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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 23:26

Mafia, pouvoir et grand capital

 

En parcourant trois ou quatre numéros du "Monde", fin décembre, on pouvait prendre connaissance d'un vaste scandale dans le secteur de l'immobilier  et des travaux publics au Brésil, de la corruption liée à Alstom aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, de la chute du magnat allemand Thomas Middelhof, ex-président de Bertelsmann , des achats de voix au Parlement grec, et savoir en prime que l'infante Cristina sera jugée pour fraude fiscale en Espagne. On se souvenait qu'au Portugal l'ex-premier ministre "socialiste" José Socratès  vient de tomber, et des affaires de corruption toutes récentes à Venise et à Rome, éclaboussant la fonction publique.

 

La norme et non plus l'exception

 

Mais peut-on encore parler de "scandales", quand ceux-ci sont devenus la norme? Leurs acteurs s'en cachent de moins en moins. L'idéologie libérale du fric triomphant, arrogant, et de plus en plus cynique, s'affiche avec impudeur. "Ils" ont de moins en moins à craindre la "Justice", dure pour les pauvres, douces pour eux, le "ruling" y pourvoira.  La métaphore de l'iceberg laisse entrevoir que pour un scandale mis au jour,  trois resteront immergés. La fraude fiscale? Ce sont les Etats qui l'organisent au profit des entreprises multinationales, et pourquoi pas au nom de la défense de l'emploi?

Il ne suffit plus d'évoquer la "criminalité en col blanc" comme existant à la marge. Elle est au centre du mode de fonctionnement du capitalisme dérégulé, voyez les moeurs qui ont cours à la City de Londres, pour prendre cet exemple. Dérégulé? Mais la mafia est très régulée, comme l'observait jadis un économiste africain.

 

Mafias de tous les pays...

 

La mafia est italienne, ou albanaise, ou mexicaine... Elle est universelle. Mais c'est précisément du Mexique que viennent des signes préoccupants du terrain qu'elle gagne. En septembre, dans l'Etat de Guerrero, une quarantaine d'étudiants ont "disparu", assassinés par des narcotrafiquants en collusion avec les autorités policières.

Le Mexique, dont près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, a vu en ce siècle des milliers de gens tomber sous les balles des tueurs: trafiquants de drogue, forces armées, milices se sont livrées à une véritable guerre civile. L'affaire de l'Etat de Guerrero n'en est qu'un épisode supplémentaire.

 

Ce n'est pas une question de latitude. L'espèce de soulèvement sur fond de mysticisme guerrier qui traverse de larges couches d'un monde musulman incapable d'analyser les causes de sa situation s'incarne dans le pseudo Etat islamique (Daech). En Syrie et en Irak, trafiquants d'armes, de pétrole, de devises, et même d'esclaves, prolifèrent et s'enrichissent en symbiose avec cette nouvelle version de la "secte des assassins" du onzième siècle. Le commerce des réfugiés de guerre spoliés et abandonnés en mer est en plein essor.

Des futurologues dans le style de Jacques Attali ont envisagé, parmi les quelques destinées possibles de l'humanité, l'exercice direct du pouvoir par ce monde là. Le crime prospère à l'abri du secret bancaire et de la libre circulation des capitaux. On peut seulement se dire qu'on  ne peut dissoudre le peuple, et que la révolte contre l'injustice est éternelle aussi.  

 

Robert Falony

 

 

°Elections  grecques: solidarité avec Syriza!

 

° L'attentat monstrueux contre "Charlie Hebdo": défense inconditionnelle de la liberté d'expression face aux fanatiques religieux!

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