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10 janvier 2011 1 10 /01 /janvier /2011 18:06

De quoi je me mêle ?

 

Notre Souverain soi-disant dépouillé de tous ses pouvoirs, vient de donner ses instructions à Yves Leterme, Premier ministre démissionnaire et grand meneur d’affaires courantes, selon l’agence Belga citée par le site de la Libre Belgique.

 

« Le roi Albert II a demandé lundi au premier ministre démissionnaire Yves Leterme que son gouvernement en affaires courantes prépare le budget 2011 « avec comme objectif que le solde de ce budget soit meilleur que celui convenu avec les autorités européennes ».  Et puis, Rudi Thomaes, président de la FEB y est allé de son coup de gueule : « Le monde politique doit prendre le temps pour trouver un accord mais cela a assez duré maintenant. Cela ne peut plus se poursuivre comme cela ! ». Ceci explique sans doute cela.

 

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Rudi Thomaes (FEB) sait qu'il sera entendu !

 

Ainsi donc, le Sire intervient dans les choix politiques du gouvernement en « affaires courantes » – bien sûr dans le sens des diktats néolibéraux de la FEB et de la Commission européenne et même au-delà – pour la confection du budget 2011. On doit faire mieux que ce qu’exige l’Europe ! Voilà l’injonction de Sa Majesté, sans doute en préalable à la formation d’un « gouvernement provisoire » tant désiré par Didier Reynders.

 

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Albert II dicte ses "ordres" à Yves Leterme

 

Le Parlement élu démocratiquement ? Pour mémoire ! Les négociations politiques préalables à la confection de tout budget ? Inutile !

 

Les Saxe Cobourg seraient-ils nostalgiques du bon temps du « despotisme éclairé » de leurs ancêtres ?

 

L’impôt des sociétés, à quoi cela sert ?

 

Notre bon Roi Albert II ferait bien de se préoccuper, dans ses soucis budgétaires, de la perception de l’impôt des sociétés, car, toujours selon la Libre Belgique :

 

« Au cours de l'exercice 2007, 30.474 entreprises belges n'ont pas fait de déclaration à l'impôt des sociétés. En 2008 et 2009, ce chiffre a respectivement atteint 32.019 et 34.445 entreprises, selon un décompte encore provisoire livré par le ministre des Finances Didier Reynders en réponse à une question écrite du député Dirk Van der Maelen (Sp.a).

 

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Dirk Van der Maelen (SPa) : un parlementaire

vigilant

 

Le chiffre pour l'année 2007 de 30.474 entreprises est un peu en-deçà du chiffre de 31.581 enregistré en 2004.

 

11.376 de ces 30.474 entreprises étaient localisées en Flandre, contre 9.833 à Bruxelles et 9.265 en Wallonie, précise encore le ministre des Finances. »

 

Comprimer les dépenses sociales, cela on ne l’oubliera pas. Quant à l’impôt des sociétés, est-ce vraiment nécessaire ? Et puis, il ne faut pas oublier « la compétitivité des entreprises », mon bon Monsieur !

 

PV

 

 

 

 

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9 janvier 2011 7 09 /01 /janvier /2011 16:44

La députée étatsunienne démocrate Gabrielle Giffords, une militante active de la nouvelle législation sur l’assurance maladie obtenue de haute lutte au début 2010, a été froidement abattue samedi 8 janvier par un tireur lors d’un meeting à Tucson, capitale de l’Etat d’Arizona. Elle lutte contre la mort à l'hôpital. Plusieurs personnes assistant à cette réunion ont été tuées ou blessées, dont un enfant et un juge.

