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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 17:25

Solvay : je ne sais vraiment pas pourquoi, pourquoi…

 

Le 29 juillet 2010, Solvay affichait un résultat à la limite de l’indécence en ces temps de morosité économique : augmentation du chiffre d’affaire hors activités pharmaceutiques de 32 % par rapport au 2e trimestre 2009 ! Historique !

 

Par contre, banal comme jamais, cela est accompagné quelques semaines plus tard d’une « procédure Renault ». La bonne vieille société paternaliste fondée par Ernest Solvay, surnommée « cœur business » a évolué en « core business ». On a augmenté les dividendes des actionnaires pendant que les salaires au dessus de la moyenne, rejoignait la médiane des rémunérations nationales, avec en prime (si on veut dire !), les suppressions des avantages sociaux divers dont bénéficiaient les employés.

 

Tout y est passé : dégraissement du personnel barémisé sous la forme d’une convention d’entreprise de retraites anticipées (socialisons les pertes, privatisons les bénéfices !), suppression de plusieurs centaines de postes de travail, fractionnement de la société Solvay en « business units » indépendantes avec saucissonnage de la comptabilité et éjection de la délégation syndicale, chaque nouvelle « unité » n’ayant pas le personnel suffisant pour qu’il y ait un Conseil d’entreprise.

 

Dernière étape : délocalisation du secteur recherche et développement et de l’administration de Solvay qui restait encore ancré à Ixelles. Et en prime une procédure Renault pour quelque 150 départs supplémentaires ne rentrant pas dans la convention collective.

 

Et comme par hasard, le permanent du secteur industrie du SETCa FGTB de Bruxelles a été licencié, laissant les délégués syndicaux sans appui réel de l’organisation syndicale.

 

Le dernier fleuron industriel de la vieille Belgique s’effrite. Les victimes de première ligne, comme d’habitude, sont les travailleurs. Solvay : Capital un ! Travail zéro !

 

Mais non, qu’allez-vous voir là ? Ce ne sont que coïncidences…

 

Le « Peuple » volé

 

Les plus anciens se rappellent le « Soir volé » pendant la guerre, qui par la trahison de quelques journalistes, s’est mis au service de l’occupant, dont des Résistants ont fait, au coût de leur vie pour quelques-uns, un « faux » Soir favorable à la Libération afin de laver cet affront à la liberté de la Presse.

 

Eh bien ! L’histoire bégaye. Michaël Modrikamen, le vrai faux éjecteur du très droitier PP (Petit Parti, ou Parti Populaire pour les intimes) veut relancer le titre « Le Peuple », organe du Parti Ouvrier, puis du Parti Socialiste, disparu en 1998 et fondé par des syndicalistes 150 années plus tôt.

 

« Le Peuple » fut porteur de valeurs défendues dans certains cas au prix de leur vie, de leur santé, de leur liberté, par des militants syndicalistes et politiques aspirant à un monde meilleur et plus solidaire. Et voilà qu’un poujadiste ayant maille à partir avec la Justice, porteur du message le plus abject, rachète ce titre prestigieux et ose en abuser pour assumer ses ambitions inavouables !

 

Ce « Peuple volé » ne durera pas !

 

Pierre Verhas

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 16:33

Jérôme Kerviel a été condamné à 3 ans fermes et 5 milliards d’euros d’indemnités ; la Société Générale, non seulement lavée de toute faute, mais présentée en victime. Le scandale est énorme. Jamais aucune multinationale, aucun PDG, aussi criminels soient-ils, n’ont été condamnés aussi lourdement que le lampiste Kerviel.

 

Catastrophe de Bopal  20.000 morts, 400 millions de

dollarsd’indemnités à la charge d’Union Carbide. Marée noire de l’Erika : Total a payé 92 millions d’euros d’indemnités. Catastrophe d’AZF Toulouse (31 morts) : 2 milliards d’indemnités, sans même une condamnation. Seul le fonds d’indemnisation des travailleurs forcés du nazisme a atteint les 5 milliards d’euros, dont la moitié seulement à la charge des groupes industriels et bancaires allemands.

