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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 22:15

 

 

Le lecteur pardonnera la longueur de cet article. Afin de bien comprendre la difficulté de ce dossier qui entraîne tout un peuple qui n’a comme choix que l’exil, ou demeurer sous le joug d’une armée d’occupation, il faut en faire l’historique et comprendre les enjeux géopolitiques et économiques du conflit du Sahara occidental.

 

Le jeudi 7 octobre, la régionale de Bruxelles des Femmes Prévoyantes Socialistes (FPS) présentait une exposition de photographies sur les camps de réfugiés Sahraouis dans le désert du Sud de l’Algérie. Cette manifestation était animée par Dominic Brumagne, animateur de FAM (Formation Action Militante). En effet, chaque été, les FPS reçoivent une vingtaine d’adolescents vivant dans ces camps pour leur permettre d’avoir un autre regard sur le monde, de passer les mois chauds dans de bonnes conditions et, dans certains cas, pour leur prodiguer certains soins médicaux qu’ils ne peuvent avoir sur place.

 

En 2009, les FPS ont donné un appareil de photos jetable à chacun des enfants avec pour « mission » de photographier leur « quotidien » dans ces camps de réfugiés qui sont leur seule maison. En été 2010, ils rapportèrent les appareils photos et la section de Jette des FPS s’est chargée de faire développer les films. Les enfants purent ainsi voir les photos qu’ils avaient prises et il leur fut demandé d’attribuer à chacune une légende. Ce sont ces photographies qui font l’objet de l’exposition.

 

L’inauguration eut lieu en présence de Madame Mariem Salma, députée au Parlement sahraouis en exil et de Monsieur Salek Abderrahman, représentant du Front Polisario pour la Belgique et le Luxembourg. Après avoir regardé les œuvres photographiques des jeunes réfugiés,  Madame Salma et Monsieur Abderrahman ont exposé, à l’occasion d’un débat informel, la situation dramatique des réfugiés et les perspectives d’avenir pour leur pays, le Sahara occidental.

Remontons le temps. Le Sahara occidental est un territoire de 267.000 km2 situé au Sud-est du Maroc et à l’Est de la Mauritanie. Il a en plus une frontière de quelque 40 km avec l’Algérie. Il fut de 1884 à 1975 une colonie espagnole. En 1973, des Sahraouis indépendantistes fondent le Front Polisario qui signifie Front Populaire de Libération de Saguia el-Hamra et du Rio de Oro, il est issu d’un mouvement plus ancien fondé en 1967, le Front de libération du Sahara. Le Front Polisario est parvenu à fédérer les différents courants au sein du mouvement autonomiste, ce qui lui permit d’entamer une lutte plus efficace contre le colonialisme de l’Espagne franquiste. En 1975, le régime fasciste espagnol affaibli est contraint de promettre non pas l’indépendance, mais l’autodétermination du Sahara occidental.  Ce fut fait à l’occasion du traité de Madrid signé par l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie. Cet accord contenait les germes d’une guerre qui est loin d’être terminée aujourd’hui, le Maroc et la Mauritanie se partageant le territoire du Sahara occidental qui leur fut donnés par l’Espagne.

 

Marche « verte » ou « rouge » ?

 

Le 6 novembre 1975, le roi Hassan II du Maroc organise une « marche verte » à laquelle participent 300.000 Marocains afin d’occuper le Sahara occidental, les Espagnols encore présents fermant les yeux. Ce fut en réalité une expédition sanglante. Il y eut des massacres et des pillages sans que la « communauté » internationale ne lève le petit doigt. C’est pourquoi les Sahraouis qualifient cette « marche » de rouge, rouge  du sang de leur peuple. Pendant ce temps, la Mauritanie occupe le Sud du territoire.

Le Front Polisario rentre dès lors en lutte armée. Il emporte des succès militaires surtout sur les Mauritaniens. Dans la portion de territoire qu’il occupe, à l’Est du Sahara occidental, le Polisario proclame la République Arabe Démocratique Sahraouie.  En 1979, déstabilisée par cette défaite, la Mauritanie abandonne ses prétentions. Le Maroc, lui, poursuit et amplifie l’occupation de la plus grande partie du territoire su Sahara occidental.

 

Le trône et le phosphate

 