 

Gabrielle Giffords âgée de quarante ans est une avocate de Tucson et avait été élue au Congrès américain, une première fois en 2006. Elle a été réélue, pour la troisième fois, lors des élections à mi-mandat de novembre dernier. C’est un exploit dans un Etat réputé pour son racisme, sa haine à l’égard de Washington, sa législation la plus laxiste sur les armes. Mais cette réélection ne se fit pas sans heurts. Madame Giffords fit l’objet de menaces, d’actes de vandalisme à son domicile, d’attaques haineuses depuis l’adoption de la loi sur l’assurance maladie. C’est une démocrate centriste militante. Elle a été en effet parmi les dix-neuf députés démocrates à avoir voté contre la démocrate Nancy Pelosi comme speaker (équivalent de chef de groupe politique) car elle la considérait comme trop conservatrice. Elle critiqua aussi le président Obama qui avait refusé d’envoyer la garde nationale à la frontière avec le Mexique afin de lutter contre l'immigration clandestine mais aussi contre les milices privées qui traquent les Mexicains cherchant à pénétrer aux Etats-Unis.

 

 gabrielle_giffords.jpg

 

Gabrielle Giffords prêtant serment au Congrès de Washington

après avoir été réélue en novembre 2010 à l'élection de mi-mandat

 

 

Le shérif du comté de Pima où le drame s’est déroulé, chargé de l’enquête, a lui-même dénoncé le climat de violence et la « rhétorique incendiaire » qui règne actuellement en Arizona (le « Monde » 9 novembre 2011).

 

carte_sarah_palin.jpg

 

La carte par laquelle Sarah Palin conseilla de voter pour des candidats

"tea party" dans des circonscriptions symboliquement visées par une

cible (l'Etat d'Arizona, avec trois  circonscriptions visées dont celle de

Gabrielle Giffords est en bas à gauche de la carte).

 

Cette tragédie n’est malheureusement pas une surprise. Lors de la campagne électorale de novembre, Sarah Palin, l’ineffable gouverneur d’Alaska, ancienne candidate à la vice-présidence des Etats-Unis et égérie du « tea party » avait diffusé une carte des circonscriptions que les sbires de cette association ultraconservatrice devaient absolument conquérir. Les circonscriptions visées (c’est le cas de le dire !) étaient indiquées par une cible ! Il va sans dire que celle de Gabrielle Giffords figurait sur cette carte. La cible n'a pas été atteinte par la voie démocratique, elle a été touchées ainsi que d’autres victimes par la violence d’un tireur. Voilà où mènent les appels à la haine ! Et Sarah Palin a eu l’indécence de présenter ses condoléances aux victimes de ce carnage !

 

Pierre Verhas

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8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 11:44

Le prophète Frère et les vieux militants

 

Albert Frère, le milliardaire qui a préféré investir en France plutôt qu’en Wallonie d’où il est issu, prédit une catastrophe pour la Belgique si la crise politique n’est pas résolue rapidement. Il avertit : « Les marchés seront impitoyables ! ». (Voir "Le Soir" du 8 janvier 2011)  En clair, les « marchés » - autrement dit les banques – sont les maîtres.

 

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Didier Reynders et Albert Frère : un petit godet

entre amis

 

Pourtant, il y a plusieurs moyens de sortir de cette spéculation qui démolit tout sur son passage. L’un d’entre eux, c’est Chevènement, l’ancien représentant d’une gauche républicaine française, qui l’a proposé : « Il faut qu’on trouve un équilibre entre le principe de solidarité et le principe de responsabilité. Je fais trois propositions : doubler le montant du fond de stabilisation ; permettre à la banque centrale européenne de racheter en quantité des titres pour casser la spéculation ; et étudier les conditions dans lesquelles on pourrait lancer des «eurosbonds». Si par ailleurs, il y a une initiative de croissance au niveau européen, je pense, peut-être qu’on pourrait sauver l’euro. Mais l’Allemagne étant hostile à toutes ces propositions, il y a très peu de chances qu’elles se réalisent. Voilà pourquoi je préconise une mise à l’étude d’un plan B, une sortie organisée de l’euro » (débat entre Jean-Pierre Chevènement et Jacques Julliard sur la gauche et la nation organisé par "Marianne2.fr").