 

Plus récemment, les banques internationales ont provoqué une crise financière qui a coûté des milliers de milliards de dollars et d’euros aux contribuables (les plans de sauvetage) et aux populations (le coût de la récession), provoquant une flambée du chômage et de l’austérité en Europe et aux Etats-Unis. Banquiers, PDG de fonds spéculatifs, « régulateurs » comme MM. Greenspan, Trichet et autres : aucun des responsables de cette dernière catastrophe n’a été inquiété. Tous continuent à bénéficier de leurs bonus, stock-options, parachutes dorés, et – pour ceux qui ont cessé leur activités coupables – de leurs retraites-chapeaux. Pratiquement rien n’a été fait - malgré les fanfaronnades du G20 - pour empêcher que cela recommence.

 

La Société Générale ne pouvait pas ignorer les pratiques de ses traders, Kerviel compris. Elle est la banque française la plus engagée dans les activités spéculatives à hauts risques, elle exige des rendements hallucinants à ses opérateurs : l’affaire Kerviel n’a pas éclaté par hasard à la Société Générale. Profitant des très faibles taux d’intérêt pratiqués par la Banque centrale européenne, la banque a réalisé 2,2 milliards d’euros de profits au seul premier semestre 2010. Notamment en achetant des obligations émises par les États grec, portugais et espagnol, qui doivent payer des taux d’intérêt exorbitants du fait de la spéculation. Jusqu’à quand cela va-t-il durer ?

 

Quelle que soit la responsabilité de Jérôme Kerviel, celle de son employeur et du système financier en général est infiniment plus lourde. Ce jugement illustre jusqu’à la caricature la complaisance des institutions – tribunaux, gouvernements et Parlements – vis-à-vis des dérives désastreuses de la finance. Attac va redoubler d’efforts pour mobiliser les citoyens contre cette impunité scandaleuse. La finance doit être mise au service de la société : il faut socialiser le système bancaire et construire les alternatives aux banques prédatrices.

 

Attac France

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 00:57

De Wever : le masque est tombé…

 

Ce lundi 4 octobre, Bart De Wever a laissé tomber le masque du nationaliste flamand bonasse, à la recherche d’un accord « à mi chemin » pour faire apparaître un autre personnage : celui du populiste de droite au service du grand capital, ses liens avec une partie du patronat étant connus. Son appel à « réformer comme à l’étranger »  équivaut à un blanc-seing en faveur des pactes dits de rigueur à la Cameron, Merkel, Sarkozy et Berlusconi. Et De Wever s’inspire des Bossi et des Wilders.

 

Et toute la discussion sur la loi de financement, et sur l’impôt des personnes physiques à désosser, dissimule de moins en moins la volonté d’utiliser le levier institutionnel pour imposer, non seulement à la Flandre mais à l’ensemble des Belges, des mesures radicales de régression sociale, et bien sûr la fin de la Sécurité sociale unitaire. Dans cette logique, l’alliance avec les forces libérales va de soi. Il fallait « repartir de zéro » et pour cela faire échec à la négociation des Sept.

 

Face à cette situation, l’heure est à la mobilisation des forces – syndicales en premier lieu- pour barrer la route à cette Flandre là. La FGTB a dénoncé mardi 5 la manœuvre visant à mettre à mal tout l’édifice de l’Etat social belge. Les premières réactions du P.S. n’indiquent pas l’intention de passer sous les fourches caudines. Mais beaucoup dépendra de l’attitude de fond du parti socialiste flamand et de ce qui reste de démocratie –chrétienne agissante dans le CD&V. Les uns et les autres vont-ils enfin oser dire la vérité aux travailleurs flamands abusés par le national -populisme petit-bourgeois ?    

 

                                                                 Jean Lafont.

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 11:51

Crise de la démocratie parlementaire ?

