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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 21:37

 

Le pire a été évité, mais le détricotage social se poursuit.

 

L’introuvable gouvernement Di Rupo a fini par arriver, après 17 mois et 25 jours de « crise » belgo-belge, une période d’« affaires courantes » sans précédent historique, stupéfiante pour les politologues.

 

Trois réflexions d’abord. La première est que les acteurs ont été soumis à des pressions extérieures, elles aussi sans précédent, venant de « l’Europe », comme dit la presse. C’est la Commission qui prétend imposer des « réformes structurelles » visant quasi explicitement le système belge d’indexation des salaires, la durée des allocations de chômage, l’âge de la retraite. Synchronisation parfaite entre l’Open VLD, le MR et cette « Europe » là, qui a nom Merkel, Sarkozy, Monti.  

 

 merkel_Sarko_Monti.jpg

Merkel, Sarkozy, Monti : dirigeants de rêve pour le MR et l'Open VLD

 

La cerise sur le gâteau a été l’affaire Standard & Poor’s. Alors que même la Commission européenne est divisée sur ce qu’il faut faire pour contrer l’influence planétaire de ces boîtes privées néfastes, leviers au service de la spéculation, on a vu les médias juger cette dégradation de note avec le respect du à l’Oracle. « La note de la honte » écrit en édito Béatrice Delvaux dans  « Le  Soir » du 26 novembre, quitte à ne pas ménager au passage la chancelière Merkel. Cet épisode wagnérien a peut-être, au reste, servi davantage le formateur que De Croo : il fallait en finir.

 

 StandardPoors_Headquarters-copie-1.jpg

Standard & Poor's a sonné la fin de la récréation.

 

Seconde évidence : l’encre de l’accord institutionnel à peine séchée, l’antagonisme communautaire est revenu au galop, mais sous la forme très lisible d’une opposition gauche-droite. Clairement, la Flandre (sa majorité politique) est plus disposée à accepter les remèdes de la droite libérale – tuer le malade en le guérissant- que la Belgique francophone. Ceci dégrade l’accord « historique » d’octobre, dont il convient au reste de prendre son parti.

Troisième constat : l’aggravation d’un climat populiste de droite avec le concours de la grande presse. Au cœur du débat budgétaire, alors qu’on parlait du pouvoir d’achat des gens, de leurs soins de santé, de leur travail, tout cela devenait des « jeux politiciens » que l’on pouvait régler « en cinq minutes de courage politique ».

 

C’est grave : dépossédé d’en haut par la haute finance, le monde politique – en faisant la juste part de ses travers- perd sa légitimité par le bas, par l’indifférence teintée de mépris du plus grand nombre. Un boulevard pour l’extrême - droite.

 

Le compromis budgétaire, et Di Rupo doit en être fort aise, suscite du mécontentement à la FEB,  ce qui est censé « équilibrer » la juste opposition syndicale. Car le détricotage social se poursuit.

 

En marche arrière…

 

 Pour ce qui concerne le PS, il faut en revenir à la déclaration collective de ses mandataires, publiée en « Carte blanche » du « Soir » du 7 novembre, qui évoque « 125 ans de progrès social », en passant sous silence qu’on est en marche arrière depuis les années 80.

 

Il est faux  de dire que « tout le monde doit contribuer » : pas les moins favorisés, touchés demain comme chômeurs de longue durée, ou comme travailleurs âgés victimes de licenciements collectifs, on y reviendra.

La direction du PS, d’ailleurs à l’abri de toute contestation interne, on n’est plus au temps des « rebelles », dispose de l’argument central qu’il fallait « prendre ses responsabilités », mettre un terme à cette vacance du pouvoir. Mais il y a autre chose : plus que jamais, le plus grand parti de gauche n’a plus d’action autonome, il défendra demain l’action de ses ministres quoi que le gouvernement décide, au nom de la discipline. Sa seule échéance électorale proche  n’est-elle pas celle des communales, avec le secours assuré de ses locomotives locales ? Et « ce serait pire sans nous » ?

 

 PS_boulevard_empereur-copie-1.jpg

Siège du PS au boulevard de l'Empereur : bien protégé...

 

Elle n’avoue pas qu’elle a des doutes –en a-t-elle ?- sur le succès de cette politique d’alignement sur la loi des marchés, qui va vraisemblablement échouer pour cause de récession, comme elle est en train d’échouer partout en Europe.

 

 Jean Lafont.

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