'affaiblissement de toute la gauche...

 

 

 

Tel est le contexte historique dans lequel se situe l'élection présidentielle de 2017, avec, par rapport aux précédentes, ce terrible constat: l'effarante banalisation du Front national, que les médias en sont à présenter comme une force politique entre les autres, et non comme une menace pour la démocratie. Les 21,43% de Marine Le Pen au premier tour vont monter à combien au soir du 7 mai? Lorsque, en 2002, son père figura au second tour, ce fut l'effroi, un front républicain assura à Jacques Chirac un succès éclatant. Rien de tel ne semble devoir se produire cette année.

 

 

La gauche - la social démocratie- ne cesse de s'affaiblir en Europe. L'addition des voix de Mélenchon et de Benoit Hamon ne fournit que 26 %. Hamon, « frondeur » dans le PS, méritait mieux comme individualité, mais il n'échappe pas au sort commun.

 

 

Le cas Mélenchon

 

 

Jean-Luc Mélenchon, aujourd'hui "ce qu'il ya de mieux sur le marché", a été une illustration du parti socialiste de 1976 à 2008 (congrès de Reims), et a même été ministre sous Jospin. Le leader de « la France insoumise », qui a fait une belle campagne électorale et engrangé près de 20% des suffrages, a pour principale faiblesse, non des idées parfois brumeuses en politique internationale, mais un ego sans mesure, lequel l'empêche de nouer des alliances.

 

 

 

Les divisions de la droite

 

 

L'éviction de François Fillon, absent du second tour, est moins celle de son parti, "Les Républicains", que d'une individualité très compromise par l'argent et celui de son entourage: les électeurs ont encore la faiblesse de préférer des hommes politiques honnêtes à des corrompus ! Dans cette conjoncture, une partie de la droite conservatrice se ralliera à Emmanuel Macron, une autre votera Marine Le Pen sans états d'âme ... Il faudra mesurer les abstentions, qui risquent d'être nombreuses à gauche aussi: pourtant, entre deux maux, il faut toujours choisir le moindre...

 

 

Haut fonctionnaire et banquier d'affaires, Emmanuel Macron est présenté abusivement comme un homme absolument neuf, alors qu'il a été ministre et donc solidaire pendant deux ans. Tous ceux qui, avec et autour de François Hollande, ont abandonné le PS en rase campagne, se sont ralliés à ce pur produit du système, le cooptant en quelque sorte comme président de la République, en tout déni de démocratie...

 

 

 

 

 

 

Robert Falony

 

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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 17:02

 

 

 

Le retour des nationalismes virulents...

 

 

Pendant des décennies, les idéologues libéraux ont célébré la mondialisation capitaliste. Elle allait résoudre tous les problèmes, générer la prospérité. De nos jours, le désenchantement est tel que, par un violent effet de ressac, les masses populaires sont tentées par un retour aux vieilles illusions nationalistes, à l'instigation des forces d'extrême-droite adeptes du "Chacun chez soi, chacun pour soi". Le mur de Berlin était jadis une honte. Aujourd'hui, l'idéologie des murs a ses adeptes, Donald Trump en tête.

 

Le "Brexit" n'est pas autre chose que le retour en force du nationalisme britannique incarné par Theresa May. Certes, l'Europe des Juncker et consorts est celle de la haute finance et des entreprises multinationales, pas celle des peuples. Mais rien ne justifie qu'à partir de ce constat, on veuille en revenir aux vieilles recettes nationalistes, celles qui ont produit deux guerres mondiales... L'indépendance nationale que Theresa May revendique, elle la refuse à l'Ecosse. Et, tétanisé par un "populisme" de mauvais aloi, le Labour party est quasiment inaudible sur la question.

 

1917-2017: l'énigme russe

 

Par une singulière ironie de l'Histoire, c'est un pur produit du système stalinien, Vladimir Poutine, qui est devenu le porte-drapeau de ce néonationalisme. Il fascine l'extrême-droite, Marine Le Pen court à Moscou y chercher de l'inspiration. Les anticommunistes primaires d'antan ont trouvé en ce nouveau tsar un modèle valable à l'exportation.

