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26 octobre 2010 2 26 /10 /octobre /2010 09:58

Cette lettre mensuelle poursuit son parcours. Elle est relayée sur Facebook et sur le blog : http://osons.le.socialisme.over-blog.com

Vous pouvez aider à élargir sa diffusion ! Adresse de contact : fal.roberty@skynet.be

 

Israël-Palestine, Irak, Afghanistan : trois  cancers incurables ?  

 

La fausse reprise des pourparlers entre Benyamin Netanyahou et Mahmoud Abbas, président discrédité de l’Autorité palestinienne, est au point mort, sans la moindre chance d’un aboutissement. Israël  n’a aucune intention d’abandonner la colonisation des territoires occupés en fonction de ses besoins démographiques, ni d’en revenir aux frontières de 1967, ni de restituer la moindre portion de Jérusalem Est. Le Premier ministre attend simplement un affaiblissement de l’administration Obama début novembre pour se libérer de la toute petite pression américaine en faveur de la solution des deux Etats. Il n’y a même pas de négociation possible dans un rapport des forces aussi inégal, alors qu’Israël contrôle tout ce qui est stratégique en Cisjordanie, à commencer par la vallée du Jourdain.

 

Dans ces conditions, il n’y a que deux avenirs possibles pour les Palestiniens : la proclamation unilatérale d’un Etat faisant appel à la reconnaissance internationale, qu’une majorité de nations pourrait rapidement consacrer. Cette « sortie » est souhaitée par un nombre croissant de militants palestiniens.

 

L’autre solution serait l’Etat de deux peuples : on sait que la quasi-totalité des Israéliens n’en veulent pas.

 

Faut-il  rappeler que pour la droite sioniste, l’existence du Hamas islamiste retranché dans Gaza et de gens qui, comme le clérical fasciste Ahmadinejad à la tête de l’Iran, affichent leur refus du droit à exister d’Israël, est en quelque sorte un alibi providentiel ?

 

Ce cancer là est le plus ancien pour alimenter les haines du monde arabe et musulman envers « l’Occident ». S’y sont ajoutés depuis dix ans les guerres d’Irak et d’Afghanistan. Seule la seconde a un lien direct avec le 11 septembre. En portant la guerre en Irak, les Bush et Blair ont détruit un pays en même temps que son régime, un pays ravagé devenu ingouvernable, coupé en trois, livré aux fanatiques religieux et aux calculs des pays voisins. Officiellement désengagé, mais les Etats-Unis y ont toujours 50.000 hommes, le gouvernement américain ne peut que faire le constat du désastre.

 

Le cas afghan est hélas plus complexe. Comme « importation d’un modèle démocratique », l’échec est aussi patent qu’en Irak, la corruption est partout. Il faut bien dire que l’intervention soviétique de 1980 a été la boîte de Pandore dont sont sortis tous les maux. Les talibans pachtouns exportés par le Pakistan, renversés en 1991 mais remis en selle par le ratage total de la « reconstruction » du pays, sont les frères siamois de leurs coreligionnaires pakistanais, assistés sans doute par les services secrets de cet Etat. L’administration Obama a hérité de ce conflit qu’elle n’a pas créé. Et on assiste au spectacle d’une guerre de type quelque peu « colonial » que seule l’aversion légitime suscitée aux yeux du monde par les talibans permet, sinon de légitimer, du moins de comprendre. (Notons que l’on négocie en secret avec eux tout en les bombardant…). Si cette partie est d’ores et déjà perdue, mieux vaudrait tenter d’y mettre fin par un cessez-le-feu unilatéral qui ne serait pas un abandon pur et simple… 

 

                       Robert Falony.

 

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24 octobre 2010 7 24 /10 /octobre /2010 11:36

 

Un caricaturiste de la meilleure veine dans la presse flamande (1) s’est inspiré d’une déclaration fameuse de Bart De Wever, « Il faut tout effacer…Repartir de zéro… » pour représenter nos personnalités politiques en hommes de la préhistoire vêtus de peau de bête, le roi compris. Et De Wever avec un gros gourdin.

 

De-Wever01.jpg

 

Bart De Wever : Le Cameron de Flandre ?

 

Ce gourdin est celui du libéralisme de choc. Alléché et inspiré par l’exemple des Cameron, Rutte, Merkel, de l’histrion Berlusconi,  et bien sûr du Bonaparte de l’Elysée, le César de la NVA ne rêve que d’imposer à la Belgique entière un programme liquidateur de pans entiers de notre système de Sécurité sociale. D’où la persévérance qu’il met à saboter la négociation à sept partis, un axe situé trop au centre à son gré.

 

Le pas en avant de la FGTB-ABVV.

 

Nous ne parions donc pas un kopek sur le succès de la médiation Vande Lanotte. Sans avoir été sous la table au restaurant Bruneau, on peut deviner aisément qu’entre Reynders et De Wever, le courant passait bien. On se mettrait d’accord sur les broutilles communautaires avec lesquelles on amuse la galerie, genre BHV, et on mettrait le cap à droite toute !