 

 

 Julliard_Chevenement.jpg

 

Jacques Julliard et Jean-Pierre Chevènement : c'est chez les vieux

militants qu'on trouve les meilleures idées.

 

Débat de vieux chevaux de retour ? Non, analyse lucide de deux militants de gauche face à la dictature affairiste. Néanmoins, sortir de l’Euro serait la pire des solutions. Il faut se battre pour convaincre les Allemands de changer de politique en leur montrant que c’est aussi leur intérêt. L’ennui, confier cela à des Sarkozy ou à des Berlusconi, c’est rêver en couleur !

 

Didier au service des banques

 

À propos de Sarkozy, son principal admirateur et supporter en Belgique, Didier Reynders, souhaite la constitution rapide d’un gouvernement aux compétences limitées. Traduisez : un gouvernement de « techniciens » dépolitisés au service des grands intérêts financiers, pardon, des « marchés ».

 

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Didier Reynders décorant Nicolas Sarkozy :

Que de points communs au service des "marchés"...

 

Finalement, quand on voit le copinage entre l’indécrochable grand argentier belge et le lion gavé des Flandres, qui ont becqueté chez « Brunau » (publicité non payée) et puis discouru au très patronal « Cercle de Wallonie » à Namur, il ne faut guère s’étonner.

 

Maintenant, tout le monde admet cette réalité aveuglante : la crise belge est un conflit gauche – droite, sur fond de querelles communautaires. Il a fallu le temps !

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 21:05

Nous étions quelques journalistes ce vendredi 7 janvier, à rendre un dernier hommage, avec sa famille et ses amis, à Didier Caudron. Homme de cœur et de conviction, il était intéressé par notre initiative d’Osons le socialisme, mais la distance l’a empêché d’assister à nos réunions.

 

Ennemi du dogmatisme, il était de gauche, sans forfanterie. Il fut quelque temps conseiller de presse, mais c’est le journalisme qui le passionnait. Et la musique ! Nous penserons encore à lui.

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 20:52

 

Une dictature au sein de l’Union européenne ?

 

Quels lourds symboles dans cette débile présidence tournante de l’Union européenne ! Après celle d’un pays incapable de former un gouvernement, celle d’un pays qui vient de supprimer la liberté de la presse !

 

Le cas hongrois est le plus intéressant pour illustrer l’avenir qui nous menace, pas à Minsk ou à Abidjan, mais ici en Europe occidentale. Si les Hongrois ont massivement voté à droite en avril 2010, c’est à force de dégoût envers une « gauche » qui avait appliqué les pires recettes du FMI : réduction massive des dépenses sociales et des retraites, TVA passée de 20 à 25 %.

 

La droite de Viktor Orban offrait le dérivatif si commun de l’opium nationaliste pour faire oublier la situation sociale. Faut-il remonter au traité de Trianon de 1920, qui amputait la Hongrie à l’excès ? C’était une idiotie comme le traité de Versailles, mais on ne peut quand même pas en revenir aux frontières de 1914…

 

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Viktor Orban surnommé le "Viktateur"

 

Et voyez maintenant les vertueux défenseurs de la « démocratie » et des valeurs libérales, les Barroso et les Van Rompuy, se contorsionner pour ne pas trop fâcher le nouvel homme fort de Budapest – faut-il évoquer Horthy entre les deux guerres ? Ils prennent une moue dubitative, expriment des « doutes », s’entretiennent avec le mouton noir… Déclencher une vraie crise de la présidence de l’Union ? Vous n’y pensez pas, cela ferait mauvaise impression sur les marchés financiers…

 

barroso.jpg van-rompy.jpg

 

Barroso et Van Rompuy : les marchés financiers d'abord, la liberté de la presse, après, peut-être

 

Tunisie : sale temps pour Ben Ali…

 

Les peuples commencent à se révolter partout. Le dictateur tunisien Ben Ali – un bon ami de Sarkozy- est confronté à des mouvements de rue qui débordent sa police politique. A partir du cas d’un infortuné privé de son gagne-pain et qui s’est suicidé par le feu…

 

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Ben Ali : bientôt la fin ?

