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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 22:45

II. Les grèves ont un peu modifié le rapport des forces.

Ceci est un titre que vous n'aurez lu dans aucun de ces quotidiens qui ont toujours un pied dans le camp du gouvernement,  et sont tout imprégnés de la pensée libérale. Le front commun syndical a réussi à remettre en selle une "concertation sociale" qui paraissait moribonde. Le patronat s'abritait derrière le gouvernement de ses vœux. Mais il sait faire ses comptes, et les grèves de décembre lui ont été dommageables. Maintenant, c'est le gouvernement qui se retranche derrière le patronat, et qui a avalisé les premiers petits accords conclus. Dans l'équipe Michel, c'est le négociateur  K. Peeters qui a été renforcé, s'autorisant même la polémique avec le président de la NVA, lequel ne demeure pas en reste.

Si l'on considère le contenu de ces accords a minima, celui sur les fins de carrière en particulier, on entrevoit des accommodements, des reports de dates, ou des exceptions. Mais on sait que les dossiers les plus lourds ne sont pas encore abordés. Le saut d'index, avec toute sa symbolique, reste une ligne de fracture, même si la déflation  menaçante modifie quelque peu les données du problème. On assiste même à ce tour de passe-passe des augures de l'économie libérale qui transforment un signe évident de la récession, la chute du cours du pétrole, en promesse de rebond vers une reprise économique qu'ils voient généralisée!  De toute façon, la marge pour les négociations salariales reste des plus étroites, et la droite gouvernementale demeure adepte du célèbre axiome there is no alternative.

Fragilité de la trêve...

Mais jusqu'à nouvel ordre, il n'y a qu'une trêve sur le front des grèves. Le temps n'est plus où la droite pouvait espérer diviser le front commun  syndical, les syndicalistes savent que leur unité est le seul gage de leur réussite. En janvier, la base syndicale aura peu de raisons de trouver la situation meilleure! La pauvreté gagne du terrain avec ces milliers d'exclus en  fin de droits, qui vont refluer vers les CPAS, et pour lesquels peuvent se négocier au mieux des moratoires. Entretemps, une nouvelle crise de la zone euro aura peut être éclaté, au départ de la Grèce ou de l'Italie?

Pour maintenir son cap budgétaire, le gouvernement sera forcé de se reporter sur les recettes, c'est pourquoi on reparle tant de la fiscalité. La "fortune" a peu à craindre, tandis qu'au mépris de tous les discours en faveur des baisses d'impôt, les gouvernants seront de plus en plus tentés de se tourner vers la seule imposition d'un rendement immédiat: la hausse de la TVA.

Le PS au balcon ?

Le PS dans l'opposition au niveau fédéral ne donne guère l'impression de miser sur une évolution rapide de la situation politique. Reproduit-il son attitude de 1981 à 1988, lorsqu'il était "au balcon" sous la présidence de Guy Spitaels? Une opposition purement parlementaire, jouant la prudence et l'attentisme? Qu'il tire plutôt  les leçons de la pénible politique du trio Hollande-Valls-Macron en France.

 

 Robert Falony

 

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