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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 20:37

 

Plus de six mois de crise gouvernementale pour découvrir que la NVA n’aime pas cette négociation avec cinq partis sur sept trop « à gauche » ? Que l’ex grand parti social-chrétien flamand est devenu un satellite de Bart De Wever, sans ligne propre, phagocyté par le nationalisme ? Pour que le président du PS, sans doute quelque peu penaud, mais il faut bien « sauver le pays », doive se résigner à une offre de service au MR ? (On pourrait se demander, mais la grande presse ne le fait pas, à quoi servent encore les élections si les vaincus doivent rester au gouvernement…).

 

bart_de_wever01.jpg

 

Bart De Wever gagne à tous les coups.

 

 

Nul ne peut ignorer qu’en cas de participation libérale au pouvoir fédéral, le rapport des forces sera moins favorable encore au PS, quand cette équipe, sous couleur de nécessité budgétaire urgente, prendra des décisions dont les exemples ailleurs en Europe indiquent assez le sens… Avec candeur ou avec cynisme, Charles Michel, sans doute le prochain président du MR, déclare à un hebdo que « sur le plan socio-économique, c’est le MR qui est le plus proche de la majorité des partis flamands » (1).

 

charles_michel.jpg

 

Charles Michel à la NVA : nous sommes

si proches !

 

 A ce jeu, les nationalistes du nord gagnent à tout coup :

 

- Quelle que soit l’issue de la crise, ils n’obtiendront pas moins sur le terrain communautaire que ce que le compromis Vande Lanotte (une merveille d’équilibrisme dans la catégorie des compromis classiques à la belge…) leur garantissait déjà.

 

vande_lanotte.jpg

 

Johan Vande Lanotte : l'impossible équilibre

 

- Ils savent que le MR n’a pas vocation de défendre la Sécurité sociale unitaire. Ils obtiendront plus sur ce terrain qu’avec un social-démocrate flamand.

 

- Si la crise ne trouve pas d’issue, leur seule conclusion sera évidemment que le « modèle belge » ne fonctionne plus du tout. Cqfd pour le César flamand. Pourquoi devrait-il « prendre ses responsabilités » ? 

 

Le personnel politique classique doit davantage prendre conscience de la désaffection des masses face à ce « cirque ». Le danger est que cette désaffection profite en dernière analyse à l’espèce de nationalisme populiste qu’incarne De Wever en Flandre, Bossi en Italie du nord, et… Viktor Orban (lire par ailleurs) en Hongrie. Vae Victis, comme dirait précisément le personnage…

 

Et le taux des emprunts belges ? Le gouvernement, d’affaires courantes ou pas, pourra toujours en placer en Chine, cela commence à se faire dans la non Europe…

 

Jean Lafont.

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(1) « Télé Moustique » du 1ier janvier.

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 10:40

 

Face aux poncifs, aux clichés, aux idées toutes faites, diffusons le contraire de la pensée unique ! Adresse de contact : fal.roberty@skynet.be

 

Les « primaires » : un système inadéquat pour la gauche…

 

La révolte gronde à travers toute l’Europe, face aux programmes d’austérité à sens unique et aux plans du FMI. A Londres, à Paris, à Berlin, à Rome, les gouvernements s’agrippent  sur des bases politiques de plus en plus fragiles. Voyons le cas français.

 

Lorsque De Gaulle instaura l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel, en 1962, cette réforme, taillée sur mesure pour lui, allait faire désormais du président le pivot de toute la vie politique, dans la vieille tradition  bonapartiste de la France. L’usage qu’a fait de la fonction Nicolas Sarkozy -jusqu’à la caricature- est unique en Europe occidentale. La longue parenthèse Mitterrand refermée, l’Elysée est devenu à nouveau un lieu comme inaccessible à la gauche. Pire : au sein du parti socialiste, les courants d’idées se sont affaiblis, se sont transformés en écuries de course pour la « présidentielle ». Même Arnaud Montebourg, héraut d’une « sixième République » a été réduit à ce jeu là.

