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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 13:22

         Pendant les 45 premières années de l’après (IIe) Guerre mondiale, l’ensemble de l’Humanité a été confrontée constamment au face-à-face Est-Ouest, avec comme toile de fond la menace d’un troisième conflit  planétaire, cette fois méga-nucléaire et « suicidaire à l’échelle de l’Espèce ».

 

hiroshima20japan.gif

 

Le champignon nucléaire d'Hiroshima

reste une menace majeure pour l'Humanité

 

         L’épicentre de ce risque terrible se situait au cœur de l’Europe, et les peuples européens n’ont guère cessé de s’en préoccuper  très activement. Ce sont eux qui, notamment  au départ de l’Appel de Stockholm (début 1950), ont prévenu  l’emploi des armes nucléaires par les USA post-rooseveltiens, lors des guerres de Corée (fin 1950) et du Vietnam (en 1954).

 

Et ce sont avant tout les forces de paix européennes qui –  de concert avec le Mouvement des Non-alignés du « Tiers Monde » - ont pesé d’une manière déterminante dans le sens de l’interdiction (de la plupart) des essais d’armes nucléaires, de la conclusion du Traité de Non-prolifération (au-delà des Cinq Grands d’alors : USA, URSS, Grande Bretagne, France et Chine – 1968), et de l’arrêt de la course aux euromissiles (1979-1985) – arrêt sans lequel la Guerre froide, loin de finir (à peu près) pacifiquement, eût « aisément » pu se solder par  l’Holocauste.

 

         Une place particulière, dans les mobilisations de masse qui permirent ces importantes avancées partielles, à contre - sens de l’escalade suicidaire des blocs - fut  prise à partir des années soixante par les  forces de paix (ouest-) allemandes, dans le sillage de la politique de Willy Brandt, mais aussi belges, dans le sillage de la « doctrine de Pierre Harmel.

 

         Pendant les vingt ans qui ont suivi (1991-2011), l’évolution de l’Europe en matière d’armements nucléaires a été marquée :

 

- « côté Est », par le retrait des armes ex - soviétiques derrière la  frontière russe, et la formation (précaire) d’un vaste secteur  militairement « dénucléarisé » incluant les territoires des anciens alliés de l’URSS (Est de l’Allemagne y compris) et les  anciennes républiques

non - russes de la défunte Union ;

 

- côté Ouest, par le maintien, sous les auspices de l’OTAN, tant des « dépôts » d’armes nucléaires américaines dans les pays qui en abritent toujours (Belgique comprise) que des arsenaux « propres » du Royaume-Uni et de la France.

 

         A l’équilibre stratégique et « idéologique » d’antan, a ainsi succédé une ère de prépondérance (à son tour stratégique et « idéologique ») (rassurante ?!) de l’Ouest. Les alliés européens  des USA – tant au niveau des gouvernements que d’une large majorité des opinions publiques  - s’en accommodent « avec d’autant plus « de résignation »  que  (jusqu’à nouvel ordre ?) L’Administration Obama, à la différence de l’Administration Bush, pratique vis-à-vis de la Russie de Poutine et Medvedev, une diplomatie plutôt « constructive » (ratification du Traité « START x  », réorientation « vers/contre Téhéran plutôt que  vers/contre Moscou, du « bouclier anti-missiles » que ses prédécesseurs entendaient installer en Pologne et en Tchéquie).

 

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Barack Obama a-t-il une autre politique stratégique

vis-à-vis de la Russie de Poutine ?

 

         Or, non seulement rien ne garantit que  l’actuel climat de relative détente envers l’Est affaibli s’avérera durable. Mais encore et surtout, l’Europe ne peut nullement faire abstraction, en matière de  « sécurité nucléaire », des très sérieux dangers  que recèlent  pour elle, au moins autant que les recherches éventuellement bivalentes (civiles et militaires) poursuivies par l’Iran, les systèmes d’armes et l’aventurisme  bien réels – et à peine contrôlables -  de deux autres acteurs du Sud-Ouest asiatique , à savoir Israël et le Pakistan, très impliqués l’un et l’autre dans des conflits locaux explosifs à fortes implications transnationales.

 

 

 

         Aussi les « grands » et  petits pays européens  - Belgique fédérale ou confédérale y compris – auraient-ils un intérêt majeur à « sortir activement de l’oubli », les propositions répétées d’une série de pays arabes, tendant à transformer ce  foyer d’incendie rougeoyant en vaste zone sans armes nucléaires et à armement(s) « classique(s) » fortement réduit(s). C’est là un objectif sur la pertinence duquel il importe grandement de sensibiliser les opinions publiques et les « classes politiques » européennes  - et cela même pour ce qui est de la Belgique, en période  « d’affaires courantes et/ou  urgentes ».

 

         Encore faudrait-il, pour conférer aux initiatives en ce sens un minimum de crédibilité, que l’Europe – ou à tout le moins un groupe des pays européens aussi important que possible - balaie devant sa propre porte, en ouvrant au centre du continent (depuis la Mer du Nord et la frontière française du Nord et de l’Est, jusqu’aux frontières occidentales et méridionales de la Russie), leur « propre » zone sans armes nucléaires  et à armements classiques fortement réduits.

 

Il le faudrait d’autant plus, dans le cas belge :

 

- que, positivement, les deux Chambres fédérales se sont  prononcées à plusieurs reprises en ce sens, et que plus de la moitié de nos Villes et Communes au niveau transrégional – dont quinze communes bruxelloises sur dix-neuf – ont adhéré au Mouvement mondial des Maires pour la Paix initié par le Maire d’Hiroshima, mouvement qui revendique pour l’Année 2020, le monde sans armes nucléaires « rêvé » par Obama ;

 

 - que, négativement, nos gouvernements successifs ont à peine répercuté ces prises de position  aux niveaux de l’Union européenne et de l’OTAN, et que le ministre De Crem n’a cessé de s’aligner  - et d’aligner la Belgique officielle- sur les positions des courants  états-uniens les plus  nostalgiques de l’ère Bush.

 

base_kleine_brogel.jpg

 

Vue aérienne de la base militaire belge de Kleine

Brogel où sont stockées des armes nucléaires de

l'OTAN

 

         Pour conclure, je dirais qu’« Oser la Gauche », en ce début de 2011 et en Belgique, se conçoit mal sans engagement actif également sur ce terrain.

 

Louis Van Geyt,

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