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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 11:08

Comme lors des primaires écologistes, les sondeurs se sont trompés : François Hollande est certes en tête - en dessous de 40% - mais le fait essentiel est la poussée à gauche incarnée par Arnaud Montebourg, et due sans doute pour partie à des électeurs non PS.

 

Les électeurs du second tour se déterminent librement, mais le report quasi certain de beaucoup de voix Montebourg sur Martine Aubry rend crédible l’hypothèse de sa victoire dimanche prochain, par une marge étroite.

 

En termes de participation,  environ deux  millions et demi de gens, ces primaires sont un succès incontestable pour les inventeurs de la formule, qui ne fit pourtant pas miracle dans la gauche italienne.

 

Américanisation de la vie politique…

 

 Mais cela ne lève pas les nettes réserves que l’on peut éprouver face à pareille américanisation de la vie politique. Le PS français, victime historique du « présidentialisme » instauré par De Gaulle, et auquel se rallia Mitterrand,  des jeux d’appareils et des rivalités dans l’éternelle course à l’Elysée, n’était plus capable de procéder à un scrutin interne non contestable et réellement démocratique.  Dans la formule « large » des primaires, le poids des baronnies régionales dans les fédérations a été fortement dilué… sans être inexistant.

Ironie du sort, c’est le laudateur d’une sixième République, Montebourg, qui a fini par entrer lui-même dans ce jeu institutionnel qui consiste à « externiser » la démocratie hors du parti, par la voie des primaires.

 

L’opposition à « l’appareil » a été plus qu’un alibi. Mais pas de faux semblant : la vieille social-démocratie est morte. Les candidats se sont affrontés avec retenue. Mais Hollande et Aubry se sont trouvés dans la même situation de rivalité que le furent par exemple Obama et Hillary Clinton… Il n’y a plus de « ligne du parti », d’impulsion centrale, mais des camps de présidentiables, unis par des « valeurs » et des intérêts, à la recherche de « réseaux » dont le but premier est rarement idéologique.

 

Les deux faces de la même médaille ?

 

Constatons avec plaisir que le candidat le plus « droitier », Manuel Valls, a fait un score médiocre de cinq et demi %, lui qui se réclamait de Strauss-Kahn avant que celui-ci ne soit carbonisé. De même  Ségolène Royal, qui n’avait pas tiré les leçons de son échec dans le rôle d’une Jeanne d’Arc de la gauche, a commis l’erreur de se relancer dans cette course.   

 

Montebourg,  rescapé d’une gauche organisée en tendance au sein du PS, a été, parmi les six, le plus loin dans la critique du libéralisme économique qui tient l’Europe sous son joug, et c’est cela qui a fait son succès le 9 octobre, épaulé par des électeurs du Front de gauche.

 

A-t-il raison de dire que les candidats de tête sont les deux faces de la même médaille ?

 

Martine Aubry incarne le  mieux la vieille social-démocratie du Nord, avec plus de « sensibilité ouvrière », et son nom reste lié à la tentative des 35 heures. Elle a certainement plus de fond. Mais si c’est Hollande qui passe le dimanche 16, il faudra bien « faire avec » pour battre Sarkozy et Marine LePen.

 

 

Robert Falony

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Published by osons.le.socialisme.over-blog.com
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Pierre Verhas 16/10/2011 11:10


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