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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 15:34

Le droit d’asile financier de M. Arnault…

 

M. Bernard Arnault, l’homme qui veut devenir belge, ne fait pas partie du petit nombre des milliardaires qui jugent pouvoir payer plus d’impôts, malgré son revenu annuel de plus de  dix millions d’euros, hors dividendes comme actionnaires dans toutes ses marques de luxe (« Le Monde » du 7 septembre). Il vient de trouver en la personne du très MR bourgmestre d’Uccle un ami qui comprend ses soucis financiers.

 

Mais s’agit-il seulement de défendre bec et ongles, en grand rapace, son magot personnel ?

 

Le bonhomme avait déjà émigré aux Etats-Unis lors de la « grande peur » de mai 1981.

 

Un peu de lucidité, chers confrères : M. Arnault mène simplement la fronde du grand capital contre le vilain Hollande, en maniant l’arme favorite du grand capital : le poignard financier. 

 

Castor

 

Ajoutons que le titulaire de la quatrième fortune du monde est un homme susceptible. Il attaque « Libération » en Justice pour son titre quelque peu osé : « Casse-toi riche con ». Cependant, il ne tiendra sans nul doute aucun grief au bourgmestre d’Uccle qui lui a souhaité « Case-toi riche c.. »

 

PV

 

 

                                                                                  

 

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31 août 2012 5 31 /08 /août /2012 21:03

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La montée du fanatisme religieux à travers le monde

 

En commençant par les Etats-Unis, le parti Républicain vient d’adopter une plate-forme électorale qui fait la part belle aux extrémistes religieux de tout poil et aux évangélistes hallucinés. Elle affiche l’intention de faire adopter un amendement constitutionnel interdisant l’interruption volontaire de grossesse, même en cas de viol ou d’inceste. Ceci n’engage pas outre mesure un Romney qui, par malheur, serait élu. Mais le candidat à la présidence, proclamé (par défaut) à Tampa en Floride, a lui-même un passé de mormon militant. Cette « Eglise du Christ et des saints des derniers jours » (si ce sont les derniers…) affiche, comme toutes les religions monothéistes, la réprobation de la liberté sexuelle.

 

Romney a par ailleurs édifié sa fortune sur le capital - investissement, acquisitions et ventes d’entreprises par le jeu du crédit.

 

Le candidat à la vice-présidence Paul Ryan est, lui, un ultra-libéral patenté.

On retient donc de cette convention de Floride la victoire des partisans du « droit à la vie dès la conception », dogme qu’ils étendent rarement au domaine des relations internationales : des centaines de milliers d’Irakiens sont morts à cause de la sale guerre de Georges Bush. On ne les trouve pas non plus en lutte contre la vente libre des armes ou la peine de mort.

 

Du Pakistan au Mali : petits crimes islamistes…

 

Scène de la vie ordinaire au Pakistan : les occupants de confession chiite d’un bus sont massacrés par les talibans (sunnites). Leurs coreligionnaires afghans, eux, viennent d’assassiner des hommes et des femmes dont le délit, indique la dépêche, serait d’avoir participé à une fête villageoise « mixte ».

 

La guerre sévit en Afghanistan. Mais au Pakistan ? Le pouvoir civil y est impuissant, et les talibans pakistanais à peu près libres d’y faire régner leur terreur obscurantiste. Avec le concours, ou du moins la tolérance, des services secrets engagés depuis toujours dans un double jeu.

 

Un peu partout en Asie et en Afrique, le sort des minorités religieuses suscite des inquiétudes fondées sur le constat d’une multiplication de crimes destinés en fait à les éradiquer. Au Yémen, en Somalie, dans le nord du Nigeria, au Mali, de vastes zones sont sous le contrôle de milices islamistes radicales aux étiquettes diverses, mais qui ont en commun le même fanatisme d’un mythique « Islam des origines ». On emploie ici le mot « Islamisme » par défaut, parce que « fondamentalisme » est illisible… Dans le nord du Mali, où les Touaregs indépendantistes se sont fait jouer par leurs alliés de circonstance, ces milices se sont illustrées à Tombouctou par des destructions de sanctuaires classés au patrimoine.

C’est loin ? Tripoli est plus près, où des bandes étiquetées salafistes viennent de faire la même chose.

 

En Tunisie, en Libye, en Egypte, les islamistes ont sauté dans le train d’une « révolution arabe » qui n’avait aucun but religieux. Pour eux, la démocratie n’est pas du tout un objectif, seulement une opportunité. On les voit partout à l’œuvre contre les artistes, contre les atteintes à la « morale », contre la liberté de la presse, contre les droits des femmes.

 

La haine religieuse dans les conflits internationaux

 

Elle en est une composante, moins pour des dirigeants cyniques que pour des masses manipulées et fanatisées. Entre l’Inde et le Pakistan. Entre factions au Liban. Entre l’Etat d’Israël et le monde arabe. L’Iran est une théocratie. L’Arabie saoudite aussi.    

 

 

Robert Falony

 

 

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 17:32

Elio Di Rupo a pu « partir en vacances » sur une note de relative satisfaction, pouvant se targuer, ce qui est vrai, d’avoir mis un terme à une crise ministérielle sans précédent ; et de voir l’Etat belge pouvoir emprunter à un taux proche de zéro compte tenu de l’inflation ; mais là, il n’y est pas pour grand-chose : la spéculation a pour le moment d’autres objectifs que la Belgique…

 

Mais entre-temps, les mauvaises nouvelles se sont accumulées. Le pays est officiellement en récession, avec la majorité de la zone euro. Au niveau européen, un débat surréaliste est en cours pour savoir s’il faut « sortir » la Grèce ou pas : des apprentis sorciers sont prêts à se lancer dans ce que le Premier grec Santaras vient d’appeler « un cauchemar géopolitique ».

 

Puis, il y a la menace pour les finances publiques d’une recapitalisation obligée de Dexia, cinq, dix milliards ? L’Etat belge, qui, dans ce dossier, s’est fait pigeonner par la France en acceptant de fournir des garanties à hauteur de 60%, n’en a pas fini avec le cauchemar de la « bad bank »…

 

Même gestion à l’aveuglette  des dossiers de l’énergie nucléaire : l’Europe entière a eu l’attention attirée sur les microfissures de centrales qu’il faudrait fermer, mais en même temps on nous apprend que nous risquons des pénuries d’électricité si on applique le plan de fermetures.

 

L’ombre du 14 octobre

 

Bien entendu, il y a l’ombre portée des élections communales du 14 octobre, et la crainte des six partis de gouvernement d’être trop nettement désavoués par les électeurs.

 

L’arrondissement de Bruxelles Hal Vilvoorde a beau être enfin scindé, les nationalistes flamands repartent à l’assaut autour de Bruxelles, comme on le voit avec les incidents autour du gordel.

 

Mais toute aggravation de la situation sociale et financière risque d’être objectivement favorable à la NVA, comme à tous les populismes de droite en Europe, nostalgiques d’un passé mythique.

 

Le PS inaudible ?

 

Le choix opéré par Paul Magnette de briguer le mayorat de Charleroi s’inscrit dans une tendance générale du personnel politique : s’assurer d’abord d’un bastion local, face aux aléas de la « haute » politique. Et, pour le PS, Charleroi demeure historiquement un bastion autant que Liège.

 

La grande presse a relayé des avis divers, voire divergents, sur les mutations d’emplois que cette option implique : par qui le remplacer au gouvernement fédéral ? Et quid de la présidence du parti ?  Et de s’aviser qu’avec un président ad interim, le PS est plus ou moins inaudible…

 

Mais est-ce là seulement une question de personne ? S’agit-il seulement de tenir un discours musclé lorsque l’actualité l’exige ? Toute la social démocratie européenne paraît incapable de se hisser à la hauteur de la crise que traverse le système capitaliste. Tout se passe comme si maintenant, il n’y a plus qu’à attendre –à espérer - une éviction de Merkel en 2013, comme une suite logique à celle de Sarkozy. Les marchés financiers, eux, n’attendent pas. 

     

L’affaire Martin

 

Le sujet a beau être apolitique, et il doit le rester, il ne s’inscrit pas moins dans le malaise qui entoure l’appareil judiciaire belge depuis la fin du siècle dernier : ce pays ne s’est jamais vraiment remis des manquements dans l’enquête sur les tueries du Brabant, ni du traitement déficient de l’affaire Dutroux. 

 

Passons sur quelques querelles internes à la magistrature et sur quelques jugements contradictoires… Et n’oublions pas les incessants conflits entre les gardiens de prison et le cabinet de la Justice, pour cause de surpopulation carcérale.

 

Telle est donc la toile de fond dans l’affaire Martin. Sans mettre en cause les principes de la libération conditionnelle et de la réinsertion sociale, il ne fallait pas être grand clerc pour réaliser que dans un cas aussi extrême que celui là, l’opinion serait heurtée par la libération d’une perverse profonde, fut-elle légale.

 

A lire les justifications de l’association syndicale des magistrats, on ne peut se défaire d’une impression de corporatisme, et de juridisme étroit, « Tous les belges sont égaux devant la loi », sauf les victimes, naturellement. En recevant celles-ci, les autorités politiques ont pris l’engagement de remettre un peu de bon sens dans le droit en la matière…

 

On peut aussi faire le constat que, dans cette affaire, la grande presse ménage singulièrement l’Eglise, pourtant grande connaisseuse en matière d’abus sexuels sur les enfants. Et si c’est le sens chrétien de la rédemption qui a abouti à la solution du couvent de Malonne, on n’est pas obligé de le partager...  

