Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 09:30

Europe: la marche des somnambules

 

La social-démocratie s'est réunie à Madrid pour pleurer sur le sort du Pasok grec, et  pour conjurer celui qui semble attendre le parti espagnol, menacé d'être relégué à la troisième place par Podemos, la gauche indignée radicale. Cet acte de contrition collectif a été poussé jusqu'à l'aveu que les politiques d'austérité telles qu'elles ont été menées ont été un échec. Après quoi Valls est retourné à Paris pour appliquer la loi libérale de son ministre Macron ( les ouvertures dominicales élargies vont aider à résorber la crise), le SPD affiche sa solidarité gouvernementale avec la droite allemande pour tenir le couteau sur la gorge du peuple grec, et il ne faut surtout pas que ces trouble-fêtes de Syriza réussissent.

 

Pourquoi en effet renoncer à une politique qui a si remarquablement échoué ? L'Europe est en pleine situation déflationniste. La majorité des pays de l'Union demeurent en dessous de leur produit de 2008, malgré la baisse de l'euro et des cours pétroliers. Au Danemark, on applique un "intérêt négatif " sur les dépôts bancaires! Pendant ce temps, le gouvernement belge décide à contre-courant un saut d'index qui va réduire le pouvoir d'achat, sans avoir l'excuse de l'inflation des années 80. On truque les chiffres du chômage. La corruption des "élites" s'affiche sans  vergogne, façon Kubla ou De Decker en Belgique, Cahuzac ou DSK en France.

 

Que pouvait faire d'autre Tsipras ?

 

La dureté avec laquelle "l'Europe" a traité le gouvernement de gauche en Grèce n' est pas surprenante, elle doit beaucoup plus à des raisons politiques "punitives" qu'au problème de la dette elle-même, qui n'inquiète plus vraiment la planète financière. En contrepartie de quatre mois de répit, il a fallu qu'Athènes consente à l'essentiel du programme de l'ex-troïka débaptisée. Ne passent que des mesures humanitaires qui ne coûtent pas grand chose. Le libéralisme social s'accommode des soupes populaires. On applique une politique qui a fait passer la dette grecque de 107 à 175 % du PIB entre 2006 et 2014, avec maintenant un solde primaire maigrichon, du au seul tourisme.

 

Quel choix avait le gouvernement grec ? La mise en cessation de paiement comme l'Argentine au début de ce siècle ? Le blocage des dépôts dans les banques, hormis ce qui est nécessaire pour vivre ? La mise en circulation d'une monnaie parallèle ?  Une aventure pour laquelle le nouveau pouvoir n'a aucun mandat. Mais rien n'est réglé sur le fond, le gouvernement Tsipras va rester en lutte avec ses usuriers, cette dette publique devra quand même être aménagée, étalée, ou solidarisée via la BCE, qui s'en défend.

 

Le mythe du retour à la "croissance": ce doit être celle de l'aide aux personnes !

 

D'aucuns rêvent de combiner le maintien de la politique d'austérité avec une dose de "relance". Avec des projets aberrants de centre commerciaux géants, comme celui d'Uplace, on entretient l'illusion d'une "reprise" toujours basée sur de la croissance quantitative. Une technologie toujours plus inventive vise à inonder le marché de gadgets, pour créer de nouveaux besoins artificiels.  Ce modèle a fait son temps, il ne résout pas les contradictions du capitalisme. Ce dont la société a d'abord besoin, c'est d'une croissance de l'aide aux personnes, c'est de réinvestir dans le service public, dans l'éducation, dans la santé, ce n'est pas de centres commerciaux, de tours, de ponts, de tunnels, de projets pharamineux. Rien que le problème climatique barre la route à la croissance quantitative, destructrice de l'habitat naturel.

 

 

Robert Falony

Partager cet article

Repost 0
Published by osons.le.socialisme.over-blog.com
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de osons le socialisme
  • : Blog de gauche d'analyse et de débat sur l'actualité et l'avenir du socialisme en Belgique et dans le Monde. Blog ouvert à tous pour un débat critique et courtois
  • Contact

Recherche

Liens