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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 10:23

 

L’attaque frontale de la NVA contre le monde syndical

 

Plus que le dernier manifeste indépendantiste de Geert Bourgeois, c’est l’attaque frontale de la NVA contre le monde syndical et le pilier social chrétien en Flandre qui doit être analysée, et dont il faut tirer les leçons. Ce n’est pas par un soudain souci de pureté dans le domaine fiscal, qui serait bien étonnant de la part d’ultra libéraux, que le parti de De Wever s’en est pris à l’ACW, dont les montages financiers avec Belfius, nouvelle péripétie dans la saga du sinistre total appelé Dexia, relèvent en somme de la bonne gestion de type capitaliste.

 

Pourquoi le mouvement ouvrier chrétien flamand n’aurait-il pas le souci de faire fructifier son argent ?  Est-il scandaleux que les déposants d’Arco soient protégés comme des coopérateurs et des épargnants, et non considérés comme des actionnaires ?

 

De Wever savait très bien qu’en parlant « argent », on traduirait par « scandale » dans la masse de l’opinion. « Het Laatste Nieuws » fait état d’un sondage selon lequel le CD&V descendrait encore de deux points dans les intentions de vote.

 

 Bart De Wever aurait donc réussi son coup, mais on s’étonne que la presse francophone, quelque peu au balcon dans cette affaire, n’ait pas reconnu que toute cette opération vise d’abord le monde syndical comme tel, chrétien comme socialiste. N’est-ce pas un trait dominant du fascisme que de vouloir détruire les syndicats ? Des fascistes, il y en a beaucoup parmi les électeurs de la NVA, transfuges du Vlaams Belang, et le leader populiste (dans le mauvais sens du mot), nationaliste et hyper –libéral, est amené par voie de conséquence à radicaliser ses attitudes et à se tourner toujours davantage vers l’extrême droite.

 

Les masques tombent ? Certes. Ils tombent tout à fait lorsque « Le Vif L’Express » titre en première page « Et si Bart De Wever avait raison ? ». Et d’aligner en sous- titre, on cite de mémoire, les pensions, l’index, la législation du travail…

 

La NVA pratique le jeu de billard, avec des effets de ricochet. Elle joue sur deux bandes : en Flandre, arracher le maximum d’autonomie, pour y imposer le programme du patronat. Au niveau de la Belgique, envoyer le PS dans les cordes, et rechercher le MR comme partenaire naturel, entreprise pas trop difficile au bout d’un petit délai de crise à la belge, et bien entendu au nom de la « démocratie ».

 

Tel est le véritable enjeu de 2014, et non son aspect purement communautaire. La médiacratie abonde dans le sens libéral. « Le Vif L’Express »  se demande donc si De Wever n’a pas raison. « Le Soir »  titre récemment que l’indexation profite surtout aux « riches », ce qui va dans le sens d’une grande idée libérale : subordonner les allocations sociales à des conditions de ressources, alors que c’est la forte progressivité de l’impôt qui justifie le caractère universel de la Sécurité Sociale. Quant au « Monde », en France, passé sous la coupe d’un trio de milliardaires, il a  perdu toute indépendance de pensée dans le domaine économique et financier.      

      

Face à une gauche sans perspectives, à la remorque de l’euro - libéralisme, les mouvements populistes de droite, nationalistes xénophobes ou carrément fascistes ont un boulevard devant eux en Europe !

 

 

Robert Falony

 

 

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8 mars 2013 5 08 /03 /mars /2013 10:12

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Italie : le rejet de la politique euro - libérale…

 

C’est un rejet sans appel, la défaite de Merkel, la nationaliste allemande sous les oripeaux de l’Europe, du pâle Barroso, de Van Rompuy, le télégraphiste entre Berlin, Paris et Londres. Et de Monti, hier porté aux nues comme un sauveur, mais dont la coalition n’a convaincu que 10% des Italiens.

 

On peut et il faut déplorer le retour en force de Berlusconi, ce bouffon inusable, version « soft » de Mussolini, qu’il n’hésite d’ailleurs pas à réhabiliter. Mais sa remontée n’a été possible qu’en jouant précisément la carte anti-européenne, la carte nationaliste italienne, par pure démagogie. Berlusconi a réussi à se hausser au même niveau que Pierluigi Bersani, le leader du parti Démocrate. Son alliance maintenue avec la Ligue du nord envoie au Sénat une majorité de droite pour Milan et la Lombardie. Malgré le scandale Bossi, leader déchu de la Ligue.

 

Pour la social-démocratie, c’est donc un échec : elle n’a réussi à devancer la droite PDL que d’un misérable un pour cent des suffrages .La législation électorale est peut-être « une cochonnerie », mais c’est la prime majoritaire qui assure au PD et à ses alliés cette majorité de 55 pour cent à la Chambre, tandis que le Sénat représente les vingt régions. Ajoutons qu’une barre d’exclusion assez haute a éliminé d’autres petites formations qui tentaient leur chance. 

De l’avis de beaucoup, Bersani a fait une mauvaise campagne, trop conformiste, et certainement pas une campagne de gauche : les marchés financiers escomptaient une alliance Bersani-Monti, ce dernier toujours favori de Bruxelles !  Au moins cette détestable combinaison est-elle éliminée.

 

Et puis il faut apprécier le phénomène Grillo. Un démagogue ? Sans doute, encore que toutes ses propositions ne soient pas idiotes : un revenu minimum de 1000 euros, sorte de minimum vital, refondrait des tas d’aides sociales dispersées, et coûterait moins à la société que les voleries bancaires ! Ex - comique à la Rai au temps de Craxi (mort contumace en Tunisie !) qui n’appréciait pas son humour, Grillo s’est reconstruit par cette politique qu’il dénonce tellement, mais en la faisant autrement : par des meetings de rue, et via le net. Condamné dans une grave affaire de roulage, auto-exclu de la candidature, il a réussi à envoyer à la Chambre 110 députés « cinq étoiles » et à avoir 54 sénateurs. Le problème est de savoir s’il va continuer à diriger son organisation comme un gourou, ou admettre que le débat démocratique commence dans sa propre boutique…

 

Deux voies sont ouvertes devant Bersani : celle d’un compromis pourri avec Berlusconi, ou celle d’un gouvernement minoritaire devant le Sénat, en quête de majorités de circonstance, de préférence avec les « grillistes ».

