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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 10:35

Le club “Osons le socialisme” , réuni le 13 décembre, témoigne de sa sympathie et de son adhésion aux mouvements de résistance sociale radicale qui, en Flandre avec “Hart boven hard”, maintenant en pays francophone avec “Tout autre chose”, suppléent aux carences de partis politiques et viennent en renfort à la résistance syndicale.

 

Pour le Club « Osons le socialisme » : Robert Falony, Michel Overloop,

Louis Van Geyt, Michel Van Hoorne,  Pierre Verhas

 

Coordonnées du mouvement « Tout autre chose » :

 

http://www.toutautrechose.be/

 

La page "facebook" :

 

https://www.facebook.com/toutautrechose?fref=ts

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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 00:02

1. Illégitimité de ce gouvernement.       

L'arrivée au pouvoir d'un gouvernement axé sur la NVA et le MR n'était peut être pas déterminée dès avant les élections, mais elle était virtuelle. Les contacts entre le MR et la NVA avaient été notoires. Le  MR escomptait un  recul socialiste, lequel n'eut pas l'ampleur qu'il espérait. Mais surtout, son évolution idéologique à la Thatcher correspond parfaitement au glissement vers la droite même extrême des classes moyennes européennes, affolées par la persistance d'une "crise" qui les dépasse. L'abandon du "jamais avec la NVA" fut donc un simple virage "réaliste", lequel  stupéfia le PS, mais c'est une autre histoire. Inversement, les coalisés de droite, avec la lourde responsabilité des droitiers du CD&V, s'affligèrent de ne pas voir le CDH participer à leur combine.

L'opposition francophone a certes toutes les  raisons de faire corps avec l'opposition flamande sur le terrain principal, qui est  socio-économique . Cette stratégie est celle qui contrarie le plus Bart De Wever, "belle mère" du cabinet Michel. On se rappellera qu'il s'est arrangé pour ne pas voter en personne la confiance, alors même que le MR acceptait de livrer aux nationalistes du nord les postes clés de l'Etat fédéral, Intérieur, Finances, Défense.

Mais dire cela n'empêche pas les fédéralistes de constater que le gouvernement Michel, s'il a une légitimité formelle, n'a pas de légitimité politique et morale, dès lors que le pays francophone n'est plus représenté que par un seul parti, minoritaire au sud. C'est une situation sans précédent, tellement inimaginable que si elle avait pu être envisagée par les auteurs des précédentes révisions de la Constitution, ils y auraient fait figurer une disposition excluant cette possibilité.

Le glissement à droite toute du MR a provoqué une véritable rupture idéologique entre ces « libéraux » nouvelle vague et les syndicats libéraux, qui ne se reconnaissent plus dans cette marâtre.

 

La même politique? Mais une différence de degré...

Mais quid de l'argumentation qui assimile la politique du gouvernement Michel à celle menée précédemment ?  A celle même du gouvernement wallon ? Quelle différence entre « austérité » et « rigueur » ? La réponse est simple: il s'agit bien de la même politique dans son inspiration « européenne», mais avec une différence de degré. Le PS et toute la social-démocratie dans l'Union ont témoigné à suffisance, dans un passé récent, de leur soumission face au diktat budgétaire incarné par Merkel et sa Commission (Juncker, c'est Merkel). Mais s'il n'y avait pas une différence  de degré, le PS et le SP pourraient faire partie de ce gouvernement, ne pas combattre le saut d'index et la pension à 67 ans. Si tel n'est pas le cas en Belgique, c'est bien qu'il y a une différence autre que purement politicienne.

Le CD&V déja  ridiculisé...

Face au front des grèves, les petites ouvertures tentées par le "maillon faible" du gouvernement, le CD&V, se sont heurtées à cette date au refus obstiné du MR et de la NVA de faire la moindre concession, en rendant risible la posture de négociateur adoptée par Chris Peeters. Pas question d'imposer le capital, même symboliquement.  On observe même dans le cas De Wever le refus d'envisager un quelconque débat sur ce qui n'est pas explicite dans l'accord de gouvernement: ainsi sa réaction à propos des voitures de société !  Etrange concept: la Belgique peut plonger dans la déflation-récession, les prévisions budgétaires être démenties, une nouvelle crise secouer la zone euro, il n'y aura pas lieu de faire autrement!

