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16 avril 2016 6 16 /04 /avril /2016 11:09

 

 

Louis Van Geyt, ancien président du parti communiste belge, vient de nous quitter. En ses dernières années, il a été un membre actif du club Osons le socialisme, qui lui rendra hommage lors de sa prochaine réunion

 

le samedi 7 mai 2016. 

 

 

Pour le club:

 

Robert Falony, Pierre Verhas

 

 

 

Louis Van Geyt fut un militant lucide et un président avisé du Parti communiste de Belgique.

Louis Van Geyt fut un militant lucide et un président avisé du Parti communiste de Belgique.

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4 avril 2016 1 04 /04 /avril /2016 20:27

 

Le 22 mars à Bruxelles: métastases de la guerre...

 

 

Cette fois, cela ne se passait pas à Istanbul, à Bagdad ou à Lahore (près de septante morts dont moitié d'enfants le 27 mars), pas même à Paris, mais à Bruxelles, "chez nous". La différence ? Les victimes prennent un visage que l'on publie, nous pouvons même les connaître si cela se trouve... Comment "la capitale de l'Europe" aurait-t-elle pu échapper à cette barbarie universelle, dont les pires victimes sont moins les morts que les mutilés à vie, les grands brûlés, des existences réduites à la souffrance ?

 

 

Ce qu'on sait des "djihadistes" indique surtout des profils de petits délinquants, d'inadaptés complets, dont la médiocrité se transcende par l'adhésion à une cause qu'ils identifient à la forme radicale (il fallait tomber sur le mot) de la révolte contre une société injuste. Les quartiers défavorisés, le racisme ambiant, on connaît, mais dans les années 80 on écrivait déjà à pleines pages sur le même sujet- sur les mêmes vérités. Il y a donc autre chose, un élément nouveau, un facteur exogène: c'est l'idéologie nihiliste véhiculée par Daech, alias "l'Etat islamique". Croit-on que des attentats comme ceux de novembre à Paris, de mars à Bruxelles, se financent avec de petites ressources personnelles? La capacité de mettre un aéroport hors service pour des semaines? L'argent vient de là bas. Un personnage glaçant comme Abdelhamid Abaaoud, éliminé à Saint-Denis, symbolise bien l'importation en Europe occidentale des méthodes qui ont cours en Syrie, en Irak, en Afghanistan.

 

 

Syrie: l'E.I., pur produit du régime Assad...

 

 

Selon une loi qui parait dériver de la physique, tout extrémisme semble le produit de son apparent opposé. La dictature du clan Assad (le père, le fils, la sainte famille) incarne avant tout la minorité alaouite, sous le vernis idéologique baasiste. En 2011, affolé par la vague de la "révolution arabe" (Tunisie, Egypte...) le régime de Damas se lance dans une répression féroce de la revendication démocratique portée par de larges masses.

 

 

La Syrie est le grand échec de l'administration Obama, justement décidée à ne pas reproduire l'aventure irakienne de la présidence Bush. Mais il semble qu'en 2011-12, une simple zone d'exclusion aérienne, paralysant l'aviation du régime, aurait pu fournir la main à la dissidence de l'armée syrienne libre. Au lieu de cela, le pays, se vidant de sa population, est devenu le théâtre de guerres entrecroisées, opposant "loyalistes" , rebelles "modérés", rebelles islamistes de diverses mouvances, dissidents kurdes, enfin Daech. La Turquie, l'Arabie saoudite et l'Iran agissent en coulisses de façon contradictoire. L'intervention militaire russe a remis bien en selle le régime de Damas, aboutissant ces derniers jours à la reprise de Palmyre.

 

 

Irak: le berceau du califat

 

 

On ne rappellera jamais assez que le guerre menée en Irak par l'administration Bush n'a pas seulement renversé un dictateur, mais brisé un Etat. C'est là que nait le pseudo Etat islamique, dont les anciens officiers de Saddam Hussein sont les meilleurs cadres. L'armée irakienne semble incapable de reprendre la grande ville de Mossoul. Seules sont efficientes les milices chiites, mais leur sectarisme confessionnel ne favorise pas le ralliement des tribus sunnites. Enfin, il est impossible de faire la clarté sur le financement du "djihadisme" par les fonds venus d'Arabie saoudite, ou du Qatar.

 

 

En tant que pseudo Etat, l'E.I. ne cesse de perdre du territoire. Mais il est difficile de nier que ses adeptes peuvent encore agir longtemps en Europe.

 

 

 

 

Robert Falony

 

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3 mars 2016 4 03 /03 /mars /2016 17:03

 

L'Europe disloquée, et plus faible que jamais...

 

La construction européenne s'est toujours faite sur une base intergouvernementale, sans véritable moteur fédéraliste. Et c'est cette construction qui est en train de se lézarder. Europe "à la carte", replis nationalistes....

 

Dans cette longue histoire, deux évènements majeurs ont dénaturé l'entreprise: le premier est l'adhésion de la Grande-Bretagne en 1972. Il eut mieux valu, beaucoup le pensent, qu'elle ne se soit jamais produite. Londres n'a cessé de donner des coups de frein, de réclamer des clauses particulières ("Opting out"). On se souvient de Mme Thatcher et de sa sortie: "I want my money back". David Cameron vient d'exercer un chantage au "Brexit" pour arracher de nouvelles concessions. Or, si les conservateurs sont divisés sur le sujet, le "Brexit" est tellement contraire aux intérêts des capitalistes britanniques qu'il s'agit presque d'une affabulation. La spécificité écossaise joue également contre.