 

Les leçons pour la gauche, et pour le PS en Belgique…

 

La politique de déflation salariale compétitive et de soumission aux ordres des marchés financiers est en train d’échouer partout. Elle plonge l’Europe dans la récession. Il n’y a aucune reprise en vue, pas plus en 2014 qu’en 2013. La véritable question à l’ordre du jour sera la consolidation de la dette publique, son étalement, l’effacement de sa part illégitime. La trajectoire budgétaire voulue par Merkel et compagnie est intenable. Pour la démocratie aussi.

 

Cela dit, il faut s’interroger sur le sens du « populisme », mot dans lequel, n’en déplaise aux nouveaux bien-pensants, il y a « peuple ». Mais ce qui est inquiétant est la propension des masses déboussolées à chercher un sauveur, un « homme fort ». Le fascisme a de l’avenir.       

                                                                  

Robert Falony

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 18:04

Le P.S. doit clairement choisir son camp…

 

La Belgique est en récession, comme la plupart des pays de la zone euro maintenant. Il n’y a aucune perspective crédible de « sortie de crise », hormis dans la tête de quelques chroniqueurs boursiers qui croient toujours à la « main invisible ».

 

C‘est dans ce contexte qu’est intervenue la rupture des négociations sociales interprofessionnelles, constatée par la FGTB. Car le durcissement des positions, défensives du côté syndical, offensives dans le camp patronal, ne laisse plus aucune marge de manœuvre pour un accord un tant soit peu valable. Le 21 février, en front commun syndical, citons ici la FGTB, « les travailleurs et allocataires sociaux rediront tout le mal qu’ils pensent des mesures prises par le gouvernement, sous la pression des employeurs, dans le sillage des politiques menées par la Commission et les Conseils européens ».

 

Ces politiques consistent à mettre à profit déficits publics et sauvegarde de l’euro pour lancer une attaque frontale contre la législation du travail et les régimes de retraite. Et contre l’indexation en Belgique. Pendant qu’on nous bassine sur la compétitivité belge qui serait mise en péril par les salaires, toute la zone euro voit sa compétitivité extérieure mise à mal par un euro surévalué face au dollar et au yen.

 

Les banques, qui sont aussi des multinationales, sont lancées, à l’image des industries, dans la réduction programmée de l’emploi, histoire de rétablir des marges de profit confortables.   

 

Signaux d’alarme pour le PS…

 

Pour le parti socialiste, il ne s’agit plus de se poser en médiateur entre les syndicats et le gouvernement, mais de choisir clairement le camp syndical,  celui des travailleurs et allocataires sociaux. Il n’a pas besoin pour cela de provoquer une crise gouvernementale, il suffit qu’il n’accepte aucune des « réformes » préconisées par le camp d’en face, qu’il conteste la trajectoire budgétaire imposée par « l’Europe », bref qu’il mette le pied dans la porte. A ses partenaires au gouvernement d’en provoquer la chute sans attendre 2014, s’ils l’osent.

 

Du nouveau président du PS, nombreux sont ceux qui attendent une clarification de fond. Le PS doit cesser de se confondre, en pratique, avec le parti « du moindre mal », dont la seule réponse à la contestation est la médiocre réplique : « Ce serait pire sans nous ».

 

Qu’il observe ce qui se passe ailleurs en Europe, le gâchis de la situation politique italienne à la veille des élections ; l’avalanche de désillusions en France, où deux grandes centrales syndicales n’ont pas signé un accord sur la législation du travail – précisément -  qui fait la part trop belle à la « flexibilité », tandis que des chômeurs en fin de droit sont réduits au désespoir, actes suicidaires compris…

 

Jamais le libéralisme en économie n’a été aussi dur, aussi cynique, sur le plan fiscal en particulier. Que la gauche molle ose se réveiller un peu !

       

                                                    

Robert Falony

 

 

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 14:04

Au Nord, c’était les corons… C’était ! Au Nord, c’était les forges… Ce n’est plus ! Et le ciel reste l’horizon ; les hommes envoyés au fond !

 

 

Un demi-siècle de cupidité et d’erreurs, d’errance et d’hésitations , d’ignorance et de lâcheté, de stupidité et de vanité a anéanti le fleuron du génie industriel d’Europe occidentale. La sidérurgie européenne née il y a près de trois siècles dans les bassins hennuyer, liégeois et lorrain a disparu en trois décennies.

 

 

 

arcelor_mittal_Liege.jpg

Arcelor-Mittal, la phase à froid à Liège va fermer.

 

 

Cette industrie a connu tous les errements de la gestion des hommes et des biens. Née du génie et de la volonté de quelques-uns qui l’ont mise sur les fonts baptismaux dès la fin du XVIIIe siècle, la sidérurgie se développa grâce à la fermeté de capitaines d’industrie et grâce aussi aux luttes ouvrières pour la conquête d’une place digne au travail. Les guerres lui apportèrent aussi bien un sang neuf que des destructions. Elles se redressèrent après. La crise charbonnière commencée dès les années 1950 la toucha de plein fouet. Le charbon qui est sa source d’énergie et aussi, par le coke, sa matière première, surenchérit et une compétition mondiale se fit jour. Cependant, on vivait les illusoires « golden sixties » où la consommation était telle que l’on pouvait se permettre de produire au prix fort. Et chacun dormit sur des lauriers ne détectant pas les premiers symptômes de la maladie mortelle de la surproduction.

 

 

 

 

surproduction_automobiles.jpg

La surproduction automobile a particulièrement touché la sidérurgie.

 

 

La décolonisation fut le premier choc. La sidérurgie européenne commença à décliner. Les premières politiques d’austérité frappèrent de plein fouet le monde du travail. Les bassins hennuyer et liégeois connurent la plus importante mobilisation ouvrière de l’après-guerre en décembre 1960. Mais cela ne changea rien. Le déclin se poursuivait inéluctablement.