Plusieurs raisons poussent le Maroc à poursuivre cette violente occupation. Le régime chérifien est à la merci d’une déstabilisation, aussi voit-il dans cette guerre un excellent moyen de se refaire une aura auprès du peuple marocain. En poussant la fibre nationaliste, le trône désarme les partis de gauche qui sont mal à l’aise dans cette question et il éloigne l’armée vers le Sud, armée ainsi légitimée mais qui pourrait constituer un danger mortel pour la monarchie de Rabat, comme ce fut le cas lors du putsch de 1971. Durant la décennie 1970 – 80, le Maroc refuse de céder un pouce du territoire Sahraoui. En 1981, sous la pression de l’ONU, Hassan II accepte le principe d’un référendum sur l’autodétermination, tout en proposant aux chefs tribaux de faire allégeance. La guérilla menée par le Front Polisario est de plus en plus menaçante. L’armée se livre alors à une répression sanglante. Les pires exactions sont commises : massacres, disparitions de prisonniers, assassinats d’hommes et de femmes jetés d’hélicoptères, etc. Le Front Polisario est repoussé vers l’Est, dans le désert. Un mur est construit pour « protéger » les territoires habités et surtout les gisements de phosphates du Sahara occidental qui permettent ainsi au Maroc d’être le troisième producteur mondial (les deux premiers étant les Etats-Unis et la Chine). Le Maroc est également autorisé à faire des recherches pétrolières en ce territoire. En d’autres termes, la monarchie chérifienne peut en toute impunité piller les ressources du Sahara occidental et se livrer à toutes les exactions à l’égard d’une population martyrisée.

Mohammed VI n’a rien à craindre non plus de la part des défenseurs occidentaux des Droits de l’Homme. Pas un mot d’un tonitruant philosophe germanopratin et de ses sbires. Il est vrai que lorsqu’on possède une riad au Maroc, on est forcément tenu à un certain « devoir de réserve »… Encore une fois, les Droits de l’Homme sensés être universels, sont à géométrie variable.

 

Le mur de la honte et la République en exil

 

Le mur (appelé aussi « de la honte » par les Sahraouis), le plus long avant la grande muraille de Chine, isole complètement l’Ouest du Sahara occidental. Le Front Polisario se divise : des Sahraouis de Tindouf rallient le Maroc, répondant ainsi à l’appel du roi « à rejoindre la patrie clémente et miséricordieuse ». Plus de 160.000 Sahraouis fuient vers l’Est et se réfugient dans le désert au Sud de l’Algérie, dans la région de Tindouf. Des camps rudimentaires sont construits. Ces hommes, ces femmes, ces enfants sont désormais dépendants de l’aide humanitaire pour leur survie.

 

Cependant, le Front Polisario y organise la République Arabe Sahraouie avec un gouvernement, un Parlement, un pouvoir judiciaire. Ce parlement compte 53 députés dont 18 femmes. Il est élu au suffrage universel et les camps sont organisés administrativement en provinces, départements, etc. Cette organisation assure la cohérence de la population réfugiée et permet de mieux organiser l’aide humanitaire. Ce pouvoir, bien sûr, ne dispose d’aucun moyen propre. Il vit de l’aide humanitaire, particulièrement de celle de l’Algérie, mais aussi de plusieurs ONG sur place, dont Oxfam Belgique qui est présente depuis 1976. e gouvernement assure essentiellement l’éducation et la santé. Des dispensaires existent dans tous les camps et il y a une certaine scolarité. Les jeunes Sahraouis qui en ont les capacités, sont admis dans les Universités algériennes.

 

AFRIQUE-SaharaOccidental-01-01.jpg

 

Carte du Sahara occidental : la flèche indique la direction de la marche verte. La partie Ouest en jaune strié représente la zone occupée par l'armée marocaine. La ligne rouge grenat qui sépare l'Ouest de l'Est représente le  mur. La partie verte est aux mains du front Polisario. On aperçoit Tindouf près de la frontière algérienne où se trouvent les camps de réfugiés Sahraouis.

 

La reconnaissance virtuelle

 

L’objectif du Maroc est de faire inscrire le conflit avec le Sahara occidental dans une logique de politique intérieure et ainsi lui retirer son caractère international. L’ONU tente alors de débloquer la situation en proposant aux deux parties un plan de paix prévoyant un référendum sur l’autodétermination. La situation reste bloquée car l’ONU considère le Sahara occidental comme une entité autonome mais non comme un Etat indépendant. Cependant l’ONU impose en 1988 un plan de paix entre le Maroc et le Front Polisario prévoyant un cessez-le-feu et un référendum d’autodétermination. Hassan II accepte de l’organiser en 1992. Cette consultation n’a jamais eu lieu car il fut impossible d’avoir un accord sur la composition du corps électoral. Mais la véritable raison est que le résultat de ce référendum consacrerait la victoire franche et définitive de l’un des deux protagonistes du conflit. Le Front Polisario serait sans aucun doute le vainqueur de ce scrutin. Or, le Maroc considère que le Sahara occidental, au nom de ses « droits historiques » est partie intégrante de son territoire.

 

La tension Maroc – Algérie

 

Dès le départ, l’Algérie, le puissant voisin ennemi – ami du Maroc, a soutenu les Sahraouis. Le régime chérifien n’a pas réagi à ce soutien tablant sur un affaiblissement de son voisin lors de la guerre civile des années 1990. En 1998, Abdelaziz Bouteflika est élu pour la première fois président de la République algérienne. Il maintient, en dépit de l’espoir des Marocains, son appui aux Sahraouis et la reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique  (RASD). En 2004, c’est autour de l’Afrique du Sud de reconnaître la RASD. Cela a pour conséquence, non seulement un plus grand rapprochement entre les deux voisins, mais aussi un isolement de Rabat. La RASD fait désormais partie de l’Union des Etats Africains tout en n’étant pas reconnue par toutes les nations d’Afrique.