 

 

 Jean Lafont

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17 août 2012 5 17 /08 /août /2012 10:33

Maintenant la récession. Et la menace sur la zone euro !

 

La récession gagne du terrain et menace maintenant l’ensemble de la zone euro. Elle sévit non seulement en Grèce (moins 7% sur le PIB), en Espagne, en Italie, en Grande-Bretagne, mais aux Pays Bas et maintenant en Belgique (en données trimestrielles). Tous les pronostics sur 2012 semblent devoir être révisés à la baisse.

 

Mais un autre indicateur est autrement significatif : il s’agit du recul de la production industrielle, chiffres pour mai ou juin : il atteint 8,2% en Italie, 6,9 en Espagne, 4,3 en Grande-Bretagne, 3,5 en France, 0,2 en Allemagne. Et 7,4 en Belgique. Cela peut déplaire à des politiciens, mais faut-il reprocher au gouverneur de la Banque nationale de dire une vérité ?

 

La récession signifie la réduction des rentrées fiscales. La politique d’austérité à sens unique est en train d’échouer partout.

 

Qui veut liquider la zone euro ?

 

En couverture de la dernière livraison de « The Economist » de Londres, on voit une chancelière Merkel dubitative en train de lire  un rapport : « Comment disloquer, ou démembrer (« break up ») la zone euro ». Ce n’est plus un secret que des plans B. sont échafaudés  par des banques, des experts, des conseillers en gouvernance financière pour sortir de la crise de la zone euro non par la solidarité sur la dette, mais par le repli national et nationaliste.  Même quelqu'un comme le luxembourgeois Juncker, réputé europhile, n’exclut plus le retour à la drachme !

 

Les mêmes qui ont, de Conseil européen en Conseil européen, accumulé les tergiversations, les malentendus, les doubles interprétations, bref les retards, s’imaginent-ils que « sortir » la Grèce (les capitaux, eux, en sortent depuis longtemps) aurait pour effet de « rassurer les marchés » ? Ce ne serait qu’entamer le détricotage de l’ensemble.

 

Si les « investisseurs » planquent maintenant leurs capitaux dans la « bonne » zone euro, tout en faisant payer des taux usuraires à l’Espagne et à l’Italie, ce n’est pas pour les beaux yeux de Merkel, Hollande ou Di Rupo. C’est parce que beaucoup anticipent que la dislocation de la zone euro signifiera que leurs avoirs seront réévalués.

 

La spéculation se porte donc sur l’Espagne et l’Italie. Et pour les « traders » de New York et de Londres, l’euro a toujours été un truc bizarre qui ne rentre pas dans leurs schémas. On ne peut reprocher à un requin de raisonner comme un requin…   

 

Mme Merkel sait parfaitement que l’amputation de la zone euro coûterait plus cher à l’Allemagne que sa défense inconditionnelle. Mais il y a la montée partout des populismes de droite nostalgiques d’un passé mythique, avec une majorité d’Allemands qui regrettent le D.Mark.

 

Un socialiste français, maintenant ministre (Montebourg) a évoqué Bismarck à son propos. Il nous semble bien plus pertinent de la comparer plutôt au faible Brüning, ce chancelier chrétien centriste de la République de Weimar en 1930-32. On sait ce qui s’ensuivit. Et il y a ailleurs dans le monde assez de fous pour rêver d’escalades guerrières.

 

 

 

Robert Falony

 

                                                                                  

 

 

 

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31 juillet 2012 2 31 /07 /juillet /2012 14:31

Adresse de contact : fal.roberty@skynet.be

 

Où en est la « Révolution arabe » ?

 

On répondra à cette question en récusant deux attitudes mentales opposées. La première ne voit dans les révolutions du monde arabe que le révélateur de l’islamisme, un échec en somme, comme si cet islamisme n’existait pas auparavant sous sa forme souterraine, et réprimée par les pouvoirs en place. La seconde consiste à minimiser les dangers de ce même islamisme (surtout dans sa version salafiste) pour les idéaux démocratiques, dont on ne dira jamais assez qu’ils sont des valeurs universelles, et non pas « occidentales ».

 

Le trait commun au mouvement révolutionnaire qui traverse tout le monde arabe est la volonté de bénéficier des libertés démocratiques élémentaires, non pas contre l’Islam, mais à côté de l’Islam. Les couches qui l’animent sont plutôt éduquées, politisées, et portées par les nouvelles technologies de la communication, auxquelles elles ont accès. La composante sociale du mouvement est plus complexe à cerner, avec la superposition des termes « libéral », « laïc », « populaire » qui masquent les oppositions de classes.

 

Un front principal : la lutte pour les droits des femmes !

 

Egypte.Elle est l’épicentre des changements en cours, par sa population (85 millions d’habitants) et par sa position géostratégique. Le camp révolutionnaire a obtenu un changement de décor, avec l’élimination du clan Moubarak, mais pas de système : l’armée reste la colonne vertébrale du régime. Cette « gauche » a été incapable de former un front uni, et de choisir une bonne stratégie face aux Frères musulmans, qui ont rejoint le mouvement révolutionnaire sans l’avoir conduit, et d’autre part au Conseil supérieur des forces armées, qui a bien été obligé de céder sur l’élection à la présidence du candidat des Frères musulmans, mais a dissous un Parlement élu dominé par les islamistes. Certes, « on ne choisit pas entre la peste et le choléra », mais s’inscrire dans un courant « nassérien » avec les secteurs progressistes de l’armée eut sans doute été la meilleure stratégie possible.  Par chance, les Frères musulmans ont commis nombre d’erreurs et se sont discrédités eux-mêmes. L’espèce de fausse dualité de pouvoir entre le CSFA et le médiocre bureaucrate hissé à la présidence, Mohamed Morsi, ne saurait faire illusion. Les chefs militaires défendent d’abord leurs intérêts économiques, et sont tributaires d’une aide américaine qui leur est précieuse…

 

C’est ainsi que, chose incroyable, la frontière avec la bande de Gaza demeure limitée au seul point de passage de Rafah, alors que le peuple palestinien tout entier aurait tant besoin du soutien de l’Egypte.  

 

Syrie. Longtemps l’an dernier, les foules syriennes manifestaient chaque vendredi contre le régime de Bachar Al- Assad, et des tireurs faisaient feu sur elles. Maintenant les médias ont inventé une « guerre civile » pour ce qui est la guerre d’une tyrannie contre les neuf dixièmes d’un peuple. La clique au pouvoir préfère la destruction de la Syrie à sa chute, ayant pu méditer sur le sort de Kadhafi et autres. Toute action du Conseil de Sécurité est bloquée par le veto de Moscou. Dans ces conditions, la livraison d’armes à l’insurrection est la moins mauvaise des solutions face à cette tragédie.

 

Le peuple syrien n’en est pas moins victime des impérialismes rivaux dans la région : la Russie et l’Iran, Israël et les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et la Turquie, toutes ces capitales font leurs calculs… Et inutile de chercher au Moyen Orient le fantôme d’un « camp socialiste » englouti dans les ténèbres du passé…

 

Malgré tous les pièges, la révolution arabe a un avenir !

 

 

Robert Falony

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26 juillet 2012 4 26 /07 /juillet /2012 21:36

Les étudiant(e)s en droit sont à plaindre ! Le code de la nationalité est une matière aussi compliquée que mouvante. Un nouveau code de la nationalité a été voté au Parlement belge juste avant les vacances, six ans après le dernier. Et on peut « repotasser », surtout en cas de seconde « sess » !

 

En France, également, le nouveau gouvernement de gauche bouge sur la question. Manuel Valls, le tout frais émoulu locataire de la place Beauvau veut aussi réformer la nationalité. On ignore si son projet constitue un retour au progressisme en la matière après la « nuit » sarkozyste. La loi Guéant a introduit une notion similaire à celle qui figure dans le nouveau code belge : le processus d’intégration (en Belgique, on l’appelle le parcours d’intégration). Ainsi, Valls a bien précisé : « "Je m'apprête à revenir sur les critères introduits subrepticement par mon prédécesseur", a annoncé M. Valls, souhaitant faire de la nationalité un moteur de l'intégration et non le "résultat d'une course d'obstacles aléatoire et discriminante".

 

 

manuel-valls.jpg

Manuel Valls proposera-t-il une loi moins sévère sur la naturalisation ?

 

 

 

Le ministre a précisé que le nombre de naturalisations avaient beaucoup baissé ces dernières années et que "cette chute résult[ait] d'une politique délibérée d'exclure de la nationalité des gens méritants et ne posant aucune difficulté". Pour M. Valls, "le défi de l'immigration sera relevé si la naturalisation n'est plus vécue, ou perçue, comme la fin d'un parcours du combattant, mais comme l'issue d'un processus d'intégration qui a sa part d'exigences". » (Le Monde.fr, 26 juillet 2012).

