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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 16:00

Il n’y a pas de « TINA »

 

« TINA » est le fameux acronyme des néolibéraux inventé par feu la charmante Margaret Thatcher : « There Is No Alternative ». Eh bien dans une excellente interview à David Coppi du « Soir » du 24 janvier, le député européen PS français Liem Hoang-Ngoc démontre que c’est faux ! Il participait à une « chaire d’économie et de finance alternative » organisée par l’Institut Emile Vandervelde (bureau d’étude du PS francophone belge).

 

Nous en reproduisons ici des extraits significatifs.

 

À propos de TINA : « Tina repose sur trois axiomes : les marchés financiers son efficients, pas besoin de les réformer ; la Banque centrale ne doit pas trop intervenir ; l’Etat est le problème, pas la solution. » Après la crise financière de 2008, les libéraux « ont tellement (…) eu chaud aux fesses » qu’ils ont ouvert le jeu sur la régulation financière des marchés financiers. « La Banque centrale s’est montrée plus pragmatique, plus keynésienne que monétariste, injectant des liquidités quand cela a été nécessaire. » Mais le troisième axiome « reste intact ». « Tina a pris un peu l’eau » (…) mais « l’idée selon laquelle l’Etat reste le problème domine tant et plus et aujourd’hui, tout gouvernement soutient qu’il faut réduire la dépense publique. Contresens ! En attendant, la seule politique monétaire ne suffit pas pour faire face à la déflation qui menace : la pression à la baisse sur les prix et les salaires en raison d’une insuffisance de la demande. »

 

Selon Liem Hoang-Noc, il y a un tabou. « Là où les Etats-Unis ont relancé la croissance chez eux, grâce à la politique budgétaire, chez nous, en Europe, on mène les politiques restrictives les plus dogmatiques ! »

 

On en arrive aux menaces sur le modèle social : « L’idéologie dominante désigne précisément le modèle social comme étant à l’origine de la crise ! Alors que c’est le comportement des banques. » Les finances publiques ont dû sauver le secteur financier (voyez Dexia, par exemple, qui est d’ailleurs loin d’être sauvé. NDLR). Cela s’est fait bien entendu au détriment du secteur social.

 

Par contre, le modèle social fonctionne bien d’après le député européen. « Les régimes de retraite ont, peu ou prou, été réformés et mis à l’équilibre dans les pays européens et on continue à tenir le discours selon lequel il faudrait réduire les dépenses publiques et sociales ! » Et il rappelle une nécessité : « Ce sont là [les dépenses sociales] des amortisseurs de crise importants qui contribuent à soutenir le pouvoir d’achat. »

 

Le Socialiste français regrette que François Hollande soit « tombé amoureux de Tina… » Et un petit mot gentil pour les Socialistes belges qui l’invitaient : « Le PS belge est resté social-démocrate malgré le fait qu’il est en coalition, là où le PS français est en train de dériver vers le social-libéralisme. »

 

Liem plaide pour une politique budgétaire de relance. Quant à la dette, il analyse : « Les taux d’endettement nous contraignent mais il est possible de faire une consolidation budgétaire intelligente en adaptant le rythme de réduction des déficits à la conjoncture. » Et il ajoute : « Sans interdire les dépenses d’investissements publics. » Bien sûr, les libéraux ne sont pas d’accord. « Mais ce sont les politiques néolibérales qui ont creusé la dette : elles ont voulu réduire à marche forcée les déficits, ce qui a tué la croissance, fait baisser les recettes fiscales, insuffisantes pour assurer le désendettement. »

 

Ce sont les politiques néolibérales qui nous creusé la dette : « elles ont voulu réduire à marche forcée les déficits, ce qui a tué la croissance, fait baisser les recettes fiscales, insuffisantes pour assurer le désendettement. »

 