 

Un siècle après les deux révolutions russes de 1917, la Russie officielle n'a pas grand 'chose à dire à ce sujet: pour Poutine, toute révolte contre l'autorité qualifiée de légitime est à proscrire. On rappellera simplement ici que la Russie n'a jamais connu un régime de démocratie bourgeoise. Du vivant de Lénine encore, la vieille bureaucratie avait repris le contrôle du pouvoir politique, faisant surgir tout naturellement la dictature stalinienne. Le  "pouvoir" est toujours l'expression de la société.

 

Et cependant, malgré "la Révolution trahie", malgré le dévoiement du socialisme, le régime de l'URSS représentait un "autre chose", une sorte de contrepoids au système capitaliste, lequel a disparu.

 

France: le péril Marine Le Pen

 

Si  le corps électoral hollandais a tenu Geert Wilders à distance, les échéances électorales française demeurent très critiques. Marine Le Pen incarne le nationalisme virulent, une xénophobie latente, l'imposture du discours adressé aux couches populaires, le "national socialisme", on connaît. (Son père avait au moins le mérite de ne pas  faire preuve d'hypocrisie ...). Ses troupes ne rêvent que de pogromes...

 

Face à elle, un front hétéroclite: François Fillon  traîne ses casseroles. Emmanuel Macron , qui n'est "ni de gauche ni de droite", reste un objet un objet volant non identifié, mais assurément connecté au monde bancaire. A gauche, Mélenchon a le mérite du discours, mais est affecté par un gros défaut: un égo qui le rend incapable de nouer des alliances en vue d'un  front de gauche à direction collective, il ignore quasiment le parti communiste. Il joue en solo, rendant encore plus difficile la position de Benoit Hamon, tandis que le "socialiste" Valls joue sans vergogne la carte Macron, dès le premier tour de la présidentielle.

 

Il est quasi certain que Marine Le Pen figurera au second tour. Face à qui? Le jeu relève de la loterie...

 

 

Robert Falony

 

 

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5 mars 2017 7 05 /03 /mars /2017 14:30

 

 

 

L'ombre de Trump sur la planète...

 

 

 

 

L'arrivée au pouvoir de Donald Trump n'est pas la victoire d'un excentrique mais celle de l'extrême-droite dans sa version américaine. Non pas une défaite de l'"establishment" symbolisé par le clan Clinton, mais un succès éclatant de ce qu'il y a de pire dans la classe possédante: le courant hostile à la démocratie comme telle, hostile à la liberté de la presse en particulier. Bref d'une forme moderne du fascisme.

 

 

Le fascisme adapté à notre époque...

 

 

Car lorsqu'on parle du fascisme, il ne faut pas s'attarder à ses formes des années trente. L'Etat national, depuis lors, a dépéri sous l'action du capitalisme mondialisé. Le "protectionnisme" de Trump, en ce sens, va à contre-courant et fera probablement long feu, quitte à décevoir sa base de nostalgiques. Ses débuts à la présidence s'accompagnent d'ailleurs de cafouillages qui illustrent son absence de professionnalisme. Jusqu'à inventer un attentat en Suède...

 

 

Il reste que le message qu'il adresse à la planète est profondément réactionnaire, et que son langage est un peu celui du Big Brother d'Orwell dans son "1984": la vérité est l'erreur, le mensonge est la vérité. L'aversion de Trump à l'égard des médias (pourtant largement dominés par la finance) est caractéristique.

 

 

Mais, derrière ce personnage, on en trouve un autre: Stephen Bannon, une figure marquante et un idéologue animateur de l'extrême-droite, avec les Breitbart News.

 

 

L'allié inconditionnel de Netanyahou

 

 

Un gouvernement au moins est comblé par Donald Trump: celui de Netanyahou en Israël. L'extension des colonies juives en Cisjordanie et le grignotage illimité des terres palestiniennes ne sont plus vues d'un regard critique à Washington, comme sous l'administration Obama. Trump est l'allié parfait de la pire droite sioniste. Mais sa politique "antimusulmane" a ses limites: l'Arabie saoudite doit rester dans l'orbite des Etats-Unis, et il faut ménager le Pakistan, fournisseur des talibans. Comprenne qui peut...

 

 

Le climat, la moindre de ses préoccupations...

 

 

L'expression "climato-sceptique" a été inventée pour qualifier le désintérêt des milieux industriels et pétroliers, qui tirent d'énormes profits de l'exploitation des énergies fossiles, face à l'immense problème climatique, devenu le principal auquel l'humanité doit faire face. Trump a partie liée avec ces milieux, en convergence avec la Russie dans la zone arctique. Les projets qu'il encourage (avec l'emploi comme alibi) sont néfastes pour l'environnement.