 

 

Cependant, on ignore si la nouvelle loi – qui sera présentée à la rentrée parlementaire en France – maintiendra les critères qui avaient été définis dans la loi Guéant qui est entrée en vigueur ce 1er juillet. Elle prévoit que tout étranger aspirant à acquérir la nationalité française devra justifier d'un niveau de maîtrise du français équivalent à la classe de 3e, avoir une connaissance minimale de la culture et de l'histoire de la France, et signer une charte "des droits et des devoirs du citoyen".

 

 

 

 

claude_Gueant01.jpg

Les nuisances de Claude Guéant auront-elles vraiment disparu ?

 

 

 

 

Ce sont des critères équivalents qui figurent dans le nouveau code belge. Ce code s’est inspiré d’un concept nouveau élaboré par les nationalistes flamands : l’ « inburgering » qu’on pourrait traduire par l’intégration à la citoyenneté.

 

 

 

Ce concept a été quelque peu revu et il est désormais inscrit dans la loi. On l’a appelé le « parcours d’intégration ». De quoi s’agit-il ?

 

 

 

Tout d’abord, qu’il s’agisse de la France ou de la Belgique, les nouvelles dispositions adoptées ou en projet sont plus restrictives. Comme le droit social, le droit des étrangers qui, depuis la fin de la guerre s’améliorait vers plus de droits, d’ouverture et d’égalité, connaît depuis quelques années une régression. C’est à cela que l’on détecte un changement radical de la société. On assiste à un retournement vers plus de restrictions, d’inégalités et d’exclusions.

 

 

 

Le parcours d’intégration – qui est matière régionale – est pour le moment adopté en Flandre. Des discussions ont lieu entre la Wallonie et Bruxelles pour savoir si ces deux régions adopteront un parcours d’intégration commun, ou chacun de leur côté. Les conditions exigées sont notamment linguistiques, soit une connaissance de la langue de la Région ou une des langues nationales, et sociales (diplôme obtenu dans un établissement belge, formation professionnelle de 400 heures, parcours d'intégration).

 

Il existe en outre des conditions liées à l'intégration économique : le candidat à la nationalité devra avoir travaillé au moins 468 jours au cours des 5 dernières années, ce qui exclut d'office tous ceux (les femmes surtout) qui travaillent à temps partiel ou qui ont des emplois précaires.

 

 

FPS.jpg

Les Femmes Prévoyantes Socialistes belges : le fer de lance du combat des femmes

 

 

 

Donc, il y a à la fois une plus grande sévérité dans les critères de naturalisation, mais on procède également à une forme inadmissible d’exclusion sociale. Les Femmes Prévoyantes Socialistes de Belgique (FPS) ont réagi avec virulence. Elles posent au préalable une question essentielle : « Pourquoi durcir les conditions ? En dehors de cas exceptionnels concernant des personnes mues par la volonté de détruire la démocratie et de s’opposer aux valeurs fondamentales de la société, c’est au contraire une très bonne chose que de nombreuses personnes manifestent ainsi leur volonté d’être membre à part entière de la communauté nationale. De plus, les nouvelles conditions proposées révèlent une volonté de privilégier les plus « riches », les plus diplômés, les plus … masculins ! »

 

 

 

En effet, on se demande pourquoi, en un temps où la solidarité internationale s’avère indispensable, où l’on ne cesse de revendiquer plus d’égalité, notamment entre femmes et hommes, on prenne le chemin d’une plus grande sévérité tout à fait inappropriée à une époque où il y a de plus en plus de mobilité, tout en rendant encore plus difficile la naturalisation pour les femmes.

 

 

 

 

lutte_des_femmes.jpg

Les femmes devront-elles à nouveau se mobiliser pour défendre leurs droits les plus élementaires ?

 

 

 

 

Les FPS ajoutent : « Dans le contexte de chômage et d’exclusion qui ne fait que s’accroître, ce calcul sordide « as-tu travaillé assez pour mériter d’être Belge ? Et à temps plein s’il-te-plaît ? » est proprement scandaleux et très clairement discriminatoire envers les femmes à qui on ne propose bien souvent pas d’autres emplois que du temps partiel. Si travailler à temps partiel démontre un manque de volonté d’ « intégration », pourquoi les employeurs (de la grande distribution, du nettoyage, de l’HORECA ([1]), etc.) en abusent-ils à ce point ? »

 

 

 

Nous sommes confrontés à deux phénomènes qui, paradoxalement, s’inscrivent parfaitement dans la logique ultralibérale.

 

 

 

Il y a tout d’abord une « lepenisation » des esprits. L’étranger – et particulièrement l’étranger d’origine nord-africaine – est de plus en plus rejeté par la population et même par une partie de l’élite. Le mélange de la crise, de la radicalisation et de l’attitude ambiguë des médias ne fait qu’accroître les tensions. Du côté des immigrés, la crise les frappe plus durement ; la pauvreté, le manque de perspectives forment le terrain idéal pour les zélotes du salafisme et autres intégrismes, surtout à l’égard des jeunes.

 

 

 

Ensuite, on assiste – particulièrement en Belgique – à l’expansion des sous-nationalismes « régionaux » ou « communautaires » qui vont à contre-courant du renforcement de la supranationalité au sein de l’Union européenne. En Flandre, mais aussi en d’autres lieux, ce sous-nationalisme est imprégné d’une culture d’extrême-droite de rejet de « l’Autre », qu’il soit celui qui parle « l’autre » langue, ou qu’il soit l’étranger vivant « chez nous ». Il ne faut pas oublier que des mouvements comme la NV-A ([2]) qui se prétendent démocratiques, plongent leurs racines historiques dans le nationalisme flamand d’avant-guerre qui était ouvertement nazi. Un autre parti, ouvertement néo-nazi, le Vlaams Belang ([3]), a connu son heure de gloire et représente encore quelque 12 % de l’électorat en Flandre. C’est la NV-A qui est à l’origine de « l’inburgering » et des lois restrictives à l’égard de l’immigration.

 

 

 

 

de_Wever.jpg

Bart De Wever, le leader nationaliste de la NV-A, s'inscrit dans une lignée fasciste.

 

 

Il est évident que ce démembrement de l’Etat-nation au profit des sous-nationalismes et la tension entre les différentes catégories de la population ainsi qu’entre autochtones et groupes issus de l’immigration, ne peuvent que favoriser l’ultralibéralisme. D’ailleurs, ces groupes sous-nationalistes prônent les solutions néolibérales en matière économique, veulent réduire l’influence des « corps intermédiaires » (entendez les organisations syndicales) et prônent la privatisation des services publics et de la sécurité sociale.

 

 

 

Le progrès social implique d’aplanir ces tensions. Face à un capitalisme en crise, certes, mais d’une puissance inégalée, la division des peuples est la pire des réponses. Aussi, la lutte contre le racisme est prioritaire et doit non seulement être plus efficace, mais aussi proposer une autre culture que celle du rejet.

 

 

 

N’oublions pas qu’avec l’expansion de l’extrême-droite depuis le début des années 1980, malgré les inefficaces « cordons sanitaires » et les incantations radicales, le rejet de l’Autre s’est petit à petit introduit dans les cœurs. C’est cela la « lepenisation ». Et pour l’en extraire, il faut mener une thérapie de très longue haleine. C’est sans doute l’entreprise la plus difficile à mener pour ceux qui se réclament du progrès et de l’égalité. Mais, c’est grave docteur !

 

 

 

 

 

Pierre Verhas

 

 

 

 

 

 

 

 



[1]HORECA : secteur belge de l’hôtellerie, de la restauration et des cafés

[2] NV-A « Nieuw Vlaamse Alliantie », nouvelle alliance flamande est le principal parti nationaliste en Flandre. Il a obtenu aux élections de juin 2010, 27 % des suffrages en Flandre et est devenu ainsi le premier parti de Belgique au Parlement fédéral.

[3] Vlaams Belang, (ou la priorité flamande) anciennement Vlaams Blok (Bloc flamand) fut fondé et dirigé par des nationalistes flamands ouvertement fascistes, parmi lesquels on trouvait des anciens SS.

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21 juillet 2012 6 21 /07 /juillet /2012 10:47

 

Voici un texte très intéressant et sans concessions écrit par Jean-Marie Chauvier sur l’antisémitisme, l’islamophobie et les autres formes de racisme. Ce « papier » intitulé « Humeur » commence et se termine par quelques recommandations indispensables, tant le sujet est délicat.

 

Cet article a le mérite de saisir cette problématique à bras le corps, sans rien laisser de côté et dans le respect des principes fondamentaux qui guident notre pensée et notre action.

 

N’hésitez pas à le commenter en publiant votre opinion sur le blog. Il vous suffit de cliquer sur « Ecrire un commentaire » à la fin de l’article. Apparaît alors une boîte de dialogue où vous pouvez écrire votre texte. Un blog ne vit que pat ses lecteurs, ne l’oubliez pas !

 

 

 

HUMEUR

 

Suite à quelques échanges personnels ou limités sur ces questions, j'envoie à une petite liste de personnes (que je crois) intéressées une réflexion un peu plus synthétique.

 

Voici d'abord un exemple de la haine anti-juive effarante propagée par certains prédicateurs islamistes, y compris me disent des amis arabes, en Belgique dans certaines mosquées, de façon certes plus édulcorée.

Voir la première des trois séquences de la présente vidéo, les deux autres étant moins intéressantes, même si le pitre Dieudonné en est l'une des vedettes.