 

La méthode des « primaires » pour désigner le principal candidat de la gauche, importée d’Italie où elle n’a produit que des déceptions, est-elle une bonne solution ? Ouverte à quiconque se voit électeur vers la gauche, sans être membre d’un parti, elle n’élimine pas les jeux d’appareil. Elle traduit en fait l’américanisation de la vie politique : aux Etats-Unis existent des « open primaries » qui mesurent la popularité des candidats. Le charisme personnel de ceux-ci, non leurs projets, devient l’élément essentiel. Les sondages font office de diktats. C’est la médiacratie.

 

Les « primaires » en France, pour le PS, opposeront et opposent déjà publiquement des candidats, ce qui n’est pas la meilleure manière de rassembler un large front de gauche pour battre Sarkozy.  Rappelons qu’en 2002, Jospin a été éjecté au premier tour à cause de la fragmentation des suffrages : il y avait en tout dix-sept candidats en lice !

 

Qu’en est-il au seuil de 2011 ?

 

De Ségolène Royal, avec ses défauts et ses qualités, on ne peut dire qu’une chose : avoir échoué en 2007 la disqualifie. En Grande-Bretagne, le leader de parti qui est battu aux élections s’efface. L’hypothèque Strauss-Kahn, elle, pèse lourdement sur le PS : comme individu, on peut bien naturellement le préférer à un Sarkozy. Mais si on considère le Fonds monétaire international, qu’il dirige, et ce que sont les programmes du FMI appliqués à la Grèce, à l’Irlande, et ailleurs, il faut bien conclure que Sarkozy et DSK, c’est, pour reprendre un mot célèbre, bonnet blanc et blanc bonnet. Un tel candidat sous le drapeau du PS ne pourrait que diviser la gauche au second tour ! Le travail en profondeur de la première secrétaire Martine Aubry est autrement intéressant, avec une tentative de rénovation idéologique que n’offrent pas François Hollande ni, plus à droite encore, Manuel Valls.

 

A gauche du PS, Jean-Luc Mélanchon peut rassembler au premier tour, et son « populisme » est un bon antidote à celui de l’extrême droite.

 

En Allemagne, en France, en Italie, une social-démocratie qui parait à bout de souffle a quand même la chance, hors des « devoirs » de l’occupation du pouvoir, de pouvoir se mettre enfin en quête d’un programme et d’une perspective, autres que celle, débilitante, de « rassurer les marchés ». Poussées par les révoltes à la base des victimes de la crise financière et de la récession, les organisations syndicales  tentent d’organiser une résistance : un front de gauche uni est un impératif.

  

Robert Falony.

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 21:38

 

Il y a 18 ans, à Rio en 1992, il y avait déjà eu une conférence célèbre pour « sauver la planète », comme on dit. Non : sauver l’humanité sur la planète…Ces 18 ans représentent la somme du temps perdu en décisions minimalistes, en marchandages sordides, en fausses solutions…

 

Au moins, le clan des « climato - sceptiques », largement financé par les magnats du pétrole, est-il aujourd’hui en pleine déroute scientifique…

 

Ce qu’il y a de positif à l’issue de la conférence de Cancun est que le texte final est « onusien », mondialiste : c’est précisément le cadre le plus difficile. La suite est renvoyée à Durban en 2011… Il sera alors moins cinq pour sauver le protocole de Kyoto, dont la Russie et le Japon ont affiché le peu de cas qu’en font leurs dirigeants…

 

L’objectif de maintenir au cours du siècle le réchauffement climatique à la limite des deux pour cent reste affiché… sauf que personne ne peut dire comment, puisque les émissions de CO 2 continuent de croître à un rythme incompatible avec le but recherché…

 

Les voix officielles hésitent à l’avouer, mais depuis la « crise » économique et financière, les bonnes intentions « vertes » ont été tout simplement refoulées au second plan : d’abord la croissance, la compétition, et bien entendu les profits… A Cancun, une seule voix s’est élevée  pour accuser le système capitaliste comme tel : celle de la Bolivie. 

 

evo_morales.jpg

 

Evo Morales, le Président bolivien, n'en reste pas là : il a déposé un recours

à la Cour de Justice de la Haye contre les conclusions de Cancun.