 

C’est le mérite de l’ABVV-FGTB d’entamer une campagne pour montrer ce que signifie la régionalisation de l’impôt des personnes physiques : la mise à mal de la Sécu, le dumping social et  fiscal entre le nord et le sud du pays. Mais ce ne doit être qu’un premier pas, il faut, en partant de l’exemple détestable de la NVA, transformer l’affrontement communautaire ou prétendu tel (Nous ne voyons personne  dans les rues pour manifester sur ce thème, les gens sont indifférents ou désabusés…) en bataille sociale anticapitaliste, par la radicalisation des luttes trop fragmentaires contre  les pertes d’emploi. En brandissant le drapeau des réformes radicales au niveau européen  et international, face à des dirigeants tétanisés par les marchés financiers. (L’Europe fonce dans le mur, les économistes les plus lucides le voient bien).

 

Rudy_De_Leeuw.jpg

 

Rudi De Leeuw, président de la FGTB - ABVV : une dénonciation

ferme du danger nationaliste, pour sauver l'Etat social

 

La campagne de la FGTB-ABVV doit être relayée au moins par la gauche du SPa, par les éléments les plus lucides de la démocratie -chrétienne flamande, par Groen. Au SPa, Frank Vandenbroecke a mis à mal les chiffres des nationalistes, montré qu’ils appauvrissent massivement la Wallonie. Mais le syndicat chrétien flamand, lui, se montre frileux face à la NVA, n’ose pas l’attaquer de front.

 

 Ajoutons qu’il faut mettre le petit bourgeois nationaliste flamand devant cette évidence que la Flandre « autonome » ne se portera pas mieux avec le programme de la NVA. Que ce programme ne sauvera pas son épargne !

 

 Et d’abord persuader tous les salariés. Car, à supposer un gouvernement formé, que fera-t-il sinon mette au point un programme dit de rigueur qui aggravera encore les inégalités sociales ? Il faut avoir le courage, notamment, de préférer une hausse des prélèvements fiscaux sur les couches aisées de la population à des coupes dans les dépenses publiques qui feront mal à l’emploi, à l’hôpital, à l’école.

 

Changeons de langage, de style, opposons un « populisme » de gauche au populisme de droite, cessons de balbutier des demi- vérités et de nous cantonner dans la politologie en chambre ! Il faut sortir de la « prudence », réveiller les gens, élargir le front des  luttes sociales à cet imbroglio du politico-communautaire.

 

Et donner des coups de gourdin au primitif !

 

Jean Lafont

 

 

(1) Dans « Het Laatste Nieuws ».

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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 16:36

Sahara occidental : cela continue !

 

Depuis quelques jours, les villes occupées de la République Arabe Sahraouie Démocratique connaissent une nouvelle situation qui se caractérise par l’exode massif de milliers de leurs habitants en dehors de celles-ci. Voici la situation, selon les propos tenus par le Ministre des affaires étrangères du Front Polisario, lors d’une conférence de presse à Alger, le 18 octobre.

 

Ainsi,  les habitants d’El Aaiun ont dressé dans la région de Gdem Izik, à 18km au sud-est de la ville,  un campement de fortune où croupissent, dans des conditions inhumaines, des milliers de femmes, d’enfants et d’hommes. Les forces d’occupation marocaines tentent,  moyennant une répression des plus sauvages,   d’interdire  aux habitants des autres villes d’en faire de même.

 

L’explosion de la situation socio-économique  dans les territoires spoliés est le résultat immédiat de la politique de l’occupant marocain qui a fait des Sahraouis, durant les trois dernières décennies, une minorité, désœuvrée, réprimée et humiliée à outrance au quotidien.

 

Cette politique coloniale marocaine est basée sur :

 

1.    Le pillage effréné des ressources naturelles des territoires occupés (Phosphates, pêche, agriculture et autres ….)  pour financer la guerre et équiper l’armée d’agression

 

2.    Le transfert  massif  des citoyens marocains vers les villes occupées dans le cadre d’une politique de colonisation de  peuplement. Les colons marocains, aujourd’hui, largement majoritaire  sur le plan numérique, sont pratiquement  les seuls bénéficiaires de l’emploi, l’habitat, la santé et l’enseignement.

 

3.    Les tentatives de liquider l’identité nationale sahraouie à travers une politique globale qui va de la liquidation physique, aux violations des droits de l’homme et aux crimes de guerre et crimes contre l’humanité, dans l’objectif  de mettre fin à la volonté d’indépendance du peuple sahraoui.

 

 

4.    L’isolement des territoires occupés du monde extérieur  et l’interdiction systématique aux observateurs étrangers, à la presse internationale ainsi qu’aux ONG de  faire des visites  et des enquêtes indépendantes.