 

http://www.youtube.com/watch?v=VUkfEyaC_1o&feature=related

 

 

Et encore à propos de l'antisémitisme et des autres formes de racisme et d'islamophobie

 

Les faits de violences contre des Juifs nous été rapportés. En France, ils se multiplient. Les victoires électorales de l’extrême-droite, en divers pays, enhardissent les nostalgiques des fascismes. Pas plus tard qu'hier, à une terrasse de café, j'ai entendu une sonnerie de GSM retentir d'une marche de la Wehrmacht... son propriétaire était un gros motard tatoué de motifs "gothiques". Et il suffit d'un voyage sur Internet pour voir rejaillir les égouts de la réthorique nazie. « Ils » sont de retour.  Je les ai vus et entendus à Kiev et à Moscou, avec leurs semblants de swastikas, leurs "Mein Kampf" et autres bréviaires de la haine raciste d'Alfred Rosenberg.  "Ils" sont de retour, ils paradent à Budapest, à Riga et à Lviv (Lwow), "il" tue à Oslo....et son opposé-miroir, de l'autre côté de la Méditerranée, appelle à la chasse au Juif ou au chrétien. Mais il est à nouveau « permis », banal, de mettre en doute le génocide des Juifs, ou de le minimiser en l’assimilant aux massacres que comporte toute guerre, ou aux répressions staliniennes du « totalitarisme jumeau ».  Négationnisme d’autant plus grotesque que les connaissances historiennes sur l’entreprise nazie de colonisation à l’Est et d’éradication des peuples « superflus » (génocide de Juifs, de Tsiganes, exterminations de Slaves et de prisonniers de guerre soviétiques, de malades mentaux) sont en train de s’accumuler, de se renouveler, grâce notamment à l’ouverture des archives soviétiques et aux travaux des historiens allemands. Qu’importe bien sûr pour le négationniste, aveuglé volontaire, d’essence crétin, la connaissance n’est pas son problème. Il lui importe de délivrer la « Vérité » dogmatique d’un univers fantasmagorique, et non de connaître les vérités concrètes d’un monde concret, réel.  Pour nous, le problème est que ces aveugles, ces crétins disposent à nouveau de tribunes, de hauts parleurs, qu’ils entraînent à leur suite des millions de gens désorientés. 

 

Certes, d'un autre genre, les délires paranoïaques de la propagande israélienne ou des sites islamophobes "laïques" français ne sont pas plus réjouissants. Ils participent de la même dérive irrationnelle.

 

Tout le monde le constate: la nervosité monte, les raisons en sont multiples, et le racisme antijuif n'en est qu'un exutoire parmi d'autres. De l'insulte purement verbale, on commence à passer au coup de couteau, à l'agression armée...Des Musulmans sont tués en masse dans nos guerres, à son tour le Juif européen "doit payer". Est-ce le fruit de cette "haine de l'Occident" dont parle Ziegler ? Mais de quelle haine s'agit-il et qui l'alimente ? Qui l’oriente vers des cibles bien précises ?

 

Mon propos n'est pas de contester le fait que la politique d'Israël et le soutien que lui apportent l'Occident et la quasi-totalité des organisations juives dans le monde est l'une des sources de l'exaspération (que je partage) et des sentiments antijuifs (que je récuse) qui se répandent parmi les musulmans et...réveillent aussi les traditions antisémites européennes. 

 

Je n'ignore pas non plus qu'une version exagérée de "la montée de l'antisémitisme" et le thème du "nouvel antisémitisme" cher à Taguieff servent à stigmatiser toute critique d'Israël ou plus largement à diaboliser comme "conspirationnistes" et autres "rouges-bruns" tous ceux qui, dans leur redoutable "galaxie" dieudonnesque,  mettent en cause les très réels "complots" dans lesquels sont impliqués la CIA, le MOSSAD et d'autres "organismes" et groupes occultes voués à la défense des intérêts "occidentaux" au "grand Moyen Orient" (entre autres) Il n'est donc pas question pour moi d'accepter les intimidations...qui visent à faire taire la critique de ces agissements ou, plus largement, à interdire de penser la réelle géopolitique des grandes puissances qui se targuent d'interventions "humanitaires" ou d'"expansion de la Démocratie".

 

Par ailleurs, les agressions contre des Juifs en France et ailleurs sont aussi des faits réels, matériels, et il semblerait que des Juifs n'osent plus se promener librement dans les rues de certains quartiers de Bruxelles.  (pour rappel: 

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/le-dossier-de-l-obs/20120703.OBS5907/la-france-n-en-a-pas-fini-avec-l-antisemitisme.html#xtor=EPR-1-[Actu8h]-20120707)

 

Cette intimidation là, ce racisme là ne sont pas plus tolérables que les autres et, quitte à choquer certaine "gauche" angélique, j'estime que les garanties civiques et démocratiques de notre si imparfaite Démocratie doivent être respectées, défendues, y compris par la force publique ou populaire. Et sans céder à une « chasse aux radicaux » qui servirait de couverture à une restriction des libertés citoyennes.  

 

Ceux qui ont connu le fascisme, les dictatures de droite ou "de gauche", les inquisitions en tout genre savent ce qu'il en coûte de céder le terrain, de négliger la défense des libertés démocratiques, politiques ou syndicales, en ce compris la laïcité et le respect des croyances d'autrui dans les pays où ces avancées ont pu être acquises.

 

Je crois également que ces diverses intimidations ne sont pas étrangères aux discours de haine tenus de part et d'autre par des médias et des intellectuels incendiaires à propos desquels il faudrait rappeler la chanson de Boris Vian:

 

"Ne laissons pas les intellectuels jouer avec des allumettes".

 

Qu'il s'agisse des discours de guerre d'un BHL et autres Finkelkraut ,  ou de ceux tenus par certains prédicateurs islamistes ou d' "antisionistes" du style Dieudonné ou Soral,  je pense qu'il ne s'agit plus d'"opinions" mais de violences symboliques qu'il faudrait pouvoir empêcher. Le négationnisme est trop stupide pour mériter des interdits, mais il est clair qu'instrumentalisé à nouveau par certain "antisionisme", il fait partie de cette violence, à commencer par l'insulte à la mémoire des millions de victimes du génocide nazi. Un génocide dont les effets traversent les générations et dont de nombreux états et institutions d'Europe n'assument guère les responsabilités qui furent (et parfois demeurent) les leurs. Ceci dit à l'adresse, tout spécialement, de ceux qui pensent qu'il faut "disculper" les Européens ou "libérer la parole non juive" sur la question "des événements" de 1940-45. La "parole non juive" des états belge et français (dans la déportation des Juifs et des Roms), des états croate, hongrois, roumain, ukrainien, du Vatican et de ses clergés ex-collaborationnistes n'a-t-elle plus rien à nous dire de ces "événements" et de leurs "responsabilités"... cette "parole non juive" qui, dans certains pays (baltes, ukrainien, hongrois) exalte à nouveau le combat "patriotique" des anciens Waffen SS et autres armées et milices non allemandes du génocide ? Cette parole déjà convenue qui voue aux gémonies l'Armée Rouge sans laquelle ce génocide eut pu se prolonger et "l'Europe nazie" se consolider  pour un Reich durable ?  Ou qui, en Italie, réhabilite Mussolini et traîne dans la boue la résistance antifasciste ?

 

J'observe aussi que les fantasmes islamistes (cf video) et  "antisionistes" européens se rejoignent, et produisent un amalgame de clichés antisémites éculés qui virent à  l'appel aux violences et au meurtre. (je parle bien des fantasmes, non pas des idées islamistes,  antisionistes ou... sionistes qui relèvent du débat  où la liberté d'expression doit être respectée)

 

 "L'antisionisme" est très légitime en tant que positionnement politique (faut-il rappeler que les premiers antisionistes ont été des Juifs bundistes et communistes, et que la critique des politiques faites au nom du sionisme a été le fait de sionistes de gauche dont certains réclament aujourd'hui la "désionisation" de l'état d'Israël ?  Mais cet "antisionisme" devient autre chose dans le discours "antisioniste" incantatoire que l'on entend aujourd'hui à Téhéran et parmi certains de nos camarades manifestants pour lesquels "sioniste" est devenu synonyme de "juif" voire d'adversaire de leur objectif politique de "destruction de l'entité sioniste" (d'Israël).

 

Autre chose qui, d'une part, nous rapproche du réveil des thèmes nazis, que l'on voit d'ailleurs refleurir en Hongrie, en Ukraine ou dans la logomachie anticommuniste et anti-multiculturelle d'un Breivik en Norvège. Observons que dans ces "renaissances nazies" le Juif, sans être oublié, a cédé la place (le rôle de bouc émissaire) au Musulman, à l'immigré, au Rom, l'important étant qu'on en revienne toujours à ce darwinisme social producteur d'Untermenschen.  

 

Ce qui peut d'ailleurs convenir à l'ultralibéralisme dont se réclament de plus en plus de partis de droite dure dits "post-fascistes" et qu'on pourrait appeler "libéral-fascistes" à l'instar des "Chicago Boys" inspirateurs de Pinochet  et des « réformateurs » russes de 1992 !

 

Autre chose qui, d'autre part et distinctement,  ressemble de plus en plus à ce "clash des civilisations" annoncé par Huntington.