 

 Suède, Pays-Bas, Allemagne, Italie : il y a de plus en plus de gouvernements qui marchent sur trois pattes… La chancelière Merkel n’a pas de majorité au Bundesrat (Chambre des régions) et l’inénarrable Berlusconi est « dans la main » de son meilleur ennemi, son ex-allié Fini… 

 

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30 septembre 2010 4 30 /09 /septembre /2010 13:46

 

La Hollande a un nouveau gouvernement, au bout de quatre mois de crise, c’est mieux qu’en Belgique…

La mauvaise nouvelle est que c’est un gouvernement de droite libéral -démocrate-chrétien, soutenu de l’extérieur par le parti xénophobe PVV de Wilders. La bonne nouvelle est que le parti travailliste a refusé les conditions des libéraux,  et que ce sera un gouvernement faible…

Il apparaît donc clairement que le populisme de droite se met au service du capital. Tout naturellement…

 

Le gouvernement israélien a une fois de plus démontré qu’il préfère la colonisation dans les territoires occupés à la recherche de la paix. Malgré la bonne volonté du président des Etats-Unis. Obama ? Le lobby sioniste aux Etats-Unis a les moyens de le neutraliser…

 

                                                                           R.F.

 

 

 

 

 

 

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29 septembre 2010 3 29 /09 /septembre /2010 00:18

La lettre socialiste.

Numéro 11. septembre 2010.

 

Cette lettre mensuelle se retrouvera désormais sur un site « blog » dont voici l’adresse :

http://osons.le.socialisme.over-blog.com  Cela vous permet de contribuer davantage à sa diffusion !  

 

Comment faire échec aux « plans de rigueur » ?

 

La « crise », terme passe-partout utilisé depuis les années septante, n’est pas finie : crise du crédit, crise des finances publiques, crise de confiance. La récession la plus sévère depuis la grande dépression qui a suivi 1929 n’a été jugulée que par l’irruption massive des fonds publics. Il n’y a pas eu et il n’y aura pas de reprise «  franche, nette, généralisée ». C’est particulièrement vrai aux Etats-Unis, où le chômage demeure à un niveau proche de 10 pour cent, en fait davantage. A la mi-septembre, l’indice boursier Dow Jones avait gagné 1,60 point sur son niveau du 1ier janvier 2010…

 

Soumis à la dictature des marchés financiers prompts à pratiquer des taux usuraires pour financer les emprunts d’Etat, les gouvernements marchent entre deux précipices : une situation de type grec ou bien, à force de « plans de rigueur », une rechute dans la récession.

 

La « rigueur » : c’est un beau mot, bien viril, mais la rigueur pour qui ? Pour ceux qui ont provoqué le désastre de 2008, ou bien pour les masses populaires qui en subissent les effets ?

 

Pour la partie de la population qui a les moyens de payer davantage d’impôts ou pour ceux dont les ressources permettent tout juste de boucler les fins de mois, tandis que la misère s’accroît ? Si l’on en juge par les plans concoctés en Grande Bretagne, en France, en Allemagne, en Italie, et bien sûr en Grèce et en Espagne,  la réponse est claire : on continue de dégrader les services publics, de faire trinquer l’école et l’hôpital, de rogner dans les budgets sociaux… Et la taxation des banques prend surtout la forme dérisoire et surréaliste d’une sorte de fonds d’assurance…pour les banques ! Il faut réfléchir à ce que signifie, pour prendre cet exemple, le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, en termes de destruction de l’emploi !

 

Quelle que soit l’issue de la crise de formation d’un gouvernement en Belgique, la question d’un « plan de rigueur » se pose tout autant dans ce pays… On ne peut pas tenir un discours vertueux : « Nous ne payerons pas pour votre crise » sans se soucier parallèlement de ses applications pratiques et budgétaires ! Les forces de la conservation sociale méditent des « réformes » anti-sociales, inspirées par les exemples dans l’Union. Tout un monde patronal prépare de nouveaux bains de sang, alors même que les profits sont souvent revenus. Dernier exemple en date, le groupe Solvay, naguère fleuron du capitalisme belge, gomme 800 emplois dans le monde et 150 en Belgique, avec l’alibi de la mondialisation pour jeter un voile sur des stratégies erronées.