 

 

 

Une crise de surproduction

 

 

 

Dans les années 1970-80, sous la pression des organisations syndicales et des Socialistes, la sidérurgie fut nationalisée. Cependant, cette nationalisation signifiait aussi politisation. On mit à la tête des entreprises des politiques dont ce n’était pas le métier. À une ou deux exceptions près, ce fut une catastrophe. Il a fallu alors faire appel à un patron français, Jean Gandois. Il remplit sa mission. Il parvint à sauver l’outil, mais il était trop tard. Face à la surproduction, la Commission européenne imposa des quotas. Dans sa vision purement économiste, elle ne tint pas compte des autres aspects. Il y avait les conséquences dramatiques pour l’emploi, mais aussi pour les bassins. Toute une économie tournant autour des aciéries était menacée. Gandois, lui, ne put que préparer un plan de fermetures progressives des outils en Wallonie.

 

 

 

jean_gandois.jpg

Jean Gandois finit par prôner la fermeture !

 

 

De plus, en Belgique, se greffa le problème « communautaire ». Les dirigeants flamands exigèrent la régionalisation des secteurs dits nationaux, c’est-à-dire les secteurs de l’économie belge qui avaient été nationalisés ou qui étaient fortement subsidiés, comme le verre creux d’emballage, ce qui restait des charbonnages du Limbourg et essentiellement la sidérurgie wallonne, la sidérurgie maritime à Gand étant toujours rentable. Quelques syndicalistes wallons étaient même d’accord, ne se rendant pas compte que la fin de la solidarité nationale signifiait une perte considérable pour l’entreprise.

 

 

 

Robert_Collignon.jpg

Robert Collignon, alors ministre-président de la Région wallonne

aurait bradé Cockerill-Sambre.

 

 

Aussi, la vente était inéluctable. Le ministre président de la Région wallonne de l’époque, le Socialiste Robert Collignon, négocia avec le groupe français Usinor – Sacilor qui venait d’être privatisé. La session de Cockerill – Sambre fut effectuée en 1998. On reprocha à Collignon d’avoir bradé le sidérurgiste wallon, ce qui mit fin à sa carrière politique. Encore une fois, les politiques n’étaient pas armés pour ce genre de négociation, ou n’avaient pas pris la peine de s’entourer de gens compétents en la matière. De plus, le secteur public était désormais exclu de tout pouvoir en matière de contrôle des outils sidérurgiques. En 2002, Usinor-Sacilor fusionne avec l’Espagnol Aceralia et le Luxembourgeois Arbed. Ils forment ainsi Arcelor.

 

 

 

Zorro Mittal est arrivé !

 

 

 

En 2006, arrive Lakshmi Mittal, propriétaire du deuxième groupe sidérurgique mondial, Mittal Steel Company. Il lance le 29 janvier 2006 une OPA hostile sur Arcelor, donc aussi bien les outils français de l’ex-Usinor, luxembourgeois de l’ex-Arbed et belges de l’ex-Cockerill-Sambre, avec en plus Sidmar à Gand et la Fabrique de Fer à Charleroi. Mittal, 6e fortune mondiale, n’était pas un petit nouveau en Europe. Il était connu dans la City londonienne et avait déjà acquis des sites en Roumanie et en Bulgarie et s’était approprié dans des conditions obscures des mines au Kazakhstan. Mittal était encore un « petit » dans le secteur. Et son OPA sur Arcelor qui était alors le premier groupe sidérurgique mondial surprit pas mal de monde.

 

 

 

 

Lakshmi-Mittal.jpg

Lakshmi Mittal considéré comme un nouveau Messie !

 

 

Comment était-il possible qu’un sidérurgiste « moyen » s’attaque au plus grand ? En dehors du fait que les médias ont dressé de Mittal le portrait d’un homme d’affaires de génie – il a toujours soigné sa com’, le bougre – il lui fallait malgré tout de solides moyens pour pouvoir procéder à une telle opération.

 

 

 

Sauvé : Goldman Sachs est là !

 

 

 

Et ici, on retrouve nos bons amis de Goldman Sachs. La banque de New Jersey avait prêté à Mittal 7 milliards de dollars pour ses différentes acquisitions.

 

 

Cependant, le groupe n’était pas certain de récupérer ses billes. Aussi, fidèle à sa stratégie de fuite en avant qui a provoqué la crise financière de 2008, Goldman Sachs estime qu’il faut accoler Mittal à un groupe plus puissant.

 

 

 

goldman-sachs-jersey.jpg

Siège de Goldman Sachs à New Jersey

 

 

Arcelor est ainsi devenu la cible. Le groupe était dirigé par des industriels qui ne se souciaient guère de voir ses actions végéter en Bourse. De plus, à l’exception du gouvernement luxembourgeois, les gouvernements belges, espagnols et français ne disposaient plus que de participations symboliques chez Arcelor. Aussi, le groupe européen était une cible idéale. Comme l’écrit Martine Orange dans « Mediapart » du 1er décembre 2012 : « les États européens, épris d’un libéralisme de bon ton, ont décidé de renoncer à avoir tout droit de regard sur le groupe, en dépit des milliards de subventions accordés précédemment et du poids du groupe sur des filières industrielles entières, des répercussions sur l’emploi et dans certaines régions. »

 

 

 

siege_Arcelor.jpg

Siège d'Arcelor à Luxembourg

 

 

 

En outre en fusionnant le groupe de Mittal et Arcelor, la nouvelle entité contrôlerait plus de 10 % du marché mondial de l’acier. Cela lui donne une taille suffisante pour peser sur les prix mondiaux. C’est l’assurance d’une bonne rentabilité pour Goldman Sachs et d’un bon « trading » en Bourse, autrement dit on pourra spéculer sur les actions Arcelor-Mittal sur les « marchés ». Arcelor s’est très mal défendu face à cette attaque Goldman Sachs – Mittal, il a d’abord cherché à s’associer au Russe Severstal. Cela n’a pas marché. Ensuite, le groupe luxembourgeois a frappé à la porte de l’éternel concurrent allemand, Tyssen Krupp. Peine perdue ici aussi.

 

 

 

L’extraordinaire puissance de Lakshmi

 

 

 

Tout le monde est impuissant face à cette offensive qui se règle entre actionnaires. Le gouvernement français envoie à Mittal une lettre de 45 questions concernant les garanties relatives au maintien des outils et sur l’emploi. Lakshmi Mittal calme le jeu : il est d’accord sur toutes les demandes. On sait ce qu’il en a été !

