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5 août 2011 5 05 /08 /août /2011 17:45

Ce n’est pas le « vendredi » noir, c’est la semaine noire ! Ce qui devait arriver est là : à force de renflouer les banques qui font n’importe quoi depuis 2008 et à force de ne pas prendre à bras le corps la question de la dette souveraine, le système collapse comme on dit en « globish », en langage commun : c’est le krach.

 

 traders01.jpg

Même les traders sont au bord du désespoir...

 

« Les autorités mondiales et surtout les politiques sont dépassés. Ils n'ont pas saisi la chance de la crise de 2008 pour faire le grand nettoyage. Au lieu de sauver nos finances publiques, nous avons sauvé les banques qui ont continué à faire n’importe quoi. Aujourd'hui, c'est trop tard. Les banques ont pris le pas sur les politiques et nous allons dans le mur. » Ce n’est pas un de ces « altermondialistes » n’y connaissant bien entendu rien à la question financière, qui le dit, mais Marc Fiorentino, un des plus grands spécialistes actuels, dans une interview au nouvelobs.com ce vendredi 5 août.

 

 

 marc_Fiorentino-copie-2.jpg

Marc Fiorentino, trader, romancier, essayiste et spécialiste de la finance !

 

Aujourd’hui, c’est la panique, ou plutôt la pagaille. Dans la matinée, les banques françaises achètent pour plus d’un milliard d’Euros des actions du CAC 40 pour tenter de maintenir les cours. Peine perdue (et fric aussi), l’indice s’effondre de  2 %  à midi, puis se redresse peu après 14 h 00, mais ce sont les chiffres du chômage US qui jouent. Pagaille !

 

La BCE annonce jeudi qu'elle allait reprendre ses achats de titres sur le marché obligataire de la zone euro après une interruption de quatre mois. Il y avait enfin un pilote dans l'avion. Pas si simple : la BCE était intervenue sur les marchés, mais pour soutenir seulement les cours de la dette portugaise et irlandaise et elle n'avait pas bougé pour les obligations italiennes et espagnoles, les deux grands dangers de la zone euro. Il n'y avait pas unanimité au conseil de la BCE : la Bundesbank était totalement opposée à cette intervention. Puis un compromis intervient : la BCE allait intervenir mais seulement en faveur du Portugal et de l’Irlande. Les autres – l’Espagne, en particulier – n’ont qu’à attendre ! Pagaille !


 
En Belgique, Leterme et Reynders tentent de rassurer le bon peuple et accessoirement les marchés en déclarant que la situation belge n’est pas dramatique et Reynders, de sa résidence de vacances, estime que le budget 2012 sauvera tout. Oui, mais il y a un os.
L'autorité financière britannique (Financial services authority) désigne la prochaine victime : elle a demandé aux banques anglaises de faire le point sur leur exposition à la dette belge. Alors, quoi ? Pagaille !

 

 Leterme Yves

Yves Leterme rassurant, mais croit-il vraiment ce qu'il dit ?

 

En Grande Bretagne, pendant ce temps-là, pour « compresser les coûts », les banques de la City suppriment 50.000 postes. Pagaille !

 

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La City ne gagne pas assez de pognon : elle licencie 50.000 travailleurs !

 

Sans doute, arrivera-t-on par des artifices à quelque peu enrayer la chute des cours pendant quelques temps, mais ce n’est qu’emplâtre sur jambe de bois. Les plans concoctés par les sommets européens et autres G 20 depuis deux ans, ont tous échoué. Aujourd’hui, les observateurs sont d’accord pour considérer que l’actuelle chute des marchés est due au peu d’effets des mesures décidées au sommet de « la dernière chance » du 21 juillet à Bruxelles. Sarkozy, Merkel et Zapatero préparent une nouvelle « dernière chance » à partir de leurs résidences estivales. Pagaille !

 

 

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Nicolas Sarkozy commande depuis sa résidence estivale...

 

Les solutions, pourtant, elles existent. Elles ont été exposées maintes fois depuis 2008. Il fallait instaurer un véritable contrôle des banques, rétablir la séparation entre banques d’affaires et banques de dépôts, imposer une diminution de la taille des banques, réguler sérieusement le système financier pour lutter contre la spéculation. Rien ne se fait, évidemment. Pagaille !

 

En dépit des promesses, en ce qui concerne la dette souveraine, rien de sérieux n’a été fait. Comme le dit encore Fiorentino : « Les bourses dévissent car on a le sentiment que le poids de la dette empêche toute possibilité de croissance, tant aux Etats-Unis qu'en Europe et bientôt aussi dans les pays émergents. Les investisseurs ne font plus confiance ni aux Etats ni aux banques. Nous sommes entrés en 2008 dans un cycle baissier qui durera tant que nous ne résoudrons pas le problème de la dette. Il y aura des rebonds techniques mais la tendance à moyen terme est baissière. » Pagaille !

 

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Les "marchés" contribuent largement à la pagaille.

 

Des solutions existent aussi en dehors des fameux plans d’austérité que l’on impose un peu partout, plans d’austérité qui s’attaquent au monde du travail : suppressions massives d’emplois dans la fonction publique, privatisation des services publics, coupes dans les budgets sociaux. De plus, ces plans d’austérité empêchent toute relance et accroîtront la crise de la dette. Pagaille !

 

Il faudra analyser cette fameuse dette souveraine. Comme le préconise l’association ATTAC, il est indispensable de faire un audit sur la dette car il y a une large part de dettes illégitimes dues à des montages financiers opaques, à des charges d’intérêt usuraires, etc. Comment, par exemple accepter que les taux à 10 ans soient de 14 % pour la Grèce,  de 4 à 5 % pour la Belgique et de 2,5 % pour l’Allemagne – moins que l’inflation ? Est-ce cela un système monétaire européen ? Pagaille !

 

Comment surtout accepter que les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Eurozone qui se réunissent en « sommets » depuis deux ans aient fini par endetter chaque citoyen d’un montant de l’ordre de 2.000 Euros et qui ne cesse de croître, au seul profit des banques ?

 

C’est assez de favoriser les seuls créanciers. C’est ce que les peuples, via entre autres les « indignés », exigent, et c’est ce que la gauche sociale démocrate devrait exiger aussi. C’est une question d’éthique politique et aussi de survie pour elle.

 

 

Pierre Verhas

 

Pour en débattre "Osons le Socialisme" organise avec les Femmes Prévoyantes Socialistes une conférence débat :

 

Dettes publiques : qui va rembourser ?

 

Sous la présidence de Robert Falony

 

avec

 

Virginie de Ramonet, Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde ;

 

Pierre Verhas, Osons le Socialisme.

 

Suivie d'un large débat.

   

Le jeudi 22 septembre 2011 à 19 h 00

Salle "Sacco et Vanzetti", rue des Moineaux, 17 - 19, à 1000 Bruxelles

Entrée par la rue du Midi.

 

 

 

 

 

 

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