La vie et les réalités  se chargeront, l'an prochain, de corriger ces présomptueux représentants du grand capital, organisateurs de la fraude fiscale...

 

Robert  Falony 

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 20:30

Ce mur là... et tous les autres !

 

La célébration des 25 ans de la chute du mur de Berlin a donné lieu en Allemagne a des festivités bien compréhensibles, mais qui ont été un peu gâchées par des déclarations de Gorbatchev, disant en substance qu'en 1989, il s'était fait rouler par le monde occidental, lequel fit avancer l'Otan vers l'Est et se comporta en vainqueur de la guerre froide. Rappelons que le dernier dirigeant de l'URSS, ne pouvant plus faire face à ses problèmes intérieurs, abandonna les "démocraties populaires" à leur sort. Le mur de Berlin est tombé en fait lorsque, en juin 1989, la Hongrie ouvrit une brèche dans le "rideau de fer", par laquelle les Allemands de l'Est se précipitèrent en nombre.

 

Et tous les autres murs,  ceux d'aujourd'hui? Celui, bien plus long, qui sépare l'Etat d'Israël et la Palestine occupée? Un mur qui n'a pas seulement été construit pour des raisons de sécurité, mais aussi pour modifier la frontière de 1967,  comme son tracé en atteste. Et qui englobe des blocs de peuplement empiétant toujours plus sur le peu qui reste de la Palestine. Face à l'Etat hébreu et à son indéfectible soutien américain, la meilleure chose que nos parlements et nos gouvernements puissent faire est de réclamer la reconnaissance internationale d'un Etat palestinien, en vue de son admission aux Nations Unies. La Suède a montré la voie.


 

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 Mur de séparation Israël - Palestine à Bethléem du côté Palestinien. Juste derrière ce mur, il y a un lieu saint juif dit "la tombe de Rachel" qui appartenait à la municipalité de Bethléem avant 1967. Il a été annexé par Israël. C'est une des preuves que le mur ne suit pas la "ligne verte" (l'ancienne frontière israélo-jordanienne avant juin 1967) (photographie Pierre Verhas).

  

 

Il y a aussi des murs oubliés, comme celui qui a séparé Cypriotes grecs et turcs, le mur coupant Nicosie.

 

Les murs face à la misère du monde

 

La libre circulation des hommes et des capitaux, grand principe du libéralisme, n'existe que pour les capitaux. Quant aux hommes, il faut qu'ils appartiennent à l'humanité favorisée...

Les murs dressés pour endiguer toute la misère du monde sont partout. Autour des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, des clôtures grillagées empêchent l'accès à l'Europe. Des groupes se lancent à leur assaut. Sur la longue frontière entre les Etats Unis et le Mexique, tout un système de clôtures barre l'accès à la terre promise, et on fait la chasse à ceux qui réussissent à passer.

 

On se noie en Méditerranée pour mettre pied à Gibraltar, à Lampedusa, sur des îles grecques. Un nombre de morts qu'on ne connaîtra jamais exactement. Les guerres en Afrique et en Asie, Lybie, Soudan, Syrie, Irak, Afghanistan, ont aggravé la situation, grossi ce flot de réfugiés fuyant la violence et la répression.  En l'absence de toute politique unifiée de l'Union européenne en matière d'asile et d'immigration, on a laissé l'Espagne, l'Italie, la Grèce, se débrouiller avec le problème.

 

Un problème douloureux. Michel Rocard  disait qu'on ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais qu'on peut en prendre une partie. Seule l'immigration atténue les effets du vieillissement démographique en Europe. Mais comment combattre l'immigration clandestine, organisée par les trafiquants de la misère humaine, qui rançonnent leurs victimes et les livrent à tous les périls, jusqu'à les abandonner en haute mer? Où créer des colonies de peuplement et de travail, même provisoires ?