 

R.F.

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7 janvier 2011 5 07 /01 /janvier /2011 20:37

 

Plus de six mois de crise gouvernementale pour découvrir que la NVA n’aime pas cette négociation avec cinq partis sur sept trop « à gauche » ? Que l’ex grand parti social-chrétien flamand est devenu un satellite de Bart De Wever, sans ligne propre, phagocyté par le nationalisme ? Pour que le président du PS, sans doute quelque peu penaud, mais il faut bien « sauver le pays », doive se résigner à une offre de service au MR ? (On pourrait se demander, mais la grande presse ne le fait pas, à quoi servent encore les élections si les vaincus doivent rester au gouvernement…).

 

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Bart De Wever gagne à tous les coups.

 

 

Nul ne peut ignorer qu’en cas de participation libérale au pouvoir fédéral, le rapport des forces sera moins favorable encore au PS, quand cette équipe, sous couleur de nécessité budgétaire urgente, prendra des décisions dont les exemples ailleurs en Europe indiquent assez le sens… Avec candeur ou avec cynisme, Charles Michel, sans doute le prochain président du MR, déclare à un hebdo que « sur le plan socio-économique, c’est le MR qui est le plus proche de la majorité des partis flamands » (1).

 

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Charles Michel à la NVA : nous sommes

si proches !

 

 A ce jeu, les nationalistes du nord gagnent à tout coup :

 

- Quelle que soit l’issue de la crise, ils n’obtiendront pas moins sur le terrain communautaire que ce que le compromis Vande Lanotte (une merveille d’équilibrisme dans la catégorie des compromis classiques à la belge…) leur garantissait déjà.

 

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Johan Vande Lanotte : l'impossible équilibre

 

- Ils savent que le MR n’a pas vocation de défendre la Sécurité sociale unitaire. Ils obtiendront plus sur ce terrain qu’avec un social-démocrate flamand.

 

- Si la crise ne trouve pas d’issue, leur seule conclusion sera évidemment que le « modèle belge » ne fonctionne plus du tout. Cqfd pour le César flamand. Pourquoi devrait-il « prendre ses responsabilités » ? 

 

Le personnel politique classique doit davantage prendre conscience de la désaffection des masses face à ce « cirque ». Le danger est que cette désaffection profite en dernière analyse à l’espèce de nationalisme populiste qu’incarne De Wever en Flandre, Bossi en Italie du nord, et… Viktor Orban (lire par ailleurs) en Hongrie. Vae Victis, comme dirait précisément le personnage…

 

Et le taux des emprunts belges ? Le gouvernement, d’affaires courantes ou pas, pourra toujours en placer en Chine, cela commence à se faire dans la non Europe…

 

Jean Lafont.

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(1) « Télé Moustique » du 1ier janvier.

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20 décembre 2010 1 20 /12 /décembre /2010 10:40

 

Face aux poncifs, aux clichés, aux idées toutes faites, diffusons le contraire de la pensée unique ! Adresse de contact : fal.roberty@skynet.be

 

Les « primaires » : un système inadéquat pour la gauche…

 

La révolte gronde à travers toute l’Europe, face aux programmes d’austérité à sens unique et aux plans du FMI. A Londres, à Paris, à Berlin, à Rome, les gouvernements s’agrippent  sur des bases politiques de plus en plus fragiles. Voyons le cas français.

 

Lorsque De Gaulle instaura l’élection du chef de l’Etat au suffrage universel, en 1962, cette réforme, taillée sur mesure pour lui, allait faire désormais du président le pivot de toute la vie politique, dans la vieille tradition  bonapartiste de la France. L’usage qu’a fait de la fonction Nicolas Sarkozy -jusqu’à la caricature- est unique en Europe occidentale. La longue parenthèse Mitterrand refermée, l’Elysée est devenu à nouveau un lieu comme inaccessible à la gauche. Pire : au sein du parti socialiste, les courants d’idées se sont affaiblis, se sont transformés en écuries de course pour la « présidentielle ». Même Arnaud Montebourg, héraut d’une « sixième République » a été réduit à ce jeu là.

