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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 22:12

Libye, et toute la misère du monde...

 

Sans trop oser le dire, les chefs d'Etat européens pensent: "Cela a été une erreur de renverser Kadhafi". Rappelons qu'il s'agissait en 2011 d'empêcher une répression féroce de la révolte en Cyrénaïque. Ce que les capitales européennes n'avaient pas prévu, c'est que dans un pays comme la Libye, les milices victorieuses, à force d'épuration, allaient briser la machine d'Etat, exactement comme cela a été fait en Irak par l'occupant américain, véritable géniteur de l'actuel "Etat islamique"...

 

Quatre ans plus tard, la Lybie a deux gouvernements, et les milices rivales entretiennent la guerre et le chaos, dans une incroyable confusion d'oppositions tribales et claniques. La coalition "Aube de la Libye" est nettement sous influence islamiste, tandis que les autorités de Tobrouk, avec à leur tête un "homme fort", le général Haftar, reproduisent le modèle égyptien de retour à l'ordre. Et l'Europe attend, sans faire vraiment un choix, une improbable "union nationale" sous l'égide du médiateur de l'ONU.

 

Avec l'exception de la Tunisie, l'hypothèque islamiste a mis les printemps arabes en échec.

 

Ni xénophobie, ni angélisme...

 

Dans ce monde abominable, les nouveaux damnés de la terre sont ces migrants chassés de leur pays par la guerre, la misère, la tyrannie. Ils viennent de Syrie ou d'Afghanistan, d'Erythrée ou d'Afrique noire. Leurs routes sont celles de l'enfer : la faim, les camps, les coups, et puis le risque de mourir en mer. Les "passeurs" sont des négriers, des esclavagistes, les pires criminels qui soient: ils doivent être traqués.

 

Comme disait Michel Rocard: " On ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais il faut en prendre sa part". Une plus grande part? Ne serait-ce que pour des raisons démographiques, notre Europe vieillissante a besoin d’un apport extérieur. Et quel village, quelle bourgade, ne pourrait pas intégrer dix, vingt réfugiés en quête de travail et de sécurité? Sauf que la politique ultralibérale conduite par nos gouvernements élargit partout la pauvreté, réduit toutes les marges de la solidarité. Sauf que l'espèce des exploiteurs cherche seulement toutes les occasions de pratiquer le dumping social pour réduire les coûts salariaux. Sauf qu'il est impossible de faire comprendre à "l'opinion" que l'immigration est la réponse au chômage de masse. L'extrême-droite s'alimente de ce courant xénophobe. L'angélisme est plus sympathique que la xénophobie, mais ne fournit pas les réponses adéquates...

 

Réponses européennes sans envergure

 

Une fois de plus, on a donc vu les dirigeants européens "réunis en urgence" fournir des réponses "a minima" qui ne résolvent rien. Ils laissent en particulier l'Italie et la Grèce se débrouiller avec le flux migratoire, sous le drapeau troué de Schengen. Orfèvre en la matière, le président de la Commission, Jean Claude Juncker, s'est dit lui-même déçu par les résultats, en particulier par le refus de quotas pour la répartition des nouveaux "boat people". Le budget de la mission "Triton" de surveillance maritime a été accru, mais reste dérisoire face aux milliers de kilomètres à contrôler. Reste le filon de l'immigration légale. Mais les Etats n'y sont pas plus favorables, et que vaudrait-il face à certains régimes qui regardent les candidats au départ comme des opposants? Il y aura donc de nouveaux drames en Méditerranée, la pacification de la Libye et de la Syrie paraissant hors de vue dans les conditions actuelles.

 

Robert Falony

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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 10:57

Le centenaire du génocide arménien

 

France. Non contente de freiner la conclusion de l'accord sur le nucléaire iranien négocié difficilement entre Téhéran et Washington, la diplomatie française affiche un soutien marqué à l'Arabie saoudite, au régime le plus réactionnaire du monde arabe et musulman, qui vient de s'engager dans la guerre civile au Yemen, mais se garde bien d'agir militairement contre Daech, le califat islamique en Irak et en Syrie. Califat qui pourrait bien être la face cachée des pétromonarchies...

 

Le citoyen Fabius devrait bien expliquer en quoi cette diplomatie est conforme aux valeurs de la République...

 

Turquie. Avril 2015 marque le centenaire du premier génocide du siècle, celui des Arméniens, qui débute fin avril 1915. Anticipant de quelques jours, le pape a eu le mérite d'utiliser le mot "génocide", puisque les Arméniens de Turquie étaient visé en tant que peuple minoritaire. Le nombre des victimes a pu être à six chiffres ou à sept, au delà du million, il ne se réduit pas à des "massacres" d'occasion, selon le thèse toujours officielle du gouvernement turc. La population arménienne fut déportée et éliminée presqu'en entier par des "colonnes de la mort". Le gouvernement de Berlin, allié de la Turquie dans la guerre de 14-18, fut assez vite informé par ses représentants diplomatiques.

