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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 17:25

La social démocratie et nous… (1/3)

 

Ce « nous » recouvre une cohorte d’humilités : militants socialistes de toujours, toujours déçus mais qui refusent l’abandon, rescapés du communisme, écolo-socialistes, gens en quête d’une « autre gauche » en Belgique, altermondialistes en refus des « appareils » et de la « particratie ». Cela fait quand même du monde, mais pas une force.

 

Après le congrès d’avril du PS, et les discours du 1ier mai, la grande presse à tonalité libérale (donc sa quasi-totalité) s’est attachée à présenter ce « tournant à gauche » comme un simple exercice de musculation pré - électorale. Sans doute, et il est vrai que le PS redoute l’issue des élections de 2014, dans un contexte de récession- déflation, et de « crise » sans issue visible. Des forces de droite très actives rêvent de son échec électoral, un échec tel qu’un axe de gouvernement fédéral NVA- MR deviendrait la seule issue possible dans une Belgique en perpétuelle mutation institutionnelle. Tout un patronat en Flandre vient d’accuser le gouvernement Di Rupo d’immobilisme, par rapport aux « réformes » destinées à rétablir la « compétitivité », celle qui aurait motivé en d’autres temps une dévaluation. Dans cette optique, un PTB quelque peu diabolisé peut aussi faire office d’espoir secret pour cette droite là…M. Charles Michel ne dira pas le contraire…

 

Mais laissons là cette cuisine électorale. Dans l’esprit de Paul Magnette, politologue éminent, spécialiste de l’Europe, le « tournant à gauche » va certainement bien au-delà : le but est de garder au PS assez de crédibilité pour faire face à la crise évidente de la social-démocratie européenne.

 

Il ne s’agit pas ici d’en refaire le procès « historique » : un centenaire mémorable l’an prochain en offrira l’occasion (1). Non, il s’agit de la crise ouverte en 2008 et dont cette social démocratie s’obstine à ne pas prendre la mesure. C’est là que le « tournant à gauche » n’a rien de stratégique…

 

Schizophrénie…

 

 Prenons l’exemple le plus concret : c’est bien de décocher des flèches contre l’Europe libérale, mais se résigner en même temps à avaliser le paquet des traités budgétaires « européens » est le signe le plus évident de cette  schizophrénie qui caractérise si bien la direction du PS français : on crie « Relance ! Régulation ! », mais tout en continuant à pratiquer dans son propre pays une politique d’austérité déflationniste.

 

A moins que tout l’exercice ne se limite à espérer une défaite électorale de Mme Merkel en septembre prochain. A se dire qu’il y aura bien, non pas à Pâques ou à la Trinité mais en 2014 ou en 2015, quelque chose que les économistes pourront appeler une « reprise », en avalisant la plus formidable aggravation des inégalités sociales depuis le grand tournant libéral des années 80…    

      

Il faut cesser de croire ou de faire croire que, dans un système capitaliste empêtré dans ses contradictions, il est possible de réduire à la fois le chômage et la montagne de l’endettement public. Keynes aujourd’hui ne dirait pas le contraire…

 

Ne pas seulement « rénover la façade » !

 

Le nouveau président du PS lance une opération «  Citoyens engagés ». Philippe Moureaux, de son côté, annonce le lancement en juin d’un club de réflexion (Il en a animé un vers la fin des années nonante, mais la réflexion n’a de sens que si elle se prolonge dans l’action…).

Ces créneaux ne doivent pas rester inoccupés, dès lors qu’ils offrent l’occasion de promouvoir dans la gauche large une ligne anticapitaliste cohérente. Parallèlement, il faut œuvrer à fédérer les courants de la gauche dite radicale, sans exclusives sectaires, ni visées électoralistes étroites, qui seraient contre-productives dans ce qui seul compte : les rapports de forces. C’est bien ainsi que des amis le comprennent à la FGTB.

 

De la grève exemplaire des bagagistes de Zaventem à, sur une toute autre échelle, la tragédie des ouvrières du Bangladesh, c’est le même capitalisme qui stresse, exploite et tue. Qui broie les vies. Mais avec le national -populisme, le courant porte à droite. La réponse doit être à la mesure du défi.    

 

 

Robert Falony

 

 

(1) L’effondrement de la Deuxième internationale en juillet-août 1914, acceptant la boucherie de la guerre au mépris de toutes ses résolutions.

 

 

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