 

 

Un massacre organisé et massif de la population sahraouie par les forces marocaines est sans doute en préparation.

 

Les forces démocratiques en Europe doivent s’organiser pour empêcher cela. Qu’attendent-elles pour envoyer une délégation d’observateurs, en accord avec le Front Polisario, afin de faire le plus rapidement possible un rapport sur la situation dramatique au Sahara occidental ? Cela, afin d’exercer une pression sur le gouvernement français et la commission européenne, pour empêcher ces massacres et combattre ce néo-colonialisme.

 

Le silence des défenseurs des Droits de l’Homme, en l’occurrence, peut s’assimiler à de la complicité. Il n’existe pas de Droits à géométrie variable. La cause des Sahraouis mérite tout notre soutien au même titre que d’autres causes plus « médiatisées ».

 

Un faux combat : le congé de maternité

 

Le Parlement européen vient d’adopter, à grand spectacle, un projet de directive en vue de porter le congé de maternité à 20 semaines, au lieu de 14 ou 15 selon les Etats-membres, cela  afin de permettre une progression démographique sur le continent. Comme si cinq ou six semaines supplémentaires de congé de maternité allaient avoir une influence sur les naissances !

 

Enfin, une avancée sociale au niveau européen ! Dira-t-on. Cela reste à voir… Tout d’abord, le patronat s’y oppose farouchement et fait pression sur le Conseil européen pour refuser cette directive. Il est plus que probable qu’il obtiendra gain de cause. Ensuite, il y a, en ce qui concerne les femmes, d’autres priorités dont, en premier lieu, l’égalité des salaires avec les travailleurs hommes. Une autre priorité concerne aussi les crèches sur les lieux de travail.

 

Ces deux revendications sont bien plus fondamentales car elles constitueraient, si elles sont rencontrées, des avancées sociales majeures pour les femmes.

 

Et là, ce sera bien plus efficace (et moins démagogique) pour une éventuelle poussée démographique, dont la nécessité reste à démontrer. N’oublions pas aussi, qu’en la matière, ce sont les femmes qui décident.

 

 

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19 octobre 2010 2 19 /10 /octobre /2010 13:54

Ni islamophobes, ni islamophiles ! La percée du parti de Wilders aux Pays-Bas et le débat qui fait rage en Allemagne autour du bouquin de Thilo Sarrazin (comme son nom ne l’indique pas !) interpellent la gauche laïque, qui doit combattre sur deux fronts : contre la xénophobie ambiante et la discrimination, et contre une conception pervertie de la société « multiculturelle ».

 

La chancelière Merkel a fait un pas à droite avec sa déclaration sur le sujet, en cherchant un impossible « juste milieu » pour la CDU-CSU. Et elle n’a fait qu’embrouiller la question… Puisque la référence aux « racines chrétiennes » de l’Europe n’a pas trouvé sa place dans les textes officiels de l’Union, ce n’est pas pour y fourrer une autre religion ! « Société multiculturelle » ? Oui, à condition de ne pas englober sous ce concept fourre-tout la discrimination à l’égard des femmes, le refus de la démocratie, le rejet des valeurs, non pas « occidentales », mais universelles de l’humanisme. Autrement dit : l’islamisme.

                                                                          

                                                                           R.F.

 

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 22:15

 

 

Le lecteur pardonnera la longueur de cet article. Afin de bien comprendre la difficulté de ce dossier qui entraîne tout un peuple qui n’a comme choix que l’exil, ou demeurer sous le joug d’une armée d’occupation, il faut en faire l’historique et comprendre les enjeux géopolitiques et économiques du conflit du Sahara occidental.

 

Le jeudi 7 octobre, la régionale de Bruxelles des Femmes Prévoyantes Socialistes (FPS) présentait une exposition de photographies sur les camps de réfugiés Sahraouis dans le désert du Sud de l’Algérie. Cette manifestation était animée par Dominic Brumagne, animateur de FAM (Formation Action Militante). En effet, chaque été, les FPS reçoivent une vingtaine d’adolescents vivant dans ces camps pour leur permettre d’avoir un autre regard sur le monde, de passer les mois chauds dans de bonnes conditions et, dans certains cas, pour leur prodiguer certains soins médicaux qu’ils ne peuvent avoir sur place.

 

En 2009, les FPS ont donné un appareil de photos jetable à chacun des enfants avec pour « mission » de photographier leur « quotidien » dans ces camps de réfugiés qui sont leur seule maison. En été 2010, ils rapportèrent les appareils photos et la section de Jette des FPS s’est chargée de faire développer les films. Les enfants purent ainsi voir les photos qu’ils avaient prises et il leur fut demandé d’attribuer à chacune une légende. Ce sont ces photographies qui font l’objet de l’exposition.

