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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 13:39

La FGTB refuse donc de signer l’accord interprofessionnel, de même que la CGSLB.

 

La nouvelle, le 4 février, a mis en émoi et offusqué toute une presse, à l’exemple de l’éditorialiste du « Soir » le 5. Faut-il qu’elle soit conditionnée par la pensée unique, coulée dans le moule du « politiquement correct », pour rejoindre ainsi automatiquement le camp patronal et libéral ?

 

Ce refus syndical « complique la crise gouvernementale ». Cela, au moins, est vrai. La NVA, en se déclarant prête à fournir main-forte au pouvoir exécutif en faveur de l’accord, a apporté un élément de réponse : la lutte sociale transcende le conflit communautaire, comme on le soutient sur ce blog. La NVA, à l’instar du PVV néerlandais, est un fourgon du capitalisme.

 

Inversement, on voit mal le PS, dans le cabinet « d’affaires courantes », se prêter à un tel jeu, alors que le monde patronal réclame une application autoritaire de l’accord.

 

Le communiqué justificatif de la FGTB justifie en effet très bien : et d’abord le « contexte », dit-elle, « Les travailleurs ont durement payé une crise dont ils ne sont pas responsables ». On voudrait maintenant les rendre responsables aussi de l’inflation, du cours des matières premières !

 

L’accord garantissait deux ans d’indexation en 2011- 2012, mais n’était à cet égard qu’une muraille de papier face à l’offensive menée par Angela Merkel qui, sous le bouclier du nationalisme monétaire allemand, est en train de devenir pour l’Europe la Thatcher de notre époque. Au Conseil européen, Yves Leterme s’est souvenu qu’il est démocrate-chrétien, et a repoussé la prétention franco-allemande de dicter des lois de « compétitivité » à l’Union. Il est grotesque de faire du système d’indexation belgo-luxembourgeois un handicap pour la monnaie unique. Mais la menace subsiste…

 

L’accord prévoit le quasi blocage des salaires (la marge de 0,3% est ridicule) et même pas le relèvement du salaire minimum, alors que dans certains secteurs les profits sont revenus, et les bons dividendes, et les bonus… Les sociétés vedettes de la Bourse belge affichent 17 milliards de bénéfices en 2010.

 

Préavis.

 

La vague des licenciements de 2008-2009 a donné une acuité particulière au problème de l’harmonisation des statuts employé et ouvrier…Alors que tout un monde patronal y voit l’occasion d’une harmonisation vers le bas, la FGTB revendique pour les ouvriers une amélioration des délais de préavis : « Trois mois par 5 ans minimum dans un délai acceptable ».

 

 Et les « restructurations » en cours (« Trois Suisses », - 160 emplois comme dernier exemple) font de la durée des préavis une question centrale tant pour les ouvriers que pour les employés : toutes les centrales syndicales des employés, à la CSC aussi, ont repoussé l’accord.

 

L’inégalité sociale croissante dans le monde est moins une conséquence de ce qu’on nomme la crise qu’une de ses causes ! Et la question du futur immédiat ne sera plus seulement celle du salaire minimum, mais celle de la rémunération maximum, de la limitation des profits au bénéfice de la collectivité…   

 

Robert Falony.

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discalcius 18/02/2011 21:54


Le courageux Yves Leterme, qui, soit dit en passant, a aussi franchi le record du Premier Ministre démissionnaire le plus long, va assurer l'application d'un accord salarial minimaliste Un AIP des
frites sans doute!


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