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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 09:46

Nous inaugurons ici une nouvelle rubrique qui aura un rythme mensuel, rubrique conçue et rédigée par Robert Falony.

 

           La démission de la médiacratie

 

La crise. Un mot employé à tout bout de champ depuis les années septante, un mot fourre-tout, qui reparaît et disparaît au fil des années, sauf qu’à l’automne 2008 cela a vraiment été la crise.

 

Quelle crise ? Les médias en parlent parfois comme s’il fallait comprendre « l’orage » ou « la tempête », sans rapport avec le fonctionnement de la société. D’abord, comment la nommer ? Cela a d’abord été la crise des subprimes aux Etats-Unis, quelque chose de bien localisé. Puis c’est devenu la crise grecque, un petit pays de tricheurs d’où vient tout le mal. On en est à la crise de la zone euro, ou mieux des « dettes souveraines », mais alors ce devrait être aussi grave pour les Etats-Unis ou le Japon.

 

Bref, ne jamais dire : crise du système économique dans lequel nous vivons. Et surtout pas : crise du régime capitaliste en tant que tel.

 

Les médias : les grands quotidiens nationaux, les chaînes de télévision, publiques ou privées. S’il y a bien une preuve du règne de la pensée unique, la voici : comparez les rubriques économiques et financières, et vous y lirez presque toujours les mêmes analyses. Et s’il y a débat, c’et sur le mode mineur, « toute thèse en vaut une autre ».

 

Or, que lisent, que voient la grande majorité des gens ? Les titres (toujours plus accrocheurs) et un JT également accrocheur, réduit à 15 ou 20 minutes d’images sans contexte. Observez comme l’affaire des trois A de Standard &Poor’s a été présentée : comme s’il s’agissait d’un tsunami, ou comme si la divinité sur un nuage édictait une vérité suprême. Pas un éditorialiste pour suggérer (seulement suggérer !) que les agences de notation anglo-saxonnes ont peut-être envie de détruire la zone euro, ou qu’elles ne veulent aucun bien à la Sécurité sociale de type européen, Obama en sait quelque chose.

 

Bien sûr la presse « engagée » a disparu. Mais est-ce une raison pour qu’une presse qui se gargarise de sa mission, de sa liberté (?) et de son objectivité, se prive d’au moins donner du sens aux évènements du monde ?

 

La médiacratie a, en gros, démissionné de ce qu’était son rôle traditionnel : défendre des causes.

 

Un étage plus bas,  il y a la presse torchon. La D.H., pour ne pas la citer, titre à la veille de la Noël « Une grève pour rien », en laissant ignorer les ultimes petits aménagements aux décisions du gouvernement sur les pensions.

 

Sous entendu : se mettre en grève ne sert à rien. Imagine-t-on ce que serait la situation sans la puissance syndicale, si la droite pouvait faire ce qu’elle veut ? L’indexation aurait déjà été supprimée, l’âge légal de la pension serait à 67 ans, les allocations de chômage seraient de courte durée, et les salaires entaillés…

 

A la pensée unique, opposons la résistance par voie de presse alternative !            

 

Robert Falony

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