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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 23:19

La social-démocratie et nous (2/3). Cette Europe là ne sera pas la nôtre en 2014 !

 

 S’il fallait une seule raison de douter du « tournant à gauche » de la direction du P.S., on la trouverait dans l’accueil enthousiaste qu’elle a réservé à l’accord budgétaire, présenté quasiment comme une victoire socialiste. Qu’on comprenne bien : c’est un chose de défendre les ministres socialistes, d’expliquer qu’ils ont fait tout ce qu’ils ont pu, d’énumérer les concessions arrachées à la droite. On le sait bien, « Ce serait pire sans nous ». Mais occulter les aspects négatifs n’est pas sérieux. Il y a de la régression sociale dans la balance du compromis : la TVA pour les avocats va défavoriser la masse des petits justiciables, l’allocation de rentrée scolaire est laminée, et cet immense bricolage de réduction des dépenses publiques va comporter, le diable étant dans les détails, bien des effets collatéraux mal mesurés aujourd’hui. Bref : la politique d’austérité pesant d’abord sur le plus grand nombre se poursuit.

 

L’épisode démontre que le PS est incapable, dans sa propagande, de pratiquer une pédagogie autonome, indépendante de sa participation gouvernementale. Qu’il est même incapable de faire de la pédagogie ! On ne peut pas, à la fois, critiquer la politique euro –libérale et défendre la soumission aux diktats budgétaires de la Commission et de l’Allemagne, le traité TSCG (« Tous saignés comme les Grecs »). Car cette Europe là est un leurre, une fausse Europe, une non Europe, l’Europe du grand capital et des marchés financiers.

 

Sur le six-pack socialiste…

 

Les six « réformes de gauche pour changer l’Europe » du PS forment un  programme électoral pour 2014 qui va dans le bon sens et résume les idées de nombre d’économistes non libéraux. Mais sans plus. C’est bien de vouloir conférer à la BCE le droit d’acheter directement de la dette d’Etat, mais ce serait mieux de mettre en cause la structure même de la dette publique, d’en contester la légitimité, de parler remise et « consolidation ». Mais cela, ce serait effrayer les marchés financiers, ce que la social démocratie n’ose jamais faire. Une politique industrielle européenne ? Tout espoir de sidérurgie intégrée a disparu pour le bassin liégeois. La scission des banques d’affaires et des banques de dépôt ? Pays par pays, les gouvernements en font le minimum, les banquiers n’en veulent pas. La taxe sur les transactions financières ? C’est un vrai serpent de mer qui, dans l’Union européenne, apparaît et disparaît. Il faut dire tout cela pour être crédible.

 

Trois camps en présence

 

Les médias opposent globalement les « eurosceptiques » et les partisans de «  l’Europe », comme si c’était là la ligne de démarcation. Mais la gauche anticapitaliste n’a rien à voir avec les « souverainistes », avec les adversaires de l’euro, avec les populistes nationalistes. Elle refuse par contre la pseudo Europe du grand capital, celle de la Commission européenne, des Van Rompuy et des Barroso. Et elle refuse l’Europe des illusions et du mensonge permanent.

Il y aura donc trois fronts en vue des élections européennes de 2014.

 

Aucune liste « à gauche du PS » ne pourra emporter un siège de député européen. Affaiblir la social-démocratie en faisant cadeau d’un siège à la droite serait aberrant. Mais on peut conseiller au président du PS d’embarquer dans « sa » liste, avec le statut d’indépendants, des contestataires de l’obéissance budgétaire, elle y gagnerait en crédibilité !    

 

 

Robert Falony

 

 

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