 

Face à l'islamiste Erdogan, la vérité historique doit être plus que jamais affichée.

 

Nigeria. Le président sortant, Goodluck Jonathan (le mal nommé...) n'a jamais conduit sérieusement la guerre contre la secte islamiste Boko Haram. Ce qu'il représentait était un sud vautré dans les profits pétroliers, des profits détournés et gaspillés. Son successeur, Muhammadu Bouhari, semble être d'un autre acabit, ou du moins l'être devenu, et il est plus représentatif du nord musulman. Il entre en fonction en mai, et paraît pratiquer le "parler vrai".

 

Vaincre Boko Haram exige une coopération étroite entre le Nigéria, le Tchad, le Cameroun. Les centaines de jeunes filles enlevées il y un an et réduites en esclavage méritent autre chose que des lamentations de circonstance sur leur sort.

 

Grande-Bretagne. Dans le système électoral britannique, de circonscription au scrutin majoritaire à un seul tour, les sondages sont à prendre avec des pincettes encore plus longues qu'ailleurs. Néanmoins, la recrudescence du nationalisme écossais, en dépit de la victoire du "'non" au referendum de l'an dernier, semble devoir conduire le SNP à disposer d'un groupe parlementaire consistant, au détriment du Labour dont l'Ecosse était le bastion. Au moins le SNP est-il autant (ou plus!) adversaire de Cameron que le Labour d' Ed Miliband, et pourrait former avec lui une majorité de gouvernement. D'autre part, la dissidence de l'UKIP (le parti nationaliste antieuropéen de Farage) déforce les conservateurs.

 

La droite pousse les hauts cris devant les petites "audaces" socialistes de Miliband, "la guerre aux riches".

 

Pour la petite histoire de la gauche socialiste belge, le père des deux Miliband actuels, prénommé Ralph, était un marxiste distingué, qui collabora à "La Gauche" des années soixante, lui laissant des lettres sous l'en-tête de la London School of Economics.

 

R.F.

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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 22:04

La montée de la droite extrême en Europe

 

Que l'on en soit réduit à devoir considérer la victoire de l'UMP en France comme l'ultime barrage face au Front national en dit long sur l'état piteux de la gauche française et sur la déroute des "hollandistes" de gouvernement. Le PS a perdu, entre autres bastions historiques, les départements du Nord  et des Bouches du Rhône, où le "système Guérini", d'affairisme et de clientélisme, s'est effondré. Le FN , au second tour, a remporté plus de quatre millions de voix, à peine un million de moins que l'UMP, et il a failli s'emparer des départements de l'Aisne et du Vaucluse. Le tout sur un massif fond d'abstention: cinquante pour cent! Un électeur sur deux a jugé inutile de se déranger, "ça n'y changera rien". Et le cafouillage qui a présidé à la "grande réforme territoriale" a aggravé la défaite du PS. Quand on ne peut pas toucher à l'essentiel, on touche à l'accessoire...

 

La victoire de l'UMP, en outre, est largement basée sur la porosité entre les thèmes du courant Sarkozy et ceux du Front national.

 

En Italie,  les séparatistes du nord se sont convertis en droite "nationale", pour combler la vacuité du parti de Berlusconi. En Hongrie, l'étoile d'Orban pâlit...au profit de Jobbik, un parti ultra nationaliste coloré d'antisémitisme.

 

Le forum néo nazi tenu en Russie...

 

Certes, le FN n'était pas au forum des partis d'extrême-droite qui vient de se tenir à St. Petersbourg, mais nombre de petites formations  de type néo-nazi y étaient, comme "Aube dorée" en Grèce. Un tel rassemblement, dans une ville aussi symbolique, n'a pas été jugé par le Kremlin "contraire à l'ordre public", comme l'eut été une manifestation pour la démocratie. Car Poutine trouve maintenant des admirateurs dans les droites européennes: réhabilitation du nationalisme (et donc de la guerre), xénophobie, retour aux valeurs traditionnelles, à la religion, au patriotisme, au pire conservatisme social, tous les ingrédients sont réunis, ceci à la faveur des erreurs terribles commises face à la Russie après 1989, qui s'est sentie encerclée.

 

L'universel "repli sur soi" et sur le passé...