 

La méthode des « primaires » pour désigner le principal candidat de la gauche, importée d’Italie où elle n’a produit que des déceptions, est-elle une bonne solution ? Ouverte à quiconque se voit électeur vers la gauche, sans être membre d’un parti, elle n’élimine pas les jeux d’appareil. Elle traduit en fait l’américanisation de la vie politique : aux Etats-Unis existent des « open primaries » qui mesurent la popularité des candidats. Le charisme personnel de ceux-ci, non leurs projets, devient l’élément essentiel. Les sondages font office de diktats. C’est la médiacratie.

 

Les « primaires » en France, pour le PS, opposeront et opposent déjà publiquement des candidats, ce qui n’est pas la meilleure manière de rassembler un large front de gauche pour battre Sarkozy.  Rappelons qu’en 2002, Jospin a été éjecté au premier tour à cause de la fragmentation des suffrages : il y avait en tout dix-sept candidats en lice !

 

Qu’en est-il au seuil de 2011 ?

 

De Ségolène Royal, avec ses défauts et ses qualités, on ne peut dire qu’une chose : avoir échoué en 2007 la disqualifie. En Grande-Bretagne, le leader de parti qui est battu aux élections s’efface. L’hypothèque Strauss-Kahn, elle, pèse lourdement sur le PS : comme individu, on peut bien naturellement le préférer à un Sarkozy. Mais si on considère le Fonds monétaire international, qu’il dirige, et ce que sont les programmes du FMI appliqués à la Grèce, à l’Irlande, et ailleurs, il faut bien conclure que Sarkozy et DSK, c’est, pour reprendre un mot célèbre, bonnet blanc et blanc bonnet. Un tel candidat sous le drapeau du PS ne pourrait que diviser la gauche au second tour ! Le travail en profondeur de la première secrétaire Martine Aubry est autrement intéressant, avec une tentative de rénovation idéologique que n’offrent pas François Hollande ni, plus à droite encore, Manuel Valls.

 

A gauche du PS, Jean-Luc Mélanchon peut rassembler au premier tour, et son « populisme » est un bon antidote à celui de l’extrême droite.

 

En Allemagne, en France, en Italie, une social-démocratie qui parait à bout de souffle a quand même la chance, hors des « devoirs » de l’occupation du pouvoir, de pouvoir se mettre enfin en quête d’un programme et d’une perspective, autres que celle, débilitante, de « rassurer les marchés ». Poussées par les révoltes à la base des victimes de la crise financière et de la récession, les organisations syndicales  tentent d’organiser une résistance : un front de gauche uni est un impératif.

  

Robert Falony.

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 21:38

 

Il y a 18 ans, à Rio en 1992, il y avait déjà eu une conférence célèbre pour « sauver la planète », comme on dit. Non : sauver l’humanité sur la planète…Ces 18 ans représentent la somme du temps perdu en décisions minimalistes, en marchandages sordides, en fausses solutions…

 

Au moins, le clan des « climato - sceptiques », largement financé par les magnats du pétrole, est-il aujourd’hui en pleine déroute scientifique…

 

Ce qu’il y a de positif à l’issue de la conférence de Cancun est que le texte final est « onusien », mondialiste : c’est précisément le cadre le plus difficile. La suite est renvoyée à Durban en 2011… Il sera alors moins cinq pour sauver le protocole de Kyoto, dont la Russie et le Japon ont affiché le peu de cas qu’en font leurs dirigeants…

 

L’objectif de maintenir au cours du siècle le réchauffement climatique à la limite des deux pour cent reste affiché… sauf que personne ne peut dire comment, puisque les émissions de CO 2 continuent de croître à un rythme incompatible avec le but recherché…

 

Les voix officielles hésitent à l’avouer, mais depuis la « crise » économique et financière, les bonnes intentions « vertes » ont été tout simplement refoulées au second plan : d’abord la croissance, la compétition, et bien entendu les profits… A Cancun, une seule voix s’est élevée  pour accuser le système capitaliste comme tel : celle de la Bolivie. 

