Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 20:30

La bête grise de la dictature militaire chilienne n’est pas encore enterrée.

 

Depuis plus de deux mois, les étudiants chiliens des écoles secondaires comme des universités, avec les professeurs et le personnel administratif, sont en grève. Avec une force et une volonté d’action digne des étudiants de mai 68, ils sont parvenus à mettre en difficultés le gouvernement de droite présidé par Sebastian PINERA.

 

Leur principale revendication est de mettre un terme à l’enseignement payant pour revenir au système de l’enseignement gratuit, laïque et de qualité.

 

Prenons un exemple pour bien comprendre l’importance de ce mouvement. Un étudiant au Chili qui termine son cursus de cinq années contracte une dette avec l’université, dette qu’il doit rembourser sur une période d’au moins quinze ans. A cette exigence de suppression de ce système injuste, l’actuel Président du Chili Sebastian PINERA a répondu que « l’éducation est une marchandise comme un autre ». Cela s’inscrit bien sûr dans l’idéologie imposée au Chili par les Chicago boy’s  sous la dictature de Pinochet, qui, pour la perpétuer, l’a inscrite dans la Constitution de 1980 qui est toujours en vigueur aujourd’hui. Auparavant au Chili, l’éducation, la santé et même l’eau étaient des biens publics géré par l’Etat.

 

Les étudiants qui sont pour le moment dans la rue pour que ces biens reviennent dans la sphère publique n’ont pas connu la peur du bruit des hélicoptères, contrôlant les villes et les quartiers populaires à la recherche des opposants à la dictature de Pinochet. Ils n’ont pas vu non plus les soldats la face noircie, les armes à la main, dans les rues des villes et des villages du Chili. Ces jeunes ont cependant  compris que le système néolibéral imposé par la droite chilienne, n’apporte aucune solution à leurs problèmes sociaux et à ceux de leurs familles. De même, ils ont tiré les leçons du passé : ils ne se laissent pas entraîner dans une violence inutile, au contraire, leur mouvement a montré  à la population chilienne qu’ils revendiquent leurs droits avec force, imagination, créativité et humour.

 

 etudiants_chili_manif_parapluies.jpg

Manifestation des étudiants chiliens : humour et efficacité. Ici, la journée du parapluie

 

Cependant la lutte n’est pas terminée. Au contraire, elle ne fait que commencer. Le gouvernement n’a toujours pas lâché prise. La droite, partout dans le monde, est non seulement obstinée, mais elle impose aussi ses diktats par la force et  la répression.

 

Les organisations étudiantes arrivent pourtant à rallier pas mal de monde à leur cause. Actuellement la majorité de la population chilienne appuie  leur lutte. De plus, plusieurs secteurs professionnels commencent à se mobiliser en signe de solidarité, comme dans les mines, les ports,  les banques, et la plupart des organisations  à caractère social, ainsi que les associations régionales, etc. rejoignent le mouvement.

 

Le mois de septembre, le début du printemps dans l’hémisphère sud, est un mois chargé de symboles pour le Chili : le 4 septembre 1970, Salvador Allende Gossens a été élu Président du Chili. Ce 4 septembre 2011, est organisé un rassemblement de masse de la population chilienne en commémoration de cet anniversaire. Et le 11 septembre, date anniversaire du Coup d’Etat monté en 1973 par 4 Généraux félons contre Allende, fera aussi l’objet d’un important rassemblement. L’air de septembre est propice à la mobilisation de la majorité du peuple chilien.

 

 allende_coup_detat.jpg

Coup d'Etat du 11 septembre 1973 contre le pouvoir démocratique de Salvador Allende : la mémoire est toujours vivante.

 

Face à cette mobilisation et à cette lutte, la riposte réactionnaire s’annonce, rappelant les sinistres démons de l’ère Pinochet. La perspective la plus préoccupante se traduit dans la déclaration du bourgmestre de la ville de Santiago, capitale de la République, Pablo ZALAQUET, militant du parti fasciste Union Democratica  Independiente  –UDI-  qui a affirmé que si, le 11 septembre prochain, les forces de l’ordre et la police militaire – aussi appelée les carabineros - ne sont pas assez nombreux pour contrôler et réprimer les manifestants, il faudra faire appel aux forces armées. S’agit-il d’un appel à un nouveau coup d’Etat ? Traduit-il le sentiment et les désirs de la majorité de la population ? Pas du tout, car la plupart des Chiliens sont solidaires du mouvement des étudiants, des travailleurs et des salariés. Oui ! Les  temps ont changé et les mentalités aussi. C’est le résultat de la politique du gouvernement néolibéral. Mais osera-t-il sortir la bête noire de la caverne ? L’avenir le dira.

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by osons.le.socialisme.over-blog.com
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de osons le socialisme
  • : Blog de gauche d'analyse et de débat sur l'actualité et l'avenir du socialisme en Belgique et dans le Monde. Blog ouvert à tous pour un débat critique et courtois
  • Contact

Recherche

Liens