 

 

L’offre au départ de 18,6 milliards d’euros, passe à 25,6 milliards quelques mois plus tard. L’OPA est réussie. À lui seul, Lakshmi Mittal et sa famille détiennent 41 % du groupe. Il est au sommet de sa gloire. En 2008, il sera nommé administrateur de Goldman Sachs et d’EADS (le groupe aéronautique et d’armement franco-allemand), en signe de reconnaissance. Au début, tout baigne. Les prix de l’acier atteignent des sommets et les fermetures des hauts fourneaux (la phase à chaud) jugés peu rentables par Arcelor qui les avait planifiées sur dix ans, afin d’éviter les drames sociaux, sont oubliées. Il promet même de nouveaux investissements à Charleroi, Liège, Florange, Grandrange et à Fos sur mer.

 

 

fos_sur_mer.jpg

Fos sur mer : l'acier à la plage. Bientôt, il ne restera que le sable.

 

 

Mittal installe son pouvoir. Il vire l’ancienne haute direction d’Arcelor. Il y place ses proches, avec en tête, son fils âgé de… 23 ans. En 2007, c’est l’année record : le groupe de l’Indien atteint un profit historique de 10,7 milliards. L’action et les dividendes grimpent aux sommets. Cependant, avec la frénésie de rachat de sites, de mines, etc., dans le monde entier, le groupe de Mittal est fortement endetté, grâce aux « largesses » de Goldman Sachs.

 

 

D’autre part, la production d’acier est par définition très cyclique. Et après 2007, l’on passe à une période descendante. Aussi, Mittal joue, au grand dam des travailleurs et des organisations syndicales, la stratégie dite du « stop and go » qui avait été celle des maîtres de forge européens avant la crise de 1974 : on ferme et on rouvre les hauts fourneaux en fonction de la conjoncture.

 

 

Les nuages s’amoncèlent.

 

 

La crise de l’automobile commence à se faire sentir. Ce secteur est le principal client d’Arcelor-Mittal. Très vite, le groupe connaît de sérieuses difficultés. Et c’est la sidérurgie européenne qui sera le plus visée : équipements vétustes à cause du sous-investissement des opérateurs successifs, salaires élevés et les normes environnementales bien plus sévères en Europe qu’ailleurs.

 

 

La farce des quotas CO2

 

 

En effet, suite au protocole de Kyoto adopté par l’Union européenne et refusé par les Etats-Unis, la Chine, l’Inde et le Brésil, a été mis en place les quotas CO2 Les installations les plus émettrices de CO2 ont un certains nombre de quotas à ne pas dépasser. Ces quotas peuvent être vendus sur le marché du carbone. Tout est contrôlé par le journal des transactions de l'UE (CITL). Mais, comme Mittal applique la stratégie du « stop and go » dans ses installations européennes, surtout celle du « stop », il a joué sur les quotas qu’il a touchés puisqu’il n’atteint plus le nombre requis et leur revente lui permet de financer les unités de production hors UE et hors « Kyoto ». C’est ce qu’on a appelé le « permis de polluer ailleurs ».

 

 

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La sidérurgie est très polluante (ici les Forges de Clabecq)

 

 

On arrive même à des situations absurdes. Le journal économique belge « l’Echo » du 2 février 2013 relate qu’Arcelor-Mittal a assigné la Région wallonne en Justice pour non paiement des quotas CO2. En effet, le haut fourneau 6 à Liège qui devait être fermé et qui a continué à produire : lors de l'élaboration du plan d'allocation, le haut-fourneau 6 était à l'arrêt et le second haut-fourneau devait fermer en 2009, en raison d'un projet d'arrêt de la phase liquide. En 2007, l'entreprise a finalement décidé de continuer à utiliser les deux hauts-fourneaux à condition que le site de Liège puisse recevoir l'allocation de quotas de CO2 nécessaire basée sur les prévisions d'émissions durant la période 2008-2012. L'entreprise réclame les quotas concernant sa production réelle, soit 965.000 tonnes de CO2. « Au moment où ArcelorMittal nous a réclamé ces quotas, la Région avait déjà épuisé ses réserves pour les nouveaux entrants: nous n'avons donc pas d'obligation d'allouer ces quotas », déclare le ministre Philippe Henry dans « l'Echo ». Il rappelle qu'il « souhaite soutenir une activité sidérurgique pérenne sur le long terme dans la phase à froid, mais ArcelorMittal ne doit pas continuer à penser que la Wallonie va tout accepter ». Il est presque temps !

 

 

 

philippe_henry.JPG

Le ministre wallon écolo Philippe Henry : de la fermeté mais un peu tard !

 

 

Donc, non seulement, Arcelor Mittal dépasse les quotas requis, mais a aussi l’audace d’attaquer la Région pour refus de paiement de quotas non dus, en outre, elle est l’entreprise qui se taille la part du lion dans les quotas CO2. Cela représente des milliards d’euros empochés ! Ecologie et finances se marient très bien en l’occurrence !

 

 

On ferme !

 

 

Mais dès 2010, Mittal reprend à son compte le plan Gandois de fermetures qui date de 2003 ! Tous les sites européens sont menacés. Il commence par l’ancien site de Carlam à Charleroi, tandis que le haut fourneau de Carsid qui appartient à Duferco est lui aussi fermé « provisoirement » pour être définitivement démantelé le 31 décembre 2012. En France, c’est la phase à chaud de Florange qui est fermée dès 2012. A Liège, les hauts fourneaux sont fermés. C’était prévisible. Aussi bien Gandois, qu’Arcelor, que Mittal lui-même avaient prévu la fermeture du chaud. Et puis, fin 2012, c’est l’annonce de la fermeture définitive, cette fois-ci du froid, de sept lignes pour le moment, avec à la clé 1.300 emplois supprimés, sans compter les emplois indirects. Dunkerke, Sidmar et Brème ne sont pas menacés, mais cela ne pourrait tarder.

 

 

 

 

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Arcelor Mittal : c'est l'homme qui trinque !