 

evo_morales.jpg

 

Evo Morales, le Président bolivien, n'en reste pas là : il a déposé un recours

à la Cour de Justice de la Haye contre les conclusions de Cancun.

 

Au lieu d’avoir un  marché des quotas de CO 2, il eut fallu que chaque nation face un effort de réduction nette de ses émissions ! Il est vrai que le monde dit en voie de développement était fondé à revendiquer que les nations industrielles les plus polluantes, les Etats Unis en tête, supportent l’effort principal. Mais aujourd’hui il ne faut plus abuser de la notion de sous-développement : la Chine est devenue pratiquement la seconde puissante économique du monde, et pollue autant que l’Amérique…

 

Le spectacle de Washington et de Moscou se renvoyant la balle de la responsabilité centrale n’est qu’une fuite honteuse face à la gravité du problème. Mais peut-être les magnats de l’industrie et les bureaucrates assoiffés de puissance économique ne sont-ils pas tellement émus par des inondations aussi catastrophiques qu’au Pakistan, par les incendies, par les cyclones plus fréquents : ce ne sont pas eux qui seront jetés sur les routes…

                                                  

Robert Falony

 

 

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14 décembre 2010 2 14 /12 /décembre /2010 21:18

Le leader de la NV-A qui est le maître du jeu par la faiblesse de ses partenaires flamands comme francophones, adore jouer se payer leurs nerfs.

 

Il souffle le chaud et le froid. Devant les patrons de l’Union wallonne des entreprises à Namur, il se veut rassurant en leur promettant un programme bien néolibéral. Devant la presse, il jure ses grands dieux qu’il ne programme pas la fin de la Belgique. Cela, c’est le prologue.

 

De-Wever.gif

 

Bart De Wever, le nationaliste, ouvre en grand

la porte au capitalisme international.

 

Mais les choses s’accélèrent et se déroulent ensuite en trois étapes.

 

Première étape, l’interview au Der Spiegel où il déclare que la Belgique est le « malade de l’Europe ».

 

Voici l’analyse de la FGTB.

 

 

« La N-VA veut faire plonger économiquement la Belgique et les travailleurs.

 

La FGTB a pris connaissance des déclarations du leader de la N-VA à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel. Ces tentatives d’humiliation n’émeuvent plus personne.

Pour le syndicat, les propos tenus par l’un des négociateurs en vue de la formation d’un gouvernement sont mensongers et irresponsables. Mensongers, parce que la Belgique n’est pas malade et qu’elle a justement limité les dégâts face à la crise. Elle doit d’ailleurs sa bonne résistance, entre autres, à son modèle de sécurité sociale, à l’indexation automatique des salaires, à son salaire minimum ainsi qu’à ses services publics accessibles.

 

Les considérations de la N-VA sont aussi indécentes vis-à-vis du monde du travail et singulièrement des interlocuteurs sociaux qui tentent de négocier un Accord interprofessionnel dans un contexte de plus en plus difficile.

De tels propos ne peuvent viser qu’à affaiblir la situation économique et sociale de notre pays qui serait alors financièrement pénalisé, tant au nord, au sud et qu’au centre du pays !


Pour la FGTB, ce type de déclaration irresponsable risque de coûter très cher à la Belgique et à l’ensemble des travailleurs et des allocataires sociaux.

 

Ainsi, plutôt que de disserter sur les transferts nord-sud, les travailleurs aimeraient bien entendre la NV-A sur d’autres types de transferts (en l’occurrence en faveur des gros fraudeurs) et sur ce que perdent quotidiennement les travailleurs étant donné l’absence de lutte efficace contre la grande fraude fiscale…


Le dossier KBLux –dans lequel la fraude est établie mais dont les preuves ont été récoltées d’une manière jugée irrecevable-, qui va coûter quelque 400 MIO à la collectivité, en est la parfaite illustration.