 

Au lieu d’avoir un  marché des quotas de CO 2, il eut fallu que chaque nation face un effort de réduction nette de ses émissions ! Il est vrai que le monde dit en voie de développement était fondé à revendiquer que les nations industrielles les plus polluantes, les Etats Unis en tête, supportent l’effort principal. Mais aujourd’hui il ne faut plus abuser de la notion de sous-développement : la Chine est devenue pratiquement la seconde puissante économique du monde, et pollue autant que l’Amérique…

 

Le spectacle de Washington et de Moscou se renvoyant la balle de la responsabilité centrale n’est qu’une fuite honteuse face à la gravité du problème. Mais peut-être les magnats de l’industrie et les bureaucrates assoiffés de puissance économique ne sont-ils pas tellement émus par des inondations aussi catastrophiques qu’au Pakistan, par les incendies, par les cyclones plus fréquents : ce ne sont pas eux qui seront jetés sur les routes…

                                                  

Robert Falony

 

 

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 21:18

Le leader de la NV-A qui est le maître du jeu par la faiblesse de ses partenaires flamands comme francophones, adore jouer se payer leurs nerfs.

 

Il souffle le chaud et le froid. Devant les patrons de l’Union wallonne des entreprises à Namur, il se veut rassurant en leur promettant un programme bien néolibéral. Devant la presse, il jure ses grands dieux qu’il ne programme pas la fin de la Belgique. Cela, c’est le prologue.

 

De-Wever.gif

 

Bart De Wever, le nationaliste, ouvre en grand

la porte au capitalisme international.

 

Mais les choses s’accélèrent et se déroulent ensuite en trois étapes.

 

Première étape, l’interview au Der Spiegel où il déclare que la Belgique est le « malade de l’Europe ».

 

Voici l’analyse de la FGTB.

 

 

« La N-VA veut faire plonger économiquement la Belgique et les travailleurs.

 

La FGTB a pris connaissance des déclarations du leader de la N-VA à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel. Ces tentatives d’humiliation n’émeuvent plus personne.

Pour le syndicat, les propos tenus par l’un des négociateurs en vue de la formation d’un gouvernement sont mensongers et irresponsables. Mensongers, parce que la Belgique n’est pas malade et qu’elle a justement limité les dégâts face à la crise. Elle doit d’ailleurs sa bonne résistance, entre autres, à son modèle de sécurité sociale, à l’indexation automatique des salaires, à son salaire minimum ainsi qu’à ses services publics accessibles.

 

Les considérations de la N-VA sont aussi indécentes vis-à-vis du monde du travail et singulièrement des interlocuteurs sociaux qui tentent de négocier un Accord interprofessionnel dans un contexte de plus en plus difficile.

De tels propos ne peuvent viser qu’à affaiblir la situation économique et sociale de notre pays qui serait alors financièrement pénalisé, tant au nord, au sud et qu’au centre du pays !


Pour la FGTB, ce type de déclaration irresponsable risque de coûter très cher à la Belgique et à l’ensemble des travailleurs et des allocataires sociaux.

 

Ainsi, plutôt que de disserter sur les transferts nord-sud, les travailleurs aimeraient bien entendre la NV-A sur d’autres types de transferts (en l’occurrence en faveur des gros fraudeurs) et sur ce que perdent quotidiennement les travailleurs étant donné l’absence de lutte efficace contre la grande fraude fiscale…


Le dossier KBLux –dans lequel la fraude est établie mais dont les preuves ont été récoltées d’une manière jugée irrecevable-, qui va coûter quelque 400 MIO à la collectivité, en est la parfaite illustration.


Il est en effet à craindre que les sommes dues devront être trouvées dans les poches de ceux qui ne maîtrisent ni les techniques financières frauduleuses ni les finesses du droit. »

 

Deuxième étape, le FMI se veut rassurant, tout en maniant le bâton : la Belgique n’est pas le « malade de l’Europe », mais elle doit assainir ses finances publiques et avoir un gouvernement stable (sous entendu pour pratiquer la politique de l’austérité).