 

L'autre "catastrophe" (d'un point de vue fédéraliste) a été l'élargissement à l'Est avec la disparition du bloc soviétique. Chaque fois que l'Union européenne s'est élargie, elle s'est diluée. Et l'on assiste maintenant, depuis la Hongrie de Victor Orban, et avec le prise du pouvoir par la droite conservatrice polonaise en octobre dernier, à la résurgence d'un état d'esprit de repli sur soi, sur ses "valeurs". C'est, avec la Slovaquie et la République tchèque, le groupe de Visegrad. Avec le projet d'adhésion à l'Union de l'Ukraine (maintenant enterré), cet état d'esprit "revanchard" à l'égard de la Russie a alimenté le nationalisme de Poutine, devenu un Frankenstein que l'Otan a contribué à fabriquer en avançant vers l'Est après 1989...

 

La crise des migrants: l'Europe misérable

 

La crise des migrants est le grand révélateur de la faiblesse insigne de l'Union européenne. Les contempteurs de l'ancien "rideau de fer" peuvent méditer sur ces clôtures et barbelés frontaliers qui hérissent maintenant les Balkans. Le système de Schengen pouvait bien fonctionner "entre Européens", il est devenu une fiction avec l'afflux des réfugiés depuis la Grèce et ses îles collées face à la Turquie. Et comment la Grèce, Etat faible mis sous tutelle par ses créanciers, pourrait-t-elle faire face à ce déferlement, sauf à couper ses liaisons maritimes ? "Gouverner, c'est prévoir": qui a prévu que les digues allaient céder en Turquie et au Liban ? Autre fiction: la répartition des migrants entre tous les pays de l'Union... La réponse, c'est le retour aux contrôles frontaliers...

 

Une Europe forte aurait pu filtrer cette multitude à partir de ses postes diplomatiques à l'extérieur. Au lieu de cela, un mélange de compassion et de peur a accueilli cette invasion par la "route des Balkans". La cause de tant de malheureux, les Syriens en particulier, est polluée par des "passeurs" qui sont tout sauf altruistes, inventeurs d'une forme contemporaine de la traite. Ils détruisent les papiers d'identité, rançonnent et exposent à la mort en mer ces nouveaux damnés de la terre. Réfugiés de guerre -l'Irak et l'Afghanistan ne sont pas des pays en paix ! - et migrants économiques se mêlent. La méchante chancelière Merkel de la politique d'austérité (sauf pour les nantis) s'est métamorphosée en bonne mère Merkel.

 

Motivation religieuse mise à part, on subodore que le monde des entreprises trouve toujours quelque intérêt à disposer d'une main d'œuvre à bon marché, guère exigeante quant aux conditions de travail...

 

En même temps, l'Europe, faux Eldorado, paie quelque part ce qu'avait de chiche son "assistance" aux pays sous développés, en échanges des bonnes affaires de ses sociétés. Toute cette pratique lui revient comme un boomerang...

 

 

Robert Falony

 

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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 23:37

 

La nationalité? Un fait administratif...

 

Le hasard seul fait la naissance. Pour l'immense majorité des humains, la nationalité est un fait administratif, dont il n'y a à tirer ni fierté, ni déshonneur. Pourquoi alors des débats aussi intenses, aussi compliqués, sur la "déchéance de la nationalité" en France ? On comprend bien que ces débats ne portent que sur le cas de ceux qui, devenus français, gardent une nationalité d'origine. (Pour les autres, on ne peut créer des apatrides...). Donc, soupçon légitime de mesure forcément discriminatoire à l'égard d'une population défavorisée en mal d'intégration. Sauf qu’en pratique, ladite déchéance est censée ne s'appliquer qu'à des individus eux mêmes en rupture avec des valeurs non pas "occidentales", mais démocratiques universelles. Et qui n'en ont rien à cirer des principes de la République.

 

Car enfin, derrière ce débat que le tandem Hollande-Valls a fait monter comme un soufflé, y a-t-il autre chose que la vieille mystification patriotique, la nation glorifiée ?

 

R.F.

 

 

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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 23:13

 

 

Arabie saoudite: l'Islam totalitaire

 

 

 

Quel pays porte le nom de sa dynastie régnante? Ne pas chercher longtemps, c'est l'Arabie saoudite. En février 1945, le président Roosevelt, en marge de la conférence d'Yalta, rencontrait le monarque de l'époque pour s'assurer d'une rente pétrolière particulièrement juteuse (et en opposition aux intérêts britanniques de l'époque). Pour un président "libéral", l'alliance avec une monarchie de droit divin pratiquant la version la plus dure, la plus sectaire, la plus totalitaire de la religion musulmane , sa lecture wahhabite (du nom d'un personnage du dix-huitième siècle) n'aurait pas du aller de soi. Cette alliance a tenu bon un demi-siècle, jusqu'au déferlement de troupes américaines "mécréantes" dans les guerres contre l'Irak. Il en sortit Ben Laden et le 11 septembre.