 

Le conflit a un effet sérieux sur l’économie du Maghreb. En 1989 est fondée l’Union du Maghreb arabe regroupant le Maroc, la Mauritanie, l’Algérie, la Tunisie et la Lybie. Cette Union est destinée à créer une zone de libre échange entre ces cinq pays, dans l’idée de constituer la puissance économique du Grand Maghreb. Avec le conflit du Sahara occidental et la mésentente entre le Maroc et l’Algérie, cette Union est mort née. Cela a un coût social et économique considérable pour ces pays. Le « coût du non – Maghreb » concerne des secteurs essentiels comme l’énergie, les banques, les transports, l’agroalimentaire, l’éducation, la culture, le tourisme. Le commerce entre les Etats d’Afrique du Nord représente 1,3 % de leurs échanges extérieurs. C’est le taux le plus bas du monde ! Les conséquences en sont catastrophiques. Si la population peu âgée du Maghreb dispose d’une qualification qui a beaucoup augmenté depuis les indépendances et si les taux de naissance et de mortalité sont devenus beaucoup plus faibles, 50 % des jeunes sont sans emplois. « Remédier à ce déferlement exigerait, pendant deux décennies, un rythme de croissance plus élevé que celui de la Chine » (Francis Ghiles, Le « non-Maghreb coûte cher au Maghreb », le Monde diplomatique, janvier 2010). Or, les frontières fermées coûtent à ces pays la perte de deux points de croissance. Et des milliers de jeunes s’en vont chercher en Europe, souvent au péril de leur vie, une vie qu’ils croient meilleure et plus active.

 

Voilà ce que peut indirectement provoquer un conflit où par avidité et orgueil national exploités par une monarchie totalitaire, un peuple entier est martyrisé.

 

Les Etats-Unis et la France

 

Les « puissances » jouent un rôle négatif en l’espèce. Les Etats-Unis montrent une grande prudence en cette question. D’un côté, ils soutiennent le Maroc comme pays « ami » de l’occident – ils avaient accepté l’occupation du Sahara occidental par le Maroc en 1975, en raison de la « guerre froide –, mais d’un autre, l’Algérie leur est un puissant allié dans la « lutte contre le terrorisme ». Donc, Washington a toutes les cartes en main pour « persuader » les parties prenantes au conflit saharien de parvenir à un accord viable et durable mais rien ne bouge.

 

La France, quant à elle, a une attitude beaucoup plus négative. Jacques Chirac et puis Nicolas Sarkozy soutiennent ouvertement la position marocaine sur ce dossier. Il est vrai que la France a de puissants intérêts économiques au Maroc, bien plus qu’en Algérie. Elle est en concurrence avec les Etats-Unis qui cherchent à créer une vaste zone de libre échange avec l’Algérie, le Maroc et la Tunisie. Tout cela rappelle les pires moments de l’ère coloniale !  Par l’intermédiaire de James Baker, l’ancien secrétaire d’Etat américain au moment de la guerre du Golfe, nommé représentant spécial de l’ONU, propose en 2003 un plan quinquennal d’un statut de semi-autonomie du Sahara occidental en attendant l’organisation d’un référendum sur la question de l’indépendance. L’Algérie et le Front Polisario ont accepté ce plan, évidemment rejeté par le Maroc.

 

En 2007, le congrès du Polisario a exigé le départ de la MINUSRO (la Mission des Nations Unies aux Sahara Occidental), mais l’exécutif du Front n’exerça aucune pression en ce sens. En 2011, il y aura un nouveau congrès et si rien  n’a bougé, il y a fort à parier que la position du Front se radicalisera et que le cessez-le-feu  datant de 1991 et surveillé par la MINUSRO sera caduc et les armes reparleront.

 

Ce sont surtout les jeunes générations qui ont recours à la résistance pacifique active et ont réussi à alerter la communauté internationale sur les violations des Droits de l’Homme. Une militante Aminatou Haidar  a fait une grève de la faim en novembre 2009 en Espagne, le Maroc lui interdisant de revenir au Sahara occidental. Elle acheva son action fin décembre 2009 et fut admise à rentrer en son pays. Cette action a sensibilisé l’opinion internationale sur la question des Droits de l’Homme dans ce pays et Christopher Ross, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU a demandé le 28 janvier dernier d’inclure la surveillance du respect des Droits de l’Homme dans la MINURSO.

 

Une autre vision de la diplomatie et de… la politique

 

Il est temps que l’on éradique des relations entre les peuples, le néo-colonialisme dont le Maroc, la France et, dans une moindre mesure, les Etats-Unis, font preuve dans ce conflit.