Il est en effet à craindre que les sommes dues devront être trouvées dans les poches de ceux qui ne maîtrisent ni les techniques financières frauduleuses ni les finesses du droit. »

 

Deuxième étape, le FMI se veut rassurant, tout en maniant le bâton : la Belgique n’est pas le « malade de l’Europe », mais elle doit assainir ses finances publiques et avoir un gouvernement stable (sous entendu pour pratiquer la politique de l’austérité).

 

marches.jpg

 

Les marchés pas aussi perplexes qu'on le pense.

 

Et, troisième étape : patatras ! Standard & Poor’s, une des principales « agences de notation », un de ces flics du capitalisme financier, a placé la note de la Belgique pays sous surveillance « négative », ouvrant la voie à une éventuelle dégradation «d'ici six mois» si un gouvernement n'est pas formé «bientôt». Autrement dit, le capitalisme financier a lancé son ultimatum à la classe politique belge !

 

A quand l’arrivée ?

 

En tout cas, le nationaliste De Wever aura bien mérité des multinationales…

 

Cinquante ans après la grande grève de 1960 -61, il est temps que le monde du travail se réveille !

 

PV

 

 


 

 

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11 décembre 2010 6 11 /12 /décembre /2010 18:52

Discriminations en Israël entre Juifs !

 

Le ministère israélien de l’Éducation vient d’approuver, il y a quelques jours, la création d’une école « réservée aux Blancs » dans la colonie d’Immanuel, sise dans les territoires palestiniens occupés. Les parents de soixante-quatorze enfants ashkénazes fréquentant cet établissement ont obtenu du ministère de l’Éducation que l’école puisse pratiquer l’apartheid en la « privatisant » !

 

Les origines de cette mesure : la modification de la composition de la population du village d’Immanuel où les sépharades et les juifs d’origine éthiopienne sont de plus en plus nombreux. Cela a entraîné, en 2007, le souhait des parents ashkénazes de l’école Beth-Ya’acov de regrouper leurs enfants dans des classes distinctes et de matérialiser cette différence par des mesures ségrégationnistes extrême : une cour de récréation coupée en deux par un mur pour séparer les enfants Ashkénazes et Sépharades, des entrées séparées pour chaque communauté, des uniformes différents pour reconnaître les uns des autres au premier coup d’œil, et même deux salles des professeurs pour que chez eux non plus les serviettes et les torchons ne se mélangent pas.

 

Les parents sépharades ont réagi. Une plainte a été déposée pour ségrégation. L’affaire est telle qu’elle a abouti à la Cour suprême d’Israël qui a interdit toute action de ségrégation sous peine de prison. Le gouvernement de droite de Netanyahu est coincé dans cette affaire : les parents ashkénazes ont organisé une manifestation de 100.000 personnes. Résultat des courses : il s’est ouvert une école privée pour les enfants ashkénazes (la ségrégation n’est pas interdite dans le secteur privé) et les sépharades sont restés entre eux dans l’école publique.

 

Israël connaît aussi les joies de la privatisation !

 

Les rabbins racistes

 

Trente-neuf rabbins ont signé un jugement religieux, mardi dernier, interdisant aux Juifs d’Israël de vendre ou de louer des propriétés à des non-Juifs. Cette circulaire vise principalement les populations arabes.

 

Le gouvernement a immédiatement réagi à cette déclaration en tous points raciste et antidémocratique. Le jour même de sa promulgation, le 1er ministre Benjamin Netanyahu a condamné cette initiative. « De telles choses ne peuvent pas être dites, ni contre les Juifs ni contre les Arabes. On ne peut déclarer cela dans un pays démocratique, et, particulièrement, dans un pays juif démocratique. L’Etat d’Israël rejette catégoriquement ces appels ».