 

L’inauguration eut lieu en présence de Madame Mariem Salma, députée au Parlement sahraouis en exil et de Monsieur Salek Abderrahman, représentant du Front Polisario pour la Belgique et le Luxembourg. Après avoir regardé les œuvres photographiques des jeunes réfugiés,  Madame Salma et Monsieur Abderrahman ont exposé, à l’occasion d’un débat informel, la situation dramatique des réfugiés et les perspectives d’avenir pour leur pays, le Sahara occidental.

Remontons le temps. Le Sahara occidental est un territoire de 267.000 km2 situé au Sud-est du Maroc et à l’Est de la Mauritanie. Il a en plus une frontière de quelque 40 km avec l’Algérie. Il fut de 1884 à 1975 une colonie espagnole. En 1973, des Sahraouis indépendantistes fondent le Front Polisario qui signifie Front Populaire de Libération de Saguia el-Hamra et du Rio de Oro, il est issu d’un mouvement plus ancien fondé en 1967, le Front de libération du Sahara. Le Front Polisario est parvenu à fédérer les différents courants au sein du mouvement autonomiste, ce qui lui permit d’entamer une lutte plus efficace contre le colonialisme de l’Espagne franquiste. En 1975, le régime fasciste espagnol affaibli est contraint de promettre non pas l’indépendance, mais l’autodétermination du Sahara occidental.  Ce fut fait à l’occasion du traité de Madrid signé par l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie. Cet accord contenait les germes d’une guerre qui est loin d’être terminée aujourd’hui, le Maroc et la Mauritanie se partageant le territoire du Sahara occidental qui leur fut donnés par l’Espagne.

 

Marche « verte » ou « rouge » ?

 

Le 6 novembre 1975, le roi Hassan II du Maroc organise une « marche verte » à laquelle participent 300.000 Marocains afin d’occuper le Sahara occidental, les Espagnols encore présents fermant les yeux. Ce fut en réalité une expédition sanglante. Il y eut des massacres et des pillages sans que la « communauté » internationale ne lève le petit doigt. C’est pourquoi les Sahraouis qualifient cette « marche » de rouge, rouge  du sang de leur peuple. Pendant ce temps, la Mauritanie occupe le Sud du territoire.

Le Front Polisario rentre dès lors en lutte armée. Il emporte des succès militaires surtout sur les Mauritaniens. Dans la portion de territoire qu’il occupe, à l’Est du Sahara occidental, le Polisario proclame la République Arabe Démocratique Sahraouie.  En 1979, déstabilisée par cette défaite, la Mauritanie abandonne ses prétentions. Le Maroc, lui, poursuit et amplifie l’occupation de la plus grande partie du territoire su Sahara occidental.

 

Le trône et le phosphate

 

Plusieurs raisons poussent le Maroc à poursuivre cette violente occupation. Le régime chérifien est à la merci d’une déstabilisation, aussi voit-il dans cette guerre un excellent moyen de se refaire une aura auprès du peuple marocain. En poussant la fibre nationaliste, le trône désarme les partis de gauche qui sont mal à l’aise dans cette question et il éloigne l’armée vers le Sud, armée ainsi légitimée mais qui pourrait constituer un danger mortel pour la monarchie de Rabat, comme ce fut le cas lors du putsch de 1971. Durant la décennie 1970 – 80, le Maroc refuse de céder un pouce du territoire Sahraoui. En 1981, sous la pression de l’ONU, Hassan II accepte le principe d’un référendum sur l’autodétermination, tout en proposant aux chefs tribaux de faire allégeance. La guérilla menée par le Front Polisario est de plus en plus menaçante. L’armée se livre alors à une répression sanglante. Les pires exactions sont commises : massacres, disparitions de prisonniers, assassinats d’hommes et de femmes jetés d’hélicoptères, etc. Le Front Polisario est repoussé vers l’Est, dans le désert. Un mur est construit pour « protéger » les territoires habités et surtout les gisements de phosphates du Sahara occidental qui permettent ainsi au Maroc d’être le troisième producteur mondial (les deux premiers étant les Etats-Unis et la Chine). Le Maroc est également autorisé à faire des recherches pétrolières en ce territoire. En d’autres termes, la monarchie chérifienne peut en toute impunité piller les ressources du Sahara occidental et se livrer à toutes les exactions à l’égard d’une population martyrisée.

Mohammed VI n’a rien à craindre non plus de la part des défenseurs occidentaux des Droits de l’Homme. Pas un mot d’un tonitruant philosophe germanopratin et de ses sbires. Il est vrai que lorsqu’on possède une riad au Maroc, on est forcément tenu à un certain « devoir de réserve »… Encore une fois, les Droits de l’Homme sensés être universels, sont à géométrie variable.

