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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 23:45

 

L'Histoire, maquillée et travestie...

 

La lecture nationaliste de l'Histoire en est le maquillage le plus simple et le plus répandu. C'est un nationalisme sous-jacent, inavoué, qui a évacué du centenaire de la guerre de 1914 la question des responsabilités, par contraste avec une historiographie abondante. Toute "l'Europe" s'en est abstenue, avec une incapacité évidente d'en avoir une lecture commune à Berlin, à Moscou et à Paris. Dans ce contexte, l'ouvrage de l'historien Christopher Clark, "Les somnambules", apparaît presque comme une singularité, alors qu'il n'a fait qu'étudier ce qu'a dit la gauche antimilitariste de toujours sur le sujet, à savoir que l'alliance franco-russe a été une puissante motivation pour l'Allemagne impérialiste !

 

Dans la Russie de Poutine, travaillée par un nationalisme de revanche sur le désastre géopolitique qu'a été l'effondrement de l'URSS, tout fait farine au moulin pour exalter le passé russe, des tsars conquérants au "camarade" Staline. Maquillage de l'Histoire. La "grande guerre patriotique "n'en fut pas moins un élément central dans la défaite de l'Allemagne nazie. Le monde occidental a eu le tort d'ignorer la complexité du passé de l'Ukraine, lequel impose sa neutralisation et exclut l’adhésion à l'Union européenne, projet pratiquement abandonné !

 

Le génocide arménien

 

Aussi flamboyant que celui de Poutine, mais avec en plus la touche islamiste, le nationalisme turc d'Erdogan ressasse la vieille formule des "complots de l'étranger", inusable pour détourner l'attention des masses hors des problèmes intérieurs. La grande majorité des Arméniens de Turquie a été anéantie à partir de 1915, un "détail" dans le cadre de la Grande Guerre, comme dirait Le Pen, mais un million ou un million et demi de victimes ne mériteraient pas la définition du génocide? On peut travestir l'Histoire, on peut aussi la nier, en effacer des pages entières au nom du drapeau national. Entre parenthèses, chez nous, le moins que l'on puisse demander à des élus d'origine immigrée est d'éclairer leurs électeurs "ethniques" sur la vérité historique...

 

Waterloo

 

Le bicentenaire de la célèbre bataille le 18 juin sera d'abord un grand show touristique et médiatique. L'épopée napoléonienne continue de susciter, et pas seulement en France, une étrange fascination.

 

Il faut jeter un regard sur une carte de l'Europe en 1810: on y voit une France hypertrophiée, entourée d'Etats vassaux. Héritier de la Révolution française, Bonaparte l'a confisquée, son épée convenant à une bourgeoisie devenue, avec les thermidoriens, la nouvelle classe dirigeante, soucieuse de "stabilité". Mais chacune des "glorieuses" victoires de l'homme de guerre mégalomane rend la France un peu plus exsangue, jusqu'à l'absurde aventure russe. Waterloo ne pouvait donc plus changer le cours de l'Histoire. L'aventurier aux abois n'en représentait pas moins, face aux monarques coalisés, l'étape historique ouverte en 1789...

 

En Histoire, on doit s'attacher d'abord à la véracité des faits. Mais leur lecture, leur interprétation, est libre, est affaire d'idéologie. L'Histoire de France de Thiers (1823) n'a rien à voir avec celle de Louis Blanc (1847). Une Histoire socialiste, comme celle de Jaurès.

 

Robert Falony

 

ps. On salue le succès des coalitions citoyennes à Barcelone et à Madrid, celui du courant Podemos. Où est-il transposable ?

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