 

Les murs sont d'abord dans nos têtes, avant de se dresser dans le monde. Murs d'incompréhension et de méfiance réciproques. La gauche doit naviguer entre deux périls: l'un est la xénophobie ambiante, l'autre l'adhésion à un communautarisme éloigné des principes socialistes.

       

 

Robert Falony

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 22:51

Toute la politique néolibérale tend à comprimer les coûts salariaux, que ce soit directement (le saut d'index en Belgique) ou par la "réforme du marché du travail" visant à généraliser les contrats d'emploi précaire et les petits boulots mal payés. C'est ce cadre idéologique qu'il faut avoir en tête pour aborder la question du low cost.

A première vue, et pour beaucoup, des prix "démocratiques" ne sauraient être assimilés à de la régression sociale, mais sont au contraire bénéfiques pour les budgets modestes. Mais en réalité, ce sont les deux faces de la même médaille. La régression sociale et culturelle se lit en creux dans le low cost. Pour le comprendre, on prendra les deux exemples les plus évidents: le low cost en alimentation et le low cost dans les voyages.

Le premier est illustré par la mal bouffe, associée en premier lieu à la multinationale Mac Donald.  Les couches les plus pauvre y sont vouées, produisant comme aux Etats-Unis une large population d'obèses. Et un maximum de profits. La diététique, ce n'est pas pour les pauvres, non plus que le bon goût. Les voyages: la compagnie low cost Ryanair, dont l'envol a été rendu possible par les infrastructures publiques de cités régionales voulant leur aéroport, est le modèle du genre. De droit fiscal irlandais, exploitant férocement son personnel, elle a tiré vers le bas les prix du transport aérien en général...obligeant les grandes compagnies à réduire leur personnel: rencontre du low cost et du chômage. Notons que Michael O'Leary, son PDG, un affairiste sans scrupules, commence à rencontrer quelques déboires devant les tribunaux.  L'aspect "culturel" de l'affaire est ici que l'on tend à faire voyager les gens comme des valises.

La philosophie qui sous-tend ces pratiques du capitalisme contemporain est assez simple: à bas prix, les "bénéficiaires" ne sont que matière à une consommation de faibles coûts. Sur fond de pauvreté culturelle. Pour les possédants, il ne faut pas seulement que les pauvres soient pauvres, il est bon qu'ils soient également aussi abrutis que possible, ils seront moins portés à la révolte. Il suffit d'examiner la grille des programmes de télévision aux heures de grande audience pour s'en persuader. Sous prétexte d'amuser,  de distraire , ces programmes "grand public" sont surtout habités par la violence, la vulgarité, la lourdeur... . Quant à la débauche publicitaire, qui s'étale dans les villes pour les enlaidir et qui inonde les écrans de télévision jusqu'à couper les films,  qui la paie sinon la clientèle elle-même?

Le low cost existait sous une autre forme bien avant notre société de consommation. A la pire époque de la misère ouvrière, il existait autour des usines des cantines et des débits pour répondre aux besoins élémentaires de leurs salariés...  

S'agissant des prix en général, les associations de consommateurs, du type "Test achats", font œuvre utile en analysant les rapports qualité-prix. Mais elles entretiennent aussi des illusions sur les vertus de la concurrence. Et les "consommateurs" sont de toutes les couches sociales, inégaux en pouvoir d'achat. Dans une société socialiste, et même en économie mixte, les prix de base ne seraient plus déterminés par le libre jeu du marché, la "main invisible". Ils seraient fixés par des conventions collectives (des accords internationaux pour les matières premières) en fonction de l'intérêt général, de même que les salaires et rémunérations.

 

Robert Falony

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 13:34

Erdogan, l'islamiste qui se rêve en calife...