 

En la huitième année de "crise", les augures cherchent en vain les prémices d'un retour à une croissance soutenue et généralisée. Aux masses, ils ne promettent que des économies, des sacrifices,  et l'emploi  sous la forme de salaires les plus bas possibles. Il faut bien chercher des boucs émissaires, pour qui ne veut pas accuser la haute finance. D'ailleurs jugée hors d'atteinte, puisqu'elle règne au niveau planétaire, englobant la Chine et la Russie autant que les Etats-Unis, et en moins démocratique.  Alors, les "étrangers" sont tout désignés, d'où cette xénophobie universelle, qui substitue le simplisme à la complexité.

 

A un futur dont on n'attend plus que des périls, la dégradation climatique, la robotisation par la technologie, on oppose la tentation du retour au passé, un passé d'ailleurs idéalisé: repli sur la "patrie", si petite soit-elle, retour à "l'ordre" ancien, repli sur soi, sur l'identité, sur ce qu'on était ou croyait être. Cent ans après la folie guerrière de 1914, le nationalisme se fait à nouveau agressif, la religion sectaire. C'est ce "retour au passé" que prônent les Républicains américains, c'est la séculaire grandeur impériale que célèbre Poutine, et comment ne pas parler d'impérialisme sous toutes ses formes à propos de la Chine, n'en déplaise aux attardés  manichéens du monde bipolaire ?

 

 

Robert Falony

 

 

 

Lire sur le blog du club sa "carte d'identité", avec onze signataires.

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30 mars 2015 1 30 /03 /mars /2015 15:57

A diffuser largement autour de vous !

 


« Osons le socialisme » a été fondé en 2008 comme un club de réflexion et d’action ouvert à tous les progressistes opposés au système économique dominant. C’est un groupement de gauche indépendant, sans visées électoralistes.

 

Le mot « socialisme » a été mis à toutes les sauces. Pour nous, c’est tout simplement la démocratie économique et sociale, et le contraire de la mondialisation capitaliste.

 

Il faut faire de la politique… autrement. S’engager et non en profiter.

 

Le nationalisme, aujourd'hui autant qu'hier, est toujours un danger. Il n'a plus la justification des anciennes luttes anticolonialistes.  Et c'est une imposture.

 

La religion est affaire privée.

 

La presse de masse est aux mains des puissances d’argent, les médias propagent les vérités officielles. Développons un discours critique !

 

Vous pouvez nous lire sur le blog: http://osons.le.socialisme.over-blog.com    

Si vous désirez adhérer au club ou simplement être informé de ses activités, contactez nous !

 

Par courriel: fal.roberty@skynet.be   GSM: 0472- 36 64 73.

Et: pierre.verhas@skynet.be  GSM: 0499-37 51 17.

 

Signataires:

 

Khalil Aousti.

Militant.

 

Ralph Coeckelberghs.

Retraité. Secteur associatif et ONG.

 

Monique Discalcius.

Journaliste.

 

Pietro Emili.

Militant MPE- HVE

 

Robert Falony

Journaliste honoraire.

 

Spero Houmey.

Syndicaliste.

 

Alejandro Moraga Munoz.

Militant.

 

Michel Overloop.

Militant.

 

Louis Van Geyt

Ancien président du PCB- BKP.

 

Michel Vanhoorne

Coordinateur du forum Gauche Ecologie.

 

Pierre Verhas

Auteur.

 

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13 mars 2015 5 13 /03 /mars /2015 14:35

La Justice entre les mains des grippe-sous

 

Nul n’ignore que la Justice belge fonctionne mal. Manque de magistrats, manque de personnel aux greffes, manque de locaux adéquat, sous-investissement en matière d’informatique, prisons vétustes et insalubres, personnel pénitentiaire sous-payé et j’en passe et des meilleures.

 

Mais, ainsi l’a décidé le gouvernement ultralibéral – extrême-droite flamande de Charles Michel : Il faut-faire-des-économies partout en sans discernement !

 

Ainsi, en octobre 2014, il a été décidé en Conseil des ministres que tous les départements sans exception doivent économiser 4 % en frais de personnel, 20 % en frais de fonctionnement et 22 % en crédits d’investissement.

 

La Justice belge n'est pas en meilleur état que son énorme palais à Bruxelles.

La Justice belge n'est pas en meilleur état que son énorme palais à Bruxelles.

 

Les « hauts » fonctionnaires de l’Inspection des finances ont remis une note cinglante aux ministres de la Justice Koen Geens (CD&V – chrétiens flamands) et du Budget Hervé Jamar (MR – libéraux francophones), où compare la gestion du département de la Justice à la Grèce ! Les méchants fonctionnaires tentent d'échapper aux mesures d'économies décidées par le gouvernement ! C’est ce que rapporte la Libre Belgique de mercredi 11 mars.