 

Gardienne des "Lieux saints" (La Mecque et Médine), l'Arabie saoudite ne pratique pas seulement cet Islam d'intolérance, elle le diffuse et l'exporte avec d'énormes moyens, finançant la construction de mosquées et la formation d'imams. La société saoudienne (32 millions d'habitants) est étroitement contrôlée par des familles princières qui étouffent toute velléité d'opposition, et dont l'Iran est le cauchemar. Quant à la condition féminine, il est anecdotique qu'une femme ne puisse conduire une voiture: elle est tout simplement sous la tutelle permanente de son père ou de son frère.

 

Et cependant, le pacte pétrolier n'est pas mort. Malgré la chute des cours de l'or noir, qui malmène ses finances, l'Arabie saoudite sacrifie les intérêts des autres pays producteurs au titre de sa concurrence avec le gaz de schiste produit massivement aux Etats-Unis.

 

L'Iran, autre théocratie mais société "ouverte"

 

Issue d'une révolution religieuse (dont l'Occident est en partie responsable), la théocratie qui exerce le pouvoir à Téhéran est quand même d'une autre nature. La branche chiite de l'Islam comporte un clergé parcouru de courants. Plus ouverte, plus instruite, la société iranienne supporte mal le système qui lui est imposé par la contrainte. L'actuel président Rohani appartient au courant réformateur, mais dans les limites imposées par le "guide suprême" Ali Khamenei, qui finira bien par rendre son âme pieuse à Allah...

 

Toutes ces données, un avenir prometteur, justifient la politique d'Obama envers Téhéran, malgré la lourde responsabilité de l'Iran dans la crise syrienne, qui soutient par les armes l'abominable clan Assad, responsable de la ruine de son pays et d'une guerre qui a fait des centaines de milliers de victimes, et davantage encore d'exilés. Daech et son califat ne sont venus qu'après. Mais la non-prolifération nucléaire demeure une priorité, surtout dans ce Moyen Orient en feu. L'accord longuement négocié avec Téhéran, comme prix de la levée des sanctions économiques, s'inscrit dans cette perspective : le régime des mollahs n'est pas éternel.

 

Syrie: tous responsables !

 

Il y a peu à espérer des pourparlers de Genève sur la Syrie. Tous les protagonistes sont responsables de cette tragédie: l'intervention russe a mis de l'huile sur le feu, renforcé le clan Assad. La Turquie d'Erdogan n'est préoccupée que de sa lutte contre les Kurdes. On a vu le rôle de l'Iran. L'Arabie saoudite et les émirats du Golfe ont armé des groupes islamistes. La politique américaine a été hésitante et obscure. Compte tenu du désastreux précédent libyen, une zone d'exclusion aérienne, au tout début, aurait au moins pu paralyser l'aviation du régime.

 

Robert Falony

 

 

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5 février 2016 5 05 /02 /février /2016 15:40

 

À plusieurs reprises, nous avons fait part de son inquiétude face à la montée d’un fascisme larvé à travers les pays de l’Union européenne. Un aspect est quasi passé sous silence par la presse : la répression contre les militants syndicalistes est de plus en plus forte, se généralise et mène progressivement à une criminalisation de toute action de grève et du mouvement ouvrier en général. Il faut dire qu’elle est aidée par des campagnes médiatiques contre les grévistes qui « paralysent » l’économie du pays et qui prennent les usagers en « otages », sans compter la verve de certain(e)s éditorialistes.

 

L’objectif est clair : éliminer toute entrave à l’offensive ultralibérale de l’Union européenne au prix de la destruction des libertés fondamentales.

 

En 2010, le gouvernement socialiste espagnol de Zapatero avait élaboré une réforme du marché du travail. Le 29 septembre 2010, les deux principales centrales espagnoles, la CC.OO (Comisiones Obreras) et l’UGT (Unión General de Trabajadores), appelaient à la grève générale pour manifester leur opposition aux politiques en matière de travail mises en place par le gouvernement national qui représentaient une diminution significative des droits des travailleurs.

 

Ce mouvement est largement suivi. Devant les principales entreprises et administrations, partout en Espagne, les travailleurs montent dès le petit matin des piquets de grève. Le pays, ce jour-là, tourne au ralenti. Les seuls à travailler sont les huissiers qui viennent constater les « empêchements de travailler », un délit passible de la prison en vertu de l’article 315.3 du Code Pénal espagnol, et la police, qui charge violemment certains cordons ouvriers.

 

Les choses changèrent dès l’arrivée du gouvernement de Mariano Rajoy, leader du parti post-franquiste, le Parti populaire. Alfon, un jeune militant madrilène fut condamné à quatre ans de prison pour sa participation à la grève du 14 novembre 2012.

 

66 années de prison pour les « huit d’Airbus » ?

 

Cependant, une affaire encore plus grave secoue le pays de Cervantès, ce sont les « huit d’Airbus ». Lors de la grève générale du 29 septembre 2010, A Getafe, ville située au Sud de Madrid, où se trouve l’usine CASA (Construcionnes Aeronauticas SA) qui dépend d’EADS plus connu sous le nom de groupe Airbus et qui emploie 7.500 travailleurs, plusieurs centaines d’ouvriers se sont rassemblés à l’entrée du site pour exprimer leur soutien à la grève.