 

Parmi les modes médiatiques qui découlent du "politiquement correct", il y a eu celle consistant à présenter le président turc Erdogan, avec son parti AKP,  comme un "islamiste modéré". Mais le masque est tombé: non seulement il a soutenu le bref gouvernement des Frères musulmans en Egypte, mais encore on voit bien que pour lui, les djihadistes du pseudo Etat islamiste ne sont pas l'ennemi principal. Après s'être fait piéger lors de la chute de Mossoul, où la cinquantaine de Turcs du consulat avaient été capturés - quelles conditions pour avoir obtenu leur libération? - on a vu Erdogan refuser toute assistance aux Kurdes de Syrie assiégés à Kobané, en les qualifiant de terroristes liés au PKK turc. Seule l'aide militaire américaine a évité la chute de la ville, détruite. Des Kurdes d'Irak ont quand même été admis à passer.

 

On n'en finit jamais de dévoiler l'hypocrisie dans les relations internationales. Si vraiment le régime de Damas, incarné par Assad, était l'ennemi à abattre pour Erdogan, il avait tout le loisir, en 2011-2012, d'aider les rebelles syriens "modérés" en leur fournissant des armes. Mais la démocratie n'intéresse pas l'autocrate turc, pas plus qu'elle n'intéresse l'Arabie saoudite ou le Qatar, lesquels ont tant contribué à l'émergence de l'extrémisme religieux qui a vampirisé la rébellion syrienne. La coalition anti E.I. laborieusement mise en place par l'administration Obama a beau comprendre la Turquie, membre de l'Otan, et l'Arabie saoudite, ces pays en font le moins possible sur le terrain, un véritable double jeu: combien de riches ressortissants des pétromonarchies financent-ils en réalité le djihad, sans parler de tous les trafics de pétrole et d'armement ?

 

Le calife d'Istanbul...

 

Erdogan ne garde de l'œuvre d'Ataturk que son volet nationaliste, et rêve d'en effacer toute la partie laïque. Après tout, le califat ne fut aboli qu'en 1924, alors que le sultan était déjà détrôné.  Mais cet homme, exaltant si volontiers le passé de l'empire ottoman, ne dispose pas de la majorité des deux tiers qui lui permettrait de façonner la Turquie de ses rêves. Et son bilan de politique extérieure  est un bilan d'échecs.

 

Quant à l'affairisme de son parti AKP, dont la spéculation immobilière est l'aspect le plus notoire, il est bien connu. Comme Poutine en Russie, Erdogan combat toute force indépendante dans le jeu des institutions, il veut mettre l'appareil judiciaire au service de son  régime personnel, museler la liberté de la presse. Les manifestations hostiles, qui rallient toute une partie de la bourgeoisie, ont été durement réprimées l'an dernier.

 

Loin de l'Europe

 

En avril 2015, on rencontrera le centenaire du génocide commis contre les Arméniens durant la première guerre mondiale, sous la forme de déportations massives et de colonnes de la mort. Un génocide dont les autorités turques actuelles nient toujours les proportions.

 

Dans un tel contexte, l'idée d'une adhésion de la Turquie à l'Union européenne a perdu toute actualité, même si la négociation sur les "chapitres" n'a pas été formellement suspendue. Ce n'est pas l'Islam en tant que religion qui fait obstacle, mais l'islamisme,  distinction que des islamo-gauchistes naïfs s'obstinent à ne pas faire. Car l'islamisme est un projet politique qui place les dogmes religieux au dessus des lois civiles et de la démocratie. Cette Turquie- là n'a pas sa place en Europe, une Europe pour laquelle un Erdogan n'a d'ailleurs que mépris.

 

 

Robert Falony

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 09:11

Gouvernement des droites parce qu'il réunit la droite MR, la NVA ultralibérale et nationaliste  la droite libérale  flamande et l'aile droite conservatrice du CD &V. Tout ce qui représente le mieux le haut fric.

Faisons d'abord justice de l'argument selon lequel  l'alliance régionale PS-CDH aurait changé la donne. A moins de ne rien comprendre à la logique du fédéralisme, elle couvre évidemment  des majorités asymétriques, sinon les élections régionales sont quasiment vides de sens.