 

Il faut organiser la résistance contre les coupes dans les budgets sociaux. C’est d’abord la tâche du monde syndical de préparer des mobilisations populaires massives, à l’exemple de ce qui se passe en France contre la réforme des retraites à la sauce Sarkozy. Et quant au volet des recettes de l’Etat, il faut avoir le courage de dire que la partie, non seulement « riche », mais aisée de la population, peut contribuer davantage : on peut ranger dans cette catégorie les ménages dont les revenus mensuels nets excèdent 4 ou 5000 €… Et il faut remettre sans cesse sur le tapis la réduction de la grosse fraude fiscale.

 

Face aux contradictions de plus en plus insurmontables du système capitaliste, le rôle de la gauche n’est pas de l’aider à les résoudre. Credo : réhabilitons le dirigisme en économie !

 

Robert Falony.

 

Adresse de contact : fal.roberty@skynet.be

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28 septembre 2010 2 28 /09 /septembre /2010 20:41

Soirée débat à la Maison du livre de Saint-Gilles
rue de Rome 28 / 1060 Bruxelles

 

 

La laïcité et la neutralité questionnées par l'islam

Vendredi 1er octobre 2010 à 20h

 
 

Avec la participation de Vincent de Coorebyter (Crisp) et de Marc Jacquemain (ULg).

 

Entrée libre — Inscription souhaitée — Renseignements sur notre site

La Revue nouvelle — rue du Marteau 19 —  B–1000 Bruxelles
Téléphone : +32-(0)2/640 31 07 —  fax : +32-(0)2 223 15 93 — courriel : redaction@revuenouvelle.be
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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 18:27

Nous sommes tous politiquement suspects.

 

Tout régime anti-social porte atteinte aux libertés. C’est une constante de l’histoire. En Belgique, la tendance s’affirme de plus en plus.

 

Ainsi (Belga 23/10/2010), les policiers et agents de quartier recevront dès fin 2011 une formation, ainsi qu'un manuel, pour rapidement déceler les comportements radicaux, et lutter ainsi contre le terrorisme. Ce manuel, dont la création a été annoncée jeudi à l'occasion d'une conférence de haut niveau à Anvers sur la radicalisation et le terrorisme, verra le jour à l'initiative de la Belgique et de dix autres pays européens.

En dehors de quelques exemples quelque peu loufoques – ceux qui portent un tee shirt marqué « 4/20 » ne sont pas des étudiants médiocres, mais des néo-nazis qui fêtent l’anniversaire d’Adolf Hitler (le 20 avril), il n'y a aucune raison de mettre en route de pareilles mesures sinon la volonté de renforcer la démocratie surveillée.

« La radicalisation prend toujours du temps », a ajouté Mme Turtelboom. « Nous devons être capable de le déceler dans cet intervalle. Les agents de quartier doivent être les yeux et les oreilles de la société ».
 
Pour l'heure, seule une version anglaise de ce manuel est prête. En Belgique, il devrait être diffusé à 25.000 ou 30.000 exemplaires au sein du corps de police. Les autres pays participant à ce projet sont l'Allemagne, les Pays-Bas, le Luxembourg, la Grande-Bretagne, la Finlande, la Suède, le Danemark, Chypre, la Hongrie et la Lettonie.

Autrement dit les agents dits de série ou de quartier auront pour mission le fichage des personnes politiquement suspectes !