 

 

 

Le rapport Laplace

 

 

 

Le 16 janvier 2012, à la demande du gouvernement wallon, le bureau d’études Laplace conseil remet un rapport sur l’avenir de la sidérurgie à Liège. D’emblée, il annonce la couleur : « La fermeture du Chaud de Liège est irréversible. Le Froid est très menacé et son approvisionnement par Dunkerque ne garantirait pas son équilibre économique. Le financement complet par Arcelor Mittal des coûts sociaux et surtout environnementaux pour la remise en état des sites fermés n’est pas assuré. » Et il ajoute plus loin : « La fermeture définitive du Chaud de Liège est irréversible, car les retards successifs d’investissements de modernisation, imputables en grande partie au manque de confiance des actionnaires successifs dans la fiabilité sociale de l’entreprise, sont aujourd’hui trop importants pour être comblés de façon économique. » Autrement dit, Laplace est très critique à l’égard des syndicats qu’il accuse de refuser systématiquement tout changement. Cependant, le rapport Laplace recommande une négociation avec Arcelor-Mittal afin de trouver « un équilibre entre le droit d’Arcelor Mittal à réaliser une restructuration de son dispositif industriel européen, même au prix d’une fermeture, et ses devoirs envers la Région qui l’a accueilli et aidé ainsi que les travailleurs qui ont participé à créer la valeur de l’entreprise. » et la création d’un Fonds cogéré entre Arcelor-Mittal, la Région wallonne et les organisations syndicales pour la création d’une filiale industrielle. Celle-ci sécuriserait le froid, construirait une aciérie électrique, créerait une société de « défaisance » pour assainir les sites du chaud fermés et l’indemnisation par Arcelor-Mittal les travailleurs licenciés.

 

 

On sait ce qu’il en est ! Arcelor-Mittal retire ses billes, point barre ! Il se réfugie provisoirement à Dunkerque, à Gand, à Brème et à Fos sur mer, autrement dit la sidérurgie maritime.

 

 

 

Tout n’est pas si rose chez Mittal.

 

 

 

Car, tout n’est pas aussi rose qu'on le croit chez Mittal. En effet, certains prétendent qu’Arcelor Mittal empoche des bénéfices. Ce n’est pas exact. Le groupe est surendetté. Il doit rembourser plus de 6 milliards d’euros entre 2013 et 2014. Or, Mittal a les plus mauvaises performances et la plus mauvaise notation des groupes sidérurgiques mondiaux. Il est encore soutenu par Goldman Sachs, et ce, au détriment de milliers de travailleurs qui se retrouvent sur le carreau en France et en Belgique. C’est sans doute la plus grande catastrophe sociale de l’après-guerre : 60.000 emplois supprimés en cinq ans !

 

 

De plus, Mittal refuse de vendre le moindre site fermé. Il a toujours gardé tous ses actifs, quel qu’en soit le prix. On en revient au temps des années 1970 où les patrons de la sidérurgie empochaient les bénéfices et socialisaient les pertes. Et le politique n’a toujours pas tiré la leçon de cet immense gâchis.

 

 

La stratégie de Mittal

 

 

Mittal a une stratégie à long terme. C’est un fameux joueur d’échecs qui use aussi du court-terme ; c’est ce qu’il vient de faire en fermant les sites wallons et lorrains.

La stratégie de Mittal est de s’approprier les technologies et de les développer en collaboration avec les Universités, comme celle de Liège. Le gouvernement belge vit en l’arrivée de Mittal une espèce de Messie qui allait sauver l’acier wallon et développer l’outil Sidmar. Mittal, grâce aux énormes moyens dont il disposait, passa outre les réticences des politiques et il reçut un paquet énorme de subsides. En réalité, il effectua un formidable transfert de technologie pour ses projets de développement sous d’autres cieux et ce à cause de l’aveuglement des responsables politiques et économiques belges, français, espagnols et luxembourgeois. Il ne vendra pas ses sites à un concurrent éventuel. De plus, une nationalisation telle qu’elle a été envisagée par les syndicats liégeois et Arnaud Montebourg est impossible : Mittal s’est approprié tous les brevets qui se trouvent dans une société luxembourgeoise qui l’appartient. Nationaliser reviendrait dès lors à doter l’Etat de coquilles vides.

 

 

 

 

arnaud_Montebourg.JPG

Arnaud Montebourg se trompe : la nationalisation est impossible.

 

 

 

Son objectif : dépouiller la sidérurgie européenne et lorsque la demande reviendra produire à bas prix (sans respect des normes sociales et environnementales dans les pays émergents, essentiellement Inde et Brésil). Ainsi, il renouera avec les bénéfices et aura éliminé le principal concurrent qu’il a conquis au préalable.

 

 

 

La facture sociale sera catastrophique : accroissement du chômage dans plusieurs régions d’Europe, exploitation éhontée de travailleurs précaires et sous-payés en Inde et au Brésil, destruction de l’environnement. C’est aussi la première phase de la désindustrialisation en Europe. En effet, comment feront les nombreux secteurs manufacturiers comme l’industrie automobile et aéronautique qui ont besoin d’acier ? Ils seront contraints, sous peine de disparition, de délocaliser transformant le vieux continent en désert économique et social. Mais, ce scénario catastrophe n’est pas absolument certain : Mittal avec son endettement colossal tiendra-t-il suffisamment longtemps pour atteindre son but ?

 

 

 

 

Pierre Verhas

 

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2 février 2013 6 02 /02 /février /2013 08:09

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Ce qui justifie l’intervention française au Mali…

 

Quel rapport existe-t-il entre le viol meurtrier d’une étudiante à New Delhi, qui a mis toute l’Inde en émoi, et l’intervention militaire française au Mali, face aux forces islamistes ? En termes d’information courante, aucun. Mais il y a cette toile de fond : le sort des femmes, c'est-à-dire de la moitié de l’humanité.

 

L’Inde dans ce qu’elle a de pire…

 

Le viol de New Delhi a jeté la classe moyenne urbaine dans la rue, mais ce qui se passe souvent dans les campagnes, dans ces Etats où le passé féodal n’est pas mort, où règne l’obscurantisme hindouiste, a pu être évoqué en la circonstance : le quasi esclavage des filles, les crimes commis contre elles.