 

Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est fondamental. On ne peut violer les Droits de l’Homme au nom d’une occupation injuste et sans justification sinon géopolitique. Les Sahraouis doivent avoir leur autodétermination et disposer de leurs ressources. C’est l’intérêt de tous !

 

Le phosphate du Sahara occidental ne vaut pas  la violation permanente des Droits de l’Homme et aussi le blocage d’un projet aussi important que l’Union du Maghreb arabe qui, seul, pourrait provoquer le boom économique indispensable au développement de cette région et à l’amélioration du sort des peuples qui l’habitent.

 

En Belgique, la gauche ne bouge pas, de peur sans doute de se mettre à dos l’importante communauté marocaine. La politique de l’autruche n’est certes pas la bonne. Il faut avoir le courage de débattre et de dire que nos principes fondamentaux excluent que l’on ne tienne compte des Droits de l’Homme et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il est d’ailleurs de l’intérêt du peuple marocain de trouver un accord en la matière et de tenir compte de la volonté d’indépendance du Sahara occidental.

 

Vingt ans d’exil, cela suffit, disent les jeunes Sahraouis ! Les graves violations des Droits de l’Homme doivent être punies. Le pillage des ressources (le phosphate et la pêche) doit cesser. Les Sahraouis ont droit à l’indépendance s’ils le désirent.

 

En tout cas, Madame la Députée Salma et Monsieur Abderrahman nous ont donné une fameuse leçon. Voilà un peuple qui a réussi à organiser en exil un régime démocratique et égalitaire. Par ses traditions de peuple nomade, la femme joue un rôle majeur dans la société, tous sont de fidèles Musulmans tolérants, sans intégrisme.

 

Par l’immobilisme, le sang risque de couler à nouveau. Et cette fois, nul ne pourra ignorer les responsabilités. On peut l’éviter. Il suffit d’un minimum de courage.

 

 

Pierre VERHAS

 

Sources :

 

- Yahia H. Zoubir, Le conflit du Sahara occidental enjeux régionaux et internationaux, CERI CNRS, Sciences Po., Paris, mars 2010

 

- Catherine Graciet, Sahara occidental : les enjeux du conflit, Cybercopie, mars 2004

 

- Kadija Finan, L'inextricable conflit du Sahara occidental, le Monde Diplomatique, janvier 2008

 

- Francis Ghiles, le "non-Maghreb" coûte cher au Maghreb, le Monde diplomatique, janvier 2010

 

- Le film "La République en exil" qui fut projeté lors de l'exposition. Il retrace l'histoire du Sahara occidental et montre la vie dans les camps de réfugiés, avec des interviews des exilés et du président du Front Polisario.

 

 

 

 

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 11:16

 

Un Tchernobyl :

 

 c’est ainsi qu’on peut qualifier l’irruption  des boues rouges de l’aluminium en Hongrie, qui menace tout le cours du Danube en aval. Après BP et le golfe du Mexique, c’est la seconde grande catastrophe industrielle de l’année : le profit toujours avant la sécurité !

 

Observons que le si nationaliste Orban en est réduit à faire appel à l’aide internationale…

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 17:25

Solvay : je ne sais vraiment pas pourquoi, pourquoi…

 

Le 29 juillet 2010, Solvay affichait un résultat à la limite de l’indécence en ces temps de morosité économique : augmentation du chiffre d’affaire hors activités pharmaceutiques de 32 % par rapport au 2e trimestre 2009 ! Historique !

 

Par contre, banal comme jamais, cela est accompagné quelques semaines plus tard d’une « procédure Renault ». La bonne vieille société paternaliste fondée par Ernest Solvay, surnommée « cœur business » a évolué en « core business ». On a augmenté les dividendes des actionnaires pendant que les salaires au dessus de la moyenne, rejoignait la médiane des rémunérations nationales, avec en prime (si on veut dire !), les suppressions des avantages sociaux divers dont bénéficiaient les employés.

 

Tout y est passé : dégraissement du personnel barémisé sous la forme d’une convention d’entreprise de retraites anticipées (socialisons les pertes, privatisons les bénéfices !), suppression de plusieurs centaines de postes de travail, fractionnement de la société Solvay en « business units » indépendantes avec saucissonnage de la comptabilité et éjection de la délégation syndicale, chaque nouvelle « unité » n’ayant pas le personnel suffisant pour qu’il y ait un Conseil d’entreprise.

 

Dernière étape : délocalisation du secteur recherche et développement et de l’administration de Solvay qui restait encore ancré à Ixelles. Et en prime une procédure Renault pour quelque 150 départs supplémentaires ne rentrant pas dans la convention collective.

 

Et comme par hasard, le permanent du secteur industrie du SETCa FGTB de Bruxelles a été licencié, laissant les délégués syndicaux sans appui réel de l’organisation syndicale.

 

Le dernier fleuron industriel de la vieille Belgique s’effrite. Les victimes de première ligne, comme d’habitude, sont les travailleurs. Solvay : Capital un ! Travail zéro !