 

marches.jpg

 

Les marchés pas aussi perplexes qu'on le pense.

 

Et, troisième étape : patatras ! Standard & Poor’s, une des principales « agences de notation », un de ces flics du capitalisme financier, a placé la note de la Belgique pays sous surveillance « négative », ouvrant la voie à une éventuelle dégradation «d'ici six mois» si un gouvernement n'est pas formé «bientôt». Autrement dit, le capitalisme financier a lancé son ultimatum à la classe politique belge !

 

A quand l’arrivée ?

 

En tout cas, le nationaliste De Wever aura bien mérité des multinationales…

 

Cinquante ans après la grande grève de 1960 -61, il est temps que le monde du travail se réveille !

 

PV

 

 


 

 

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 18:52

Discriminations en Israël entre Juifs !

 

Le ministère israélien de l’Éducation vient d’approuver, il y a quelques jours, la création d’une école « réservée aux Blancs » dans la colonie d’Immanuel, sise dans les territoires palestiniens occupés. Les parents de soixante-quatorze enfants ashkénazes fréquentant cet établissement ont obtenu du ministère de l’Éducation que l’école puisse pratiquer l’apartheid en la « privatisant » !

 

Les origines de cette mesure : la modification de la composition de la population du village d’Immanuel où les sépharades et les juifs d’origine éthiopienne sont de plus en plus nombreux. Cela a entraîné, en 2007, le souhait des parents ashkénazes de l’école Beth-Ya’acov de regrouper leurs enfants dans des classes distinctes et de matérialiser cette différence par des mesures ségrégationnistes extrême : une cour de récréation coupée en deux par un mur pour séparer les enfants Ashkénazes et Sépharades, des entrées séparées pour chaque communauté, des uniformes différents pour reconnaître les uns des autres au premier coup d’œil, et même deux salles des professeurs pour que chez eux non plus les serviettes et les torchons ne se mélangent pas.

 

Les parents sépharades ont réagi. Une plainte a été déposée pour ségrégation. L’affaire est telle qu’elle a abouti à la Cour suprême d’Israël qui a interdit toute action de ségrégation sous peine de prison. Le gouvernement de droite de Netanyahu est coincé dans cette affaire : les parents ashkénazes ont organisé une manifestation de 100.000 personnes. Résultat des courses : il s’est ouvert une école privée pour les enfants ashkénazes (la ségrégation n’est pas interdite dans le secteur privé) et les sépharades sont restés entre eux dans l’école publique.

 

Israël connaît aussi les joies de la privatisation !

 

Les rabbins racistes

 

Trente-neuf rabbins ont signé un jugement religieux, mardi dernier, interdisant aux Juifs d’Israël de vendre ou de louer des propriétés à des non-Juifs. Cette circulaire vise principalement les populations arabes.

 

Le gouvernement a immédiatement réagi à cette déclaration en tous points raciste et antidémocratique. Le jour même de sa promulgation, le 1er ministre Benjamin Netanyahu a condamné cette initiative. « De telles choses ne peuvent pas être dites, ni contre les Juifs ni contre les Arabes. On ne peut déclarer cela dans un pays démocratique, et, particulièrement, dans un pays juif démocratique. L’Etat d’Israël rejette catégoriquement ces appels ».

 

Cette déclaration des rabbins a rapidement pris une dimension nationale. Plusieurs personnes veulent traduire les rabbins concernés en Justice. Une pétition, signée par des intellectuels et des universitaires, exige du procureur général de l’Etat, Yehuda Weinstein, qu’il suspende les rabbins fonctionnaires de l’Etat ayant signé la lettre raciste.

 

L’appel antidémocratique des rabbins ne fait pas non plus unanimité au sein des autorités religieuses. Yosef Shalom Elyashiv, le rabbin dirigeant la communauté orthodoxe non-hassidique, a dénoncé la pétition délictuelle en ces termes : « J’ai dit, il y a quelque temps, qu’il y avait des rabbins qui devraient se voir retirer leur stylo ».

