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17 juillet 2011 7 17 /07 /juillet /2011 20:31

La lutte que mènent les étudiants chiliens dans diverses villes du Chili ne fait que commencer. Et pourtant, on n’en parle pas en Europe. Depuis le début mai, ils sont passés à l’offensive. Plus de 400 établissements scolaires sont actuellement occupés, y compris des universités tant publiques que privées. Le mouvement demande le retour à une éducation publique, gratuite et laïque, telle qu’elle existait avant le coup d’Etat  des forces armées, comploté par Augusto Pinochet. Le mouvement des étudiants a réveillé d’autres demandes dans le pays car le mouvement a pris feu dans plusieurs secteurs de la population chilienne.

 

Le cahier de charges des demandes n’est pas nouveau. C’est le lourd héritage laissé par le dictateur. Plus de 20 années de démocratie n’ont pas été suffisants, soit par manque de courage, de vision ou simplement pour garder les postes de travail.  

 

Les établissements scolaires chiliens depuis la création de la République au XIXe siècle ont servi de creusets pour  pétrir  l’essentiel de l’intelligence démocratique  du pays. Ce n’est pas un hasard que le jour du coup d’Etat, le mardi 11 septembre 1973, les soldats sont rentrés, en premier lieu dans les universités et les zonings industrielles, pour soumettre ces deux secteurs à la plus féroce répression. Il fallait éliminer l’intelligence dans les établissements scolaires et rompre et casser les mains des producteurs de richesses chiliennes. 

 

L’arrivée par le vote de l’actuel président du Chili Sebastian PIÑERA, bras droit de la dictature militaire pendant 17 ans a permis de dévoiler sa politique néo- libérale avec un tsunami de privations.

 

 

 pinera.jpg

Sebastian Pinera surnommé le Berlusconi chilien

 

 

Les étudiants chiliens, qui manient aujourd’hui le monde digital à merveille, ont vite compris le message. « Travaillez beaucoup et vous deviendrez riches », a dit le président. Les étudiants ont lancé leurs analyses vers d’autres secteurs du monde du travail. Leur appel, à l’heure présente, a été bien entendu.

 

Les étudiants, dans les écoles, dans les universités encore occupées ; les travailleurs  près de leurs machines, les dockers dans les ports, les mineurs dans les dangereuses galeries, toutes et tous parlent, discutent, font fonctionner la démocratie, détruite par les armes de Pinochet.

 

Chili_soulevement_etudiants_110714.jpg

 Les étudiants chiliens déterminés à sauver le service public de l'éducation

 

 

Chaque secteur analyse ses demandes.

 

Les thèmes sont innombrables :

 

-         Que faire des excédents générés par l’industrie du cuivre ? Une partie importante, Pinochet l’a gardée pour maintenir les officier de l’armée.

-         Comment développer le pays, avec une économie durable et équilibrée ?

-         Comment créer et développer une politique de santé publique basée dans l’intérêt général plutôt que dans l’intérêt des compagnies d’assurances ?

-         Chercher une solution, rapide et juste, au problème des familles sans toit. D’autant plus que le gouvernement a montré l’incapacité à trouver une solution pour les  habitants qui ont perdu leur habitation lors du dernier séisme.

-         Solutionner le problème de surendettement. Plusieurs grandes surfaces ont été protégées par des grandes entreprises commerciales. Il n’a pas eu de sanctions pour les fraudeurs.

 

Ce sont quelques secteurs où le combat sera acharné.

 

La rue parle et manifeste.

 

La Fédération des travailleurs du cuivre s’oppose fermement à une politique de privatisation, avec perte de 2.600 postes de travail. Les  dockers, en différents  ports du pays, (si nous posons le Chili en Europe, il irait de Stockholm à la Tunisie), ont répondu par l’affirmative à l’appel de la Centrale Unitaire de Travailleurs du Chili de paralyser le pays par une grève générale le 30 août prochain.

 

Cette fois-ci, sera la rue qui parlera. L’accumulation des forces montre que le monde du travail chilien a des capacités, des énergies et de l’expérience pour commencer à parcourir les « grandes avenues par où doit passer le  peuple » à la recherche de son destin.

 

Le printemps chilien s’annonce chaud.

 

 

Sergio Rojas Fernandez

Syndicaliste chilien

 

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