 

Mais non, qu’allez-vous voir là ? Ce ne sont que coïncidences…

 

Le « Peuple » volé

 

Les plus anciens se rappellent le « Soir volé » pendant la guerre, qui par la trahison de quelques journalistes, s’est mis au service de l’occupant, dont des Résistants ont fait, au coût de leur vie pour quelques-uns, un « faux » Soir favorable à la Libération afin de laver cet affront à la liberté de la Presse.

 

Eh bien ! L’histoire bégaye. Michaël Modrikamen, le vrai faux éjecteur du très droitier PP (Petit Parti, ou Parti Populaire pour les intimes) veut relancer le titre « Le Peuple », organe du Parti Ouvrier, puis du Parti Socialiste, disparu en 1998 et fondé par des syndicalistes 150 années plus tôt.

 

« Le Peuple » fut porteur de valeurs défendues dans certains cas au prix de leur vie, de leur santé, de leur liberté, par des militants syndicalistes et politiques aspirant à un monde meilleur et plus solidaire. Et voilà qu’un poujadiste ayant maille à partir avec la Justice, porteur du message le plus abject, rachète ce titre prestigieux et ose en abuser pour assumer ses ambitions inavouables !

 

Ce « Peuple volé » ne durera pas !

 

Pierre Verhas

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 16:33

Jérôme Kerviel a été condamné à 3 ans fermes et 5 milliards d’euros d’indemnités ; la Société Générale, non seulement lavée de toute faute, mais présentée en victime. Le scandale est énorme. Jamais aucune multinationale, aucun PDG, aussi criminels soient-ils, n’ont été condamnés aussi lourdement que le lampiste Kerviel.

 

Catastrophe de Bopal  20.000 morts, 400 millions de

dollarsd’indemnités à la charge d’Union Carbide. Marée noire de l’Erika : Total a payé 92 millions d’euros d’indemnités. Catastrophe d’AZF Toulouse (31 morts) : 2 milliards d’indemnités, sans même une condamnation. Seul le fonds d’indemnisation des travailleurs forcés du nazisme a atteint les 5 milliards d’euros, dont la moitié seulement à la charge des groupes industriels et bancaires allemands.

 

Plus récemment, les banques internationales ont provoqué une crise financière qui a coûté des milliers de milliards de dollars et d’euros aux contribuables (les plans de sauvetage) et aux populations (le coût de la récession), provoquant une flambée du chômage et de l’austérité en Europe et aux Etats-Unis. Banquiers, PDG de fonds spéculatifs, « régulateurs » comme MM. Greenspan, Trichet et autres : aucun des responsables de cette dernière catastrophe n’a été inquiété. Tous continuent à bénéficier de leurs bonus, stock-options, parachutes dorés, et – pour ceux qui ont cessé leur activités coupables – de leurs retraites-chapeaux. Pratiquement rien n’a été fait - malgré les fanfaronnades du G20 - pour empêcher que cela recommence.

 

La Société Générale ne pouvait pas ignorer les pratiques de ses traders, Kerviel compris. Elle est la banque française la plus engagée dans les activités spéculatives à hauts risques, elle exige des rendements hallucinants à ses opérateurs : l’affaire Kerviel n’a pas éclaté par hasard à la Société Générale. Profitant des très faibles taux d’intérêt pratiqués par la Banque centrale européenne, la banque a réalisé 2,2 milliards d’euros de profits au seul premier semestre 2010. Notamment en achetant des obligations émises par les États grec, portugais et espagnol, qui doivent payer des taux d’intérêt exorbitants du fait de la spéculation. Jusqu’à quand cela va-t-il durer ?

 

Quelle que soit la responsabilité de Jérôme Kerviel, celle de son employeur et du système financier en général est infiniment plus lourde. Ce jugement illustre jusqu’à la caricature la complaisance des institutions – tribunaux, gouvernements et Parlements – vis-à-vis des dérives désastreuses de la finance. Attac va redoubler d’efforts pour mobiliser les citoyens contre cette impunité scandaleuse. La finance doit être mise au service de la société : il faut socialiser le système bancaire et construire les alternatives aux banques prédatrices.

 

Attac France

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 00:57

De Wever : le masque est tombé…

 

Ce lundi 4 octobre, Bart De Wever a laissé tomber le masque du nationaliste flamand bonasse, à la recherche d’un accord « à mi chemin » pour faire apparaître un autre personnage : celui du populiste de droite au service du grand capital, ses liens avec une partie du patronat étant connus. Son appel à « réformer comme à l’étranger »  équivaut à un blanc-seing en faveur des pactes dits de rigueur à la Cameron, Merkel, Sarkozy et Berlusconi. Et De Wever s’inspire des Bossi et des Wilders.