 

Le grand rabbin harédi (ultrareligieux) Aaron Leib Steinmann, a refusé de signer l’injonction hilkhatique, demandant publiquement où se situait la conscience humaine de ces trente-neuf dignitaires religieux.

 

Jeudi 9 décembre, le Procureur général a annoncé qu’il examinerait les éventuels aspects criminels de la déclaration des rabbins.

 

Ce haut magistrat devrait faire un voyage d’études à la frontière linguistique belge. Sans doute cela l’inspirerait !

 

Les étudiants turcs aussi en révolte

 

Il n’y a pas qu’en Angleterre que les étudiants contestent avec fermeté la politique du gouvernement. En effet, en Turquie, le parti AKP (les « Islamistes modérés ») du Premier ministre Erdogan pratique aussi avec délectation l’austérité ultralibérale en augmentant fortement les frais d’études dans les universités turques.

 

Tout a commencé, samedi 4 février 2010, par la répression d’une manifestation étudiante, à Istanbul, aux abords du Palais de Dolmabahçe, où le premier ministre, Recep Tayyip Erdoğan rencontrait les recteurs des universités turques. Les forces de l’ordre ont en effet dispersé les manifestants sans ménagement, d’une façon qui a choqué la presse présente sur les lieux, l’amenant à estimer que la réponse policière avait été manifestement «disproportionnée». Une étudiante enceinte a notamment perdu l’enfant qu’elle attendait, à l’issue d’un tabassage en règle.

 

Ensuite, c’est la très vénérable Faculté des Sciences Politiques d’Ankara, mieux connue sous le nom de «Mülkiye», qui, le 8 décembre, a été le théâtre d’un chahut mémorable. Les principales victimes en ont été deux parlementaires, venus participer à un séminaire sur la réforme constitutionnelle. Süleyh Batum, le secrétaire général du CHP (le parti Kémaliste laïque considéré comme trop mou dans l’opposition), a été en permanence interrompu par des quolibets et a dû finalement renoncer à poursuivre son intervention jusqu’à son terme. Excédé par le comportement des étudiants, il est même allé jusqu’à le qualifier de «fasciste». Quant à l’autre intervenant, Burhan Kuzu, au demeurant président AKP de la Commission constitutionnelle du Parlement, il a été copieusement arrosé d’œufs, et n’a du son salut qu’au mur de parapluies qu’ont généreusement déployé ses gardes du corps pour le protéger. Encore plus en colère que son collègue du CHP, il s’est écrié : «Honte, c’est une honte pour ce pays. Ils devraient plutôt manger tous ces œufs, peut-être que cela permettrait à leur cerveau de mieux fonctionner.» Cela aurait fait une omelette géante, car plus de 200 œufs ont été lancés !

 

Cette contestation étudiante n’a pas pour seul objet de dénoncer les brutalités policières, mais veut surtout attirer l’attention sur les conditions de vie, l’augmentation des droits d’inscription et plus généralement l’inquiétude quant à l’avenir. Enfin, les étudiants exigent d’être représentés au sein des instances responsables de la politique universitaire.

 

Il règne un léger parfum de 68 à Ankara !

 

 

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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 18:28

Zone euro.

 

La monnaie unique a été un pas historique vers un véritable fédéralisme européen, mettant un terme aux jeux spéculatifs d’une monnaie contre l’autre au sein de l’Union. Mais ses promoteurs ont « oublié » l’essentiel : il fallait à une zone monétaire unique une politique unique d’emprunts obligataires, des emprunts européens… On y repense maintenant, un peu tard, et ça ne plait pas à l’Allemagne…

 

Euro.jpg

 

Le monde du travail n'a rien à gagner à l'éclatement de

la zone Euro.