 

En Chine, malgré les errements tragiques du maoïsme, la révolution a marqué une rupture radicale avec le passé féodal. En Inde, cette révolution n’a jamais eu lieu. Le système des castes n’a pas été éradiqué des mœurs. Le déficit démographique en filles, dont on parle si peu, ne peut pas être attribué comme en Chine à la politique de l’enfant unique : il s’agit bien d’autre chose, de la place de la femme dans la société, de sa valeur sociale.

 

Mali : l’intervention française est le moindre mal…

 

Comme en Libye au moment où Benghazi allait succomber, la gauche lucide s’est trouvée devant un dilemme : ou bien assister à la mainmise des groupes islamistes extrêmes sur la totalité du Mali, ou bien approuver l’intervention militaire française pour bloquer cette engeance de fanatiques, malgré les risques de dérives que cela comporte. Cette intervention est le moindre mal.

 

AQMI, Ansar Dine, Mujao, cet agglomérat de groupes talibans au Sahel ne relève pas du folklore local. A Tombouctou, cité historique, à Gao, ils ont appliqué leur sinistre charia : lapidations, amputations, viols et pillages pour faire bonne mesure,  trafics en tous genres. En Mauritanie, plus au sud au Nigeria, cet islamisme s’étend comme une gangrène. Avec la haine et le mépris des femmes, la moitié de l’humanité. Et la haine de la culture.

 

Un islamisme à trois étages : en pointe AQMI, les djihadistes du Maghreb, qui rêvent du califat universel ; en dessous la mouvance salafiste, pas nécessairement acquise à la lutte armée, active en Tunisie et en Egypte ; et enfin, diffusée massivement par l’Arabie saoudite, la version puritaine de l’Islam, le courant wahhabite, apparu au dix-huitième siècle.

Au passif de l’intervention française, il y a des éléments connus : la nature du pouvoir militaire à Bamako, issu d’un putsch ; l’interprétation quelque peu maximaliste de la position adoptée auparavant par le Conseil de Sécurité ; les risques d’une guérilla de longue durée, mais celle-ci est engagée de longue date. La question des Touaregs devra être résolue.

 

La position de l’Algérie doit retenir l’attention : elle a autorisé le survol de l’aviation militaire française, et elle contribue à l’embargo sur le carburant des forces islamistes. En même temps, elle maintient une officielle « neutralité », ce qui n’a pas empêché le raid sanglant pratiqué sur son sol.

 

Il y a assez de critiques à adresser au gouvernement social-démocrate en France pour ne pas y ajouter, comme Mélenchon, celle de s’être comporté « comme Zorro » en Afrique. Irak,  Afghanistan, Libye, Syrie : autant de situations différentes, voire opposées. Mais cette fraction de la gauche obnubilée par son empathie envers « la religion du colonisé » semble incapable de les analyser. Les femmes africaines qui acclament les forces françaises, elles, savent pourquoi !   

 

Robert Falony   

                                                                  

 

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1 février 2013 5 01 /02 /février /2013 10:13

Une crise est une situation qui entraine un blocage auquel il faut trouver une solution. Elle peut être sociale, politique, sanitaire, économique ou financière, mais elle est surtout une situation temporaire.

 

Depuis 2008, il est question d’une crise financière qui perdure et inquiète tous les pays, d’autant qu’il est expliqué qu’elle met des pays en situation de faillite. Alors, la situation est-elle si grave ou s’agit-il d’une simple rhétorique idéologique pour gérer une mutation socio politique et économique ?

 

Deux grandes crises ont secoué les économies mondiales, en 1929 et en 1970. La dernière était une crise pétrolière qui sonne le glas de l’Etat providence, et aura pour corollaire l’avènement d’un système économique, la mondialisation : délocaliser les entreprises dans d’autres pays où les coûts de production sont moins élevés.

 

Dans une seconde étape, notamment dans les années 1985/1990, au moment de l’élargissement de l’espace économique européen, marché de consommation par excellence, des instruments internationaux légaux sont renforcés pour réguler et contraindre les Etats. L’exemple le plus illustratif en est l’Organisation Mondiale du Commerce, OMC.

 

Une parenthèse pour préciser qu’au même moment dans les pays du sud, et dans le cadre de cette mondialisation, le tandem Banque Mondiale/Fonds Monétaire International exige la libéralisation de ces économies et le « dégraissage » de l’administration. Des travailleurs ayant 30 ans d’ancienneté ont été mis à la retraite forcée. Mais en contrepartie aucune embauche n’a jamais eu lieu. Pas plus que les investissements.

 

La dernière étape de cette évolution est entamée vers la fin des années 1990. En Belgique apparait l’Etat social actif. En réalité, débute le démantèlement des bases de la sécurité sociale, une réalisation de l’Etat providence.

 

Cette protection sociale visait à assurer un revenu minimum aux personnes victimes des aléas de la vie sociale ou professionnelle. Paradoxalement, sous les coups de boutoir des défenseurs du néo libéralisme, le 21ème siècle inaugurera auprès des actifs la « culpabilité de la perte du travail ou de l’inactivité ». Paradoxalement aussi, les forces de production, les travailleurs, n’ont pas le génie créateur nécessaire pour se coaliser et rentrer dans cette mondialisation. En créant, par exemple, un axe de la « garantie des minimums sociaux européens » qui auraient permis l’harmonisation des règles sociales minimales dans l’espace européen.

 

Aussi ne peut-on pas se poser légitimement la question de savoir, si la mondialisation-délocalisation n’était pas une parade, un moyen de contourner les règles inhérentes au mécanisme de fonctionnement de la protection sociale européenne ?

 

Aujourd’hui, le glissement vers le bas de la protection sociale est consommé, et le mythe de la crise est là, pour rappeler qu’il ne faut plus se battre pour son maintien.

 

 

Au moment où la perte d’emploi d’un travailleur est durement sanctionnée, personne ne sanctionne les experts et spécialistes qui ont mal conseillé et mal géré et les Etats. Et encore moins, les administrateurs des banques et des entreprises publiques. Tous perçoivent leurs émoluments qui, en principe, devraient être le prix de la bonne gestion.