Une autre atteinte potentielle aux libertés est dénoncée par la Ligue des Droits de l’Homme. Elle s’inquiète de l’usage que l’on peut faire de la carte « Mobib », carte électronique individuelle servant de titre de transport à la STIB qu’il faut « pointer » à chaque montée dans un véhicule de cette société. Ainsi, sont enregistrées plusieurs informations à caractère privé : nom, prénom, adresse, heure du voyage, numéro du véhicule, etc. Ces informations peuvent servir à analyser vos déplacements en vue d’enquêtes éventuelles à votre égard, sans, bien entendu, que vous en soyez informé. D’autre part, la LDH craint que l’on place sur le parcours des manifestations syndicales ou politiques, des enregistreurs de cartes « Mobib » qui pourraient ainsi permettre aux services policiers de connaître l’identité des manifestants.

Il paraît que nous vivons dans le monde libre…

Le néolibéralisme affine sa stratégie

La livraison du « Courrier international » de cette semaine (n° 1038 du 23 au 29 septembre 2010) dont le thème est « l’Etat Providence », publie un article édifiant de l’éditorialiste économique du Times, Anatole Kaletsky. Qui est-ce ? Kaletsky est né en 1952 à Moscou, a passé sa jeunesse en Pologne pour ensuite rejoindre l’Australie. Depuis 1966, il a vécu entre les USA et le Royaume Uni. Il a fait des études d’économétrie à l’Université de Cambridge, puis à l’Université de Harvard pour devenir journaliste à The Economist et au Financial Times, avant de travailler pour le Times lui-même. Ainis, Anatole Kaletsky a fait le parcours classique de la « tête d’œuf » du néolibéralisme. Ajoutons que son enfance en URSS et en Pologne l’a profondément marqué et que, comme ses congénères, son anticommunisme s’est transformé en une adhésion totale aux thèses politiques et économiques du néolibéralisme.

Dans son article, Kaletsky a pour premier objectif, la réduction drastique des dépenses publiques accompagnée d’une hausse des impôts et des prestations sociales, pour résorber la dette publique. Il ne précise évidemment pas quelle catégorie sociale sera le plus touchée par la hausse des impôts et des cotisations sociales, mais il est beaucoup plus disert sur les dépenses publiques à réduire.

Il écrit : « L’expérience montre (…) que les transports, les routes, les compagnies d’énergie fonctionnent généralement mieux quad ils sont privés ». Tiens, on ne s’en est pas aperçu ! « L’Etat doit toutefois les encadrer, de manière à atteindre certains objectifs d’intérêt général. » Il préconise de créer un impôt sur la pollution, subventionner non plus les transports publics, mais l’accès de certains usagers aux transports en commun, etc. Autrement dit, l’Etat se transformerait en un immense CPAS qui soulagerait les frais d’utilisation des services dits d’intérêt général aux plus démunis. Aux orties, le principe de solidarité des systèmes de sécurité sociale et dans les « anciens » services publics !

Education, retraites, soins de santé : dépenses publiques = zéro…

Mais, c’est ici que l’on voit une stratégie plus fine, donc plus insidieuse : Kaletsky n’use plus du ton agressif de ses prédécesseurs comme Hayek ou von Mises, des gouvernants ultralibéraux de Thatcher à Blair (mais oui !), des baby Thatcher comme Reynders et Sarkozy ainsi que de Reagan à GW Bush. Kaletsky se préoccupe du sort des plus démunis. Enfin, jusqu’à un certain point : « Mais ce sont là des questions secondaires par rapport au principal défi que doivent relever les gouvernements : comment réduire les prestations liées à la santé, aux retraites et à l’éducation [primaire et secondaire] qui engloutissent environ 70 % des recettes fiscales de tous les pays développés ? »