 

Le mur de la honte et la République en exil

 

Le mur (appelé aussi « de la honte » par les Sahraouis), le plus long avant la grande muraille de Chine, isole complètement l’Ouest du Sahara occidental. Le Front Polisario se divise : des Sahraouis de Tindouf rallient le Maroc, répondant ainsi à l’appel du roi « à rejoindre la patrie clémente et miséricordieuse ». Plus de 160.000 Sahraouis fuient vers l’Est et se réfugient dans le désert au Sud de l’Algérie, dans la région de Tindouf. Des camps rudimentaires sont construits. Ces hommes, ces femmes, ces enfants sont désormais dépendants de l’aide humanitaire pour leur survie.

 

Cependant, le Front Polisario y organise la République Arabe Sahraouie avec un gouvernement, un Parlement, un pouvoir judiciaire. Ce parlement compte 53 députés dont 18 femmes. Il est élu au suffrage universel et les camps sont organisés administrativement en provinces, départements, etc. Cette organisation assure la cohérence de la population réfugiée et permet de mieux organiser l’aide humanitaire. Ce pouvoir, bien sûr, ne dispose d’aucun moyen propre. Il vit de l’aide humanitaire, particulièrement de celle de l’Algérie, mais aussi de plusieurs ONG sur place, dont Oxfam Belgique qui est présente depuis 1976. e gouvernement assure essentiellement l’éducation et la santé. Des dispensaires existent dans tous les camps et il y a une certaine scolarité. Les jeunes Sahraouis qui en ont les capacités, sont admis dans les Universités algériennes.

 

AFRIQUE-SaharaOccidental-01-01.jpg

 

Carte du Sahara occidental : la flèche indique la direction de la marche verte. La partie Ouest en jaune strié représente la zone occupée par l'armée marocaine. La ligne rouge grenat qui sépare l'Ouest de l'Est représente le  mur. La partie verte est aux mains du front Polisario. On aperçoit Tindouf près de la frontière algérienne où se trouvent les camps de réfugiés Sahraouis.

 

La reconnaissance virtuelle

 

L’objectif du Maroc est de faire inscrire le conflit avec le Sahara occidental dans une logique de politique intérieure et ainsi lui retirer son caractère international. L’ONU tente alors de débloquer la situation en proposant aux deux parties un plan de paix prévoyant un référendum sur l’autodétermination. La situation reste bloquée car l’ONU considère le Sahara occidental comme une entité autonome mais non comme un Etat indépendant. Cependant l’ONU impose en 1988 un plan de paix entre le Maroc et le Front Polisario prévoyant un cessez-le-feu et un référendum d’autodétermination. Hassan II accepte de l’organiser en 1992. Cette consultation n’a jamais eu lieu car il fut impossible d’avoir un accord sur la composition du corps électoral. Mais la véritable raison est que le résultat de ce référendum consacrerait la victoire franche et définitive de l’un des deux protagonistes du conflit. Le Front Polisario serait sans aucun doute le vainqueur de ce scrutin. Or, le Maroc considère que le Sahara occidental, au nom de ses « droits historiques » est partie intégrante de son territoire.

 

La tension Maroc – Algérie

 

Dès le départ, l’Algérie, le puissant voisin ennemi – ami du Maroc, a soutenu les Sahraouis. Le régime chérifien n’a pas réagi à ce soutien tablant sur un affaiblissement de son voisin lors de la guerre civile des années 1990. En 1998, Abdelaziz Bouteflika est élu pour la première fois président de la République algérienne. Il maintient, en dépit de l’espoir des Marocains, son appui aux Sahraouis et la reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique  (RASD). En 2004, c’est autour de l’Afrique du Sud de reconnaître la RASD. Cela a pour conséquence, non seulement un plus grand rapprochement entre les deux voisins, mais aussi un isolement de Rabat. La RASD fait désormais partie de l’Union des Etats Africains tout en n’étant pas reconnue par toutes les nations d’Afrique.

 

Le conflit a un effet sérieux sur l’économie du Maghreb. En 1989 est fondée l’Union du Maghreb arabe regroupant le Maroc, la Mauritanie, l’Algérie, la Tunisie et la Lybie. Cette Union est destinée à créer une zone de libre échange entre ces cinq pays, dans l’idée de constituer la puissance économique du Grand Maghreb. Avec le conflit du Sahara occidental et la mésentente entre le Maroc et l’Algérie, cette Union est mort née. Cela a un coût social et économique considérable pour ces pays. Le « coût du non – Maghreb » concerne des secteurs essentiels comme l’énergie, les banques, les transports, l’agroalimentaire, l’éducation, la culture, le tourisme. Le commerce entre les Etats d’Afrique du Nord représente 1,3 % de leurs échanges extérieurs. C’est le taux le plus bas du monde ! Les conséquences en sont catastrophiques. Si la population peu âgée du Maghreb dispose d’une qualification qui a beaucoup augmenté depuis les indépendances et si les taux de naissance et de mortalité sont devenus beaucoup plus faibles, 50 % des jeunes sont sans emplois. « Remédier à ce déferlement exigerait, pendant deux décennies, un rythme de croissance plus élevé que celui de la Chine » (Francis Ghiles, Le « non-Maghreb coûte cher au Maghreb », le Monde diplomatique, janvier 2010). Or, les frontières fermées coûtent à ces pays la perte de deux points de croissance. Et des milliers de jeunes s’en vont chercher en Europe, souvent au péril de leur vie, une vie qu’ils croient meilleure et plus active.