 

Dans sa note, l'Inspection des finances relève que le cabinet de la Justice a déposé sa « copie » en retard : après le 13 février. Oh ! Les vilains ! Et horresco referens, le projet déposé suppose une augmentation du budget de la Justice de 9,6%.

 

Alors, il faut se débarrasser de membres de personnels, fermer des services, fermer une prison – alors qu’on est en surpopulation financière –, ne pas payer les arriérés aux avocats pro deo, etc.

 

En clair, on voit où conduit l’orthodoxie budgétaire : à une Justice à deux vitesses, car non seulement les pro deo ne fonctionneront plus, mais l’Inspection des Finances suggère une augmentation des frais de Justice. Autrement dit, les laissés pour compte ne seront plus défendus et seuls les riches pourront ester !

 

Le journalisme cireur de pompes

 

Le quotidien de « référence » bruxellois « Le Soir » fait fort ces temps-ci. Mardi 10 mars, suite au refus du gouvernement de suivre l’accord dit « des dix » (représentants des organisations syndicales et du patronat) sur les prépensions, un certain Bernard Demonty signe l’éditorial du quotidien (anciennement) vespéral du titre : « Prépensions : une réforme équilibrée ». Il commence fort. Il écrit : « Le gouvernement a démontré qu’il pouvait entendre les objections émises par les patrons et les syndicats et en tenir compte. » Ensuite, M. Demonty décrit l’accord des « dix » qui remet en question l’obligation pour les prépensionnés de rechercher un emploi. Et il ajoute : « Le gouvernement, et la NV-A (nationalistes d’extrême-droite) en particulier aurait pu rejeter cet accord d’un revers de la main. Ce n’est pas le cas. » Ah bon ! Première nouvelle ! Mais si, selon le beau Bernard : « Et pour l’avenir, elle (la « suédoise », le surnom donné au gouvernement Michel) met en place un accompagnement personnalisé des prépensionnés ».

 

Cela signifie que le gouvernement n’a rien changé du tout. Il a ajouté une mesure qui ne signifie rien, c’est-à-dire de la poudre aux yeux. Et fort de son enthousiasme, M. Demonty n’a pas noté un élément essentiel : c’est la première fois dans l’histoire sociale de la Belgique qu’un gouvernement réforme un accord patrons – syndicats. C’est une grave atteinte à l’Etat social qui est justement basé sur la concertation entre le travail et le capital.

 

La CIA parle au « Soir ».

 

Mais non, nous n’en voulons pas au « Soir » ! Qu’allez-vous penser là ? Toujours est-il que dans sa livraison de vendredi 13 mars, on y lit l’interview de l’ancien patron de la CIA, David Petraeus qui défend bec et ongle la thèse des va-t-en-guerre néoconservateurs américains : le danger n’est pas Daesh que l’on finira par vaincre ; le danger c’est l’Iran et les milices chiites. Oh ! Il ne souhaite pas attaquer Téhéran tout de suite, mais il faudra un jour résoudre le problème.

 

David Petraeus du temps de sa splendeur

David Petraeus du temps de sa splendeur

 

Après la visite de Netanyahou au Congrès américain où il était aussi question de l’Iran, voici que Petraeus qui, bien que retraité, reste influent, met son grain de sel.

 

Si ce n’est pas affaiblir l’actuel président US en fin de mandat, Barack Obama, qui souhaite un accord avec l’Iran sur le nucléaire, c’est en tout cas bien essayé. Et il est dommage qu’un quotidien comme « Le Soir » qui s’est montré plus avisé dans le temps, participe, sans qu’il ne publie la moindre critique, à cette campagne.

 

Ils n’étaient pas « tous pourris », mais « tous » étaient atteints.

 

Les scandales qui touchent les deux plus grandes formations francophones belges, le MR (libéraux francophones au gouvernement) et le PS (socialistes francophones dans l’opposition) ont fait renaître dans la population, d’après « Le Soir » du 12 mars et la « Libre » du 13, le sentiment des politiciens « tous pourris ». Un peu facile !

 

Les deux bourgmestres et anciens ministres MR, De Decker et Kubla, éclaboussés par des affaires de gros sous.

Les deux bourgmestres et anciens ministres MR, De Decker et Kubla, éclaboussés par des affaires de gros sous.

 

On se retrouve dans la bien-pensance : culpabiliser la population qui considère - trop souvent à juste titre - que la classe politique est largement corrompue. Cela ressemble très fort à la phrase malheureuse de François Hollande qui attribue le succès du Front national à un « échec collectif ».