Pour y arriver, c’est très simple : la privatisation. Pour l’éducation, prévoit-il, cela ne présentera pas de difficultés majeures puisque ce secteur « va connaître une plus grande concurrence et un plus fort investissement. ». C’est évidemment le secteur de la santé qui doit faire l’objet d’une offensive « privatisatrice » ! Cependant, Kaletsky, dans le cadre de la nouvelle stratégie, reconnaît que le système privé de santé américain – pas un mot de la réforme Obama ! – est  moins efficace que le NHS britannique (National Health Service, le service public de santé) tant décrié par les néolibéraux que ni Thatcher, ni Major, ni Blair n’ont réussi à privatiser ! En effet, les dépenses de santé aux USA représentent 18 % du PIB alors qu’elles prennent 9 % en Grande Bretagne, 11 % en France, alors que le taux de survie aux cancers et aux maladies cardiovasculaires est inférieur à la moyenne de l’OCDE aux USA et que ceux de la Grande Bretagne et de la France sont largement supérieurs à cette moyenne. Et, en dépit de ces évidences, Kaletsky souhaite la réduction substantielle des dépenses de santé. Son raisonnement est révélateur de « l’humanisme » néolibéral.

A la poubelle, les vieux !

« Pour la plupart des pays, » écrit Kaletsky « la réaction rationnelle à la crise budgétaire serait de reconnaître que les engagements pris, envers les baby-boomers vieillissants, en matière de couverture médicale et de retraites ne peuvent tout simplement plus être honorés dans leur intégralité. » Il prévoit l’effondrement des autres services publics si l’on maintient les choses en l’état.  Et pour l’éditorialiste du Times : « De bons établissements scolaires et des universités abordables comptent plus pour la prospérité future et pour la justice sociale que les hôpitaux, lesquels prennent surtout soin de citoyens vieillissants dont la contribution économique est réduite alors qu’ils représentent le groupe démographique le plus riche de la société. ».

En clair, à la poubelle, les vieux ! Et piquons leur pognon !

Enfin, Anatole Kaletsky cultive le paradoxe en affirmant : « La gauche devra alors faire campagne en faveur de la privatisation partielle de la santé. Et ce seront les conservateurs qui défendront avec la plus grande véhémence la responsabilité de l’Etat dans ce domaine, en se servant de l’augmentation inexorable des dépenses de santé comme d’un cheval de Troie pour renverser tous les autres programmes publics. »

Tout le néolibéralisme est là. « TINA » (There Is No Alternative) et la haine de l’Etat que l’on pourrait traduire par le rejet de la solidarité et du contrôle démocratique des dépenses et de la gestion des services publics.

Espérons que la gauche démocratique ne sera pas séduite par le chant de ces sirènes.

Pierre VERHAS

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14 septembre 2010 2 14 /09 /septembre /2010 21:09

Roms : Sarkozy a un inspirateur en Belgique.

  

 

 

Cela se passe dans la très huppée commune d'Uccle jumelée avec Neuilly Sur Seine, dont l'actuel locataire de l'Elysée fut le maire et qui a, entre autres, pour citoyenne, la très célèbre Liliane Bettancourt.



Le très mondain bourgmestre Armand De Decker, ancien président du Sénat, est obsédé par la sécurité de ses chers administrés (qu'il rencontre sporadiquement, on le surnomme le "fantôme"). Dans le numéro de juin 2010 du toutes - boîtes officiel de la commune, le  "Wolvendael", le binamé mayeur a pondu un papier intitulé «Self-bank : la prudence s'impose» où est prodiguée une série de conseils pour éviter de se faire «arnaquer» lorsqu'on se livre à des opérations sur ce type d'appareil.



Au paragraphe intitulé «Type d'auteurs» (de ce genre d'arnaque), le bel Armand s'est laissé aller à une phrase révélatrice : «A l'instar des cambriolages, les bandes itinérantes (type gitans/roms) notamment se sont spécialisées dans ce type de faits...»



Comme c'est curieux de retrouver ce même type d'argument dans le célèbre discours de Grenoble du 30 juillet 2010 prononcé par le très populaire président français, discours dont la concrétisation odieuse a reçu l'accueil enthousiaste, que l'on sait, dans tout le continent européen.

 

Il est temps que l'on fasse à ces boutefeux une «conduite de Grenoble» !

 

Cela dit, notre petit doigt nous rapporte que le Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme averti par des citoyens ucclois, s'intéresserait de près au comportement fort «limite» du Sénateur - Bourgmestre d'Uccle.