 

 

Six des "huit d'Airbus" qui risquent d'être condamnés à un total de 66 années de prison !

Six des "huit d'Airbus" qui risquent d'être condamnés à un total de 66 années de prison !

 

La présence de nombreuses unités de la police antiémeute aux portes de l’usine et leur attitude envers les travailleurs n’ont fait qu’accroître les tensions. Le comportement des forces de sécurité fut tel que plusieurs incidents sérieux se sont déroulés et ont conduit la police antiémeute à faire usage de ses armes et à tirer à au moins sept reprises.

 

Suite à ces incidents, le Tribunal de première instance a ouvert une audience concernant les allégations du ministère public à l’encontre de 8 syndicalistes de la CC.OO et de l’UGT qui ont été inculpés. Le ministère public a requis des peines d’emprisonnement de huit ans et trois mois pour chacun d’entre eux, qui font un total de soixante-six ans de prison, et une amende de 31.059,52 € pour laquelle les prévenus seraient conjointement et solidairement responsables. Le jugement devrait être rendu entre le 9 et le 12 février.

 

Pour les Commissions Ouvrières (CC.OO), le syndicat auquel appartiennent les militants d’Airbus, l’instruction de l’affaire a été émaillée de vices de procédures, le dossier reposant, lui, sur des « preuves » montées de toutes pièces. Dans toute l’Espagne, les deux principales centrales syndicales, les CC.OO et l’UGT ont lancé une campagne en défense des « huit de Airbus » et pour le droit de grève. Le hashtag créé pour l’occasion, #HuelgaNoEsDelito, « la grève n’est pas un délit », est des plus populaires sur tweeter.

 

Rajoy, en définitive, s’est placé dans la lignée du gouvernement précédent, celui des socialistes de Zapatero, sous qui les affaires pour violation de l’article 315.3 lors de la grève générale de septembre 2010 ont commencé à être instruites et qui n’ont été que des initiateurs en termes d’offensive en règle contre un Code du travail qu’a continué à attaquer à la pioche Rajoy, ces dernières années. Que va faire le nouveau gouvernement de gauche ? On attend ! En tout cas, cette affaire est un défi fondamental pour sa crédibilité. La pression est mise : à Getafe, la majorité municipale PSOE-Gauche Unie-Podemos a fait voter une motion exigeant l’arrêt des poursuites contre « les huit » et l’abrogation des lois de répression.

 

Affaire à suivre, comme on dit. Et l’enjeu est fondamental : c’est l’avenir de la branche politique du mouvement ouvrier qui est en cause !

 

Prison ferme pour les « huit de Good Year »

 

En France, quasi au même moment, mardi 12 janvier, le tribunal correctionnel d’Amiens a condamné huit syndicalistes de l’usine Good Year d’Amiens-Nord, chacun à deux ans de prison, dont neuf mois fermes et cinq ans de mise à l’épreuve.

 

Le mouvement à « Good Year » fut très dur. L’entreprise menaçait de fermer en jetant à la rue ses 1.143 salariés. La direction fit la sourde oreille aux interrogations des travailleurs, ce qui accrut la tension. Une rencontre tendue eut lieu entre le directeur des ressources humaines accompagné de celui de la production avec les salariés réunis en assemblée générale. Devant leur mutisme et l’absence de réponses aux questions des travailleurs, les deux cadres furent séquestrés dans un bureau pendant une trentaine d’heures. Ils furent alimentés, étaient autorisés à prendre contact avec leurs proches. Ils furent libérés sans aucune violence et renoncèrent à déposer plainte.

 

Malgré cela, le Parquet décida de poursuivre et parvint ainsi à faire condamner à de la prison ferme les huit militants.

 

L’affaire est en instance d’appel. Ce jugement a déclenché un tollé de protestations dans toute la France. C’est la première fois qu’une condamnation aussi sévère est prononcée à l’égard de syndicalistes. L’un d’eux a d’ailleurs estimé que sa condamnation était liée à l’arrachage de la chemise du DRH d’Air France.

 

Pour Fiodor Rilov, l’avocat des huit condamnés et de la CGT, ce jugement est « manifestement le résultat d’une opération politique.

 

« Je ne crois pas un seul instant que le procureur d’Amiens ait décidé seul de requérir des peines de prison. On veut faire passer un message à ceux qui se battent contre la fermeture de leur entreprise, contre les délocalisations, pour leur emploi, leur dire ce qu’ils risquent. »

 

Pour l’avocat, les personnes condamnées l’ont été « du fait de leur statut de syndicalistes. On ne peut pas dissocier ce jugement du recul sans pareil des acquis sociaux décidés par le gouvernement. Et désormais, dans toutes les luttes sociales, il y aura le jugement d’Amiens en toile fond. »

 

Du baby-sitting

 

Xavier Mahieu, l’ex-syndicaliste de Continental, devenu comédien, a exprimé sa révolte : « Ceux qui ferment illégalement les entreprises, comme cela a été le cas pour Continental en 2009. Ceux qui sont responsables d’accidents mortels de salariés par manque de sécurité. Pas plus que les hommes politiques qui piquent dans la caisse. Eux ne font jamais de prison. Les responsables de Conti qui ont fermé illégalement l’usine, sans motifs économiques, ont eu, pour toute condamnation, une amende financière. Au total, ils ont dû débourser quelques dizaines de millions d’euros. Mais qu’est-ce que c’est par rapport aux milliards de bénéfices qu’ils ont empochés ? Ils auraient dû être obligés de payer les salariés mis à la porte jusqu’à ce qu’ils retrouvent un boulot ou qu’ils atteignent l’âge de la retraite. Mais non, ils ont juste versé de quoi les faire vivre un an ou deux.