Avec un sourire béat, Charles Michel a pris ses fonctions de Premier ministre. Le caricaturiste du "Laatste Nieuws" l'a représenté en petit garçon que Bart De Wever tient par la main. Il est surtout devenu le dernier caniche de la chancelière allemande, alors que même le FMI prévoit une menace de récession en Allemagne, si elle s'obstine à imposer cet équilibre budgétaire  à contre-courant qui enfonce l'Europe dans la "crise". (La vraie  question, en réalité, sera d'effacer une partie des "dettes souveraines". En  attendant, on se contente d'étaler la "rigueur" dans le temps, en échange des fameuses "réformes" à la sauce libérale.)

Les congrès de parti ont donné leur aval à la coalition pseudo suédoise. Toute petite opposition symbolique chez les sociaux chrétiens flamands. Unanimité à la NVA: quand  le gauleiter a parlé, on ne discute pas. Et le parti séparatiste se taille la part du lion dans le cabinet Michel, avec  en particulier l'Intérieur et les Finances!  Notons que c'est le journaliste flamand bien connu Guido Fonteyn qui range la NVA dans la rubrique "Extrême droite".

Sur la nature du programme de gouvernement, l'éditorialiste du "Soir" Béatrice Delvaux, guère suspecte de gauchisme, dit tout en date du 10 octobre: " La Belgique passe d'un régime protecteur (...) à une organisation libérale" et "Tout ce qui gênait l'entreprise est supprimé". On comprend que le Voka et la FEB, petits frères du Medef français, exultent.

Mais le discours officiel propage une  illusion: les marges dégagées au profit des entreprises ne vont  pas créer de l'emploi, la corrélation n'a rien d'automatique. Ce n'est pas au siège du MR ou à l'hôtel de ville d'Anvers que se dessine la conjoncture économique. Les patrons resteront attentistes, n'investiront pas ou peu... Quant à tous ceux dont le pouvoir d'achat va souffrir, ils consommeront moins, la demande intérieure va fléchir. Et le climat de morosité dans lequel on baigne incitera  ceux qui pratiquent l'épargne de précaution à mettre encore davantage des sous de côté...

L'emploi toujours davantage sacrifié...

 Le gros paquet des économies portant sur les dépenses publiques, et notamment sur le non remplacement des fonctionnaires, ne remplacer  qu'un fonctionnaire sur cinq c'est faire quatre chômeurs de plus, l'élève de primaire le plus nul  en mathématique peut comprendre cela. La fonction publique va être dégradée à une vitesse accélérée.

L'idéologie NVA-MR vise à réduire le chômage par la multiplication des petits boulots mal payés. Le chômeur est par définition un suspect: ce n'est pas quelqu'un qui cherche un emploi sans en trouver, ou qui n'est pas assez qualifié pour en décrocher un, c'est un profiteur auquel il faut faire la chasse...

Les plus hardis des penseurs néolibéraux ont d'ailleurs une nouvelle cible. Pour eux, il faut élargir vers le haut les contrats à court terme, les CDD... Les salariés bénéficiaires d'un  contrat à durée indéterminée sont eux-mêmes des profiteurs. Cette idéologie mine la classe moyenne, qui sera rejetée...vers l'extrême droite!

La pension à 67 ans est le type même du coup d'épée dans l'eau: il y aura davantage de vieux chômeurs dans le secteur privé...

Combattre ce gouvernement par tous les moyens disponibles...

Pas seulement à la tribune des assemblées parlementaires, mais aussi dans la rue. Il faut travailler à le faire chuter, l'empêcher de durer cinq ans. L'opposition doit se souder en un front commun politico-syndical.

Plaçons  deux bémols au discours de combat  du président du parti socialiste à Tubize. Le premier est que la "rigueur" budgétaire en Régions wallonne et bruxelloise n'est que l'écho atténué de la même politique néfaste au niveau européen, il faut le dire pour ne pas mystifier les travailleurs. Le second est que l'appel à l'action des forces progressistes doit exclure tout calcul d'appareil, toute visée électoraliste... mais ceci vaut aussi pour Ecolo ou pour le PTB.