 

Cette déclaration des rabbins a rapidement pris une dimension nationale. Plusieurs personnes veulent traduire les rabbins concernés en Justice. Une pétition, signée par des intellectuels et des universitaires, exige du procureur général de l’Etat, Yehuda Weinstein, qu’il suspende les rabbins fonctionnaires de l’Etat ayant signé la lettre raciste.

 

L’appel antidémocratique des rabbins ne fait pas non plus unanimité au sein des autorités religieuses. Yosef Shalom Elyashiv, le rabbin dirigeant la communauté orthodoxe non-hassidique, a dénoncé la pétition délictuelle en ces termes : « J’ai dit, il y a quelque temps, qu’il y avait des rabbins qui devraient se voir retirer leur stylo ».

 

Le grand rabbin harédi (ultrareligieux) Aaron Leib Steinmann, a refusé de signer l’injonction hilkhatique, demandant publiquement où se situait la conscience humaine de ces trente-neuf dignitaires religieux.

 

Jeudi 9 décembre, le Procureur général a annoncé qu’il examinerait les éventuels aspects criminels de la déclaration des rabbins.

 

Ce haut magistrat devrait faire un voyage d’études à la frontière linguistique belge. Sans doute cela l’inspirerait !

 

Les étudiants turcs aussi en révolte

 

Il n’y a pas qu’en Angleterre que les étudiants contestent avec fermeté la politique du gouvernement. En effet, en Turquie, le parti AKP (les « Islamistes modérés ») du Premier ministre Erdogan pratique aussi avec délectation l’austérité ultralibérale en augmentant fortement les frais d’études dans les universités turques.

 

Tout a commencé, samedi 4 février 2010, par la répression d’une manifestation étudiante, à Istanbul, aux abords du Palais de Dolmabahçe, où le premier ministre, Recep Tayyip Erdoğan rencontrait les recteurs des universités turques. Les forces de l’ordre ont en effet dispersé les manifestants sans ménagement, d’une façon qui a choqué la presse présente sur les lieux, l’amenant à estimer que la réponse policière avait été manifestement «disproportionnée». Une étudiante enceinte a notamment perdu l’enfant qu’elle attendait, à l’issue d’un tabassage en règle.

 

Ensuite, c’est la très vénérable Faculté des Sciences Politiques d’Ankara, mieux connue sous le nom de «Mülkiye», qui, le 8 décembre, a été le théâtre d’un chahut mémorable. Les principales victimes en ont été deux parlementaires, venus participer à un séminaire sur la réforme constitutionnelle. Süleyh Batum, le secrétaire général du CHP (le parti Kémaliste laïque considéré comme trop mou dans l’opposition), a été en permanence interrompu par des quolibets et a dû finalement renoncer à poursuivre son intervention jusqu’à son terme. Excédé par le comportement des étudiants, il est même allé jusqu’à le qualifier de «fasciste». Quant à l’autre intervenant, Burhan Kuzu, au demeurant président AKP de la Commission constitutionnelle du Parlement, il a été copieusement arrosé d’œufs, et n’a du son salut qu’au mur de parapluies qu’ont généreusement déployé ses gardes du corps pour le protéger. Encore plus en colère que son collègue du CHP, il s’est écrié : «Honte, c’est une honte pour ce pays. Ils devraient plutôt manger tous ces œufs, peut-être que cela permettrait à leur cerveau de mieux fonctionner.» Cela aurait fait une omelette géante, car plus de 200 œufs ont été lancés !

 

Cette contestation étudiante n’a pas pour seul objet de dénoncer les brutalités policières, mais veut surtout attirer l’attention sur les conditions de vie, l’augmentation des droits d’inscription et plus généralement l’inquiétude quant à l’avenir. Enfin, les étudiants exigent d’être représentés au sein des instances responsables de la politique universitaire.

 

Il règne un léger parfum de 68 à Ankara !

 

 

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