 

Et toute la discussion sur la loi de financement, et sur l’impôt des personnes physiques à désosser, dissimule de moins en moins la volonté d’utiliser le levier institutionnel pour imposer, non seulement à la Flandre mais à l’ensemble des Belges, des mesures radicales de régression sociale, et bien sûr la fin de la Sécurité sociale unitaire. Dans cette logique, l’alliance avec les forces libérales va de soi. Il fallait « repartir de zéro » et pour cela faire échec à la négociation des Sept.

 

Face à cette situation, l’heure est à la mobilisation des forces – syndicales en premier lieu- pour barrer la route à cette Flandre là. La FGTB a dénoncé mardi 5 la manœuvre visant à mettre à mal tout l’édifice de l’Etat social belge. Les premières réactions du P.S. n’indiquent pas l’intention de passer sous les fourches caudines. Mais beaucoup dépendra de l’attitude de fond du parti socialiste flamand et de ce qui reste de démocratie –chrétienne agissante dans le CD&V. Les uns et les autres vont-ils enfin oser dire la vérité aux travailleurs flamands abusés par le national -populisme petit-bourgeois ?    

 

                                                                 Jean Lafont.

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 11:51

Crise de la démocratie parlementaire ?

 

 Suède, Pays-Bas, Allemagne, Italie : il y a de plus en plus de gouvernements qui marchent sur trois pattes… La chancelière Merkel n’a pas de majorité au Bundesrat (Chambre des régions) et l’inénarrable Berlusconi est « dans la main » de son meilleur ennemi, son ex-allié Fini… 

 

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 13:46

 

La Hollande a un nouveau gouvernement, au bout de quatre mois de crise, c’est mieux qu’en Belgique…

La mauvaise nouvelle est que c’est un gouvernement de droite libéral -démocrate-chrétien, soutenu de l’extérieur par le parti xénophobe PVV de Wilders. La bonne nouvelle est que le parti travailliste a refusé les conditions des libéraux,  et que ce sera un gouvernement faible…

Il apparaît donc clairement que le populisme de droite se met au service du capital. Tout naturellement…

 

Le gouvernement israélien a une fois de plus démontré qu’il préfère la colonisation dans les territoires occupés à la recherche de la paix. Malgré la bonne volonté du président des Etats-Unis. Obama ? Le lobby sioniste aux Etats-Unis a les moyens de le neutraliser…

 

                                                                           R.F.

 

 

 

 

 

 

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 00:18

La lettre socialiste.

Numéro 11. septembre 2010.

 

Cette lettre mensuelle se retrouvera désormais sur un site « blog » dont voici l’adresse :

http://osons.le.socialisme.over-blog.com  Cela vous permet de contribuer davantage à sa diffusion !  

 

Comment faire échec aux « plans de rigueur » ?

 

La « crise », terme passe-partout utilisé depuis les années septante, n’est pas finie : crise du crédit, crise des finances publiques, crise de confiance. La récession la plus sévère depuis la grande dépression qui a suivi 1929 n’a été jugulée que par l’irruption massive des fonds publics. Il n’y a pas eu et il n’y aura pas de reprise «  franche, nette, généralisée ». C’est particulièrement vrai aux Etats-Unis, où le chômage demeure à un niveau proche de 10 pour cent, en fait davantage. A la mi-septembre, l’indice boursier Dow Jones avait gagné 1,60 point sur son niveau du 1ier janvier 2010…

 

Soumis à la dictature des marchés financiers prompts à pratiquer des taux usuraires pour financer les emprunts d’Etat, les gouvernements marchent entre deux précipices : une situation de type grec ou bien, à force de « plans de rigueur », une rechute dans la récession.

 

La « rigueur » : c’est un beau mot, bien viril, mais la rigueur pour qui ? Pour ceux qui ont provoqué le désastre de 2008, ou bien pour les masses populaires qui en subissent les effets ?

 

Pour la partie de la population qui a les moyens de payer davantage d’impôts ou pour ceux dont les ressources permettent tout juste de boucler les fins de mois, tandis que la misère s’accroît ? Si l’on en juge par les plans concoctés en Grande Bretagne, en France, en Allemagne, en Italie, et bien sûr en Grèce et en Espagne,  la réponse est claire : on continue de dégrader les services publics, de faire trinquer l’école et l’hôpital, de rogner dans les budgets sociaux… Et la taxation des banques prend surtout la forme dérisoire et surréaliste d’une sorte de fonds d’assurance…pour les banques ! Il faut réfléchir à ce que signifie, pour prendre cet exemple, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, en termes de destruction de l’emploi !

 

Quelle que soit l’issue de la crise de formation d’un gouvernement en Belgique, la question d’un « plan de rigueur » se pose tout autant dans ce pays… On ne peut pas tenir un discours vertueux : « Nous ne payerons pas pour votre crise » sans se soucier parallèlement de ses applications pratiques et budgétaires ! Les forces de la conservation sociale méditent des « réformes » anti-sociales, inspirées par les exemples dans l’Union. Tout un monde patronal prépare de nouveaux bains de sang, alors même que les profits sont souvent revenus. Dernier exemple en date, le groupe Solvay, naguère fleuron du capitalisme belge, gomme 800 emplois dans le monde et 150 en Belgique, avec l’alibi de la mondialisation pour jeter un voile sur des stratégies erronées.

