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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 09:23

La haute finance comme ennemi de classe

 

Dans le discours officiel universel, il est toujours fait mention de « l’intérêt du pays ». C’est une fiction, l’intérêt général n’existe pas, seulement celui du plus grand nombre. Et l’inégalité sociale croissante n’est pas une conséquence de la « crise », elle en est la cause première. C’est pourquoi les politiques d’austérité à sens unique sont vouées à l’échec.

 

Or, chaque jour apporte quelque information qui dément le discours sur « l’intérêt général ». Les 500 plus grandes entreprises américaines ont fait de jolis bénéfices en 2011, et les cent premiers  patrons des Etats-Unis se sont partagés deux milliards de dollars d’émoluments. Mais la banque JP Morgan vient de perdre à peu près autant à la suite de ses spéculations hasardeuses. Les banksters n’ont « rien compris, rien appris » depuis 2008. La banque d’affaires Goldman Sachs, celle qui a aidé à « arranger » les comptes grecs, fonctionne comme une société secrète.

 

 Se  sachant « too big to fail », ce monde de la haute finance n’a rien à craindre d’un personnel politique apeuré, au sein duquel d’ailleurs la plupart sont d’autant moins enclins à légiférer et à réguler que leurs propres intérêts patrimoniaux sont en jeu. Cela s’appelle des intérêts de classe. En Grande Bretagne, le gouvernement Cameron a réduit les impôts des plus fortunés.

 

 Chez nous, Dexia fournit un exemple type de ce qu’a été l’aventurisme financier de tant de brillants gestionnaires. « Ce n’est pas nous, ce sont nos prédécesseurs » peuvent se défendre les Mariani et les Dehaene. Le holding n’en a pas moins été conduit sur les rochers. La collectivité paiera, d’une manière ou d’une autre.

 

« Le Soir » du 11 mai apprend à son lectorat que « L’impôt des sociétés a diminué de moitié en une décennie ». Alors que les bénéfices imposables ont presque doublé entre 2001 et 2009, la part perçue par le fisc est moindre. Sans effets heureux sur l’emploi, tout au contraire.

 

Nous vivons donc  toujours sous le règne de l’argent fou. Mais des idées nouvelles, un projet nouveau, surgissent des profondeurs de la gauche, font leur apparition dans les programmes.

 

Comme il y a un salaire minimum, il faut des rémunérations maximales. Dans une entreprise, l’écart entre la rémunération la plus basse et la plus haute ne devrait pas excéder le rapport de 1 à 20, et on serait encore très loin de normes socialistes ! Ce qui est possible dans les entreprises publiques ne l’est pas dans le vaste secteur privé : là, c’est par le biais de la fiscalité que doit s’opérer la redistribution sociale…

 

Les programmes de la gauche française, PS et FG, prévoient la séparation des banques d’affaires et des banques de dépôt, qui aurait du s’imposer partout dès 2008, l’interdiction des stocks options et la réglementation des bonus.

 

Il faut cerner le monde de la haute finance spéculative, l’isoler, le dénoncer, non à travers des individus, bien qu’il y ait des cas vraiment scandaleux, mais en tant que système parasitaire. Et il est vain de parler de morale, de civisme, d’humanisme, sans aborder de face le rapport à l’argent. Là est « l’austérité » bien comprise !

 

Ces lignes sont écrites alors que la zone euro est à nouveau dans la tourmente, activée par le nationalisme monétaire allemand.  

 

 

Robert Falony.

 

 

 

 

 

 

 

 

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