 

L’éclatement de la zone euro est presque impensable, mais les marchés anglo-saxons  y pensent, et les nationalistes « souverainistes » façon Marine Le Pen veulent replonger dans le passé…

 

En attendant, la Banque centrale européenne fait en petit ce que la Fed américaine fait  en grand : elle achète de la dette d’Etat, ça dédramatise…

 

Cantona, WikiLeaks…

 

Il y a quelque chose de commun à ces deux « scandales », c’est la vertueuse réprobation des milieux dirigeants ! Certes, il faut prendre l’initiative Cantona au second degré, on ne va pas mettre nos liards en dessous de notre matelas… Mais manifester à la porte des banques a un sens, comme revendiquer qu’une banque de dépôt cent pour cent publique récolte l’épargne populaire au lieu de la laisser aux affairistes…

 

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Eric Cantona et Julian Assange, les deux "terreurs" actuelles de l'establishment...

 

Et les secrets diplomatiques de WikiLeaks ! Tous en haut lieu s’étranglent d’indignation ! Beaucoup de ce qu’on apprend pouvait être deviné ou subodoré, mais que d’hypocrisie dissipée… Tiens,  rappelons qu’en 1917-18 le gouvernement bolchevik  rendait public les traités secrets des puissances impérialistes de l’époque, responsables de la boucherie de la Grande guerre !

 

Egypte, Libye, Côte d’Ivoire : tristes sires…

 

Le parti du président égyptien Moubarak a raflé la quasi-totalité des sièges aux élections égyptiennes, les moins « libres » qu’on puisse imaginer. Ce grand allié des Etats-Unis met Washington en garde contre l’islamisme dans son pays, mais en barrant le chemin des urnes aux « Frères musulmans », il les rejette vers la violence et le terrorisme, belle logique…Quant à la gauche laïque et même au vieux parti Wafd, ils  sont encore plus redoutés du pouvoir…

 

Ce pharaon (82 ans) rêve, semble-t-il, de fonder une dynastie…

 

Gbagbo_president-1-.jpg         moubarak.jpg

 

kadhafi.jpg

 

Gbagbo, Moubarak, Kadhafi, trois dictateurs ubuesques qui sévissent depuis

trop longtemps au détriment des peuples d'Afrique

 

 

Un autre leader génial du monde arabe, mais un peu mangé par les mites, Kadhafi, a reculé les bornes du cynisme en demandant cinq milliards à l ’Union européenne pour que les pays du Maghreb continuent de refouler (dans les pires conditions) les miséreux de l’Afrique noire qui cherchent à traverser la Méditerranée…

 

A Abidjan, le potentat local,  Laurent Gbagbo (regardé naguère comme « socialiste ») refuse évidemment l’issue d’une élection façon ONU qu’il a perdue… Gbagbo a fondé le concept d’« ivoirité » sur la division ethnique, en mettant la Côte d’Ivoire à feu et à sang. Et ça continue.

 

R.F.

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6 décembre 2010 1 06 /12 /décembre /2010 09:59

Les lois franquistes

 

sont toujours en vigueur. Samedi 4 décembre, les contrôleurs aériens espagnols décident d’arrêter le travail pour protester contre la privatisation de la sécurité aérienne et leur changement de statut sans négociations préalables. Bien sûr, la Presse et les Médias jouent à qui versera la plus grosse larme pour les passagers bloqués. On oublie de mentionner la raison de ce mouvement et surtout que le gouvernement social-démocrate de Zapatero a réagi en se référant à une loi franquiste : les grévistes sont réquisitionnés et contraints de travailler sous la surveillance armée de la guardia civile !

 

Chômeurs délinquants

 

La Libre Belgique du 6 décembre rapporte une étude effectuée à la KUL sur les liens entre la criminalité et la situation économique et sociale. Celle-ci conclut que ce sont les régions le plus touchées par le chômage qui connaissent la plus grande criminalité. "Le problème de cette étude-là", précise Marc Hooghe, le responsable de l’étude,  "est qu’elle n’avait pas intégré le chômage et la pauvreté. Si on intègre le taux de non-emploi, l’on constate que c’est bien lui qui est déterminant plus que les origines de type ethnique".  Ce n’est donc plus « l’étranger » qui est l’auteur des crimes, mais le chômeur. A chaque époque, son bouc émissaire ! En tout cas, voilà une entreprise de criminalisation du chômeur qui annonce des lendemains qui chantent pour les victimes de la crise capitaliste…

 

PV

 

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5 décembre 2010 7 05 /12 /décembre /2010 11:05

Le numéro de novembre - décembre des « Cahiers marxistes » est d’abord un hommage à Rosine Lewin, auquel nous nous associons. Rosine, disparue en juillet dernier (1920-2010) avait participé il y a une dizaine d’années à l’aventure du club J.Kats, prédécesseur du nôtre.

