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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 10:46

Il était une fois en novembre 2012, en 48 heures, plus de 10 000 travailleurs se retrouvent au chômage de Ford Genk à Photo Hall en passant par Duferco… Puis, passée la période des grands discours et les fêtes, nous sommes rappelés à la réalité par la « fermeture annoncée » d’Arcelor Mittal Liège.

 

Près de trois mois plus tard, et passée l’épisode des indignations, vient la période des plans: payer les travailleurs en monnaie de singe et les envoyer au chômage. Autrement, demander à l’Etat de s’occuper d’eux. Le plus surprenant dans ces fermetures, est que durant des années, l’Etat a subventionné, afin de préserver l’emploi. En termes techniques, cela s’appelle la “politique de préservation de l’outil…”. Un exemple illustratif est celui du Groupe MITTAL qui promettait, en France et en Belgique en 2006, un « 7ème ciel » à l’acier européen. Des entreprises lui sont cédées avec des subventions à la clef. Et cinq ans plus tard, ce Groupe prétextant la baisse du marché mondial de l’acier, décide de fermer ses usines en France et Belgique, tout en offrant une statue évaluée à des millions d’euro aux Jeux Olympiques d’été 2012 à Londres. Ce qui est paradoxal est que les éminents économistes et politiques n’arrivent pas à comprendre qu’un investisseur s’implante dans un pays, le fait d’abord pour s’enrichir, et non pour créer de l’emploi. Fermer une usine cinq ans plus tard, après avoir bénéficié de l’argent public, autant la fermer immédiatement.

 

Mais comment sommes-nous arrivés là?

 

Pour les patrons, c’est la faute à la crise. Pour les syndicats, c’est la faute au cynisme des patrons. Pour le gouvernement, il semble qu’il découvre que le tissu industriel belge décline, et que le modèle européen de production industrielle est dépassé. Quant aux spécialistes, ils nous assènent qu’il faut que les industries s’adapte à la technologie de pointe. Pour qui et pour quoi faire ?

 

Concernant nos gouvernants, nous pouvons nous interroger sur la raison qui les motive à taire la vérité. Autrement, nous dire que pour le moment, ils sont impuissants face à une entreprise, qui une fois qu’elle est certaine de produire et de vendre plus ailleurs, ferme ses portes dans le pays d’accueil, ici, la Belgique.

 

Quant à l’industrie de pointe, qui semble être la panacée, pour sauver ou redynamiser l’industrie belge, il semble que les défenseurs de cette thèse croient que nous sommes seuls dans le monde à miser sur ce type d’industrie. Comment combiner la recherche, la formation, la production et le développement liés à la technologie de pointe et aux énergies renouvelables, lorsque dans les autres pays européens la même vision existe, sans compter les pays asiatiques, sud-américains et naturellement les Etats Unis d’Amérique ?

 

Et si la question de fond est de savoir comment nous en sommes arrivés là ?

 

Dans la perspective d’une meilleure qualité de vie, nous avons incité et favorisé l’internationalisation des outils et moyens de productions. En délocalisant les usines, nous pensions alléger la charge du travail des ouvriers. En poussant à l’externationalisation de la production agricole, et en la subventionnant, nous pensions assurer, à moindre coût, la surconsommation de nos populations.

 

Cette grande innovation politico-économique a permis de modifier les « échelles de la décision politique » de l’Etat-nation à l’Union européenne, et des états industrialisés au plan mondial via l’Organisation Mondiale du Commerce et le Fonds Monétaire International.

 

Il a été perdu de vue que cette stratégie d’économie et de surconsommation est à double détente: créer l’effet boumerang dans les pays d’implantation en créant des industries à même de nous concurrencer, tout en détricotant nos industries et en affaiblissant la capacité d’innovation de nos ingénieurs et chercheurs.

 

Mais dans cette débâcle politico économique, il nous est annoncé que des « spécialistes » sont payés pour trouver un repreneur, autrement un investisseur.

 

Encore un autre. Et il est interdit de sourire, s’il vous plait. Il faut être optimiste, pour sauver l’acier liégeois…

 

 

Raymondo Noviti Houmey

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