 

 

Xavier Mathieu, l'ancien de Continental, n'a pas perdu son énergie militante.

Xavier Mathieu, l'ancien de Continental, n'a pas perdu son énergie militante.

 

«C’est révoltant. Qu’ont fait les mecs de Goodyear ? Ils se sont juste révoltés contre une injustice. Ils ont juste gardé des cadres parce qu’ils n’obtenaient pas de réponses à leur question. On est loin des séquestrations qu’on a pu connaître par le passé dans la métallurgie. Les types ont pu boire de l’eau, appeler leur proche. C’était plus du baby-sitting qu’autre chose. La violence, elle n’est pas de leur côté. Ce sont les fermetures d’usine qui sont violentes. Celles qui mettent les gens dans la merde, qui les poussent vers le suicide, l’alcoolisme, la drogue, la dépression, le RSA. »

 

Et la Belgique !

 

La Belgique n’est pas en reste. Suite aux grèves des cheminots de janvier 2016, un militant de la CGSP (Centrale Générale des Services Publics) cheminots s’est vu condamné à une astreinte de 1.686,89 € pour non-respect d’une ordonnance de justice lors de la première des 2 journées de grève sur le rail des 6 et 7 janvier. Il avait en effet participé le 6 janvier au piquet de grève rue de France à Bruxelles où se trouve le siège d’Infrabel (la société qui est chargée de l’infrastructure des chemins de fer et de la gestion du rail).

 

 

Les militants cheminots manifestent dans la Gare du Midi le 6 janvier.

Les militants cheminots manifestent dans la Gare du Midi le 6 janvier.

 

Ce mouvement devant durer cinq jours consécutifs ayant été annoncé par les organisations syndicales, début décembre 2015, le gouvernement nationaliste-libéral de Charles Michel a déclenché une campagne médiatique de dénonciation de cette grève. Les syndicats ont fait un geste en étalant les cinq jours (deux les 6 et 7 janvier et les trois autres plus tard en attendant le résultat des négociations avec la direction). . Le 21 décembre, le gestionnaire du rail avait obtenu un jugement du tribunal civil de Bruxelles interdisant tout piquet de grève devant les cabines de signalisation du réseau ferroviaire.

 

Selon Infrabel, cité par le journal financier L’Echo, l’huissier aurait constaté que le cheminot incriminé et d’autres grévistes empêchaient les agents d’Infrabel, dont un directeur, d’accéder au bâtiment du «trafic control» à Bruxelles. Le cheminot aurait bousculé le directeur et aurait eu un comportement violent à l’égard d’une femme enceinte, conduisant l’huissier à signifier l’ordonnance et à dresser le constat. Il faut préciser qu’aucun procès verbal n’a été dressé par la police et qu’aucune plainte n’a été déposée. C’est donc la version des faits établie par l’huissier qui est la cause de cette astreinte. Précisons en outre que le siège d’Infrabel, même s’il s’appelle « trafic control », n’est pas une cabine de signalisation…

 

Tout cela fait dire au secrétaire régional de la CGSP, Philippe Dubois : « Ce qui est interpellant dans ce "commandement" à charge de notre représentant, c'est que l'astreinte ne lui a effectivement jamais été assignée au piquet de grève, rue de France. Aucun officier de police n'a relevé son identité. Cela pourrait signifier que, lors des futures grèves, des huissiers assignent des participants aux piquets, dès lors que leurs noms sont connus.

 

ll s’agit d’une attaque frontale contre le droit de grève. J’ai peur pour notre démocratie ! »

 

Le militant impliqué n’est d’ailleurs pas n’importe qui. Jordan Croeisaerdt est accompagnateur de train et délégué syndicat à la CGSP Cheminot, a 32 ans, du bagout, une envie de changer le monde. C’est un militant au MOC (Mouvement Ouvrier Chrétien) et à la JOC. Il soutient en outre les mouvements féministes.

 

 

Jordan Croeisaerdt n'a certes pas le profil de mouton requis pour la direction ultralibérale d'Infrabel.

Jordan Croeisaerdt n'a certes pas le profil de mouton requis pour la direction ultralibérale d'Infrabel.

 

Un beau costume cravate

 

Fils d’un ouvrier cheminot, Jordan a grandi dans les logements mis à disposition du personnel, rue de France justement. Après avoir travaillé comme livreur pour un garage, multiplié les petits boulots dans l’Horeca et travaillé deux fois aux vendanges, ses parents ont voulu qu’il se stabilise. « Deviens accompagnateur de train, tu auras un beau costume cravate ! », m’a dit mon père, sourit Jordan. « J’ai passé toutes mes formations. On nous disait alors : vous allez avoir un statut en or. Aujourd’hui, après 12 ans de service, j’ai franchement peur pour mon emploi : la SNCB veut supprimer les accompagnateurs de train. Mais ce qui m’effraie le plus, c’est que nos chemins de fer ne tombent en faillite. Je lutterai jusqu’au bout contre la privatisation de ce service public ».