 

rosine_lewin01.png

 

Et on peut lire un récit de sa vie, un  long texte d’elle-même daté de 2003, qui retrace son évolution idéologique avec beaucoup de sincérité et évoque la lente déstalinisation du PCB. Rosine Lewin était une rescapée du génocide nazi : elle indique aussi son rapport à la « question juive ». Un document qui enrichit l’historiographie de la gauche belge.

 

A signaler encore dans ce numéro : de Xavier Dupret (Gresea), une étude sur la crise des banques belges, sur le thème « Où sont passés nos liards ? », par référence au regretté François Martou. Et une analyse très pénétrante du néo-nationalisme flamand sauce NVA, due à André Mommen, marxiste néerlandophone. Plus d’autres contributions dans ce numéro de 200 pages.

 

R.F.

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 22:21

 

A « Osons le socialisme », les problèmes institutionnels ne sont pas notre tasse de thé. Les antagonismes sociaux nous paraissent avoir la priorité absolue sur les oppositions linguistiques ou « ethniques » ! Certains d’entre nous viennent de la mouvance « renardiste » qui liait au fédéralisme des réformes de structure qualifiées à l’époque d’anticapitalistes. Ce fut naturellement une impasse et une désillusion, balayée par les vents mauvais du « néo » libéralisme…Mais il n’y a rien à renier de ce passé.

 

De même, quand on voit aujourd’hui le conciliateur- pré formateur Vande Lanotte organiser d’abord ses caucus entre partis flamands d’un côté et partis francophones de l’autre, il y a lieu de rappeler que ce fut la scission des  grands partis politiques qui détermina la faillite du fédéralisme à la belge, un cas d’ailleurs unique dans les pays à système fédéral…

Même dans une situation aussi grave que de nos jours – la crise gouvernementale permanente- nous voyons le P.S. et le S.P. incapables de formuler au regard du pays un projet de compromis bien à eux, et susceptible de rallier de larges masses de l’opinion…

 

Ces présupposés ne dispensent pas de réfléchir à la situation actuelle, entre illusion belgicaine et scénario-catastrophe (dont raffolent certains journalistes…).  Si jamais il y a une chance de former un gouvernement -pour autant que le mot « chance » soit vraiment adéquat ? – elle  se nomme Vande Lanotte. Le scepticisme domine, la plupart des observateurs voient bien – et juste – que la négociation  patine mais continue, parce qu’aucun des sept partis n’ose prendre la responsabilité de la rompre, pas même la NVA.

 

 Pourtant, il est difficile de nier que l’on tourne autour d’une nouvelle réforme de l’Etat – la quantième déjà ? – dont toute la question est de savoir si c’est en Flandre où en Belgique francophone qu’elle sera jugée la plus critiquable. Ce que l’on sait du « compromis Vande Lanotte » : c’est une étonnante machine à poids et à contrepoids, avec des mesures médianes, des échappatoires, de la transition et des délais. Il consacrerait bien entendu une nouvelle étape dans la scission lente de l’Etat belge, avec une forte dose de régionalisation fiscale, en échange, a-t-on dit du côté francophone, du refinancement de Bruxelles. Pour le PS, c’est « oui » parce que le texte est « amendable ». Mais chacun sait que c’est seulement à la marge...

 

Ce brouet peut-il être comestible ? Plus précisément, la NVA  juge-t-elle aussi que de nouvelles élections n’arrangeraient rien, on veut dire pour elle ?