 

Autrement dit, la classe politique refuse de se remettre en question. Elle est trop souvent liée à de grands intérêts financiers, voire à des tentatives d’escroqueries. Une analyse rigoureuse est à faire : les liens entre le capital et le politique. L’affaire n’est pas seulement juridique, elle est essentiellement politique, en ce sens qu’il faut absolument changer le rapport de forces et rétablir l’indépendance du monde politique par rapport à celui du capital.

 

C’est une question fondamentale pour l’avenir de la démocratie et il est inutile de culpabiliser l’un ou l’autre. Mais, certes, comme disait de Gaulle : « Vaste programme ! ».

 

Une montre qui ne donne pas l’heure.

 

Notre ami Robert Falony dénonçait récemment la création par le capitalisme de besoins inutiles. En voici un : l’Apple watch, la nouvelle montre du géant informatique américain. Une montre, direz-vous ? Il n’y a rien de plus utile !

 

Le problème est que cette nouvelle montre donne tout sauf l’heure. Elle permet de se géolocaliser (bonjour la NSA), d’écouter de la musique, elle contient un ordinateur Apple, de photographier, etc. Bref, toutes les fonctions sauf la mesure du temps !

 

Morceaux d'humeur du 13 mars 2015

 

Et elle vaut 15.000 dollars. Du genre : « Si vous n’avez pas une Apple watch à 25 ans, vous avez raté votre vie ! ».

 

Le néolibéralisme n’est vraiment plus de notre temps !

 

Pierre Verhas

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12 mars 2015 4 12 /03 /mars /2015 13:53

 

"Charlie" a libéré la parole athée...

 

Un des effets les plus évidents de "l'affaire Charlie" est d'avoir libéré la parole athée et agnostique face au conformisme du "politiquement correct" jusque là de rigueur. Ceci va bien au delà du "droit au blasphème", sujet somme toute mineur: on ne nie pas ce qui n'existe pas. Mais en présence du retour en force du fondamentalisme religieux, dont la variété islamiste, pour être la plus nocive et la plus rétrograde, n'est pas la seule, il n'est plus possible de se contenter benoîtement du sage adage: "La religion est affaire privée", lorsque celle-ci revêt la forme d'un prosélytisme agressif et conquérant.

 

L'Europe ne veut pas d'un retour à ces guerres de religion qu'elle connut pendant des siècles, et qui sévissent de nos jours en Asie et en Afrique, minorités persécutées! Mais si des barbares convoquent un Dieu protéiforme, vindicatif et méchant, alors, et pas seulement les marxistes et marxisants, on se souviendra de la parole célèbre sur "l'opium du peuple", phrase à citer entièrement...

 

La science et la religion sont des parallèles qui ne se rencontrent jamais. Mais on ne permettra pas à des jeunes ignares, sous un prétexte identitaire,  de nier par exemple l'évolution des espèces et d'afficher des inepties sur les bancs scolaires.

 

Deux principes sont essentiels par dessus tout. Un, la laïcité n'est pas une école de pensée à côté des religions. Elle se situe par définition au dessus des religions, "les lois de la République" dit-on en France. Deux, tout ce qui fait obstacle à l'égalité des hommes et des femmes doit être combattu sans concessions à des prescrits religieux.

 

R.F.

 

Ce billet était écrit lorsque tombe sous les yeux le titre barrant la première page du "Monde" du 10 mars: " Chrétiens, juifs, musulmans: l'appel des religions contre la loi sur la fin de vie".

 

On admire ce titre dans un monde où la foi religieuse extrême se fait de plus en plus massacrante. Mais restons sur le sujet: c'est le refus du droit à mourir dans la dignité, le choix d'imposer à tous, jusqu'au bout, des souffrances inhumaines que les "soins palliatifs" ne font qu'atténuer.

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5 mars 2015 4 05 /03 /mars /2015 09:30

Europe: la marche des somnambules

 

La social-démocratie s'est réunie à Madrid pour pleurer sur le sort du Pasok grec, et  pour conjurer celui qui semble attendre le parti espagnol, menacé d'être relégué à la troisième place par Podemos, la gauche indignée radicale. Cet acte de contrition collectif a été poussé jusqu'à l'aveu que les politiques d'austérité telles qu'elles ont été menées ont été un échec. Après quoi Valls est retourné à Paris pour appliquer la loi libérale de son ministre Macron ( les ouvertures dominicales élargies vont aider à résorber la crise), le SPD affiche sa solidarité gouvernementale avec la droite allemande pour tenir le couteau sur la gorge du peuple grec, et il ne faut surtout pas que ces trouble-fêtes de Syriza réussissent.

