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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 13:35

La crise (grecque) est derrière nous, sauf si elle est devant…

 

L’Europe officielle, qui a été incapable de traiter correctement le problème grec à ses débuts, tente de se persuader que la crise de l’euro est derrière elle. Mais les marchés ne sont pas dupes : même encadré, encastré dans un montage financier incroyablement complexe, un délestage de dettes reste un défaut de paiement, assez anticipé pour éviter une nouvelle panique des banques gavées de prêts par la BCE.

 

 Non seulement la malheureuse Grèce, mise par « l’Europe » sur une sorte de lit de Procuste (ceci pour les amateurs de mythologie grecque, justement…) sera incapable « d’honorer ses engagements », mais encore la pression se porte maintenant sur   le Portugal et l’Espagne.

 

Et, bien que la récession s’étende peu à peu à l’ensemble de la zone euro, encore de faible ampleur au nord, la Sainte Famille (Commission, BCE, FMI) n’a pas d’autre remède que de préconiser partout de nouvelles saignées budgétaires. Même le nouveau gouvernement de droite en Espagne se voit mettre le couteau sur la gorge.

 

Un point important : lors des débats qui précédèrent l’introduction de l’euro, la partie de la gauche la moins sensible aux attraits d’un fédéralisme continental avait fait valoir qu’on faisait disparaître la « variable d’ajustement » des dévaluations pour les pays en manque de « compétitivité ».

 

Ces critiques ont malheureusement eu raison. La zone euro telle qu’elle a été acceptée par l’Allemagne est devenue une sorte de bouclier pour les néo-libéraux, et par ailleurs un bouclier aussi pour la suprématie du dollar, avec un euro qui reste surévalué.

 

Cette contradiction, loin de s’atténuer, sera à la longue insoutenable. Et les marchés financiers le savent bien.

 

C’est dans ce contexte qu’il faut juger aussi la situation belge. Lorsque le Premier ministre dit au Parlement, en justifiant la correction budgétaire « indolore », que la Belgique est « un bon élève de la classe », on peut penser qu’il le dit pour faire enrager quelques libéraux adeptes des purges et saignées. Aussi à la Commission.

 

L’ennui, c’est que toute la classe est soumise à un maître d’école qui pratique un enseignement déplorable. C’est vrai que PS et Open VLD se sont neutralisés. Mais  souscrivons sans complexe à la critique de la FGTB sur la déficience du volet fiscal. Et quid de ce qui se passera en juillet si la conjoncture s’anémie encore davantage ?

 

De l’élection souhaitée de François Hollande, on peut tout juste espérer qu’elle réduira un tout petit peu la pression libérale sur les gouvernements. Mais si Sarkozy est effectivement battu, ce sera d’abord le fait de la loi des séries : il tombera à la suite de Socratès, Papandréou, Berlusconi, Zapatero… Les peuples deviennent rétifs. 

        

 

Robert Falony.                                       

 

 

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