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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 20:41

 

Une austérité  faussement équilibrée…

 

Pendant les années 80, sous les gouvernements Martens-Gol, il a été procédé à plusieurs sauts d’index, au même motif de réduire la dette publique et d’assurer  la compétitivité des entreprises. Le chaud débat budgétaire qui vient de s’achever n’a pas vu les libéraux invoquer ce précédent, ce qui signifie à nos yeux que leur objectif était bien, cette fois, de mettre en question le principe même de l’indexation à la belge, un système jugé par le patronat une « anomalie » au niveau européen. Et de parler  de « hausses » salariales alors qu’il ne s’agit que d’éviter la dégradation du pouvoir d’achat ! L’indexation ne survient d’ailleurs qu’avec un temps de retard.

 

Tout ce débat a été marqué par la confusion des termes et des définitions, la distinction entre « dépenses » et « recettes »  de l’Etat étant souvent factice pour les gens. Pour les malades qui vont payer davantage en soins de santé, pour les jeunes à la recherche d’un premier emploi, pour les travailleurs âgés victimes d’un licenciement collectif, il s’agit bien de charges nouvelles, de conditions d’accès plus sévères. Du côté des Mutualités, des craintes très vives s’expriment sur le coût des soins médicaux.

 

Il faut sortir des simplismes à la sauce libérale. Personne ne nie par exemple que l’allongement de la durée de vie a des répercussions sur la Sécurité sociale, et sur le régime des retraites. Il faut réaménager, mais pas comme ça. L’hypocrisie est de raisonner comme si « le travail » était abondant et non rare, comme s’il suffisait de vouloir exercer un métier pour en trouver un. Elle est d’ignorer la déqualification croissante, et même les diplômes ne garantissent plus un avenir. Les nouvelles modalités qui régissent les prépensions (lesquelles ont « arrangé » aussi bien les patrons que les syndicats…) vont simplement augmenter le nombre des chômeurs âgés. Nous ne vivons pas dans une société qui répartit le travail disponible dans le cadre d’une économie planifiée ! Ainsi, cet ensemble de mesures dites d’économie vont pourrir davantage la vie de milliers de gens.

 

gouvernement_di_rupo.jpg 

"Habemus Papam" : sotte béatitude et rappel aux réalités

 

Chaque jour qui passe, et nous éloigne de la sotte béatitude unissant pendant quelques heures les six partis, « Habemus Papam ! », dévoile des « effets collatéraux » désagréables qui signifient surtout des hausses de prix, des répercussions sur le consommateur, l’usager, le patient. Les contreparties obtenues par la gauche officielle ne font pas le poids : s’agissant des fameux « intérêts notionnels », les avantages fiscaux des sociétés multinationales, Anne Demelenne qualifie d’égratignures le 1,6 milliard inscrit au tableau. Certaines des mesures prises tournent le dos aux incitations à économiser l’énergie. Il est vrai que, depuis la crise financière globale, « ils » relèguent à l’arrière-plan la question du climat…

 

Dégradation encore des services publics : les 253 millions de réduction au budget de la SNCB ne seront pas innocents pour les usagers, lignes de train à supprimer, qui sont dans le collimateur de la direction…

 

Réhabiliter l’impôt.

 

Depuis longtemps, la gauche institutionnelle a renoncé à réhabiliter l’impôt, parce qu’elle a renoncé à la bataille des idées et au constat des antagonismes de classe. Des ménages qui gagnent plus de 5.000 euros net par mois peuvent commencer à contribuer davantage. Les cinq milliards de rapport de l’emprunt Leterme à 4%, presque la moitié de « l’effort » 2012, sont la plus belle démonstration que l’argent est là… De l’impôt sur la fortune, il ne reste pourtant que des mesurettes, des « égratignures ».

 

 manif-bruxelles-le-2-decembre-2011.jpg

Manifestation syndicale du 2 décembre : plus qu'un avertissement !

 

A l’occasion de la riposte syndicale du 2 décembre, il faut évoquer enfin la longue litanie des « petits » conflits sociaux : c’est Durobor à Soignies, la bagarre avec les repreneurs potentiels ; Tybex à Menin, perte de 53 emplois ; de 300 après le dépôt de bilan de Next Pharma à Braine l’Alleud ? ; Brussels Airlines : 60 emplois perdus. Et il y a encore FBTC à Dessel, VHG à Nivelles. Fermetures, dépôts de bilan… Sans oublier la honte d’Arcelor-Mittal.

 

Le gouvernement Di Rupo- Reynders part sous le signe de l’agitation sociale et de la récession  annoncée…

 

 

Jean Lafont.

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