 

Aujourd’hui encore, il y a cette fameuse crise, mais ces mêmes entreprises qui licencient font des bénéfices. Et comme ils ne sont plus aussi élevés qu’auparavant, il y a la crise.

 

Cette crise, dégustée à toutes les sauces, est-elle une réalité ou un bluff alimenté par la faillite de tout un système ? La crise d’une idéologie économico-financière ?

 

Avec la mise à néant de la protection sociale des travailleurs, la production reviendra t- elle en Europe ? Certains y croient, d’autres pas… L’avenir nous le dira.

 

 

Raymondo Noviti Houmey

 

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30 janvier 2013 3 30 /01 /janvier /2013 18:36

Arcelor Mittal : et s’il n’y a pas de repreneur ?

 

Aucune violence verbale envers le sieur Mittal ne saurait nous paraître excessive, mais enfin, il est curieux  pour des hommes politiques de gauche de découvrir que les capitalistes ne sont pas gentils du tout. Que ce sont des requins, Mittal et des milliers d’autres.

 

Ce capitaliste indien, au lieu de vendre son acier en Asie, a voulu se lancer à la conquête de la sidérurgie mondiale. Qu’il éprouve maintenant des problèmes est son affaire. Lorsque la sidérurgie européenne s’est trouvée en difficulté dès les années 80, il fallait, outre la politique des quotas de production, tendre à un projet européen de sidérurgie intégrée. Au lieu de cela, Arcelor s’est donné au Mittal, tandis qu’en Allemagne subsiste Thyssen-Krupp… C’est beau, la mondialisation capitaliste… Et ça tue l’Europe industrielle.

 

Derrière l’indignation présente se dissimule l’impuissance de la Région wallonne, Marcourt pouvant toujours joindre Montebourg au téléphone pour rêver de nationalisation. Les libéraux condamnent par avance tout « portage public ». Et s’il n’y a pas de repreneur miracle dans le contexte de la récession qui s’accentue ?

 

Les libéraux se consoleront aisément en pensant que ce coup mortel à la sidérurgie liégeoise est aussi un sale coup pour le PS et la FGTB… Et si un impôt de crise finançait le « portage public », à défaut du vilain mot de nationalisation ?     

 

Castor

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28 janvier 2013 1 28 /01 /janvier /2013 10:46

Il était une fois en novembre 2012, en 48 heures, plus de 10 000 travailleurs se retrouvent au chômage de Ford Genk à Photo Hall en passant par Duferco… Puis, passée la période des grands discours et les fêtes, nous sommes rappelés à la réalité par la « fermeture annoncée » d’Arcelor Mittal Liège.

 

Près de trois mois plus tard, et passée l’épisode des indignations, vient la période des plans: payer les travailleurs en monnaie de singe et les envoyer au chômage. Autrement, demander à l’Etat de s’occuper d’eux. Le plus surprenant dans ces fermetures, est que durant des années, l’Etat a subventionné, afin de préserver l’emploi. En termes techniques, cela s’appelle la “politique de préservation de l’outil…”. Un exemple illustratif est celui du Groupe MITTAL qui promettait, en France et en Belgique en 2006, un « 7ème ciel » à l’acier européen. Des entreprises lui sont cédées avec des subventions à la clef. Et cinq ans plus tard, ce Groupe prétextant la baisse du marché mondial de l’acier, décide de fermer ses usines en France et Belgique, tout en offrant une statue évaluée à des millions d’euro aux Jeux Olympiques d’été 2012 à Londres. Ce qui est paradoxal est que les éminents économistes et politiques n’arrivent pas à comprendre qu’un investisseur s’implante dans un pays, le fait d’abord pour s’enrichir, et non pour créer de l’emploi. Fermer une usine cinq ans plus tard, après avoir bénéficié de l’argent public, autant la fermer immédiatement.

 

Mais comment sommes-nous arrivés là?

 

Pour les patrons, c’est la faute à la crise. Pour les syndicats, c’est la faute au cynisme des patrons. Pour le gouvernement, il semble qu’il découvre que le tissu industriel belge décline, et que le modèle européen de production industrielle est dépassé. Quant aux spécialistes, ils nous assènent qu’il faut que les industries s’adapte à la technologie de pointe. Pour qui et pour quoi faire ?

 

Concernant nos gouvernants, nous pouvons nous interroger sur la raison qui les motive à taire la vérité. Autrement, nous dire que pour le moment, ils sont impuissants face à une entreprise, qui une fois qu’elle est certaine de produire et de vendre plus ailleurs, ferme ses portes dans le pays d’accueil, ici, la Belgique.

 

Quant à l’industrie de pointe, qui semble être la panacée, pour sauver ou redynamiser l’industrie belge, il semble que les défenseurs de cette thèse croient que nous sommes seuls dans le monde à miser sur ce type d’industrie. Comment combiner la recherche, la formation, la production et le développement liés à la technologie de pointe et aux énergies renouvelables, lorsque dans les autres pays européens la même vision existe, sans compter les pays asiatiques, sud-américains et naturellement les Etats Unis d’Amérique ?

 

Et si la question de fond est de savoir comment nous en sommes arrivés là ?

 

Dans la perspective d’une meilleure qualité de vie, nous avons incité et favorisé l’internationalisation des outils et moyens de productions. En délocalisant les usines, nous pensions alléger la charge du travail des ouvriers. En poussant à l’externationalisation de la production agricole, et en la subventionnant, nous pensions assurer, à moindre coût, la surconsommation de nos populations.

 

Cette grande innovation politico-économique a permis de modifier les « échelles de la décision politique » de l’Etat-nation à l’Union européenne, et des états industrialisés au plan mondial via l’Organisation Mondiale du Commerce et le Fonds Monétaire International.

 

Il a été perdu de vue que cette stratégie d’économie et de surconsommation est à double détente: créer l’effet boumerang dans les pays d’implantation en créant des industries à même de nous concurrencer, tout en détricotant nos industries et en affaiblissant la capacité d’innovation de nos ingénieurs et chercheurs.

 

Mais dans cette débâcle politico économique, il nous est annoncé que des « spécialistes » sont payés pour trouver un repreneur, autrement un investisseur.

