Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 20:54

France: la gauche de gouvernement va dans le mur...

 

Le parti socialiste français a subi un désastre électoral aux élections municipales de mars. Un désastre qui risque bien de se reproduire aux élections européennes, avec le Front national plus haut que le PS...

 

Le sauvetage de Lille et de Paris ne doit pas faire illusion. C'est autour des grands centres urbains, dans les faubourgs et petites cités populaires, que l'évaporation du vote de gauche est la plus spectaculaire. Le PS est en  difficulté dans les "communauté urbaines" qui sont autour de ces grandes villes. D'anciens bastions "ouvriers" sont tombés, au détriment soit du PS, soit du parti communiste. Le cas le plus symbolique est celui de Limoges, une cité administrée par la gauche depuis un siècle. Et puis, autre cas de figure: Marseille, qui était "prenable" face au vieux maire Gaudin. Mais le "système Guerini", les pratiques affairistes et glauques, d'ailleurs anciennes, dans la fédération PS des Bouches du Rhône, plus les conflits internes qui ont précédé l'élection, ont entraîné une cuisante défaite.

 

Tout l'échec de la politique de Hollande se ramène a ceci: il n'a pas osé, après son élection, affronter Berlin sur le carcan budgétaire européen. Une coalition anti-Merkel était à tenter. Ceux qui ont peur d'une crise ouverte entretiennent des crises larvées. Les incantations à la "rigueur" de Manuel Valls n'y changeront rien: cette politique conduit la gauche dans le mur. Une quarantaine de députés socialistes ont eu le courage de manifester leur opposition par leur vote d’abstention, le 29 avril.

 

La monarchie élective en France

 

La France est cependant dotée, depuis la réforme du général De Gaulle instaurant pour son usage l'élection directe du président de la République, d'une monarchie élective et quasiment plébiscitaire. Le chef de l'Etat n'est pas un arbitre, mais un chef de parti. Ceci correspond à une vieille tradition "bonapartiste" dans ce pays, qui est censée garantir un Etat fort. A une époque où, en outre, la dépolitisation des masses atteint des sommets, l'état d'esprit des médias, et des masses  formatées, est de chercher un "homme fort" et providentiel pour s'en remettre à lui.


 

Dans le cas français, et en dépit d'une Constitution  disant que le gouvernement gouverne, le glissement vers le pouvoir personnel s'est accentué par la pratique. Jusqu'en 1981, la droite est au pouvoir, De Gaulle, Pompidou, Giscard sont ses guides. Mitterrand, oubliant ses professions de foi antérieures, s'est coulé dans ce modèle, d'ailleurs avec souplesse. Il n'a pas cherché à redéfinir la fonction. La France a expérimenté des "cohabitations" entre le président et une majorité du bord opposé.


 

Cela a paru tellement malséant que l'on a accentué le caractère monarchique du régime en réduisant la durée du mandat présidentiel de sept à cinq ans, de façon à faire coïncider l'élection présidentielle avec les législatives.

 

Le parti socialiste a été vampirisé par cette fonction monarchique. Les tendances ont fait place à des écuries de course à la présidentielle. A droite, au centre, à gauche, il y a vingt personnages, qui, en fonction de leur âge, ne rêvent que d'une chose: occuper un jour l'Elysée.


Arnaud Montebourg voulait une Sixième République: il se débat dans les contradictions de la Cinquième...

 

  

Robert Falony

 

Partager cet article

Repost 0
Published by osons.le.socialisme.over-blog.com
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de osons le socialisme
  • : Blog de gauche d'analyse et de débat sur l'actualité et l'avenir du socialisme en Belgique et dans le Monde. Blog ouvert à tous pour un débat critique et courtois
  • Contact

Recherche

Liens