 

Soit dit en passant, tous ceux qui se sont acharnés à discréditer les idées internationalistes, de gauche, portent une part de responsabilité dans cette régression.  Les "identités meurtrières" sont à la fois réaction au "mondialisme" de la gauche caviar ou gros Hamburger, et l'accompagnement d'une politique consistant à démanteler les états, les fédérations, les conquêtes sociales...les droits des minorités « au nom des minorités » et du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes », dressant nations et communautés les unes contre les autres.

 

En ce moment même, on peut observer avec inquiétude les manoeuvres qui consistent à favoriser, au sein des "révolutions" arabes, l'islamisme dit "modéré" pour autant qu'il serve les intérêts de la mondialisation néolibérale et des grandes puissances qui la portent, Etats-Unis en tête. Si ce n'est un  "grand complot", c'est en tout cas une hypothèse qui mérite qu'on l'explore.  A quoi joue-t-on en Irak, en Libye, en Syrie, au Liban, en Iran, en Afghanistan...en Palestine ?  Les "intérêts du peuple palestinien" ont-ils d'ailleurs la moindre importance pour les acteurs de ce "Grand Jeu", à commencer par les pétromonarchies « musulmanes » du Golfe et leurs protecteurs d’outre-Atlantique ?

 

Et à propos de "sionisme", la confusion des termes est telle que cette idéologie nationaliste juive, et officielle d'Israël, est parfois attribuée à tous ceux/celles qui, juifs ou pas, soutiennent ou "excusent" la politique israélienne. Ainsi, les « sionistes » se comptent déjà par centaines de millions sur tous les continents…déjà qu’ils « dominent le monde » !

 

Selon certains "antisionistes", d'ailleurs,  tout Juif qui soutient...les Palestiniens ne peut qu'être un agent sioniste,  car tout Juif est par définition sioniste, cqfd, il ne reste plus qu’à accrocher l’étoile jaune à la veste des suspects, à l’entrée des meetings !

 

On a eu droit au "judéo-maçon" dans l'entre deux guerres (et ce n'est pas fini) au "judéo-bolchévique" de la propagande nazie et d'extrême-droite, aux "banksters" juifs de New-York (tiens pourquoi ne parle-t-on jamais des "banksters" suisses de Genève ou Zürich ?), on a eu les "sionistes" et "cosmopolites" synonymes de Juifs des procès et répressions staliniennes de 1948-52,   c'était à des époques où la "question palestinienne" ne se posait pas... or, tous ces thèmes nauséabonds refont surface maintenant sous couvert d'"antisionisme" et de "cause palestinienne". La lutte pour les droits des Palestiniens y gagne-t-elle quoi que ce soit ? Ce que mènent ses défenseurs dévoyés est évidemment tout le contraire d'une lutte politique rationnelle. On joue sur les affects, les frustrations et les humiliations, la "peste émotionnelle" (Reich), soit les ingrédients du fascisme et du nazisme.

 

Heureusement pour les Palestiniens, l'Organisation de Libération de la Palestine, les luttes solidaires des Arabes musulmans et chrétiens, les pionniers du dialogue judéo-palestinien que furent chez nous, à notre échelle, Marcel Liebman et Naïm Khader, ont frayé une autre voie. Qu'elle n'ait pas abouti ne lui enlève ni pertinence, ni crédit pour l'avenir. Ce n'est pas parce que l'antinazisme a échoué en 1933 qu'il fut condamné par l'histoire. Espérons seulement qu'il ne faille pas une nouvelle guerre mondiale, un ou d'autres génocides avant que ne soient terrassés les démons qui, à nouveau, tentent de nous emporter dans leurs déraisons.

 

J'arrête ici. Merci de bien vouloir relire l'ENTIERETE de ce petit texte et non, comme c'est l'habitude, d'en brandir l'un ou l'autre extrait isolé de son contexte !

 

JMC 

 

 

 

 

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17 juillet 2012 2 17 /07 /juillet /2012 11:30

Automobile : crise de surproduction…

 

L’annonce par le groupe PSA Peugeot Citroën de supprimer d’ici deux ans 14.000 emplois, dont 10.000 en France, n’a rien d’une surprise. C’est d’abord la conséquence d’une crise de surproduction capitaliste qui touche en fait l’ensemble du secteur de l’automobile : malgré la progression dans les pays émergents, la demande ne correspond plus à l’offre, le marché n’absorbe plus la production. Et la concurrence est féroce entre des constructeurs qui croient encore s’en tirer avec le lancement de nouveaux modèles.

 

Il est certes possible, et on ne s’en prive pas, d’incriminer la direction du groupe pour n’avoir pas anticipé la faiblesse de la demande sur le marché européen en particulier. D’autres, comme Volkswagen et Renault, s’en tirent mieux, ou un peu moins mal. Lorsque Renault fabrique des Dacia en Roumanie, c’est avec un nom de marque roumain et surtout des salaires roumains… Et la Belgique se souvient de la manière expéditive dont l’usine Renault de Vilvorde fut supprimée en 1997.

 

Pour le nouveau gouvernement français, ce « plan social » ( !) constitue le premier gros nuage. Il a certes déclaré que le plan de PSA était inacceptable en l’état : cela signifie qu’il sera acceptable amendé… La marge de manœuvre du tandem Hollande-Ayrault est très faible. Lors de la récession généralisée de 2008-2009, une « prime à la casse » évita au secteur de l’automobile le désastre total : il ne saurait être question de la rétablir, encore moins pour un seul groupe, ce qui serait pour la Commission européenne une entrave aux sacro-saintes lois de la concurrence.

 

L’automobile est au cœur d’une des pires contradictions du système : son industrie –planétaire- est  grosse porteuse d’emplois, mais nos villes sont tellement embouteillées qu’assurer la fluidité du trafic devient d’année en année un problème un peu plus insoluble.  La « solution » est donc à la fois d’inciter à l’achat des voitures et d’en limiter l’utilisation !

 

Et l’écologie dans tout cela ?

 

Après l’échec tout récent de la conférence de Rio +20 sur le « sauvetage de la planète », il n’est pas inopportun de mettre cette crise de surproduction en rapport avec l’éminente contribution du mode de transport individuel à la production de CO2, et donc au réchauffement  climatique, qui est en fait la dégradation climatique, encore si évidente un peu partout cette année.

 

 Depuis 20 ans, les voitures sont sans doute moins polluantes, mais cette amélioration est annulée si leur nombre ne cesse d’augmenter ! Et nous vivons dans un monde où il a été de bon ton de faire figurer le nombre de voitures pour mille habitants parmi les critères du progrès : ceci mesure les pas de géant d’un pays comme la Chine, qui s’est lancée dans l’imitation productiviste du « modèle » occidental…

 

L’avenir de l’usine d’Aulnay- sous- Bois ? Souhaitons qu’elle puisse être reconvertie : le développement des transports en commun exigera beaucoup de fabrications !     

 

 

Robert Falony

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16 juillet 2012 1 16 /07 /juillet /2012 14:07

Les banques font encore parler d’elles ! Vous direz que ce n’est pas neuf : cela dure depuis 2008 avec des hauts et des bas. Mais, comme dans les vieux films sur la guerre froide, on a atteint ici le « fail safe point », le point limite au-delà duquel il n’est plus possible de faire marche arrière.

 

Depuis le début de cette année 2012, les spécialistes encore honnêtes des finances (mais oui, cela existe !) ont averti que le LIBOR allait déclencher un cataclysme sans précédent. Ainsi, le banquier belgo-new-yorkais Georges Ugeux commentait le 28 mars sur son blog (http://finance.blog.lemonde.fr/2012/03/28/la-fraude-du-libor-ou-la-perversion-des-marches-monetaires/) : « Comme dans le cas de notations frauduleuses des obligations représentatives des crédits subprime, certains traders avaient obtenu accès au système où les dirigeants de banques entraient leurs taux de référence et pouvaient les manipuler.

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Georges Ugeux : excellent analyste des finances mondiales

Il y a une certaine hypocrisie dans la manière dont les banques (qui ont toutes fait savoir qu’elles coopèreraient avec les autorités) tentent de faire peser le poids d’une fraude systémique aux seuls traders. Une fraude d’une telle ampleur implique non seulement la connaissance, mais l’approbation des hauts dirigeants des institutions concernées. » Rien que ça !

Le LIBOR ? De quoi s’agit-il ? LIBOR est l'acronyme de London Interbank Offered Rate, en clair, le taux d’intérêt fixé pour les prêts interbancaires. La fraude porterait sur la manipulation de ce LIBOR par plusieurs banques internationales dans le but de camoufler leurs difficultés de financement lors de la crise financière. Il y a seize banques qui sont concernées dont : la Bank of America, Barclays, Citibank, Crédit Suisse, Deutsche Bank, HSBC, JP Morgan, Royal Bank of Scotland, UBS... L'enjeu est colossal. Le marché interbancaire est un des plus grands marchés monétaires au monde. Il est estimé à 90.000 milliards de dollars !

On ne parlerait du LIBOR qu’entre spécialistes de la finance si celui-ci reflétait la réalité économique. Cette fraude, à la limite, ne concernerait que les banques, l’affaire resterait confidentielle : on règlerait ses comptes entre « amis » sans faire de vagues à l’extérieur. Ugeux ajoute : « Le rôle du LIBOR a cependant largement dépassé le cadre des banques : après tout si les banques trichent entre elles, je ne suis pas convaincu que cela surprendrait, moins encore attristerait le grand public.