Les Socialistes ont leur responsabilité dans cette évolution. « Il ne vous a pas échappé que l’idéologie néolibérale avait pénétré la social-démocratie… Cela avait commencé avec Tony Blair et Gerhard Schröder et, aujourd’hui, François Hollande (…) Ils sont en train d’adopter des politiques dites de l’offre quand les politiques de la demande sont nécessaires. »

 

Enfin, le député européen fustige les partisans de la décroissance à gauche. « Si vous ne faites pas de croissance, vous n’avez pas l’abondance nécessaire pour aller à l’idéal socialiste : à chacun selon ses besoins ! (…) Alors, le truc baba cool de 68 ? Je ne suis pas dans ce trip. Ce sont des problématiques de petits bourgeois. »

 

P.V.

 

Cela bouge à gauche en France et… en Europe.

 

Dans le même ordre d’idées, un nouveau mouvement vient de naître en France, dissident du PS, « Nouvelle donne ». Il a été fondé par l’économiste Pierre Larrouturou, économiste, ancien conseiller de Michel Rocard, membre du bureau du PS français et fondateur du « Collectif Roosevelt ». Rappelons-nous, c’est Larrouturou qui, avec Rocard, avait dénoncé les pratiques scandaleuses de la Banque centrale européenne qui prêtait de l’argent aux banques privées à des taux d’intérêt ridicules, de l’ordre de 0,1 %, qui les réinjectaient dans la dette publique des Etats à des taux pouvant aller jusqu’à l’ordre 6 à 7 %.

 

Aujourd’hui, Pierre Larrouturou n’est plus du tout en phase avec le PS dans lequel, dit-il, il n’est plus possible d’avoir de débat. Il y a deux ans, il avait déposé au Congrès du PS de Toulouse avec feu Stéphane Hessel une motion intitulée « Oser plus loin, plus vite » (http://www.parti-socialiste.fr/congres/motion/oser-plus-loin-plus-vite) qui aborde les problèmes du monde dans leur globalité : la dette, le climat, la crise, la citoyenneté, etc. Elle propose plusieurs solutions tout à fait nouvelles. Cette motion recueillit quelque 10.000 signatures de militants. Elle fut évidemment rejetée, car minoritaire.

 

Le collectif « Roosevelt » a repris en grande partie les idées émises dans cette motion. Au départ, il s’agissait d’un groupe de réflexion et d’action qui propose quinze réformes :

 

  1. diminuer le taux d’intérêt la vieille dette ;

  2. créer un impôt européen sur les bénéfices des entreprises ;

  3. annuler une bonne partie des baisses d’impôts octroyées aux grandes entreprises et aux citoyens les plus riches ;

  4. Boycotter les paradis fiscaux ;

  5. Limiter au maximum les licenciements ;

  6. Sécuriser les précaires ;

  7. Séparer les banques de dépôt et les banques d’affaires ;

  8. Créer une vraie taxe sur les transactions financières ;

  9. Imposer le respect des normes sociales et environnementales dans le commerce mondial ;

  10. Investir dans une vraie politique du logement pour baisser les loyers et créer massivement des emplois ;

  11. Déclarer la guerre au dérèglement climatique ;

  12. Développer l’économie sociale et solidaire ;

  13. Négocier un autre partage du temps de travail et un autre partage des revenus ;

  14. Faire éclore la démocratie en Europe en changeant radicalement les institutions ;

  15. Négocier un vrai traité de l’Europe sociale.

 

 

Ce programme est repris par le parti qu’a fondé en France Pierre Larrouturou, « Nouvelle donne ». Il rassemble des personnes issues de la gauche, de la gauche de la gauche et du centre qui sont déçues des formations existantes. Il se présente aux prochaines élections européennes.

 

« Nouvelle donne » qui reprend en gros le programme du collectif Roosevelt et les termes de la motion « Oser plus loin plus vite » a deux atouts. La nouvelle formation rassemble des personnalités connues des différents courants de la gauche et a une analyse intelligente et un programme cohérent et réaliste. Cependant, vu sa nouveauté et sa quasi nulle implantation locale et régionale, « Nouvelle donne » a peu de chances d’obtenir un résultat électoral.

