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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 11:02

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La Libye dans la révolution arabe

 

C’est le 19 mars qu’était lancée l’opération militaire occidentale de soutien à la révolution populaire libyenne, sur base d’une résolution ambiguë  du Conseil de Sécurité, et rares étaient ceux qui la voyaient d’une durée aussi longue…

 

« Même une montre cassée indique l’heure exacte deux fois par jour » : cette phrase singulière parue dans « Le Monde diplomatique » exonère de toute culpabilité tout ce courant de la gauche avancée qui a pour cette fois souscrit à l’action des principaux membres de l’Otan. Car quel était l’enjeu ?

 

Le potentat tunisien Ben Ali était tombé à la mi-janvier, suivi le 11 février par un plus gros poisson : Moubarak en Egypte. Aussitôt après se produisait le soulèvement libyen, qui, lui, n’avait aucune chance d’éviter l’écrasement face à un système aussi totalitaire que celui incarné par Kadhafi : il faut remonter aux  jours ultimes du régime nazi pour trouver un autre exemple de résistance aussi fanatique des derniers suppôts d’une dictature…

 

Mais le « guide suprême » avait perdu toute importance géostratégique pour un monde occidental qui l’avait si longtemps ménagé. Par contre, s’il avait gagné la partie, cela aurait porté un  coup d’arrêt fatal aux espoirs de la révolution arabe, en Algérie, au Maroc, et bien entendu au Caire où c’est l’armée qui détient le pouvoir.

 

Négligeons le cas des archéo-staliniens, avec leur « camp anti-impérialiste » imaginaire. Mais il y a tout un monde de gens qui croient encore à la « souveraineté nationale » et utilisent ce concept dans le sens le plus conservateur. Il y a déjà un demi-siècle qu’en Belgique, le fédéraliste européen Fernand Dehousse comparait cette « souveraineté » à un cavalier tué sur son cheval encore lancé au galop. Que dirait-il face à la crise de la zone euro et au reste des turbulences planétaires !

 

Une sérieuse mise au point s’impose : pour les Sarkozy et autres Cameron, il n’y a aucune gloire à tirer de la chute de Kadhafi. Leur conversion est de la onzième heure. Et s’il est vrai que l’insurrection n’a pu triompher qu’avec le soutien aérien de l’Otan (Etats-Unis en tête), c’est tout de même le peuple libyen qui, seul, a fourni les combattants, les morts, les blessés, dans cette étrange guerre d’un nouveau type. Il ne faut certes pas nier que la résolution du Conseil de Sécurité a été interprétée dans un sens maximaliste : la « protection des civils » est illusoire si elle n’est pas couplée avec une action contre le système qui les massacre … On le voit bien dans le cas syrien, avec, hélas, une toute autre situation géostratégique…

 

La révolution arabe ne vient pas ou pas tellement des couches les plus pauvres : mais elle vient certainement des couches les plus éduquées. Ce constat ne refoule pas les réticences de toute une opinion occidentale dont l’esprit est perclus de  conservatisme frileux. Des touristes fuient bêtement des plages où on n’a jamais tiré un seul coup de feu, eux qui hier ne se souciaient pas des prisons et de la torture.

 

Et puis, il y a l’hypothèque islamiste ? Bien sûr qu’elle existe, sans doute moins en Tunisie qu’en Egypte où les Frères  musulmans sont une force dans les couches populaires et rurales. Mais ils sont confrontés au libre débat, à l’aspiration démocratique, à l’universalité des droits de l’Homme, et des femmes !

 

La révolution arabe a bien des pièges à déjouer. Mais la gauche occidentale a à réapprendre d’elle le sens de la révolte contre l’injustice sociale.

 

 

Robert Falony

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