Par la force des choses, l'opposition politique devra coller à l'action syndicale. C'est dans le monde du travail, de la base au sommet des organisations, que peuvent se trouver les ressources nécessaires pour modifier le rapport des forces. Au chapitre des grèves, il y a tout un choix de méthodes: grèves tournantes, grèves perlées, grèves du zèle... S'y ajoutent diverses formes de résistance civile. Car c'est bien d'organiser la résistance qu'il s'agit! 

                                                                    Robert Falony

Cet article peut ouvrir un débat sur le blog  du club Osons le socialisme:

 

 

 

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 23:29

Médias: Irak, Ukraine, la fausse objectivité...

 

Le JT du soir, principale, voire unique, source d'information du plus grand nombre. De l'image avant tout, rarement localisée. Du factuel, pas de recul, pas de contexte. Le goût de la sensation. Et parfois la forme la plus subtile du mensonge: celui par omission.

 

Lorsque Mossoul, à la mi-juin, tomba aux mains de ce qui était alors l'EIIL, cela ne provoqua pas d'énormes vagues dans l'opinion mondiale. Moins que le sort d'infortunés otages décapités. Mais, même si le pseudo "Etat islamique" est finalement écrasé, jamais ses victimes, chrétiens d'Orient chassés et dépouillés, eux et d'autres minorités, ne retrouveront leurs foyers.

 

En termes de barbarie, le nouveau califat  se distingue certes par son exhibitionnisme, mais ses troupes ont été à bonne école, sauf que les bourreaux du régime syrien opéraient avec plus de discrétion.

 

Mais, pour expliquer la situation en Irak, il est incroyable de ne pas remonter d'abord à la guerre de l'administration Bush contre l'Irak de Saddam Hussein, sur base d'un mensonge et sans justification humanitaire. Encore était-ce une chose de chasser ce dictateur, une autre de briser la colonne vertébrale d'un Etat. C'est pourtant ce qu'ont fait Bush et Blair. L'Irak d'après 2003 n'est plus que chaos, revanche sectaire des chiites contre les sunnites, attentats et représailles, corruption généralisée. Des tribus sunnites finissent par se jeter dans les bras des  dissidents d'Al Qaida, adeptes du nouveau calife.

 

Ce sont bien des monstres, et on ne les bloque pas avec de bons sentiments mais avec des armes. Mais il convient de souligner que le monde musulman est la première victime de leurs errements. Derrière l'aspect religieux de l'éternel et archaïque conflit entre musulmans chiites et sunnites se cachent de puissants intérêts d'Etat, opposant l'Iran, l'Arabie saoudite, la Turquie. La coalition mise en place dans l'urgence par l'administration Obama est bien hétéroclite...

 

Ukraine: une  propagande simpliste des deux côtés...

 

La crise ukrainienne semble être entrée dans une phase de gel, parce que l'offensive guerrière du gouvernement de Kiev contre la sécession a échoué du fait de la réaction russe; et que les évènements du Moyen Orient ont changé la priorité pour les Etats-Unis et pour l'Europe.

 

 Mais il était simpliste de réduire cette crise à une agression de la Russie contre un pays souverain, au lieu d'expliquer les données du problème, et la réalité géopolitique. Les dirigeants occidentaux auraient évité beaucoup de morts en professant que la vocation de l'Ukraine n'est pas de devenir membre de l'Union européenne et encore moins de l'Otan. De telles visées sont reportées aux calendes grecques, même le président Porochenko, réaliste, en renvoie la demande à la fin de la décennie...

 

Le juste milieu demeure d'œuvrer pour une Ukraine aussi neutralisée que possible. Toute politique visant à la rattacher à moyen terme au bloc occidental ne fait que renforcer l'emprise de Poutine sur la société russe, comme parangon du patriotisme. Ce qui est arrivé cette année. Car ce sont les masses russes elles mêmes qui doivent combattre pour plus de démocratie, en rupture avec le nationalisme passéiste du régime, d'ailleurs plus faible qu'il n'y parait.