 

 

Un encouragement pour les courants nationalistes en Europe

 

 

Il est dès lors facile de comprendre pourquoi l'accession de Trump à la Maison Blanche a été reçue comme un encouragement aux courants nationalistes et populistes de droite en Europe. Des élections périlleuses doivent avoir lieu cette année. Aux Pays-Bas dans quelques jours, où le démagogue Geert Wilders surfe sur une vague xénophobe semblable à celle qui porte Marine Le Pen en France.

 

 

Avec celle-ci, le Front national se présente tel le loup recouvert d'une peau de mouton. Beaucoup de phrases contre "la finance", alors que le FN tire d'énormes moyens des largesses du Parlement européen, et que l'opacité de ses comptes suscite des enquêtes judiciaires. Il est dans la nature de cette extrême-droite de truffer son discours d'éléments "de gauche" destinés à tromper les milieux populaires déçus par la gauche traditionnelle.

 

 

Aux dernières nouvelles: Trump va augmenter massivement les dépenses militaires. Classique.

 

 

 

 

Robert Falony

 

 

 

 

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2 février 2017 4 02 /02 /février /2017 09:35

 

 

 

Obsessions identitaires et nationalisme rétrograde

 

 

 

Le 28 octobre 1962, une majorité de 62% acceptait lors d'un referendum la grande réforme du général De Gaulle: l'élection directe du président de la République comme chef de l'Etat. Cette réforme avait été combattue vigoureusement par la gauche. Mais lorsque celle-ci accéda au pouvoir en 1981, Mitterrand se garda bien de la remettre en question, ni même de cerner la fonction dans un sens restrictif. Or dans un tel système, le président est un chef de parti, non un arbitre. Et dans un pays aussi centralisé que la France, et avec de fâcheux précédents historiques ( 1848-1851...) la recherche du meilleur président possible s'apparenta vite à la quête de l'homme providentiel, celui qui sommeille toujours dans l'esprit des masses.

 

L'introuvable Sixième République

 

La gauche a tellement bien oublié son ancienne opposition de principe qu'elle participe joyeusement à cette course à l'Elysée qui semble résumer toute la vie politique française. La Sixième République, qui fut un temps celle de Montebourg, s'est avérée introuvable. Et tout le monde est dans la course: de Marine Le Pen, qui est à peu près certaine de figurer au second tour, à Mélenchon l'insoumis, en passant par Emmanuel Macron, cet objet volant non identifié qui est sans doute le dernier avatar de l'homme providentiel.

 

La multiplicité des candidatures a pour conséquence la fragmentation des suffrages. C'est ainsi que Jospin fut éliminé du second tour en 2002,situation qui risque fort de se reproduire cette année au détriment du PS. Entre la deuxième et la troisième place, la compétition s'apparente au jeu du loto.

 

L'homme providentiel aux Etats Unis...

 

Aux Etats Unis, l'homme providentiel a pris l'image de Donald Trump, formaté par le matraquage médiatique. Le personnage est dépourvu de tout scrupule par rapport à la vérité des faits, il a même introduit le terme "Post-vérité" dans le vocabulaire politique. Son idéologie ambigüe flatte le nationalisme rétrograde et l'obsession identitaire qui caractérisent notre époque. Il y a du sous-entendu dans ses discours, ses propos doivent se lire en filigrane."L'Amérique d'abord" par opposition au reste du monde? Le retour à l'isolationnisme des années 1920 ?

 

Trump ne fera pas rejaillir ces centaines de milliers d'emplois industriels détruits par la mondialisation capitaliste, mais il incarne une nostalgie qui a cours aussi dans le monde syndical, également hostile aux grands traités commerciaux à dimension intercontinentale. Son "protectionnisme" interroge la gauche, qui pourrait dire en écho: "Fabriquons européen, consommons européen".

 

Pas d'illusions cependant: le milliardaire de l'immobilier n'est pas à la manoeuvre contre les entreprises multinationales. Il annonce même de la dérèglementation. Derrière sa singularité, il est simplement l'homme du parti Républicain dominé par les éléments les plus conservateurs.

 

Face au Mexique...