 

En définitive, ne serait-ce pas lui personnellement qui a été visé ? Le parcours de Jordan ne doit pas être tout à fait conforme à ce que la direction ultralibérale d’Infrabel attend d’un travailleur !

 

Vers l’unité syndicale ?

 

La FGTB (l’organisation syndicale dont fait partie la CGSP) a déposé un recours contre cette astreinte. Ainsi, tout le mouvement syndical manifeste sa solidarité à l’égard des travailleurs du chemin de fer.

 

Il était temps que renaisse l’unité syndicale !

 

Celle-ci s’est d’ailleurs manifestée par une initiative de jeunes militant(e)s de la CGSP enseignement. Ils ont lancé un appel à la solidarité pour Jordan Croeisardt que nous reproduisons intégralement.

 

En Belgique comme ailleurs: NON à la répression des mouvements sociaux !

 

Nous, syndicalistes, travailleurs, chômeurs, jeunes, pensionnés,… tenons à affirmer notre soutien aux syndicalistes menacés par des politiques répressives et antidémocratiques, tant en Belgique que partout ailleurs.

 

Dans ce contexte, nous affirmons pleinement notre soutien au camarade cheminot Jordan Croeisaerdt, accompagnateur de train et vice-président de la CGSP- Cheminot dans la région bruxelloise. Dans la foulée des dernières grèves des cheminots en janvier 2016, ce dernier s’est vu infliger une astreinte de près de 1700€ pour participation à un piquet de grève. La méthode employée est scandaleuse (aucun huissier ne lui a remis de document au piquet ; il a reçu l’astreinte à son domicile, après que la direction a vraisemblablement communiqué son nom et son adresse aux huissiers) et les accusations portées contre lui dans les médias sont mensongères.

 

Il s’agit en réalité d’une tentative nette d’intimidation s’inscrivant dans un contexte général de répression accrue des mouvements sociaux tandis que l’austérité imposée est, elle, de plus en plus violente. Nous nous inquiétons et dénonçons fermement cette criminalisation généralisée.

 

Tout ceci n’est pas sans rappeler : en France, les peines de prison écopées par les syndicalistes de Goodyear luttant pour leur emploi ou le licenciement abusif des salariés d’Air France; en Espagne, les poursuites judiciaires contre 300 travailleurs et les tirs de flash-ball sur les mineurs en grève.

 

De même, en Belgique, la violence à laquelle ont été confrontés les ouvriers d’Arcelor Mittal n’était que les prémisses d’une violence qui se généralise à l’encontre de la contestation et le recours systématique aux huissiers lors des grèves instaure un climat de peur et exacerbe les tensions.

 

Tout ceci n’a que trop duré, une attaque contre l’un d’entre nous est une attaque contre tous! Il est évident que le gouvernement réactionnaire a déclaré une guerre sociale en s’attaquant de front à nos acquis sociaux, à nos services publics, à nos conditions de travail et de salaires. Et face à la colère grandissante de la population, il s’en prend aujourd’hui à nos droits syndicaux et à nos libertés fondamentales. Cette politique contraste avec l’impunité totale dont jouissent les grands fraudeurs fiscaux, les patrons voyous et certaines multinationales sans scrupule.

 

Face à de telles dérives, nous nous devons urgemment de nous unir et de réagir collectivement. C’est pourquoi, nous nous engageons à participer à toute initiative allant dans ce sens.

 

Ainsi, nous nous opposons et disons :

 

• STOP à toute forme de répression du mouvement social ;

 

• STOP à l’instrumentalisation médiatique visant à criminaliser systématiquement le mouvement syndical dans son ensemble ;

 

• STOP à la privatisation progressive de nos services publics ;

 

• STOP à la destruction de nos acquis sociaux !

 

Nous défendons et sommes :

 

• POUR un soutien total à Jordan Croeisaerdt, pour que cesse immédiatement toute poursuite à son encontre ;

 

• POUR un rail fort, de qualité, gratuit et public, nécessaire dans le contexte de transition énergétique à mener dans les années à venir ;

 

• POUR un investissement massif dans tous les services publics ;

 

• POUR une mobilisation large et conséquente pour défendre ces droits et nos acquis !

 

Nous appelons à organiser:

 

• Une conférence de presse : pour contrecarrer les mensonges médiatiques ;

 

• Un meeting public en front commun : pour fédérer et mobiliser contre ces attaques ;

 

• Des assemblées générales dans tous les secteurs : afin d’affirmer une position claire et préparer la riposte ;

 

• Des actions et une mobilisation massive: pour défendre le cas de Jordan et, à travers lui, le droit à l’action collective.

 

N’hésitez pas à soutenir le camarade Jordan, en signant la pétition!