 

Pourquoi en effet renoncer à une politique qui a si remarquablement échoué ? L'Europe est en pleine situation déflationniste. La majorité des pays de l'Union demeurent en dessous de leur produit de 2008, malgré la baisse de l'euro et des cours pétroliers. Au Danemark, on applique un "intérêt négatif " sur les dépôts bancaires! Pendant ce temps, le gouvernement belge décide à contre-courant un saut d'index qui va réduire le pouvoir d'achat, sans avoir l'excuse de l'inflation des années 80. On truque les chiffres du chômage. La corruption des "élites" s'affiche sans  vergogne, façon Kubla ou De Decker en Belgique, Cahuzac ou DSK en France.

 

Que pouvait faire d'autre Tsipras ?

 

La dureté avec laquelle "l'Europe" a traité le gouvernement de gauche en Grèce n' est pas surprenante, elle doit beaucoup plus à des raisons politiques "punitives" qu'au problème de la dette elle-même, qui n'inquiète plus vraiment la planète financière. En contrepartie de quatre mois de répit, il a fallu qu'Athènes consente à l'essentiel du programme de l'ex-troïka débaptisée. Ne passent que des mesures humanitaires qui ne coûtent pas grand chose. Le libéralisme social s'accommode des soupes populaires. On applique une politique qui a fait passer la dette grecque de 107 à 175 % du PIB entre 2006 et 2014, avec maintenant un solde primaire maigrichon, du au seul tourisme.

 

Quel choix avait le gouvernement grec ? La mise en cessation de paiement comme l'Argentine au début de ce siècle ? Le blocage des dépôts dans les banques, hormis ce qui est nécessaire pour vivre ? La mise en circulation d'une monnaie parallèle ?  Une aventure pour laquelle le nouveau pouvoir n'a aucun mandat. Mais rien n'est réglé sur le fond, le gouvernement Tsipras va rester en lutte avec ses usuriers, cette dette publique devra quand même être aménagée, étalée, ou solidarisée via la BCE, qui s'en défend.

 

Le mythe du retour à la "croissance": ce doit être celle de l'aide aux personnes !

 

D'aucuns rêvent de combiner le maintien de la politique d'austérité avec une dose de "relance". Avec des projets aberrants de centre commerciaux géants, comme celui d'Uplace, on entretient l'illusion d'une "reprise" toujours basée sur de la croissance quantitative. Une technologie toujours plus inventive vise à inonder le marché de gadgets, pour créer de nouveaux besoins artificiels.  Ce modèle a fait son temps, il ne résout pas les contradictions du capitalisme. Ce dont la société a d'abord besoin, c'est d'une croissance de l'aide aux personnes, c'est de réinvestir dans le service public, dans l'éducation, dans la santé, ce n'est pas de centres commerciaux, de tours, de ponts, de tunnels, de projets pharamineux. Rien que le problème climatique barre la route à la croissance quantitative, destructrice de l'habitat naturel.

 

 

Robert Falony

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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 10:58

Syriza: espoir à gauche, solidarité avec le peuple grec !

 

Il y a enfin un vrai gouvernement de gauche en Europe, dans cette Grèce victime à la fois de ses partis traditionnels dont la gestion fut désastreuse, et de la politique ultralibérale imposée par "l'Europe". Un gouvernement disant "non" à un traitement qui a échoué à faire seulement entrevoir une quelconque "relance" par les moyens employés. Même Obama en convient et préconise de changer de cap.

 

Pas d'illusions: la haute finance, les gouvernements conservateurs de la combien vieille Europe, vont tout essayer pour faire échouer l'expérience d'un réformisme de gauche. La dette grecque, toujours plus élevée par le jeu des usuriers, n'est qu'un prétexte, elle n'est qu'un petit monticule comparée à la haute montagne des dettes des autres pays, Etats-Unis en tête. La gauche molle, la gauche du "moindre mal", la gauche avachie et capitularde des Hollande, Sigmar Gabriel, Dijsselbloem et autres (1) doit méditer sur l'effondrement du Pasok et de la dynastie Papandréou. L'actuel leader du parti socialiste espagnol, Pedro Sanchez, ose faire grief à Tsipras de son alliance, obligée pour disposer de la majorité absolue, avec une formation nationaliste! Elle permet de caler la Grèce dans une posture de défense  nationale, contre les laquais de la "troïka" avec ses fonctionnaires arrogants, leurs prébendes et bonus. Syriza bloque le programme des privatisations, hausse la salaire minimum à 750 € par mois, ravive des emplois: quelle honte pour les philistins !