 

La longue frontière entre les Etats Unis et le Mexique n'est pas une passoire, mais elle a ses failles utilisées par les narcotrafiquants et les passeurs. Toute la misère de l'Amérique latine conflue vers le nord, vers l'eldorado... Nous vivons le temps du repli sur soi, nationaliste et identitaire. Le temps des murs de séparation, que ne disait-on pas pourtant du mur de Berlin? Celui que veut édifier Trump sera peut-être haut, mais il ne fera que masquer les problèmes.

 

 

 

Robert Falony

 

 

 

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 20:11

 

 

 

Un axe Trump-Poutine, contre la démocratie ?

 

 

S'il est une interprétation à donner de l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, c'est bien celle-ci: il ne suffit plus à la haute finance d'exercer le pouvoir au travers d'hommes politiques, elle préfère s'en saisir directement: c'est le patron d'Exxon Mobil, Rex Tillerson, qui devient secrétaire d'Etat et va diriger la politique extérieure des Etats-Unis. Le Trésor échoit à un ancien de la célèbre banque d'affaires Goldman Sachs, et le Commerce à un bonhomme surnommé "le roi de la faillite". Ce ne sont là que trois exemples parmi tant d'autres. On voit surgir au premier plan des généraux à la retraite dans leur uniforme à la naphtaline, des gens qui n'ont jamais exercé la moindre responsabilité politique, ni été élus à quoi que ce soit. C'est un gouvernement de milliardaires, avec une forte représentation du secteur pétrolier, fortement hostile à toute préoccupation climatique. Non un gouvernement du parti Républicain, mais de l'aile droite du parti Républicain.

 

 

 

 

En nombre de voix, Trump a été devancé par Hillary Clinton, celle qui devait perdre. Mais, dans un système électoral basé sur un fédéralisme issu tout droit du dix-huitième siècle, ce détail est sans importance...

 

 

 

Dans le monde politique, la vérité est souvent travestie, mais avec Trump, c'est autre chose: plus un mensonge est énorme, plus il est asséné avec aplomb. C'est le mensonge entré dans l'ordre institutionnel.

 

 

 

Un courant de sympathie...

 

 

 

Qu'un courant de sympathie se soit manifesté entre le milliardaire américain et le maître de la Russie n'a rien de surprenant. Poutine vient en renfort à toute l'extrême droite occidentale, il ne faut pas que les idéaux démocratiques viennent polluer les masses russes. On peut suspecter "un nouvel Yalta" ou invoquer la géopolitique, en opposant les Etats-Unis à la Chine. La vérité est beaucoup plus simple: l'un et l'autre trouvent le même intérêt à anesthésier les masses, et à laisser ces arriérés d'Européens en proie à leurs scrupules démocratiques ...

 

 

 

Mais il faut se souvenir que la politique conduite à l'égard de la Russie après 1989 a fortement contribué à faire renaître le nationalisme russe. Il ne fallait pas faire avancer l'Otan vers l'est. Contester l'annexion de la Crimée, historiquement russe, est futile. Et l'Ukraine fait partie d'un espace postsoviétique et n'a pas vocation à adhérer à l'Union européenne.

 

 

 

Un centenaire à méditer...

 

 

 

En cette année 2017 qui s'ouvre, il faudra méditer sur le sens qu'avait la Révolution russe. Tôt dévoyée, elle représentait un immense espoir. Et même sous la forme dégénérée du régime stalinien, puis de la glaciation à la Brejnev, sous le régime de la bureaucratie et de la nomenklatura, le bloc soviétique représentait quand même un contrepoids au capitalisme aujourd'hui mondialisé. Mais, dans une Russie sans tradition démocratique, sans révolution antérieure portant la bourgeoisie au pouvoir, l'espoir de 1917 ne pouvait qu'être rapidement étouffé, "les conditions du laboratoire n'étaient pas adéquates".

 

 

 

La signature d'Obama face à la droite israélienne

 

 

 

Cette fin décembre a été marquée par un évènement remarquable: Washington s'est abstenu, et c'est la signature finale d'Obama, d'opposer le veto américain à une résolution du Conseil de Sécurité de l'ONU réprouvant la colonisation israélienne dans les territoires occupés. (Les chroniqueurs pourraient en passant s'interroger sur le droit de veto...). Grosse colère de Netanyahou...

 

 

 

Robert Falony

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