Depuis des décennies les crédits bases sur les taux à court terme ont pris ce taux pour référence : la plupart des grands crédits syndiques ont en effet un taux d’intérêt fluctuant, basé sur le LIBOR à trois ou six mois. La masse d’instruments dont les taux sont liés au LIBOR est estimée par le Financial Times à 350.000 milliards de dollars. Ainsi, si France Telecom a emprunté sur cette base, le jour de l’échéance de renouvellement du taux pour une nouvelle période de trois mois pourrait être le LIBOR + 50 points de base, soit, en ce moment 0,5% (LIBOR) + 0,5% (la marge de credit), soit 1%. Cela vaut aussi pour les crédits hypothécaires et autres financements en dollars. »

La City, une zone de non-droit

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La City de Londres : une zone de non droit au sein d'un Etat de droit...

Mais, ici, c’est bien plus sérieux. Comme l’écrit le conseiller financier belge Sébastien Buron : « Il faut dire aussi que l'influence du money market de Londres dépasse largement la sphère des grandes banques internationales. Le Libor n'est pas seulement un indicateur de l'offre et de la demande de fonds à court terme. Il sert aussi de base de calcul à une quantité incroyable de produits financiers dérivés comme les swaps. On le retrouve aussi derrière les cartes de crédit ou les prêts hypothécaires à taux variables. Il sert enfin d'étalon pour les grands crédits internationaux comme celui négocié par InBev auprès d'un consortium de 10 banques pour financer le rachat de l'américain Anheuser-Busch : une quarantaine de milliards de dollars assortis d'un taux flottant (Libor + x %), comprenant une marge allant généralement d'un demi pour cent à 5 % en fonction du risque-crédit. Au total, il y en aurait pour 350.000 milliards de dollars de produits financiers indexés sur le Libor à travers le monde ! »

L'arnaque la plus importante

 

Ce n’est rien moins que toute l’économie mondiale qui est touchée par cette fraude. C’est sans doute l’arnaque la plus importante de l’histoire du capitalisme ! Buron ajoute : « Dans ce contexte, «trafiquer» le niveau réel du Libor peut avoir des conséquences considérables sur les coûts de financement des entreprises et des particuliers. Crise ou pas, «la manœuvre est double, poursuit notre vieux briscard de la finance internationale. Il s'agit de tirer vers le bas les taux à court terme sur les dépôts tout en gonflant les taux à plus long terme pour les grands crédits syndiqués aux entreprises.» Sans oublier que tirer les taux à court terme vers le bas permet de se refinancer à bon compte tout en rassurant les marchés sur sa solidité financière. Intéressant quand on a de gros besoins de liquidités. »

Soit dit en passant : depuis plusieurs mois, on a dénoncé la pratique de la BCE qui prête aux banques à moins de 1 %, les mêmes banques fournissant des capitaux allant de taux d’intérêt négatifs ( !) à des taux à plus de deux chiffres, aux Etats selon leur cotation par les agences de notation. Y aurait-il un lien avec la fraude « LIBOR » ? On verra.

Cette affaire montre que depuis des années, les autorités jettent de la poudre aux yeux. Elles ne cessent de parler de régulateur. L’affaire du LIBOR démontre qu’il n’existe pas de régulateur. Le scandale a été dénoncé par l’UBS (l’Union des Banques Suisses) qui traîne déjà pas mal de casseroles. Sans doute, a-t-elle cherché à se « couvrir » comme n’importe quel petit truand qui espère une remise de peine s’il dénonce ses complices ? Ugeux ajoute avec un brin de candeur : « La réponse naturelle est de confier à un régulateur, par exemple la Bank of England, un rôle de règlementation et de supervision. C’est plus facile dit que fait. Tout d’abord, dans cette fraude, la Bank of England n’a pas été un acteur passif et dans certains circonstances a directement interpellé les banques mais a-t-elle agi assez Promptement? Mais surtout, cette mécanique est incroyablement complexe. Comment s’assurer que le taux que chaque banque présente est effectivement le fruit de l’ensemble de sa situation et de sa volonté de prêter aux autres banques ?

La tache n’est pas aisée. Pourtant, sans une supervision efficace, les risques que courraient les préteurs et les emprunteurs à travers le monde sont gigantesques. Il faut rétablir la confiance à tout prix. Les sanctions, si brutales soient elles, seront-elles suffisantes ? L’avenir le dira : les banques réclament une supervision accrue qui leur redonne une intégrité. Mais pour les autorités, une supervision ne peut en aucun cas signifier qu’elles assument la véracité des taux. Comme le dit Marcus Agius([1]), la responsabilité est celle de la direction des banques. Il ne saurait être question de la transférer à des autorités de contrôle. »

 

 

Un système sans régulateur

 

 

Une première conclusion à tirer ici : le système est tel qu’il ne peut y avoir de régulateur. Le système financier est depuis longtemps basé sur un complexe réseau de zones de non-droit : les paradis fiscaux, la City londonienne et les grandes banques internationales où aucune autorité constituée nationale ou internationale, publique ou non, n’a une possibilité de contrôle ou de sanction. De plus, n’oublions pas que la classe politique anglaise, dans son ensemble, est décriée après le scandale des fraudes aux notes de frais de parlementaires des deux grands partis. Il lui serait dès lors difficile d’imposer un système de contrôle des banques après cela.

 

 

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QG de Barclays à la City : tout s'écroule !

 

 

La première banque visée par cette affaire, suite au « caftage » de l’UBS est la Barclays. Il s’agit d’une des cinq plus grandes banques du Royaume Uni. Elle fut fondée en 1896. Elle était un symbole du capitalisme traditionnel britannique. Elle pratiquait les métiers de banquiers, à savoir la gestion des dépôts et des crédits d’investissements tout en s’étant étendue dans l’ensemble du Commonwealth, aux Etats-Unis et en Europe. C’est en 2008 que Barclays bascule : En 2008, Barclays est devenu une banque d’investissements transatlantique géante en se saisissant des actifs de Lehman Brothers en faillite. Dès lors, la banque était entrée inexorablement et agressivement dans le monde du marché de la dette. C’est alors que la dérive a commencé. Barclays a connu des sérieuses difficultés. Pour échapper à un plan de sauvetage sous l’égide de l’état et à la nationalisation, Barclays a décidé de convaincre le Qatar et Abu Dhabi d’investir dans la banque. En même temps, elle baissait ses propres taux pour faire croire à sa solidité. Et puis, récemment, éclate le scandale LIBOR et c’est Barclays qui est prise la main dans le sac. Mais tout le monde sait qu’elle n’est pas la seule.

 

 

 

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Le Commissaire européen Michel Barnier n'est pas le "mou" qu'on croyait !

 

 

L’affaire est d’une telle ampleur que le Commissaire européen au marché intérieur, le Français Michel Barnier n’hésite pas à déclarer qu’il s’agit d’une « trahison aux conséquences potentiellement systémiques ». Cela signifie que le système bancaire porte désormais en lui ce mécanisme de fraude, ou encore : le système est basé sur la fraude, le système est la fraude ! On s’aperçoit que des millions d’emprunteurs ont payé des intérêts à un taux faussé entre 2005 et aujourd’hui. Alors, tout le reste déboule en cascade.

 

 

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Bob Daimond, le directeur général de Barclays est parti avec un peu moins de biscuits qu'il n'aurait voulu. Un "aléa moral" ?

 

 

Bob Diamond, le directeur général de Barclays, démissionne mardi 3 juillet sous la pression de la Banque d’Angleterre et du régulateur financier, non sans avoir emporté avec lui un pactole un peu moindre qu'il aurait souhaité. Il a reconnu du bout des lèvres que le LIBOR avait été fréquemment manipulé par la banque. Ce comportement a valu à Barclay des amendes de la part des régulateurs de deux côtés de l’Atlantique qui avoisinent les 441 millions de dollars. Truquer le taux était, semble-t-il, la devise de la banque.

 

 

Une cascade de démissions s’en est suivie : le président Marcus Agius, qui venait de la banque Lazard est parti le lundi 2, et le lendemain, le départ de Diamond a été accompagné de celui du directeur des opérations Jerry del Missier. Diamond, quant à lui, a tenté sans grand succès de convaincre le Comité du Trésor qu’il ne savait pas que le taux avait été truqué en octobre 2008.

 

 

 

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Paul Tucker, le sulfureux gouverneur de la Banque d'Angleterre

 

 

Il est apparu par après que Paul Tucker de la Banque d’Angleterre avait relevé que les taux de prêt aux autres banques étaient anormalement bas et qu’il en avait, semble-t-il, parlé à Diamond en octobre 2008. Tucker, l’adjoint du directeur général de la Banque, a expliqué que des "experts de Whitehall" trouvaient que le taux Libor de Barclay était tout simplement trop haut...