 

S'il eut mieux valu que la Grèce fût restée hors de la zone euro dès lors que les dettes n'y étaient pas mutualisées, si elle y a été admise alors qu'on savait l'opacité de ses comptes, il importe présentement de dégager un compromis acceptable pour elle. Mais que l'on sache que l'acculer à une sortie comme en rêve la droite "dure" serait le début de la désagrégation de toute la zone euro !

 

Dans ces conditions, faut-il s'étonner de l'espèce d'ultimatum adressé à la Grèce par la BCE, un des piliers de la "troïka"? C'est un acte purement politique de Draghi, donnant des gages à la Bundesbank et à Merkel. Il s'agit de ne pas laisser à Tsipras le moindre répit pour réorganiser les finances de son pays !

 

Il est dès lors impossible de prévoir l'issue à l'échéance de la fin février, les dés roulent.

 

Pourquoi la "crise" perdure-t-elle ?

 

Les taux d'intérêt sont proches de zéro. Le crédit est censé être abondant. La Banque centrale européenne n'a jamais été aussi accommodante. Le cours de l'euro face au dollar a baissé, facilitant les exportations hors de la zone monétaire. Le prix du pétrole s'est allégé. Tout devrait favoriser une "relance", le retour à la croissance. Au lieu de cela, elle est atone, et l'on nous annonce que la menace de déflation est sérieuse. La "crise" date de 2008 et est plus présente que jamais, inexpliquée par les augures. Pourquoi les investisseurs font-ils défaut ?

Les théoriciens du libéralisme économique devraient avouer que le capitalisme qui leur est si cher ne peut plus résoudre ses contradictions. Ne cherchez pas: leur seule "pensée" est la défense de leurs intérêts personnels. 

 

Robert Falony

 

 

  1. Di Rupo, pour sa part, a au moins défendu l'idée de soustraire les intérêts de la dette -"Le Soir" du 3 février.

     

    NB. Ukraine: danger, guerre à la guerre! Ce pays n'a pas vocation à faire partie de l'Union européenne !

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 22:44

L'islamophobie peut se définir assez aisément. Le mouvement allemand "Pegida" en offre un bel exemple. Dans la foulée de "Je suis Charlie", il importe de dire ce qu'elle n'est pas.

On n'est pas islamophobe parce que l'on place la loi civile au dessus des prescrits religieux.  L'affaire des caricatures de Mahomet n'est en soi qu'une question minuscule, qui pourrait être rangée parmi les "accommodements  raisonnables" si elle ne débouchait pas sur la nature même de la laïcité: celle-ci ne se situe pas "à côté des religions", mais au dessus. Un délit de blasphème?  Impensable! Mais il existe toujours sous d'autres cieux... (Au reste, pour un athée ou un agnostique, on ne se moque pas de ce qui n'existe pas - la divinité...). Il faut donc défendre la liberté d'expression inconditionnelle, hormis ce qui est incitation directe à la haine raciale et au meurtre. (1)

Glisse-t-on dans l'islamophobie si on défend, non les "valeurs occidentales", mais les valeurs universelles de la démocratie et du socialisme, issues des grandes révolutions populaires que le développement inégal des sociétés humaines développa d'abord en Europe? Ce sont ces valeurs là qui ont inspiré les "révolutions arabes"  au départ, avant qu'elles ne soient détournées par l'islamisme militant et la dictature militaire. Pour donner un nouvel avenir à cette aspiration qui traverse tout le monde arabo-musulman, il ne faut rien concéder à ses adversaires, ni ceux de là bas, ni ceux d'ici. Mais au contraire aider les intellectuels,  les artistes, les femmes, les esprits libres qui, sous une chape de plomb, affrontent la censure et la répression, du Maroc au Pakistan.

On lit et on  entend: "La communauté musulmane  n'a pas à se justifier" (du terrorisme).Certes,  en tant que communauté... Mais pourquoi cette communauté serait-elle homogène, depuis quand la gauche ne doit-elle pas encourager l'expression individuelle, l'esprit critique? Le courant "Pas en notre nom" a répondu. Au reste,  la population d'origine immigrée, cataloguée "musulmane" n'est pas un bloc compact, la pratique religieuse y est très diversifiée. Mais il y a le problème des cités, des ghettos: il est plus social que politique.