 

Robert Falony

 

N. Aux éditions Jourdan: "1914-2014, la véritable histoire du siècle". 18,90 €

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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 20:55

 

Cet été, on aura tout vu...

 

La presse financière s'extasie: le groupe chinois de commerce en ligne Alibaba a récolté 25 milliards de dollars à la Bourse de New York, record battu.

Alibaba et les quarante voleurs?

 

En  politique française, l'été a été joyeux: il y a d'abord un autre record battu, celui du livre d'une certaine Valérie T., se vengeant d'être une sorte de reine de France déchue en tirant  sur l'ambulance présidentielle, car son ex va vraiment mal.

 

Parmi les barons de l'UMP,  nombreux sont ceux qui retournent leur veste pour se rallier à Sarkozy retour de son île d'Elbe, car on ne sait jamais, mieux vaut être en faveur...  Xavier Bertrand, Baroin, Wauquiez, NKM, Raffarin, c'est à qui démentira le mieux ses "nettes réserves" d'avant-hier. Le scandale Bygmalion? On passe l'éponge...

 

Un autre inoubliable est DSK. Celui-là, on vient de le retrouver à Kiev comme invité dans une conférence internationale, lui fournissant l'occasion de tenir des propos très en harmonie avec les vues de Moscou. Pas étonnant: le personnage s'est recyclé dans la haute finance russe, en particulier dans les rouages de deux banques dont l'une est liée au géant pétrolier Rosneft. On a toujours les opinions de ses intérêts...

 

Et  en Belgique ? Passons sur la danse des Sioux autour du poste de Premier ministre. Mais retenons le procès Delphine Boël/ Albert II. La plaignante demande en somme aux juges d'officialiser l'adultère à la tête d'une monarchie catholique.

 

Castor

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 17:27

France: la crise du PS... et de la République

 

Il y a deux crises en France: l'une est celle de la social-démocratie, marquée par l'éclatement du PS. L'autre est propre à la France, malade de son régime présidentiel, du système institutionnel instauré par De Gaulle, et qui a vampirisé le parti socialiste, transformant les tendances en écuries de course pour l'Elysée. Le président de la République n'est pas un arbitre, c'est le chef d'une majorité.

 

Quand Mitterrand est arrivé au pouvoir en 1981, il s'est coulé dans la fonction. Même sans rétablir l'élection du président par l'Assemblée nationale, il aurait pu réécrire la pratique constitutionnelle de façon à ce que le chef du gouvernement tienne la barre, lui et non le président. Le passage du  septennat au quinquennat a aggravé la situation. Montebourg peut bien se réclamer avec d'autres de la Sixième République: c'est une formule creuse si on ne change pas de système.

 

Valls, Hollande, Montebourg

 

Manuel Valls s'est toujours situé le plus à droite dans le PS. Arrivé dernier à la "primaire", il avait même suggéré de changer le nom du parti... Il reste donc fidèle à son idéologie  "sociale libérale" dans ce rôle de Premier ministre musclé que la déroute politique de François Hollande lui a attribué.

 

Les Français, en 2012, ont voté contre Sarkozy, et pourquoi pas pour ce personnage à l'allure aussi rassurante que rondouillarde? Issu avec Ségolène Royal des hautes écoles élitistes qui fournissent des cadres à l'Etat, il s'est faufilé dans son sillage jusqu'aux hautes sphères du pouvoir élyséen, avec Attali, tout en se créant une base électorale en Corrèze. C'est un solitaire, en ce sens qu'il ne s'est jamais attaché à un courant. Premier secrétaire incolore, mais majoritaire face au problème européen, il a eu l'astuce de partir le premier dans la course à l'Elysée, telle la tortue de la fable, alors que la plupart ne juraient que par Strauss Kahn, encore un fameux "socialiste"! Des imprudences de langage ont laissé supposer qu'il était prêt à se mesurer à la chancelière allemande. En réalité, comme tant d'autres dans la social-démocratie européenne, il misait sur le "retour de la croissance" annoncé par des augures...