 

 

 

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Timothy Geithner, le Secrétaire d'Etat au Trésor de Barack Obama

 

 

Le 12 juillet, une nouvelle bombe éclate : le Washington Post révèle que le secrétaire d’Etat américain au Trésor, Timothy Geithner, avait alerté les autorités britanniques dès 2009 sur les risques de manipulation du LIBOR. Cependant, le Congrès américain ne l’entend pas de cette oreille : il a convoqué Timothy Geithner et Ben Bernanke le célèbre président de la Fed (la banque centrale américaine) pour leur demander ce qu’ils savaient exactement à cette époque. En effet, si Barclays a joué avec ses soumissions, combien d’autres institutions financières s’y sont également mises ?

 

 

Quelles peuvent être les conséquences ? Si le LIBOR est faussé, cela signifie que le bilan des banques, leurs comptes de résultats sont biaisés. Et cela dépasse la City, car le LIBOR porte sur dix devises différentes avec plusieurs régimes de taux. Il existe en effet 150 taux LIBOR ! De plus, on soupçonne que la fraude porterait sur l’EURIBOR qui est un taux similaire calculé pour la zone Euro sur la base d’un panel de 57 banques…

 

 

Le tsunami n’est qu’une légère tremblote à côté du cataclysme qui s’annonce !

 

L’aléa moral

 

 

Ce système bancaire fait fi de toutes les règles ; il est basé sur la tricherie organisée par les plus forts, qui s’épanouit dans des zones de non-droit comme la City et les paradis fiscaux. Il représente un danger majeur pour l’avenir de l’humanité. Cet accaparement des ressources entre quelques banques ne peut conduire qu’à des déséquilibres catastrophiques : guerres – il n’y a jamais eu autant de guerres depuis deux décennies –, famines, désertifications, catastrophes écologiques, déplacements de populations, destruction du tissu social. On dirait que quelques hommes guidés par une cupidité sans fin ont un sordide plaisir d'entraîner des milliards d’êtres humains à leur perte.

 

 

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Adam Smith l'inventeur du concept d'aléa moral

 

 

 

Ils justifient leur action par l’aléa moral (ou le « moral hazard » en anglais). C’est un concept peu connu qui date d’Adam Smith, le penseur du libéralisme du XVIIIe siècle. Sans utiliser cette expression d’aléa moral, il écrit :c'est « la maximisation de l’intérêt individuel sans prise en compte des conséquences défavorables de la décision sur l’utilité collective ». Autrement dit, il s’agit de permettre à l’individu de travailler pour ses intérêts au détriment éventuel de l’intérêt général. Au fur et à mesure que la pensée libérale a dominé dans les sociétés occidentales, ce concept s’est élargi. Ainsi, les assureurs parlent d’aléa moral lorsqu’un de leurs clients se sentant protégé par un contrat d’assurance agit avec moins de prudence, ou prend délibérément des risques qu’il ne prendrait pas s’il n’était pas couvert. On l’étend aux assurés sociaux – la culpabilisation des chômeurs, par exemple – et à tous ceux qui bénéficient peu ou prou d’une protection publique. Or, il y a une différence fondamentale entre un client imprudent et un chômeur : ce dernier est victime du risque, puisqu’il a perdu son emploi. Les indemnités qu’il perçoit reflètent les cotisations qu’il a versées. Elles ne constituent en rien un abus ou un « aléa moral ».

 

En ce qui concerne les banques, l’aléa moral porte d’abord sur le sauvetage de celles-ci par les Etats. Cela a mené à leur endettement au détriment de la collectivité qui doit subir des mesures d’austérité drastiques. L'Etat sert de bouée de sauvetage des banques en mutualisant leurs dettes.

 

Chacun sait que pour sortir de ce cercle vicieux, il faut séparer les activités bancaires vitales pour l’économie, à savoir les dépôts, les crédits et les investissements, des activités purement spéculatives. Une banque, comme n’importe quelle entreprise, doit pouvoir faire faillite sans que l’Etat doive intervenir et dépouiller ainsi la collectivité. On sait que les crédits accordés à l'économie ne représentent généralement moins d'un tiers du bilan des très grandes banques, les activités de marché représentant les deux tiers restants. Cette proportion est à peu près inversée pour les banques de taille moyenne et les activités de marché deviennent quasiment nulles pour la plupart des petites banques. Cependant, ces dernières sont absorbées par les grandes institutions financières. Le lien entre la situation d’aléa moral dans laquelle évoluent les banques, la distorsion de concurrence entre banques de différentes tailles qu’elle induit et l’orientation des activités bancaires ne fait que renforcer la position des spéculateurs. Là aussi, l’intérêt général exige que l’on réduise la taille des banques, comme cela a été proclamé à plusieurs reprises lors de la crise financière de 2008. Oublié depuis !

 

Certes, des efforts sont élaborés pour changer ce système, tels que la mise en place de la commission Barnier au niveau de l’Union européenne pour la réforme des banques. Mais, aboutira-t-il à un résultat ?

 

Une grande pétition est en cours pour apporter un vaste soutien citoyen international au Commissaire Barnier. C'est un moyen pour que les peuples se réveillent. Vous pouvez signer ici :

 

 

http://www.avaaz.org/fr/la_fin_de_limpunite_des_banquiers_fr/?brKVtab&v=15970

 

 

Ainsi, ce fameux aléa moral s’est étendu aux activités illicites des banques spéculatives, comme la manipulation du LIBOR. Et l’on en revient à cette situation aberrante où c’est l'aléa moral qui se substitue à l’éthique sociale. Ainsi, on en revient à la définition d’Adam Smith : « la maximisation de l’intérêt individuel sans prise en compte des conséquences défavorables de la décision sur l’utilité collective ».

 

 

En définitive, la société évolue vers un système où la loi du plus fort l’emporte. Et elle se justifie par ce fameux aléa moral qui n'est rien d'autre que la négation de toute morale.

 

 

Pierre Verhas


[1] Marcus Agius est le président de la Barclays Bank.

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12 juillet 2012 4 12 /07 /juillet /2012 09:54

 

 

Nous reproduisons ici un article de « l’Humanité » rapporté par le site « Le Grand Soir » qui relate le combat des mineurs d’Asturies pour leur emploi et contre les mesures d’austérité du gouvernement ultralibéral espagnol de Rajoy. Ils ont organisé une marche de masse partie des Asturies à destination de Madrid où ils viennent d'arriver.

 

Il s’agit d’un combat exemplaire dans cette entreprise de destruction du tissu industriel, d’affaiblissement des Etats, de démolition de l’Etat social à l’échelle européenne.

 

Nous sommes entrés dans une phase cruciale.

 

Le mouvement ouvrier se réveille-t-il enfin ? Les mineurs espagnols ont, à plusieurs reprises dans l’histoire, donné l’exemple et ont été le fer de lance d’une mobilisation s’étendant au-delà des frontières.

 

Sera-ce le cas cette fois-ci ? Sont-ils l'avant-agrde d'un mouvement qui peut s'étendre à toute l'Europe ?

 

Après le scandale LIBOR (les traficotages des taux d’intérêt interbancaires) qui sera évoqué dans un prochain article, on peut penser que la caste ultralibérale technocratico-financière a franchi cette fois un pont trop loin et que les peuples ne toléreront plus ces mesures d'austérité suicidaires.

 

Wait and see.

 

Pierre Verhas

 

 

 

 

mardi 10 juillet 2012

 

 

Marche des mineurs espagnols contre les suppressions d’emploi décidées par le gouvernement - Les mineurs sont entrés dans Madrid


José FORT

 

Après 23 jours de grève, des membres des syndicats Federación de Industria CCOO et FITAG-UGT, affiliés à IndustriALL, qui organisent une marche des mineurs, ont quitté la région minière du nord de l’Espagne le 22 juin et comptent arriver à Madrid le 11 juillet.

 

La marche massive se terminera par des manifestations devant des services gouvernementaux, pour exiger un changement de politique permettant la survie de l’industrie en Espagne.

 

Beaucoup de communautés minières en Espagne, notamment dans la région montagneuse entre les Asturies, la Castille et León, seront amenées à disparaître si les suppressions d’emploi ont lieu. Huit mille mineurs perdront leurs moyens de subsistance et trente mille autres emplois seront touchés indirectement.

Les mineurs espagnols constituent le premier groupe important de travailleurs et travailleuses en Europe à se mettre en grève pour une durée illimitée contre les mesures néolibérales d’austérité, responsables de tant de dégâts. Le gouvernement de droite de Mariano Rajoy cherche à obtenir une réduction de 64 pour cent des subventions à l’industrie minière, qui passeront de 703 millions à 253 millions d’euros. Il s’agit d’une rupture de l’accord sur le plan quinquennal du charbon signé l’année dernière entre le gouvernement et les syndicats. Les mineurs participant à la marche demandent au gouvernement Rajoy de revenir à cet accord.

 

Cinq mille personnes ont soutenu la campagne en ligne de LabourStart/IndustriALL et écrit au gouvernement Rajoy pour lui demander d’annuler sa décision de réduire les subventions du gouvernement. Voir ici le soutien à cette campagne :

 

http://www.labourstartcampaigns.net/show_campaign.cgi?c=1444.

 

Parallèlement à la grève et à la marche, des membres de FITAG-UGT et de la Federación de Industria CCOO organisent des occupations de locaux, des sit-in dans des mines et dans des services gouvernementaux, des rassemblements de grande envergure sur de grands axes routiers pour bloquer la circulation.

