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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 09:10

  

Les médias opposent globalement les "partisans de l'Europe" aux "eurosceptiques".  Un autre schéma s'impose. L'Europe dont ils parlent est celle des gouvernements adossés sur le grand capital et les marchés financiers. Ce n'est pas une Europe fédérale, mais intergouvernementale. Ce n'est pas celle des peuples, qui s'en détournent. C'est la non Europe de l'austérité budgétaire déflationniste, qui fait payer la "crise" par les masses défavorisées. C'est la non Europe qui débouche, comme dernier exemple en date, sur le passage d' Alstom sous la coupe de l'américain General Electric, faute d'une politique industrielle européenne intégrée. On a vu ça avec la sidérurgie liégeoise et lorraine... 

 

Cette Europe officielle et démissionnaire suscite une opposition rétrograde, de type nationaliste et xénophobe. La gauche n'a rien à voir avec ces gens là, qui rêvent du retour aux monnaies nationales; à l'indépendance de la Flandre, de l'Ecosse, de la Catalogne, de la Bretagne, de la Corse, de la Lombardie, de la Vénétie, et pourquoi pas du retour au Moyen Age? Les sots qui suivent ces courants, s'il advient, feront l'expérience pratique des effets de leur sottise.

 

 Mais si les élections européennes traduisent, comme on peut le craindre, une poussée de ces forces, incarnées par Marine Le Pen, par Wilders, par Grillo et d'autres, la faute en sera précisément à "cette Europe là". Les Barroso, Van Rompuy et compagnie auront les résultats qu'ils méritent.  Soulignons encore que le système antisocial des "travailleurs détachés" payés par des patrons esclavagistes deux ou trois euros de l'heure, renforce la xénophobie ambiante. On entend rarement un certain patronat faire la critique d'une "libre circulation des travailleurs" qui favorise à ce point le dumping social...

 

Et puis il y a la gauche anticapitaliste, morcelée, et qui doit clarifier sa position face à l'Europe politique.

 

Dans cette mêlée confuse, la social-démocratie est représentée par l'ami Martin Schulz. Le verbe est à gauche, il veut "infléchir" la politique dominante, mais rien n'assure que les gens qui ne se sont pas dressés hier contre la politique de Merkel, de la BCE, du FMI, contre le sort infligé à l'Espagne, au Portugal, à la Grèce,  ne feront pas  demain une courbe rentrante, en continuant comme par devant... Il faudrait que le groupe socialiste du nouveau Parlement européen devance le PPE (Parti populaire européen, démocrate-chrétien) pour que Schulz puisse mettre en question, dans son pays, le rapport des forces avec la chancelière.

 

Or, le Parlement européen élu en juin 2009 compte 275 PPE, 194 socialistes et assimilés, 85 libéraux (ADLE), 58 Verts. Le reste va à quelque 120 eurosceptiques britanniques,  souverainistes divers, et fascistes plus ou moins déclarés. C'est cette masse qui risque de gonfler. La gauche radicale est sortante avec seulement 35 sièges.

 

En Belgique, la dispersion...

 

En Belgique, on ne peut pas dire que les partis politiques ont mis leurs actes en concordance avec leurs paroles quant à l'importance du scrutin européen: à la notable exception de Guy Verhofstadt, fédéraliste mais libéral, aucune personnalité d'envergure internationale et d'avenir politique ne figure en tête des listes. On a fait comme d'habitude. Pour le PS, on n'est pas irrespectueux envers Marie Arena en s'interrogeant sur sa vocation à occuper vraiment la scène du PE pendant cinq ans... Et l'éviction  de Véronique De Keyser demeure injustifiable.

 

Le risque de dispersion des suffrages est d'autant plus grand qu'on a assisté à une prolifération sans précédent du nombre des listes: dix-neuf pour l'Europe, sept néerlandophones et douze francophones! Lesquels n'ont à se répartir qu’une petite dizaine de sièges... C'est ici que la lancinante question du vote "utile" se pose non seulement en termes politiques mais surtout en pratique: est-il sage de voter pour une liste qui n'a pratiquement aucune chance de remporter un siège, si sympathique soit son programme?  Trois listes se réclamant de la gauche radicale, cela témoigne davantage d'     affirmations personnelles que d'un souci de front commun, au delà de divergences idéologiques sclérosées. Ne reste donc que le vote nominatif en soutien d'un "meilleur que les autres", sur une liste...de gauche.

 

En Flandre, la NVA va s'emparer  d'au moins trois sièges. Il y a gros à parier qu'au Parlement européen, elle fera le jeu du PPE et de Juncker, candidat de la droite internationale à la présidence. Si des gouvernements de poids ne mettent pas des bâtons dans les roues : tous au Conseil des ministres n'adorent pas le Parlement européen.       

 

 

Robert Falony

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