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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 20:35

Banques, industrie : le grand capital fait toujours la loi.

 

On veut bien croire qu’un pas en avant a été effectué vers l’union bancaire dans l’Union européenne, consacrant un rôle accru de la BCE. Mais les délais, les restrictions, les réticences, ne permettent pas les illusions : une série de gouvernements mènent des batailles d’arrière-garde, mettent toujours des bâtons dans les roues. La chancelière Merkel n’est « fédéraliste » que dans la mesure où elle peut prétendre imposer son prétendu modèle à ses partenaires.

 

Quant aux banques… Dans le même temps où sonnaient les trompettes saluant la future union bancaire (en fait, partielle), on annonçait de nouveaux délais dans la mise en œuvre des règles dites de Bâle III, qui visent à renforcer les fonds propres des établissements bancaires. Et le lobby des banques, dans les coulisses, bataille ferme contre la séparation des banques d’affaires et des banques de dépôts, en avançant des difficultés et des objections techniques qui masquent son opposition de principe. On évacue ainsi la vraie question : comment faire pour que l’énorme masse de l’épargne privée serve à l’économie, à l’innovation, au crédit aux moyennes et petites entreprises, et non à l’usage spéculatif, sur fond de  mouvements de capitaux aux quatre coins de la planète ?

 

Les multinationales maîtres du jeu

 

Ce qui s’est passé entre Arcelor Mittal et le gouvernement français est, en un sens, consolant pour la Région wallonne dans ses propres déboires sur la place de Liège : pouvoirs publics également impuissants !   

 

Car enfin, tout ce que les dirigeants sociaux-démocrates Hollande et Ayrault ont obtenu est le maintien de l’emploi au même niveau (pour combien de temps ?) et non le sauvetage des hauts fourneaux  de Florange. Une promesse de reconversion via un projet technologique d’avenir s’est avérée creuse. La riposte agitée par le ministre Montebourg d’une nationalisation  n’a pas été retenue. Même « Le Monde » a été rechercher aux Etats-Unis des exemples de prises de contrôle transitoires par l’Etat, l’opération était possible. Mais la ligne de la social-démocratie face à la « crise » est toujours : « Profil bas ! Sauvons ce qui peut encore l’être ! Evitons juste les licenciements secs ! ».

 

Dans cette affaire, et en faisant la part de la crise de surproduction évidente, il faut remonter plus loin : qu’une part de la sidérurgie européenne soit tombée aux mains d’un capitaliste indien en dit long sur la « non Europe ». Bien loin de l’esprit du temps du traité CECA charbon –acier, les dirigeants européens ont été incapables de s’unir en vue de projets industriels intégrés.  

 

Sombres perspectives électorales

 

François Hollande a été élu par défaut, contre un Sarkozy dont la majorité ne voulait plus. Il a à peine pu faire modifier les lignes au niveau de la zone euro. Il perdrait les élections aujourd’hui.  Et s’il y a un espoir de faire tomber la chancelière allemande en 2013, il se limite à un rival social-démocrate héritier de l’époque de Schröder, avec ses réformes orientées au centre - droite, à savoir Peer Steinbruck. Mais qui peut dire quelle sera la situation économique générale d’ici là ?  

                                                                          

                                                     Robert Falony

 

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