 

Dans une lettre adressée aux syndicats qui participent à la grève, FITAG-UGT et Federación de Industria CCOO, le secrétaire général de IndustriALL Jyrki Raina a déclaré : “Nous sommes revigorés par votre lutte vigoureuse contre les suppressions d’emploi décidées par le gouvernement qui constituent une menace pour l’industrie minière en Espagne. Nous restons au coude à coude avec vous dans votre juste combat, et nous allons continuer à mobiliser les affiliés de IndustriALL partout dans le monde pour qu’ils vous soutiennent”.

 

FITAG-UGT et FI-CC.OO. ont lancé une campagne de soutien financier pour aider les mineurs du charbon dans leur résistance historique. L’aide financière est vitale en raison des besoins de santé des grévistes, de la longueur et de l’étendue de l’action, des pressions de la police pour les amendes encourues par les actions revendicatives. Les contributions au fonds de solidarité peuvent être versées au compte suivant.

 

 

 

Mineurs_Espagne_masse.jpg

Un réel mouvement de masse

Les mineurs sont entrés dans Madrid

Plusieurs centaines de mineurs des Asturies, de Castille-Leon et d’Aragon sont arrivés dans la capitale espagnole après une longue marche et alors que leurs camarades poursuivent la grève et les manifestations dans la plupart des cités minières.

Au programme, un défilé nocturne dans les rues de la capitale, les mineurs étant entourés de milliers de Madrilènes avant la grande manifestation de mercredi. Objectif : dénoncer les plans de destruction des mines de charbon préparés par l’ancien gouvernement socialiste de Zapatero et mis en oeuvre par le gouvernement de droite de Mariano Rajoy.

 

Mineurs Espagne Rajoy

Mariano Rajoy a du souci à se faire avec les mineurs.

 

 

Les directives de l’Union européenne sur la libéralisation de tous les marchés ne font pas de quartier en exigeant des Etats l’arrêt de leurs aides à différents secteurs industriels, pour maintenir la « concurrence libre et non faussée ».

 

Traduction pour l’industrie minière espagnole : diminution de 60% du montant des aides à l’industrie du charbon. Après des coupes de 300 millions d’euros l’an passé, ce sont 111 millions qui sont encore retranchés aux aides publiques en 2012. La fermeture des mines de charbon, programmée pour 2018, pourrait donc intervenir plus tôt, condamnant les 8000 mineurs encore en activité et les quelque 30.000 salariés dont l’activité dépend des charbonnages.

 

La brutalité de la mesure a entraîné une vive réaction des mineurs asturiens rejoints dans la lutte par leurs camarades de Castille-Léon et d’Aragon, autant de hauts lieux des luttes ouvrières hispaniques. Les mineurs rendent coup pour coup à la répression.

 

 

 

Mineurs Espagne soutien

Malgré la répression, les mineurs ont le soutien des Espagnol(e)s.

 

Au quadrillage policier des villes et des villages, aux rafles la nuit, aux interpellations dans les maisons, répondent des actions dures des mineurs. Le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy semble vouloir, à la manière de Thatcher en 1984, casser le mouvement des mineurs en employant la force et le chantage.

 

 

mineurs_Espagne_repression.jpg

Comme Thatcher en 1984, Rajoy tente de casser le mouvement par la répression. Mais on n'est plus au temps de la "dame de fer".

 

 

La population asturienne, de Castille-Léon et de l’Aragon s’implique dans la lutte. Pas seulement. Madrid a su réserver aux mineurs en lutte un accueil digne, chaleureux et solidaire.

En 1934 et en 1962, déjà

En 1934, le mineurs des Asturies en grève ont dû affronter la légion envoyée par Franco. Des milliers de morts, de blessés, d’emprisonnés. Au lendemain de l’arrivé au pouvoir de la jeune République espagnole, Dolores Ibarruri, Pasionaria, effectua son premier voyage d’élue dans les Asturies et obtint la libération de tous les mineurs emprisonnés. Il aura fallu de longues tractations avant que les autorités pénitentiaires et militaires acceptent l’ordre de la dame en noir qui deviendra présidente des Cortes.

En avril 1962, 60.000 mineurs des Asturies cessent le travail revendiquant une revalorisation de leurs salaires bloqués depuis 1959. Le mouvement va prendre une ampleur inédite. La grève gagne les provinces basques, puis celles du Léon et de Jaén, les villes de Barcelone et Cordoue… Les ouvriers de la métallurgie et de la construction navale rejoignent les mineurs, puis les « péones » des grands domaines agricoles et les travailleurs des vignobles réclament à leur tour des hausses de salaire.

 

Va alors commencer une épreuve de force d’autant plus remarquable que la Constitution espagnole interdit la grève et la définit, depuis octobre 1960, comme un crime d’insurrection contre l’Etat, relevant de la justice militaire. Forts du soutien de l’opinion publique, les mineurs et les ouvriers vont gagner la bataille au bout d’un mois de lutte. Le 24 mai, un décret stipule que le salaire de base dans les mines comme dans les chemins de fer passe de 35 à 70 pesetas et le salaire réel, avec les primes et les heures supplémentaires, de 95 à 160 pesetas.

 

Pour la première fois, le régime franquiste est obligé de négocier.

 

“Ils veulent liquider l’industrie du charbon”

 

Juan Carlos Álvarez Liébana, responsable des mines de la Fédération de l’Industrie des Commissions ouvrières (CCOO) répond aux questions de “l’Humanité”.

 

 

JC_Alvarez_Liebana.png

Juan Carlos Alavarez Liébana, le dirigeant syndical du mouvement des mineurs

 

 

José Fort. Des images impressionnantes sont diffusées actuellement depuis plusieurs villes minières des Asturies. Comment expliquer ces violences ?

 

Juan Carlos Alvarez Liébana. La raison principale tient au non respect du pacte établi entre le gouvernement, les organisations syndicales CCOO et UGT et le patronat Carbunion. Malheureusement, les exactions des forces de police ont entraîné une escalade de la tension provoquant de violents affrontements.

 

Je remarque que la plupart des médias semblent plus intéressés par les images des barricades que par le fond du problème. Sur le fond, le silence est assourdissant. (souligné par nous ! Le rôle des médias, une fois de plus, n'est plus d'informer, mais de susciter des réactions irrationnelles profitables au pouvoir )

 

JF. Restez-vous en contact aves les autorités et le gouvernement de M. Rajoy ?

 

JCAL. Au moment où je vous parle (dimanche 8 juillet, NDRL) les négociations sont au point mort. Depuis le 19 avril et après 7 réunions, la dernière le 2 juillet avec Don José Manuel Soria, ministre de l’Industrie, de l’Energíe et du Tourisme, le gouvernement n’a pas modifié son intention de liquider totalement le secteur du charbon en Espagne.

 

Dans la situation que vit actuellement l’Espagne, l’opération en cours détruirait plusieurs dizaines de milliers d’emplois directs et indirects et rendrait la vie des gens intenable dans ces régions déjà fortement impactées par la crise

 

JF. La fermeture des mines est présentée par le gouvernement comme obligatoire pour raison de “rentabilité”. Avez-vous des propositions alternatives ?

 

JCAL. La rentabilité ne peut se mesurer exclusivement en termes économiques. Il faut aussi prendre en compte les aspects sociaux et territoriaux. J’ajoute la forte dépendance énergétique de l’Espagne. Du point de vue stratégique et social, le charbon espagnol répond à d’autres canons que ceux de l’ultra libéralisme.

 

JF. La marche des mineurs sur Madrid constitue un événement national. Que va-t-il se passer ?

 

JCAL. Nous entrerons dans Madrid mardi à 22H équipées des nos lampes de mineurs. Le lendemain, mercredi à 11h, une manifestation aura lieu dans le centre de Madrid avec la participation des familles et des amis des mineurs qui auront fait le voyage en autocar depuis les villes minières. Ils seront 30.000 à faire le déplacement.

 

JF. Comment allez-vous prolonger votre lutte ? Sous quelle forme ?

 

JCAL. Nous attendons un signe du gouvernement pour rouvrir les négociations avec la volonté de déboucher sur de véritables accords. Jusqu’à présent, le dialogue est resté artificiel, sans contenu, sans proposition permettant d’avancer vers la solution du conflit.

 

Le gouvernement s’empêtre dans une attitude de marketing tentant de faire croire à l’opinion qu’il négocie. C’est faux. Si le gouvernement ne modifie pas sa position, nous continuerons la lutte. Le contraire serait renoncer à notre futur. Et il ne faut pas oublier que notre revendication consiste à faire appliquer ce qui a été signé.

 

Il ne s’agit absolument pas d’une nouvelle revendication mais du respect des accords signés. En ce moment, nous organisons les marches sur Madrid et la manifestation du 11 juillet. Plusieurs de nos camarades occupent des mines depuis 50 jours, d’autres font de même dans plusieurs institutions régionales et locales.

 

Nous prévoyons d’autres manifestations, d’autres actions dès le lendemain de la grande démonstration de Madrid.

 

Entretien réalisé par José Fort

 

 

http://www.filpac.cgt.fr/spip.php?article4312

 

 

http://www.legrandsoir.info/marche-des-mineurs-espagnols-contre-les-suppressions-d-emploi-decidees-par-le-gouvernement-les-mineurs-sont-entres-dans-madrid.html

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