On n'est pas islamophobe à vouloir donner un contenu moins flou à cet "Islam d'Europe" , dont les mosquées sont trop souvent sous influence marocaine, ou turque, ou pire saoudienne, autant de rivalités nationalistes  sous-jacentes. On ne l'est pas davantage si l'on pense que l'Islam devra faire son "aggiornamento" , tout comme l'Eglise catholique romaine a entamé le sien dès le pape Léon XIII, sans parler de son successeur actuel. "La charia n'a rien à voir avec l'Islam?" interroge l'écrivain Olivier Rolin dans les débats du "Monde", en énumérant les abominations que l'on  sait. Trop de régimes établis  croient répondre à l'idéologie des talibans et à ses "excès" par un surcroit de dogmatisme puritain tiré d'une lecture archaïque d'un Coran non dépoussiéré. L'idéologie salafiste doit être combattue frontalement. Au moins, dans l'Iran du clergé chiite, il y a du jeu, des courants. En géopolitique, jouer cette carte, comme le fait en partie Obama, a du sens: le pire est le régime rival de l'Arabie saoudite, tellement courtisée par les affairistes du type de ceux qui se sont rassemblés à Davos!

 

Robert Falony

 

(1) La décision prise à Tournai d'abandonner le festival "Ramdan", face à des menaces,   apparait bien comme une reddition devant les censeurs! Parmi les oeuvres, il y avait l'admirable film malien "Tombouctou", que l'on peut toujours voir à Bruxelles.                                                                 

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 23:26

Mafia, pouvoir et grand capital

 

En parcourant trois ou quatre numéros du "Monde", fin décembre, on pouvait prendre connaissance d'un vaste scandale dans le secteur de l'immobilier  et des travaux publics au Brésil, de la corruption liée à Alstom aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, de la chute du magnat allemand Thomas Middelhof, ex-président de Bertelsmann , des achats de voix au Parlement grec, et savoir en prime que l'infante Cristina sera jugée pour fraude fiscale en Espagne. On se souvenait qu'au Portugal l'ex-premier ministre "socialiste" José Socratès  vient de tomber, et des affaires de corruption toutes récentes à Venise et à Rome, éclaboussant la fonction publique.

 

La norme et non plus l'exception

 

Mais peut-on encore parler de "scandales", quand ceux-ci sont devenus la norme? Leurs acteurs s'en cachent de moins en moins. L'idéologie libérale du fric triomphant, arrogant, et de plus en plus cynique, s'affiche avec impudeur. "Ils" ont de moins en moins à craindre la "Justice", dure pour les pauvres, douces pour eux, le "ruling" y pourvoira.  La métaphore de l'iceberg laisse entrevoir que pour un scandale mis au jour,  trois resteront immergés. La fraude fiscale? Ce sont les Etats qui l'organisent au profit des entreprises multinationales, et pourquoi pas au nom de la défense de l'emploi?

Il ne suffit plus d'évoquer la "criminalité en col blanc" comme existant à la marge. Elle est au centre du mode de fonctionnement du capitalisme dérégulé, voyez les moeurs qui ont cours à la City de Londres, pour prendre cet exemple. Dérégulé? Mais la mafia est très régulée, comme l'observait jadis un économiste africain.

 

Mafias de tous les pays...

 

La mafia est italienne, ou albanaise, ou mexicaine... Elle est universelle. Mais c'est précisément du Mexique que viennent des signes préoccupants du terrain qu'elle gagne. En septembre, dans l'Etat de Guerrero, une quarantaine d'étudiants ont "disparu", assassinés par des narcotrafiquants en collusion avec les autorités policières.

Le Mexique, dont près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, a vu en ce siècle des milliers de gens tomber sous les balles des tueurs: trafiquants de drogue, forces armées, milices se sont livrées à une véritable guerre civile. L'affaire de l'Etat de Guerrero n'en est qu'un épisode supplémentaire.

 

Ce n'est pas une question de latitude. L'espèce de soulèvement sur fond de mysticisme guerrier qui traverse de larges couches d'un monde musulman incapable d'analyser les causes de sa situation s'incarne dans le pseudo Etat islamique (Daech). En Syrie et en Irak, trafiquants d'armes, de pétrole, de devises, et même d'esclaves, prolifèrent et s'enrichissent en symbiose avec cette nouvelle version de la "secte des assassins" du onzième siècle. Le commerce des réfugiés de guerre spoliés et abandonnés en mer est en plein essor.

Des futurologues dans le style de Jacques Attali ont envisagé, parmi les quelques destinées possibles de l'humanité, l'exercice direct du pouvoir par ce monde là. Le crime prospère à l'abri du secret bancaire et de la libre circulation des capitaux. On peut seulement se dire qu'on  ne peut dissoudre le peuple, et que la révolte contre l'injustice est éternelle aussi.  

 

Robert Falony

 

 

°Elections  grecques: solidarité avec Syriza!

 

° L'attentat monstrueux contre "Charlie Hebdo": défense inconditionnelle de la liberté d'expression face aux fanatiques religieux!

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