 

Encore un autre. Et il est interdit de sourire, s’il vous plait. Il faut être optimiste, pour sauver l’acier liégeois…

 

 

Raymondo Noviti Houmey

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20 janvier 2013 7 20 /01 /janvier /2013 10:56

Italie

 

Les élections des 24 et 25 février mettent en présence trois forces principales : la coalition des petits partis de centre-droite se réclamant de Mario Monti et de son programme d’austérité à la sauce de l’Union européenne ; le front populiste de droite entre le bouffon Berlusconi, l’homme de tous les scandales, et la Ligue du Nord, avec laquelle il s’est rabiboché au prix d’un abandon de sa candidature au poste de Premier ministre, la Ligue ayant comme principal souci de sauvegarder ses bastions régionaux ; et enfin la gauche social- démocrate, menée par Pierluigi Bersoni, vainqueur de la primaire, et créditée d’une majorité à la Chambre avec la prime majoritaire, mais pas nécessairement au Sénat.

 

Il est incroyable que le quart peut-être des Italiens puisse encore vouloir s’accrocher à la branche pourrie qui a nom Berlusconi. En outre, la profusion des listes va favoriser la dispersion des voix.

 

 En somme, le corps électoral ne sait plus à quel saint se vouer… 

 

Mali

 

Un pays dont la moitié des gens ne savaient même pas où il se situe et dont l’autre moitié ignorait tout des causes de la crise a surgi à la mi-janvier dans l’actualité. Rappel des rétroactes : après la guerre en Libye, les Touaregs du nord du Mali ont proclamé leur indépendance, mais les organisations islamistes extrémistes présentes dans la région ont capturé cette sécession et ont imposé leur sinistre« charia » dans des villes comme Tombouctou, face à une armée malienne incapable de maintenir l’unité du pays, et qui procédait, elle, à un coup d’Etat à Bamako !

 

Une laborieuse opération de « reconquête », avalisée à l’unanimité par le Conseil de Sécurité, a fait long feu, à cause du peu d’enthousiasme des pays de l’Afrique de l’Ouest à y participer, tandis que l’Algérie conservait l’illusion que ménager les djihadistes la mettraient à l’abri. L’attaque d’un commando islamiste venu de Libye sur un site gazier du sud est algérien a réduit cette illusion à néant.  

 

C’est l’attaque surprise des islamistes en direction de Bamako, capitale du Mali, qui a décidé la France à intervenir en lieu et place d’une armée malienne vouée à la défaite. Intervention qui n’est pas sans danger de dérives, mais coup d’arrêt à la conquête de l’Afrique noire par les émules des talibans.

 

Comme dans l’affaire libyenne, une partie de la gauche se trouve placée devant le dilemme de devoir choisir entre deux maux ; et d’opter pour le moindre…

 

Ceci ne peut pas faire oublier les responsabilités passées du colonialisme français dans la région. Le Mali a été un pays pauvre et sans ressources, alors qu’au Niger voisin  l’uranium est évoqué par certains dans cette affaire. Dans toute cette région du Sahel, la « démocratie » est minée par la pire corruption, tandis que les frontières héritées de l’ère coloniale ne tiennent aucun compte des réalités ethniques.

 

R.F.

 

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11 janvier 2013 5 11 /01 /janvier /2013 23:00

 

 

Happart, l’ex-bourgmestre non nommé de Fourons, l’ancien ministre PS wallon, l’homme mêlé, mais jamais inquiété à de curieuses affaires, fait de nouveau parler de lui. Il fait des déclarations sur l’avenir de la Belgique. Il épouse les thèses de Bart De Wever et, au passage, il égratigne la région qu’il déteste par-dessus tout : Bruxelles. La Fédération bruxelloise des Jeunes socialistes vient de publier un communiqué où elle remet l’ex leader wallon à sa place ! C’est volontiers que nous le publions ci-dessous.

Pierre Verhas

 

 

Nous étions encore dans l’ambiance des fêtes de fin d’année. Nous venions de passer le cap du Nouvel An et, malgré la grisaille ambiante, l’humeur était aux réjouissances. Et puis, Monsieur José Happart, ancien parlementaire socialiste wallon, vous nous avez gratifiés d’une sortie médiatique de mauvais goût : « Bruxelles devient une grande ville internationale où l’anglais est de plus en plus parlé. Il y a par ailleurs de plus en plus d’élus bruxellois d’origine non européenne. Ces gens-là ne sont pas intéressés par la défense du français. Ils ne sont pas là pour cela ».

 

Il est affligeant qu’un socialiste se sente obligé d’adopter une position méprisante à l’égard de de la diversité que représente Bruxelles pour essayer d’exister politiquement.

 

Oui, Monsieur Happart, Bruxelles est une ville multiculturelle et ouverte sur le monde. Oui, nous sommes fiers du multiculturalisme bruxellois. Oui, Monsieur Happart, Bruxelles est une ville internationale où l’anglais est beaucoup parlé. Oui, notre région a la chance de compter ces gens-là, des zinneke élus aux origines diverses.

 

Et puis, rassurez-vous Monsieur Happart, ces gens-là participent aux liens de solidarité unissant les francophones et n’accepteront jamais les violences et les diktats de la droite nationaliste flamande. Le français gardera de toute façon une place centrale dans la vie quotidienne de la grande majorité des habitants de notre région. La majorité des Bruxellois ont le français comme langue maternelle. Qu’il suffise donc de vous rappeler notre profond attachement au parler de Voltaire pour calmer vos aigreurs.

 

Permettez-nous enfin de vous écrire en français nos rêves pour notre ville : une région qui donne sa chance à tous les jeunes qui y naissent, une région où la solidarité triomphe dans tous les défis à relever et les réponses qui y seront amenées, une région où le respect et le vivre ensemble se conjuguent dans toutes les politiques menées, une région à part entière et respectée de ses partenaires en Flandre et en Wallonie… une société plus juste et tolérante !

 

Fort de ces valeurs de justice et de tolérance qui doivent être au cœur du programme socialiste, la Fédération des Jeunes Socialistes Bruxellois continuera le combat contre toutes les formes de racisme et de stigmatisation.

 

Rassemblons au lieu de diviser !

 

La FBJS


Communiqué de presse de la FBJS-11 Janvier 2013

 



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www.jsbxl.be

 

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