 

Est-ce cependant le début d’un renouveau à gauche ?

 

P.V.

 

 

Reynders répond à Michel.

 

« Je songe à un gouvernement de centre-droit. Mais avec qui à bord, c'est un choix qu'il appartiendra à l'électeur de faire, je n'ai pas d'exclusives », a déclaré Didier Reynders sur la chaîne télé flamande indépendante VTM. Il rappelle avoir pris langue avec la N-VA à plusieurs reprises dans le passé, « mais envisager un programme de gouvernement nationaliste, c'est impossible ».


« Nous voulons plus de libéraux à bord mais pas de nouvelle réforme de l'Etat. Il nous appartient de mettre correctement en œuvre l'actuelle réforme de l'Etat, et le gouvernement aura suffisamment à faire avec un programme socio-économique », précise le Liégeois néo-Ucclois.

 

L’actuel ministre des Affaires étrangères ajoute que si la NV-A ne laisse pas de côté ses ambitions institutionnelles, « ce sera un point de rupture ».

 

Or, Bart De Wever a été clair. La NV-A met la priorité sur le socio-économique. Il préconise donc une trêve institutionnelle.

 

Donc, MR et NV-A sont bien d’accord pour faire un (long) bout de chemin ensemble pour imposer un programme néolibéral à la plus grande satisfaction du VOKA et de la FEB.

 

Aussi, comme Charles Michel la semaine dernière avec le CD&V qui sera le second rôle obligé d’un gouvernement de droite, Didier Reynders aujourd’hui, cadre bien son accord avec le partenaire principal de la coalition qu’il rêve : la NV-A.

 

Alors, tout baigne. Enfin, il faudra sans doute attendre ce que l’électeur en pensera.

 

P.V.

 

 

 Sondage inquiétant en France

 

Un sondage reste un sondage, certes. Mais il est une indication. Les listes du Front National de Marine Le Pen arriveraient en tête aux élections européennes de mai 2014, suivies par celles de l'UMP et celles du PS, selon un sondage Ifop publié par le Journal du Dimanche (JDD).

 

Selon ce sondage, les listes du Front National obtiendraient 23% des voix, celle de l'UMP 21% et celles du Parti socialiste et du Parti Radical de Gauche 18%.

Viendraient ensuite, les listes de L'Alternative, le nouveau parti centriste dirigé par Jean-Louis Borloo et François Bayrou, qui récolteraient 11% des voix, celles de Front de Gauche de Jean-Luc Mélenchon (9%) et les listes d'Europe Ecologie Les Verts (7%).

 

C’est assez inquiétant pour la gauche qui se retrouve en troisième position, la gauche de la gauche et les écologistes étant laminés.

 

Comme disait Pierre Larrouturou hier à « On n’est jamais couché » : « Le prochain Parlement européen risque d’être composé de fachos et d’eurosceptiques. »

 

Joyeuses perspectives !

 

P.V.

 

Manifestation contre la loi anti-avortement en Espagne

 

Rappelons la manifestation organisée par plusieurs associations féminines et laïques pour protester contre le projet de loi du gouvernement espagnol de droite d’abroger la loi de dépénalisation de l’avortement dans ce pays.

 

Il faut attirer l’attention de toutes et de tous sur le fait que la dépénalisation de l’avortement n’est pas un droit acquis définitivement et peut être menacée comme c’est le cas en France et en Suisse, en plus de l’Espagne.

 

Le rassemblement aura lieu le mercredi 29 janvier à 17 heures devant l’ambassade d’Espagne (19 rue de la Science à Bruxelles, entre la rue Belliard et le square Frère Orban). Un cortège se formera pour se rendre ensuite au Parlement européen. Venez nombreux.

 

Osons le socialisme

 

 

 




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