 

Au milieu de cette incertitude se greffe une nouvelle donnée : un assaut spéculatif faisant grimper le taux des emprunts belges. Mèche allumée par « The Guardian ». On sait que les milieux financiers anglo-saxons n’aiment pas la zone euro…Mais il y a autre chose : tout un monde des entreprises, tout ce qui est inféodé à l’idéologie libérale,  piaffe d’impatience : la Belgique a pris trop de retard ! Où sont les « réformes » qu’on fait ailleurs, concernant les chômeurs, les pensions, les soins de santé, bref les coupes dans les dépenses sociales ?

D’aucuns qui y pensent parlent aussi d’un élargissement des « affaires courantes » …

 

Tout ceci pose clairement la question de la capacité de résistance du PS, et de riposte des deux grandes directions syndicales.

 

Pour finir ici sur le terrain institutionnel : le fédéralisme est territorial. Donc la Région bruxelloise doit être défendue comme telle.

 

Quant au nationalisme en Flandre – et en d’autres parties de l’Europe – il doit beaucoup à l’illusion que, « face à la crise » (multiforme), cela irait mieux en se repliant sur sa petite identité, en étant « entre soi ». Une idée sotte mais qui finalement arrange bien certains milieux patronaux et financiers.

   

Jean Lafont

 

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29 novembre 2010 1 29 /11 /novembre /2010 14:25

Wikileaks : la montagne accouche d’une souris.

 

Que d’histoires fait-on sur les « révélations » de Wikileaks, ce site Internet qui publie régulièrement des documents « secrets » américains sur les guerres en Irak et en Afghanistan et maintenant sur des échanges de câbles diplomatiques entre les ambassades américaines et le Département d’Etat de Washington. Ces dernières soi disant révélations nous apprennent que Sarkozy est « arrogant », « autoritaire », que Merkel a peur de son ombre, que Poutine est un « mâle dominant », que Berlsuconi est un partouzeur. Toutes révélations vraiment non connues du public ! On y dit aussi que la Turquie est mécontente sur la Belgique qui ne persécute pas comme il faut les réfugiés soupçonnés appartenir au PKK, parti nationaliste kurde figurant sur la liste des organisations terroristes ! C’est un scoop ! Saluons au passage le courage de Laurette Onkelinx qui n’a pas cédé aux pressions d’Ankara en la matière…

 

Qui se cache derrière Wikileaks ? N’est-ce pas un coup tordu de l’opposition républicaine pour décrédibiliser Obama ? En attendant d’en savoir plus, Wikileak est vraiment la montagne qui accouche d’une souris…

 

Référendums suisses, il n’y a pas que le racisme !

 

Décidément, les Suisses ne manifestent guère de solidarité à l’égard des étrangers sur leur territoire. Un an après la votation demandant l’interdiction des minarets, voici que la très droitière UPS remet cela avec un référendum demandant la double peine pour les étrangers délinquants : peine pénale exécutée suivie de l’expulsion. Franchement, les Suisses n’on rien à gagner dans ces manifestations racistes. Mais, il y a eu un autre référendum : celui voulu par les Socialistes pour instaurer un « impôt équitable », autrement dit imposer plus fort les riches en diminuant les contributions pour les bas revenus. Très bien, mais inapplicable.

 

La compétence en matière de règlementation fiscale autonome est un des principes fondamentaux de l’indépendance politique et du fédéralisme. «Le fédéralisme consiste dans l’équilibre – garanti par la Constitution – entre l’autonomie et la codécision» selon le Constitutionnaliste suisse Thomas Fleiner. En Suisse, l’autonomie cantonale prime sur la codécision. La répartition des compétences entre la Confédération et les cantons constitue l’essentiel des rapports verticaux et le régime financier en est l’élément central. Selon la Constitution, les compétences de la Confédération sont restreintes par la limitation des objets imposables, les taux d’imposition maximums et les délais. Résultat, même si les Suisses ont rejeté cette initiative, elle aurait été impossible à mettre en œuvre.

 

Il est temps que les Socialistes européens sortent de la démagogie et de leur faiblesse à l’égard de la pensée unique et qu’ils fassent un sérieux travail idéologique.

 

En attendant, le fédéralisme fiscal suisse pourrait sans doute inspirer nos négociateurs de « haut niveau ».

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