 

Voilà ce que peut indirectement provoquer un conflit où par avidité et orgueil national exploités par une monarchie totalitaire, un peuple entier est martyrisé.

 

Les Etats-Unis et la France

 

Les « puissances » jouent un rôle négatif en l’espèce. Les Etats-Unis montrent une grande prudence en cette question. D’un côté, ils soutiennent le Maroc comme pays « ami » de l’occident – ils avaient accepté l’occupation du Sahara occidental par le Maroc en 1975, en raison de la « guerre froide –, mais d’un autre, l’Algérie leur est un puissant allié dans la « lutte contre le terrorisme ». Donc, Washington a toutes les cartes en main pour « persuader » les parties prenantes au conflit saharien de parvenir à un accord viable et durable mais rien ne bouge.

 

La France, quant à elle, a une attitude beaucoup plus négative. Jacques Chirac et puis Nicolas Sarkozy soutiennent ouvertement la position marocaine sur ce dossier. Il est vrai que la France a de puissants intérêts économiques au Maroc, bien plus qu’en Algérie. Elle est en concurrence avec les Etats-Unis qui cherchent à créer une vaste zone de libre échange avec l’Algérie, le Maroc et la Tunisie. Tout cela rappelle les pires moments de l’ère coloniale !  Par l’intermédiaire de James Baker, l’ancien secrétaire d’Etat américain au moment de la guerre du Golfe, nommé représentant spécial de l’ONU, propose en 2003 un plan quinquennal d’un statut de semi-autonomie du Sahara occidental en attendant l’organisation d’un référendum sur la question de l’indépendance. L’Algérie et le Front Polisario ont accepté ce plan, évidemment rejeté par le Maroc.

 

En 2007, le congrès du Polisario a exigé le départ de la MINUSRO (la Mission des Nations Unies aux Sahara Occidental), mais l’exécutif du Front n’exerça aucune pression en ce sens. En 2011, il y aura un nouveau congrès et si rien  n’a bougé, il y a fort à parier que la position du Front se radicalisera et que le cessez-le-feu  datant de 1991 et surveillé par la MINUSRO sera caduc et les armes reparleront.

 

Ce sont surtout les jeunes générations qui ont recours à la résistance pacifique active et ont réussi à alerter la communauté internationale sur les violations des Droits de l’Homme. Une militante Aminatou Haidar  a fait une grève de la faim en novembre 2009 en Espagne, le Maroc lui interdisant de revenir au Sahara occidental. Elle acheva son action fin décembre 2009 et fut admise à rentrer en son pays. Cette action a sensibilisé l’opinion internationale sur la question des Droits de l’Homme dans ce pays et Christopher Ross, l’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU a demandé le 28 janvier dernier d’inclure la surveillance du respect des Droits de l’Homme dans la MINURSO.

 

Une autre vision de la diplomatie et de… la politique

 

Il est temps que l’on éradique des relations entre les peuples, le néo-colonialisme dont le Maroc, la France et, dans une moindre mesure, les Etats-Unis, font preuve dans ce conflit.

 

Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est fondamental. On ne peut violer les Droits de l’Homme au nom d’une occupation injuste et sans justification sinon géopolitique. Les Sahraouis doivent avoir leur autodétermination et disposer de leurs ressources. C’est l’intérêt de tous !

 

Le phosphate du Sahara occidental ne vaut pas  la violation permanente des Droits de l’Homme et aussi le blocage d’un projet aussi important que l’Union du Maghreb arabe qui, seul, pourrait provoquer le boom économique indispensable au développement de cette région et à l’amélioration du sort des peuples qui l’habitent.

 

En Belgique, la gauche ne bouge pas, de peur sans doute de se mettre à dos l’importante communauté marocaine. La politique de l’autruche n’est certes pas la bonne. Il faut avoir le courage de débattre et de dire que nos principes fondamentaux excluent que l’on ne tienne compte des Droits de l’Homme et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Il est d’ailleurs de l’intérêt du peuple marocain de trouver un accord en la matière et de tenir compte de la volonté d’indépendance du Sahara occidental.

 

Vingt ans d’exil, cela suffit, disent les jeunes Sahraouis ! Les graves violations des Droits de l’Homme doivent être punies. Le pillage des ressources (le phosphate et la pêche) doit cesser. Les Sahraouis ont droit à l’indépendance s’ils le désirent.

 

En tout cas, Madame la Députée Salma et Monsieur Abderrahman nous ont donné une fameuse leçon. Voilà un peuple qui a réussi à organiser en exil un régime démocratique et égalitaire. Par ses traditions de peuple nomade, la femme joue un rôle majeur dans la société, tous sont de fidèles Musulmans tolérants, sans intégrisme.