 

Il faut organiser la résistance contre les coupes dans les budgets sociaux. C’est d’abord la tâche du monde syndical de préparer des mobilisations populaires massives, à l’exemple de ce qui se passe en France contre la réforme des retraites à la sauce Sarkozy. Et quant au volet des recettes de l’Etat, il faut avoir le courage de dire que la partie, non seulement « riche », mais aisée de la population, peut contribuer davantage : on peut ranger dans cette catégorie les ménages dont les revenus mensuels nets excèdent 4 ou 5000 €… Et il faut remettre sans cesse sur le tapis la réduction de la grosse fraude fiscale.

 

Face aux contradictions de plus en plus insurmontables du système capitaliste, le rôle de la gauche n’est pas de l’aider à les résoudre. Credo : réhabilitons le dirigisme en économie !

 

Robert Falony.

 

Adresse de contact : fal.roberty@skynet.be

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 20:41

Soirée débat à la Maison du livre de Saint-Gilles
rue de Rome 28 / 1060 Bruxelles

 

 

La laïcité et la neutralité questionnées par l'islam

Vendredi 1er octobre 2010 à 20h

 
 

Avec la participation de Vincent de Coorebyter (Crisp) et de Marc Jacquemain (ULg).

 

Entrée libre — Inscription souhaitée — Renseignements sur notre site

La Revue nouvelle — rue du Marteau 19 —  B–1000 Bruxelles
Téléphone : +32-(0)2/640 31 07 —  fax : +32-(0)2 223 15 93 — courriel : redaction@revuenouvelle.be
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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 18:27

Nous sommes tous politiquement suspects.

 

Tout régime anti-social porte atteinte aux libertés. C’est une constante de l’histoire. En Belgique, la tendance s’affirme de plus en plus.

 

Ainsi (Belga 23/10/2010), les policiers et agents de quartier recevront dès fin 2011 une formation, ainsi qu'un manuel, pour rapidement déceler les comportements radicaux, et lutter ainsi contre le terrorisme. Ce manuel, dont la création a été annoncée jeudi à l'occasion d'une conférence de haut niveau à Anvers sur la radicalisation et le terrorisme, verra le jour à l'initiative de la Belgique et de dix autres pays européens.

En dehors de quelques exemples quelque peu loufoques – ceux qui portent un tee shirt marqué « 4/20 » ne sont pas des étudiants médiocres, mais des néo-nazis qui fêtent l’anniversaire d’Adolf Hitler (le 20 avril), il n'y a aucune raison de mettre en route de pareilles mesures sinon la volonté de renforcer la démocratie surveillée.

« La radicalisation prend toujours du temps », a ajouté Mme Turtelboom. « Nous devons être capable de le déceler dans cet intervalle. Les agents de quartier doivent être les yeux et les oreilles de la société ».
 
Pour l'heure, seule une version anglaise de ce manuel est prête. En Belgique, il devrait être diffusé à 25.000 ou 30.000 exemplaires au sein du corps de police. Les autres pays participant à ce projet sont l'Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Grande-Bretagne, la Finlande, la Suède, le Danemark, Chypre, la Hongrie et la Lettonie.

Autrement dit les agents dits de série ou de quartier auront pour mission le fichage des personnes politiquement suspectes !

Une autre atteinte potentielle aux libertés est dénoncée par la Ligue des Droits de l’Homme. Elle s’inquiète de l’usage que l’on peut faire de la carte « Mobib », carte électronique individuelle servant de titre de transport à la STIB qu’il faut « pointer » à chaque montée dans un véhicule de cette société. Ainsi, sont enregistrées plusieurs informations à caractère privé : nom, prénom, adresse, heure du voyage, numéro du véhicule, etc. Ces informations peuvent servir à analyser vos déplacements en vue d’enquêtes éventuelles à votre égard, sans, bien entendu, que vous en soyez informé. D’autre part, la LDH craint que l’on place sur le parcours des manifestations syndicales ou politiques, des enregistreurs de cartes « Mobib » qui pourraient ainsi permettre aux services policiers de connaître l’identité des manifestants.

Il paraît que nous vivons dans le monde libre…

Le néolibéralisme affine sa stratégie

La livraison du « Courrier international » de cette semaine (n° 1038 du 23 au 29 septembre 2010) dont le thème est « l’Etat Providence », publie un article édifiant de l’éditorialiste économique du Times, Anatole Kaletsky. Qui est-ce ? Kaletsky est né en 1952 à Moscou, a passé sa jeunesse en Pologne pour ensuite rejoindre l’Australie. Depuis 1966, il a vécu entre les USA et le Royaume Uni. Il a fait des études d’économétrie à l’Université de Cambridge, puis à l’Université de Harvard pour devenir journaliste à The Economist et au Financial Times, avant de travailler pour le Times lui-même. Ainis, Anatole Kaletsky a fait le parcours classique de la « tête d’œuf » du néolibéralisme. Ajoutons que son enfance en URSS et en Pologne l’a profondément marqué et que, comme ses congénères, son anticommunisme s’est transformé en une adhésion totale aux thèses politiques et économiques du néolibéralisme.