 

Pierre Verhas





 

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12 septembre 2010 7 12 /09 /septembre /2010 12:13

La lettre socialiste.

 

Numéro 10. Août 2010.

 

Cette lettre est mensuelle. Comme la scène médiatique est un désert pour la gauche, y élever la voix à un sens .Vous pouvez contribuer à sa diffusion. Contact : fal.roberty@skynet.be

 

Sécurité : ni hypocrisie, ni angélisme !

 

Sous l’effet de la « crise » (mot passe-partout) et des problèmes sociaux aigus, la droite extrême progresse un peu partout en Europe. En Hollande, avec le PVV de Wilders, spécialisé dans l’islamophobie, en Belgique avec le VB, en France avec le Front national, en Italie avec la Ligue du Nord xénophobe, et la liste comprend d’autres pays, comme l’Autriche et la Hongrie. Ces forces déstabilisent la droite classique.

Le tournant « sécuritaire » (entre guillemets, ce terme ne doit pas être abandonné à la droite) adopté par le gouvernement de Sarkozy en est l’illustration. Il date en réalité du lendemain de sa défaite aux élections régionales, comme « Le Monde » l’a expliqué.  Les graves incidents de Grenoble et de Saint-Aignan sont tombés à pic pour un président qui veut reconquérir l’électorat du Front national, mais pourrait bien se faire dépasser par Marine Le Pen, comme Jospin l’a été par le père en 2002 !

 

En s’en prenant aux communautés de Roms, quitte à pratiquer l’amalgame (« Il y a des voleurs parmi eux, donc ce sont tous des gens dangereux ») Sarkozy illustre la vieille pratique du bouc émissaire. Que d’hypocrisie dans tout cela ! On n’améliore pas la sécurité dans les banlieues en taillant dans les budgets qui la touchent de plus près,  police de quartier, milieu associatif… Ministre de l’Intérieur puis président de la République, Sarkozy, l’homme du grand capital, a tout simplement échoué sur le terrain dont il se flatte d’être le héraut. La façon dont se déroulent les expulsions n’est pas sans évoquer les méthodes du régime de Vichy…

 

Hypocrisie aussi au niveau européen, face aux problèmes réels posés par des populations non sédentarisées, dont la condition de parias est lamentable dans ces anciens pays de l’Est comme la Roumanie. C’est aussi la non Europe des flux migratoires, se renvoyer la balle est tellement plus facile !

 

Mais il faut aussi récuser l’angélisme, laquelle a ses adeptes dans cette partie de la gauche qui, ayant déserté le terrain de la lutte de classe, s’est réfugiée dans la protection « communautariste » des minorités. Et sous-estime l’impact de l’insécurité sur l’esprit public, alors  que ce sont justement les « petits » qui en sont les principales victimes.

 

«  La voyoucratie des grandes villes (…) cette lie des plus basses couches de la société »… Qui écrivait cela il y a plus d’un siècle et demi ? Un fieffé conservateur de l’époque ? Non, un certain Karl Marx dans le « Manifeste communiste » de 1848.

 

 On ne fera pas des agresseurs de chauffeurs d’autobus, des incendiaires de voitures, des barons de la drogue, des trafiquants de la misère humaine, de toute cette « lie » donc, des révoltés sociaux.

La maffia est bien ce qu’il y de plus régulé dans le système de l’argent - roi. Elle se moule dans la libre circulation des capitaux, dans la fraude fiscale, dans la corruption des fonctionnaires. Elle se dresse contre l’Etat de droit, comme au Mexique en proie à une véritable guerre civile entre cartels de la drogue et « forces de l’ordre ». Comme en Italie où les maffiosi sont bien implantés dans les marchés de l’immobilier, au point de pouvoir dilapider les fonds publics de la reconstruction après une catastrophe naturelle.

Bien des formes d’insécurité arrangent parfaitement les affaires de la classe possédante…

 

                                                                                        Robert Falony.

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