 

Par l’immobilisme, le sang risque de couler à nouveau. Et cette fois, nul ne pourra ignorer les responsabilités. On peut l’éviter. Il suffit d’un minimum de courage.

 

 

Pierre VERHAS

 

Sources :

 

- Yahia H. Zoubir, Le conflit du Sahara occidental enjeux régionaux et internationaux, CERI CNRS, Sciences Po., Paris, mars 2010

 

- Catherine Graciet, Sahara occidental : les enjeux du conflit, Cybercopie, mars 2004

 

- Kadija Finan, L'inextricable conflit du Sahara occidental, le Monde Diplomatique, janvier 2008

 

- Francis Ghiles, le "non-Maghreb" coûte cher au Maghreb, le Monde diplomatique, janvier 2010

 

- Le film "La République en exil" qui fut projeté lors de l'exposition. Il retrace l'histoire du Sahara occidental et montre la vie dans les camps de réfugiés, avec des interviews des exilés et du président du Front Polisario.

 

 

 

 

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 11:16

 

Un Tchernobyl :

 

 c’est ainsi qu’on peut qualifier l’irruption  des boues rouges de l’aluminium en Hongrie, qui menace tout le cours du Danube en aval. Après BP et le golfe du Mexique, c’est la seconde grande catastrophe industrielle de l’année : le profit toujours avant la sécurité !

 

Observons que le si nationaliste Orban en est réduit à faire appel à l’aide internationale…

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7 octobre 2010 4 07 /10 /octobre /2010 17:25

Solvay : je ne sais vraiment pas pourquoi, pourquoi…

 

Le 29 juillet 2010, Solvay affichait un résultat à la limite de l’indécence en ces temps de morosité économique : augmentation du chiffre d’affaire hors activités pharmaceutiques de 32 % par rapport au 2e trimestre 2009 ! Historique !

 

Par contre, banal comme jamais, cela est accompagné quelques semaines plus tard d’une « procédure Renault ». La bonne vieille société paternaliste fondée par Ernest Solvay, surnommée « cœur business » a évolué en « core business ». On a augmenté les dividendes des actionnaires pendant que les salaires au dessus de la moyenne, rejoignait la médiane des rémunérations nationales, avec en prime (si on veut dire !), les suppressions des avantages sociaux divers dont bénéficiaient les employés.

 

Tout y est passé : dégraissement du personnel barémisé sous la forme d’une convention d’entreprise de retraites anticipées (socialisons les pertes, privatisons les bénéfices !), suppression de plusieurs centaines de postes de travail, fractionnement de la société Solvay en « business units » indépendantes avec saucissonnage de la comptabilité et éjection de la délégation syndicale, chaque nouvelle « unité » n’ayant pas le personnel suffisant pour qu’il y ait un Conseil d’entreprise.

 

Dernière étape : délocalisation du secteur recherche et développement et de l’administration de Solvay qui restait encore ancré à Ixelles. Et en prime une procédure Renault pour quelque 150 départs supplémentaires ne rentrant pas dans la convention collective.

 

Et comme par hasard, le permanent du secteur industrie du SETCa FGTB de Bruxelles a été licencié, laissant les délégués syndicaux sans appui réel de l’organisation syndicale.

 

Le dernier fleuron industriel de la vieille Belgique s’effrite. Les victimes de première ligne, comme d’habitude, sont les travailleurs. Solvay : Capital un ! Travail zéro !

 

Mais non, qu’allez-vous voir là ? Ce ne sont que coïncidences…

 

Le « Peuple » volé

 

Les plus anciens se rappellent le « Soir volé » pendant la guerre, qui par la trahison de quelques journalistes, s’est mis au service de l’occupant, dont des Résistants ont fait, au coût de leur vie pour quelques-uns, un « faux » Soir favorable à la Libération afin de laver cet affront à la liberté de la Presse.

 

Eh bien ! L’histoire bégaye. Michaël Modrikamen, le vrai faux éjecteur du très droitier PP (Petit Parti, ou Parti Populaire pour les intimes) veut relancer le titre « Le Peuple », organe du Parti Ouvrier, puis du Parti Socialiste, disparu en 1998 et fondé par des syndicalistes 150 années plus tôt.

 

« Le Peuple » fut porteur de valeurs défendues dans certains cas au prix de leur vie, de leur santé, de leur liberté, par des militants syndicalistes et politiques aspirant à un monde meilleur et plus solidaire. Et voilà qu’un poujadiste ayant maille à partir avec la Justice, porteur du message le plus abject, rachète ce titre prestigieux et ose en abuser pour assumer ses ambitions inavouables !

 

Ce « Peuple volé » ne durera pas !

