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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 22:51

Toute la politique néolibérale tend à comprimer les coûts salariaux, que ce soit directement (le saut d'index en Belgique) ou par la "réforme du marché du travail" visant à généraliser les contrats d'emploi précaire et les petits boulots mal payés. C'est ce cadre idéologique qu'il faut avoir en tête pour aborder la question du low cost.

A première vue, et pour beaucoup, des prix "démocratiques" ne sauraient être assimilés à de la régression sociale, mais sont au contraire bénéfiques pour les budgets modestes. Mais en réalité, ce sont les deux faces de la même médaille. La régression sociale et culturelle se lit en creux dans le low cost. Pour le comprendre, on prendra les deux exemples les plus évidents: le low cost en alimentation et le low cost dans les voyages.

Le premier est illustré par la mal bouffe, associée en premier lieu à la multinationale Mac Donald.  Les couches les plus pauvre y sont vouées, produisant comme aux Etats-Unis une large population d'obèses. Et un maximum de profits. La diététique, ce n'est pas pour les pauvres, non plus que le bon goût. Les voyages: la compagnie low cost Ryanair, dont l'envol a été rendu possible par les infrastructures publiques de cités régionales voulant leur aéroport, est le modèle du genre. De droit fiscal irlandais, exploitant férocement son personnel, elle a tiré vers le bas les prix du transport aérien en général...obligeant les grandes compagnies à réduire leur personnel: rencontre du low cost et du chômage. Notons que Michael O'Leary, son PDG, un affairiste sans scrupules, commence à rencontrer quelques déboires devant les tribunaux.  L'aspect "culturel" de l'affaire est ici que l'on tend à faire voyager les gens comme des valises.

La philosophie qui sous-tend ces pratiques du capitalisme contemporain est assez simple: à bas prix, les "bénéficiaires" ne sont que matière à une consommation de faibles coûts. Sur fond de pauvreté culturelle. Pour les possédants, il ne faut pas seulement que les pauvres soient pauvres, il est bon qu'ils soient également aussi abrutis que possible, ils seront moins portés à la révolte. Il suffit d'examiner la grille des programmes de télévision aux heures de grande audience pour s'en persuader. Sous prétexte d'amuser,  de distraire , ces programmes "grand public" sont surtout habités par la violence, la vulgarité, la lourdeur... . Quant à la débauche publicitaire, qui s'étale dans les villes pour les enlaidir et qui inonde les écrans de télévision jusqu'à couper les films,  qui la paie sinon la clientèle elle-même?

Le low cost existait sous une autre forme bien avant notre société de consommation. A la pire époque de la misère ouvrière, il existait autour des usines des cantines et des débits pour répondre aux besoins élémentaires de leurs salariés...  

S'agissant des prix en général, les associations de consommateurs, du type "Test achats", font œuvre utile en analysant les rapports qualité-prix. Mais elles entretiennent aussi des illusions sur les vertus de la concurrence. Et les "consommateurs" sont de toutes les couches sociales, inégaux en pouvoir d'achat. Dans une société socialiste, et même en économie mixte, les prix de base ne seraient plus déterminés par le libre jeu du marché, la "main invisible". Ils seraient fixés par des conventions collectives (des accords internationaux pour les matières premières) en fonction de l'intérêt général, de même que les salaires et rémunérations.

 

Robert Falony

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