Dans son article, Kaletsky a pour premier objectif, la réduction drastique des dépenses publiques accompagnée d’une hausse des impôts et des prestations sociales, pour résorber la dette publique. Il ne précise évidemment pas quelle catégorie sociale sera le plus touchée par la hausse des impôts et des cotisations sociales, mais il est beaucoup plus disert sur les dépenses publiques à réduire.

Il écrit : « L’expérience montre (…) que les transports, les routes, les compagnies d’énergie fonctionnent généralement mieux quad ils sont privés ». Tiens, on ne s’en est pas aperçu ! « L’Etat doit toutefois les encadrer, de manière à atteindre certains objectifs d’intérêt général. » Il préconise de créer un impôt sur la pollution, subventionner non plus les transports publics, mais l’accès de certains usagers aux transports en commun, etc. Autrement dit, l’Etat se transformerait en un immense CPAS qui soulagerait les frais d’utilisation des services dits d’intérêt général aux plus démunis. Aux orties, le principe de solidarité des systèmes de sécurité sociale et dans les « anciens » services publics !

Education, retraites, soins de santé : dépenses publiques = zéro…

Mais, c’est ici que l’on voit une stratégie plus fine, donc plus insidieuse : Kaletsky n’use plus du ton agressif de ses prédécesseurs comme Hayek ou von Mises, des gouvernants ultralibéraux de Thatcher à Blair (mais oui !), des baby Thatcher comme Reynders et Sarkozy ainsi que de Reagan à GW Bush. Kaletsky se préoccupe du sort des plus démunis. Enfin, jusqu’à un certain point : « Mais ce sont là des questions secondaires par rapport au principal défi que doivent relever les gouvernements : comment réduire les prestations liées à la santé, aux retraites et à l’éducation [primaire et secondaire] qui engloutissent environ 70 % des recettes fiscales de tous les pays développés ? »

Pour y arriver, c’est très simple : la privatisation. Pour l’éducation, prévoit-il, cela ne présentera pas de difficultés majeures puisque ce secteur « va connaître une plus grande concurrence et un plus fort investissement. ». C’est évidemment le secteur de la santé qui doit faire l’objet d’une offensive « privatisatrice » ! Cependant, Kaletsky, dans le cadre de la nouvelle stratégie, reconnaît que le système privé de santé américain – pas un mot de la réforme Obama ! – est  moins efficace que le NHS britannique (National Health Service, le service public de santé) tant décrié par les néolibéraux que ni Thatcher, ni Major, ni Blair n’ont réussi à privatiser ! En effet, les dépenses de santé aux USA représentent 18 % du PIB alors qu’elles prennent 9 % en Grande Bretagne, 11 % en France, alors que le taux de survie aux cancers et aux maladies cardiovasculaires est inférieur à la moyenne de l’OCDE aux USA et que ceux de la Grande Bretagne et de la France sont largement supérieurs à cette moyenne. Et, en dépit de ces évidences, Kaletsky souhaite la réduction substantielle des dépenses de santé. Son raisonnement est révélateur de « l’humanisme » néolibéral.

A la poubelle, les vieux !

« Pour la plupart des pays, » écrit Kaletsky « la réaction rationnelle à la crise budgétaire serait de reconnaître que les engagements pris, envers les baby-boomers vieillissants, en matière de couverture médicale et de retraites ne peuvent tout simplement plus être honorés dans leur intégralité. » Il prévoit l’effondrement des autres services publics si l’on maintient les choses en l’état.  Et pour l’éditorialiste du Times : « De bons établissements scolaires et des universités abordables comptent plus pour la prospérité future et pour la justice sociale que les hôpitaux, lesquels prennent surtout soin de citoyens vieillissants dont la contribution économique est réduite alors qu’ils représentent le groupe démographique le plus riche de la société. ».

En clair, à la poubelle, les vieux ! Et piquons leur pognon !

Enfin, Anatole Kaletsky cultive le paradoxe en affirmant : « La gauche devra alors faire campagne en faveur de la privatisation partielle de la santé. Et ce seront les conservateurs qui défendront avec la plus grande véhémence la responsabilité de l’Etat dans ce domaine, en se servant de l’augmentation inexorable des dépenses de santé comme d’un cheval de Troie pour renverser tous les autres programmes publics. »

Tout le néolibéralisme est là. « TINA » (There Is No Alternative) et la haine de l’Etat que l’on pourrait traduire par le rejet de la solidarité et du contrôle démocratique des dépenses et de la gestion des services publics.

Espérons que la gauche démocratique ne sera pas séduite par le chant de ces sirènes.

Pierre VERHAS

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