 

Pierre Verhas

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 16:33

Jérôme Kerviel a été condamné à 3 ans fermes et 5 milliards d’euros d’indemnités ; la Société Générale, non seulement lavée de toute faute, mais présentée en victime. Le scandale est énorme. Jamais aucune multinationale, aucun PDG, aussi criminels soient-ils, n’ont été condamnés aussi lourdement que le lampiste Kerviel.

 

Catastrophe de Bopal  20.000 morts, 400 millions de

dollarsd’indemnités à la charge d’Union Carbide. Marée noire de l’Erika : Total a payé 92 millions d’euros d’indemnités. Catastrophe d’AZF Toulouse (31 morts) : 2 milliards d’indemnités, sans même une condamnation. Seul le fonds d’indemnisation des travailleurs forcés du nazisme a atteint les 5 milliards d’euros, dont la moitié seulement à la charge des groupes industriels et bancaires allemands.

 

Plus récemment, les banques internationales ont provoqué une crise financière qui a coûté des milliers de milliards de dollars et d’euros aux contribuables (les plans de sauvetage) et aux populations (le coût de la récession), provoquant une flambée du chômage et de l’austérité en Europe et aux Etats-Unis. Banquiers, PDG de fonds spéculatifs, « régulateurs » comme MM. Greenspan, Trichet et autres : aucun des responsables de cette dernière catastrophe n’a été inquiété. Tous continuent à bénéficier de leurs bonus, stock-options, parachutes dorés, et – pour ceux qui ont cessé leur activités coupables – de leurs retraites-chapeaux. Pratiquement rien n’a été fait - malgré les fanfaronnades du G20 - pour empêcher que cela recommence.

 

La Société Générale ne pouvait pas ignorer les pratiques de ses traders, Kerviel compris. Elle est la banque française la plus engagée dans les activités spéculatives à hauts risques, elle exige des rendements hallucinants à ses opérateurs : l’affaire Kerviel n’a pas éclaté par hasard à la Société Générale. Profitant des très faibles taux d’intérêt pratiqués par la Banque centrale européenne, la banque a réalisé 2,2 milliards d’euros de profits au seul premier semestre 2010. Notamment en achetant des obligations émises par les États grec, portugais et espagnol, qui doivent payer des taux d’intérêt exorbitants du fait de la spéculation. Jusqu’à quand cela va-t-il durer ?

 

Quelle que soit la responsabilité de Jérôme Kerviel, celle de son employeur et du système financier en général est infiniment plus lourde. Ce jugement illustre jusqu’à la caricature la complaisance des institutions – tribunaux, gouvernements et Parlements – vis-à-vis des dérives désastreuses de la finance. Attac va redoubler d’efforts pour mobiliser les citoyens contre cette impunité scandaleuse. La finance doit être mise au service de la société : il faut socialiser le système bancaire et construire les alternatives aux banques prédatrices.

 

Attac France

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 00:57

De Wever : le masque est tombé…

 

Ce lundi 4 octobre, Bart De Wever a laissé tomber le masque du nationaliste flamand bonasse, à la recherche d’un accord « à mi chemin » pour faire apparaître un autre personnage : celui du populiste de droite au service du grand capital, ses liens avec une partie du patronat étant connus. Son appel à « réformer comme à l’étranger »  équivaut à un blanc-seing en faveur des pactes dits de rigueur à la Cameron, Merkel, Sarkozy et Berlusconi. Et De Wever s’inspire des Bossi et des Wilders.

 

Et toute la discussion sur la loi de financement, et sur l’impôt des personnes physiques à désosser, dissimule de moins en moins la volonté d’utiliser le levier institutionnel pour imposer, non seulement à la Flandre mais à l’ensemble des Belges, des mesures radicales de régression sociale, et bien sûr la fin de la Sécurité sociale unitaire. Dans cette logique, l’alliance avec les forces libérales va de soi. Il fallait « repartir de zéro » et pour cela faire échec à la négociation des Sept.

 

Face à cette situation, l’heure est à la mobilisation des forces – syndicales en premier lieu- pour barrer la route à cette Flandre là. La FGTB a dénoncé mardi 5 la manœuvre visant à mettre à mal tout l’édifice de l’Etat social belge. Les premières réactions du P.S. n’indiquent pas l’intention de passer sous les fourches caudines. Mais beaucoup dépendra de l’attitude de fond du parti socialiste flamand et de ce qui reste de démocratie –chrétienne agissante dans le CD&V. Les uns et les autres vont-ils enfin oser dire la vérité aux travailleurs flamands abusés par le national -populisme petit-bourgeois ?    

 

                                                                 Jean Lafont.

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 11:51

Crise de la démocratie parlementaire ?

 

 Suède, Pays-Bas, Allemagne, Italie : il y a de plus en plus de gouvernements qui marchent sur trois pattes… La chancelière Merkel n’a pas de majorité au Bundesrat (Chambre des régions) et l’inénarrable Berlusconi est « dans la main » de son meilleur ennemi, son ex-allié Fini… 

 

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