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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 17:57

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La crise cypriote : l’Europe des saltim-banques…

 

Avec la crise du système bancaire cypriote, les saltimbanques de l’Union européenne, de la « troïka » (Commission, FMI, BCE), et de l’Eurogroupe, se sont surpassés, de nouveaux tours inédits sont sortis du chapeau.

 

Sans doute parce que les magiciens se font plus nombreux, avec des personnages peu connus     du grand public : au quatuor Lagarde, Barroso, Draghi, Van Rompuy (le télégraphiste entre Berlin, Paris et Londres) s’ajoutent les noms d’Olli Rhen, ce commissaire finlandais au long bras budgétaire, et d’un social-démocrate des Pays-Bas, Dijsselbloem, ministre des Finances frais émoulu dans son pays, devenu président de l’Eurogroupe, à la place de Juncker.

 

A qui faut-il attribuer la bourde majeure de la taxation des dépôts inférieurs à 100.000 € dans le premier plan de sauvetage, au mépris de la garantie publique virtuelle qui est de règle dans l’Union ? Il n’y a plus personne pour en prendre la responsabilité. Faute collective, d’autant plus lourde ! De toute façon, au sein de l’Eurogroupe, nul n’a fait opposition, pas Moscovici pour la France !

 

Au moins cette bourde a-t-elle permis à un Etat de l’Union, pour la première fois, de dire « Non » à l’eurocratie.

 

Le pistolet de la BCE sur la tempe du président cypriote, l’île a souscrit au plan révisé. Comme dans le cas grec, « l’Europe » a mis du temps à traiter le problème ! Chypre a adhéré en 2004, l’arrimage à l’euro est de 2008. On savait parfaitement à Bruxelles et à Francfort que le système bancaire cypriote était hypertrophié, malsain, banking off shore, et servait notamment de lessiveuse à l’argent sale des oligarques russes. C’est à Moscou qu’on a entendu le discours le plus drôle : « Quoi, taxer l’argent de nos compatriotes ! Ce sont des méthodes bolcheviques ! ». 

 

De cette nouvelle péripétie dans la crise de la zone euro, on peut tirer quelques certitudes. Les saltimbanques sont empêtrés dans des contradictions impossibles à résoudre : ils ne peuvent à la fois prémunir les banques, protéger intégralement les déposants, et ne pas alourdir les dettes publiques, c'est-à-dire celles des contribuables. Ils font face au cas par cas, sans solution modèle, dans l’improvisation. Et ils créent des précédents : une partie des avoirs bancaires à Chypre sont gommés, même en faisant la (large ?) part des capitaux qui ont du sortir frauduleusement. Le gouvernement cypriote a fait quelque chose que le monde de la finance déteste : il a suspendu la libre circulation des capitaux, « provisoirement » mais cela peut durer. La petite taille de l’économie cypriote fait passer la pilule. Un gros établissement bancaire est en liquidation, la banque Laiki. La note sociale sera lourde : milliers d’emplois supprimés.

 

En 2008, il fallait aller très vite vers la séparation des banques d’affaires et des banques de dépôts, aller très vite vers la mise sous contrôle des banques par une Union bancaire. En combattant toute cette régulation avec acharnement, la haute finance se prépare de nouvelles angoisses.

 

Retour à Dijsselbloem, qui les anticipe : « Il faut responsabiliser les banques et les clients, perdre de l’argent peut-être une juste sanction ! » .Mme Merkel ne dit pas le contraire. L’ennui, c’est que cette assertion se transforme en responsabilité collective, ce sont les peuples (d’Europe du sud) qui deviennent coupables comme tels. Et le vieux nationalisme latent fait le reste. La prochaine crise, majeure : ce sera l’Italie ?     

 

 

Robert Falony

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