 

Un bel exemple de solidarité interprofessionnelle ! La jeune génération militante a retenu par elle-même les leçons de leurs aïeux : la flamme de la Résistance ne s’éteindra jamais. C’est à un niveau européen qu’elle doit éclairer les luttes. Et la solidarité doit exister entre toutes et tous.

 

Qui a dit que l’histoire ne repasse jamais les plats ?

 

Pierre Verhas

 

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21 janvier 2016 4 21 /01 /janvier /2016 11:07

Les histrions de Davos

 

20 janvier: les sommités, experts et célébrités en tous genres sont réunies comme chaque année dans la station suisse de Davos, pour cogiter sur l'état de la planète et plus particulièrement de l'économie mondiale. Cela tombe bien: la croissance est anémique, les Bourses dévissent comme des alpinistes malchanceux, la Chine va mal, dragon tombé de son piédestal, la chute des prix pétroliers désole les producteurs, la déflation généralisée rôde, les injections massives de fric par les banquiers centraux ne dynamisent plus l'économie, non plus que les taux d'intérêt à zéro...

 

Comme il faut bien proposer une perspective, c'est celle d'une "quatrième révolution industrielle". Mais tous les miracles de la technologie n'y font rien : la machine est cassée. Quel audacieux prêt à se faire siffler par la salle va proclamer que le crise ouverte en 2008 ne fait en réalité que commencer ? Que les princes qui nous gouvernent n'en ont tiré aucune leçon ? Que la multiplication des scandales de toute espèce dévoile une économie mafieuse ? Qu'il faut réhabiliter l'économie dirigée pour ne pas foncer dans le mur ? Qu'il faudra bien déposséder cette étroite minorité de possédants à la barre d'un bateau ivre, ou couler avec eux ?

 

R.F.

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6 janvier 2016 3 06 /01 /janvier /2016 11:15

 

Chocs et ruptures en Europe

 

 

Ceux qui, au soir du 13 décembre, ont conclu à un échec du Front national, et croient qu'il existe un plafond à son ascension, se font sans doute des illusions. Il est devenu le premier parti de France. Il n'a emporté aucune région? Non, grâce au sacrifice de la gauche dans le Nord et en Provence, sacrifice nécessaire mais pas glorieux. Et il a enlevé plusieurs centaines de sièges de conseillers régionaux. Le Front national continue de s'implanter, de se développer. Marine Le Pen sera en tête de la course à la présidence en 2017, et le PS sera sans doute éliminé du second tour, comme en 2002.

 

Comment la gauche française en est-elle arrivée là ? Historiquement, en se coulant dans le régime présidentiel instauré par De Gaulle, sans même tenter de l'amender, de le circonscrire, comme Mitterrand aurait pu le faire.

 

Donc, l'élection présidentielle de 2017 sera politiquement ouverte. La "banalisation" du Front national ne concerne pas seulement son populisme et sa xénophobie. On néglige de s'interroger sur sa nature de classe, sur sa compatibilité avec la démocratie parlementaire, sur ce qui l'apparente toujours au fascisme classique. Ceux qui pensent "Pourquoi ne pas l'essayer ?" ignorent complètement cette hypothèque....

 

Le temps des séismes...

 

La France ne déroge donc pas à une tendance générale en Europe: celle de profondes mutations politiques. La Pologne escorte maintenant la Hongrie dans le repli nationaliste sur des valeurs identitaires. En Grèce, la scène politique a été bouleversée par l'émergence de Syriza. Le Portugal offre l'exemple d'un gouvernement socialiste soutenu par la gauche radicale. Il s'en est fallut de peu que l'Espagne, le 20 décembre, suive le même chemin: le gouvernement Rajoy a été sèchement battu, le bipartisme ne fonctionne plus. La coalition du vieux parti socialiste, lui aussi étrillé, et de Podemos, la gauche anti-austérité, est malheureusement hypothéquée par la question catalane et la rêverie indépendantiste.

 

Le terrorisme: réalité et obsession

 

Lorsque François Hollande, après les tueries du 13 novembre, proclame que la France est en guerre, ce n'est pas sans une certaine logique: l'Etat islamique n'est pas seulement une internationale terroriste, c'est véritablement un Etat qui gère et administre, en Irak et en Syrie, même avec des frontières mouvantes. Cet Etat doit être détruit par la coalition la plus vaste possible. Mais pas en compagnie de Bachar al Assad et de son clan, d'un régime qui a détruit la Syrie. Pas en compagnie de Poutine, dont l'intervention armée en faveur de Damas ne fait que prolonger cette guerre, et compliquer les données pour y mettre fin. L'E.I. est d'ailleurs "le meilleur ennemi" d'Assad, permettant à sa propagande de diaboliser toute espèce d'opposition.

 

Ainsi, la politique extérieure française au Moyen-Orient apparait comme une série d'improvisations dépourvues de cohérence.

 

Le 13 novembre appelait certes des mesures de défense intérieure fortes. La dérive sécuritaire commence lorsqu'on prétend les traduire en modifications de la Constitution, dans des termes, comme "atteintes graves à la vie de la nation" qui dans l'avenir, seraient applicables non plus aux "djihadistes" mais à toute contestation de l'ordre capitaliste établi, et quand le locataire de l'Elysée ne sera plus Hollande. En ce sens, l'Etat islamiste, ennemi de toute forme de démocratie, réussit assez bien à mettre à mal ce qui nous en reste, à détourner l'Europe de son passé de luttes révolutionnaires.