Il ne faut pas faire d'Arnaud Montebourg le nouvel héraut de la gauche, mais il est  moins myope sur la réalité économique, et s'apparente à un courant plus critique à l'égard de "Bruxelles" et Berlin, comme, semble-il, Renzi en Italie. Quant aux "frondeurs", ils ont le mérite d'exister. Ils seraient peut-être plus disposés à rejoindre le Front de gauche, si celui-ci n'était pas sorti mal en point du scrutin européen, malmené par les états d'âme de Mélenchon.

 

Tableau d'ensemble

 

Toute la social-démocratie européenne est en réalité frappée de la même maladie de langueur et d'atonie. Y a-t-il spectacle plus navrant que celui offert par l' inaudible opposition du Labour, face à Cameron? Il faut aller chez les indépendantistes écossais porteurs d'une illusion pour entendre des arguments de gauche. Les socialistes  espagnols s'efforcent, eux, de faire oublier l'ère Zapatero. Mais en Grèce, la gauche radicale Syriza a le vent en poupe.

 

Et ce que ne dit pas la social-démocratie sur l'Ukraine: ni l'Otan, ni Poutine !

 

Robert Falony 

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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 00:03

 

Ne dites pas "la coalition suédoise"!

 

Elle fait référence à une coalition de centre-droit, alors qu'il s'agira d'un gouvernement des droites, dans lequel la très nationaliste et ultra libérale NVA pèsera de tout son poids !

 

Toutes les idées qui filtrent de la négociation en cours sont plus inquiétantes les unes que les autres. Mais elles sont enrobées dans un vocabulaire mielleux et trompeur, "restaurer la compétitivité", ou "dégager des marges pour l'emploi" qui sont autant de tromperies sur la marchandise... Le programme esquissé  est bel et bien celui du patronat, dont la vocation n'est pas de réduire le chômage, mais d'améliorer le profit. Il n'investira pas dans le contexte économique actuel !

 

Admirons au passage combien les négociateurs sont soucieux de la parité hommes-femmes au niveau européen. Se disputant les premiers rôles comme des chiens se disputent un os, ils font   poireauter Juncker avec la désignation du commissaire belge, poste pour lequel la sociale-chrétienne Marianne Thyssen est pourtant toute indiquée! Mais les principes et le MR style Reynders, cela fait deux!  

 

 

R.F. (26-8)

 

Lagarde… à vue

 

Christine Lagarde, l’actuelle DG du FMI, est rattrapée par les affaires. Elle doit se poser la question de l’efficacité de la justice privée qu’elle a inaugurée avec le fameux « arbitrage » entre le très distingué Bernard Tapie et les débris du Crédit Lyonnais. Les « juges » ont donné raison à l’ancien ministre de la Ville de François Mitterrand qui a empoché au passage 329 millions d’Euros.

 

La Justice – la vraie, la publique – a détecté un problème dans cette juteuse combinaison. Elle a inculpé un des juges « arbitres », Tapie, son avocat et le chef de cabinet de Lagarde lorsqu’elle était ministre des Finances de Sarkozy. Cette dernière fut d’abord entendue comme simple témoin, puis comme témoin assisté – un bidule inventé par le Code pénal d’outre Quiévrain qui signifie que l’on est presque mis en examen – et enfin, mise en examen. Pas pour les faits incriminés, mais pour « négligence ». Elle risque quand-même un an de boîte… qu’elle ne fera pas, rassurez-vous !

 

Pas contente la directrice du FMI, elle conteste et de ce pas retourne travailler à Washington. Elle risque gros malgré tout : les Américains commencent à en avoir assez de ces Français qui prennent la Justice par-dessus la jambe. Après les frasques de DSK, les combines louches de Lagarde, cela commence à faire beaucoup.

 

Aussi, la grande Christine va devoir ferrailler ferme pour terminer son mandat au FMI. Et elle aura sans doute difficile à le renouveler.

 

Christine Lagarde, à défaut de garde à vue, risque bien de l’avoir dans la vue.

 

PV (29-8)

 

 

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