 

 

Robert Falony

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18 décembre 2015 5 18 /12 /décembre /2015 14:24

Question de vocabulaire...

 

Le vocabulaire politique officiel est truffé de mots qui masquent des contre-vérités et des faux semblant. On sait comment il faut traduire la "compétitivité" ou les "réformes", des mots clés du libéralisme économique. A ce vocabulaire, il faut en opposer un autre.

 

Prenons le cas du mot "Europe". En dehors du sens géographique, ce mot est censé désigner la construction européenne, cette tour de Babel. Il faut dire en réalité la "non Europe", car cette construction est tout sauf fédéraliste. Elle est intergouvernementale. L'ensemble constitué par le Conseil des ministres, la Commission, la BCE, le Parlement, toute cette lourde machinerie au service du grand capital mérite d'être appelée "eurocratie". Les fédéralistes ne s'y reconnaissent pas.

 

Islamisme: pas moyen d'y échapper, parce qu'il y a bien un rapport entre une religion et ses intégristes. Tous les autres termes , "djihadisme", salafisme, sont trop restrictifs, et ne rendent pas compte de ce qui est un prosélytisme conquérant à visages multiples. Dans le cas du pseudo "Etat islamique", mieux vaut utiliser son nom arabe, Daech. Quant à "radicalisation", cela peut se rapporter à n'importe quoi, "gauche radicale"...   

 

RF

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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 17:08

 

Les profits d'abord, le climat ensuite !

 

 

La conférence sur le climat devait être le seul sujet de cet article, mais la vague terroriste qui a frappé la France s'est inscrite en surimpression sur l'évènement. Quel symbole des folies du monde ! D'un côté le rassemblement des dirigeants de la planète, tiraillés entre la certitude qu'on va vers le désastre et la pression des intérêts capitalistes liés aux énergies fossiles, d'abord le profit et le "développement" ! De l'autre, la dérive criminelle d'individus asociaux, petits délinquants dont le cerveau primitif s'est mis au service d'un islamisme réactionnaire et dégénéré, tirant ses moyens de trafics mafieux.

 

 

Les décennies perdues...

 

 

Déjà à Rio en 1992, il s'agissait de "sauver la planète"! Que de temps perdu depuis un demi-siècle, quand les premiers signes d'une dégradation se manifestaient. C'est alors qu'on aurait du foncer vers l'énergie solaire et les éoliennes. Au lieu de cela, de Kyoto (1997) en Copenhague (2009) les gouvernements se sont contentés de demi-mesures et de cotes mal taillées. On a instauré un marché du CO 2, avec un droit d'émission... La parole des experts en climat a été contestée, contredite. Encore maintenant, aux Etats-Unis, les climato-sceptiques sont en force dans le parti Républicain. Le lobby du pétrole et du gaz demeure puissant, même si le capitalisme a fini par investir dans les "énergies vertes". Celui du charbon n'a pas dit son dernier mot.

 

 

La COP 21 n'échappera sans doute pas au genre de réussite qui consiste à se fixer des objectifs chiffrés dont on sait qu'ils ne seront pas atteints, puisqu'ils ne seront pas juridiquement contraignants. Les plus gros pollueurs que sont les Etats-Unis et la Chine (celle-ci est maintenant en tête) n'acceptent pas de contraintes, ni beaucoup d'autres. L'objectif affiché de maintenir l'élévation de la température moyenne sur le seuil de + deux degrés apparait déjà comme presque impossible à atteindre. Elle menace d'être de quatre à cinq degrés. Et les années "les plus chaudes" commencent à se suivre avec une quasi régularité.

 

 

Effets connus, expérimentés...

 

 

Les effets du réchauffement sont déjà bien connus: la Californie, l'Australie, deviennent la proie de la sécheresse et des incendies. La désertification progresse en Afrique. Les banquises polaires fondent, ouvrant de nouvelles routes maritimes. Les cyclones tropicaux se font plus violents. L'élévation du niveau de l'océan commence à submerger les fragiles archipels du Pacifique. La déforestation sévit en Amazonie, en Indonésie. Des espèces animales disparaissent. Les déchets de la société de consommation, ses matières plastiques, s'amoncellent dans les océans. Les subtils équilibres de la nature sont menacés.

 

 

Pour un autre modèle de développement

 

 

Les pays "en développement" doivent certes être aidés à réussir leur transition énergétique. Mais le "développement" en question n'est pas le meilleur modèle. Prendre comme point de départ la situation climatique antérieure à l'ère industrielle, c'est mettre en question le mode de production intensive du capitalisme, son gaspillage des ressources de la nature. C'est alors que l'espèce humaine a commencé de rompre avec son milieu naturel. La création des richesses aurait pu prendre des formes plus douces, plus respectueuses de l'environnement Et c'est ce "modèle" que l'on continue de célébrer, que les ex-pays "socialistes" ont indûment voulu reproduire, et qui est précisément le plus énergivore! Produire autrement, consommer autrement: cela est -cela devrait être- le sujet central de la conférence de Paris.

 

 

Robert Falony

 

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