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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 22:51

Toute la politique néolibérale tend à comprimer les coûts salariaux, que ce soit directement (le saut d'index en Belgique) ou par la "réforme du marché du travail" visant à généraliser les contrats d'emploi précaire et les petits boulots mal payés. C'est ce cadre idéologique qu'il faut avoir en tête pour aborder la question du low cost.

A première vue, et pour beaucoup, des prix "démocratiques" ne sauraient être assimilés à de la régression sociale, mais sont au contraire bénéfiques pour les budgets modestes. Mais en réalité, ce sont les deux faces de la même médaille. La régression sociale et culturelle se lit en creux dans le low cost. Pour le comprendre, on prendra les deux exemples les plus évidents: le low cost en alimentation et le low cost dans les voyages.

Le premier est illustré par la mal bouffe, associée en premier lieu à la multinationale Mac Donald.  Les couches les plus pauvre y sont vouées, produisant comme aux Etats-Unis une large population d'obèses. Et un maximum de profits. La diététique, ce n'est pas pour les pauvres, non plus que le bon goût. Les voyages: la compagnie low cost Ryanair, dont l'envol a été rendu possible par les infrastructures publiques de cités régionales voulant leur aéroport, est le modèle du genre. De droit fiscal irlandais, exploitant férocement son personnel, elle a tiré vers le bas les prix du transport aérien en général...obligeant les grandes compagnies à réduire leur personnel: rencontre du low cost et du chômage. Notons que Michael O'Leary, son PDG, un affairiste sans scrupules, commence à rencontrer quelques déboires devant les tribunaux.  L'aspect "culturel" de l'affaire est ici que l'on tend à faire voyager les gens comme des valises.

La philosophie qui sous-tend ces pratiques du capitalisme contemporain est assez simple: à bas prix, les "bénéficiaires" ne sont que matière à une consommation de faibles coûts. Sur fond de pauvreté culturelle. Pour les possédants, il ne faut pas seulement que les pauvres soient pauvres, il est bon qu'ils soient également aussi abrutis que possible, ils seront moins portés à la révolte. Il suffit d'examiner la grille des programmes de télévision aux heures de grande audience pour s'en persuader. Sous prétexte d'amuser,  de distraire , ces programmes "grand public" sont surtout habités par la violence, la vulgarité, la lourdeur... . Quant à la débauche publicitaire, qui s'étale dans les villes pour les enlaidir et qui inonde les écrans de télévision jusqu'à couper les films,  qui la paie sinon la clientèle elle-même?

Le low cost existait sous une autre forme bien avant notre société de consommation. A la pire époque de la misère ouvrière, il existait autour des usines des cantines et des débits pour répondre aux besoins élémentaires de leurs salariés...  

S'agissant des prix en général, les associations de consommateurs, du type "Test achats", font œuvre utile en analysant les rapports qualité-prix. Mais elles entretiennent aussi des illusions sur les vertus de la concurrence. Et les "consommateurs" sont de toutes les couches sociales, inégaux en pouvoir d'achat. Dans une société socialiste, et même en économie mixte, les prix de base ne seraient plus déterminés par le libre jeu du marché, la "main invisible". Ils seraient fixés par des conventions collectives (des accords internationaux pour les matières premières) en fonction de l'intérêt général, de même que les salaires et rémunérations.

 

Robert Falony

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 13:34

Erdogan, l'islamiste qui se rêve en calife...

 

Parmi les modes médiatiques qui découlent du "politiquement correct", il y a eu celle consistant à présenter le président turc Erdogan, avec son parti AKP,  comme un "islamiste modéré". Mais le masque est tombé: non seulement il a soutenu le bref gouvernement des Frères musulmans en Egypte, mais encore on voit bien que pour lui, les djihadistes du pseudo Etat islamiste ne sont pas l'ennemi principal. Après s'être fait piéger lors de la chute de Mossoul, où la cinquantaine de Turcs du consulat avaient été capturés - quelles conditions pour avoir obtenu leur libération? - on a vu Erdogan refuser toute assistance aux Kurdes de Syrie assiégés à Kobané, en les qualifiant de terroristes liés au PKK turc. Seule l'aide militaire américaine a évité la chute de la ville, détruite. Des Kurdes d'Irak ont quand même été admis à passer.

 

On n'en finit jamais de dévoiler l'hypocrisie dans les relations internationales. Si vraiment le régime de Damas, incarné par Assad, était l'ennemi à abattre pour Erdogan, il avait tout le loisir, en 2011-2012, d'aider les rebelles syriens "modérés" en leur fournissant des armes. Mais la démocratie n'intéresse pas l'autocrate turc, pas plus qu'elle n'intéresse l'Arabie saoudite ou le Qatar, lesquels ont tant contribué à l'émergence de l'extrémisme religieux qui a vampirisé la rébellion syrienne. La coalition anti E.I. laborieusement mise en place par l'administration Obama a beau comprendre la Turquie, membre de l'Otan, et l'Arabie saoudite, ces pays en font le moins possible sur le terrain, un véritable double jeu: combien de riches ressortissants des pétromonarchies financent-ils en réalité le djihad, sans parler de tous les trafics de pétrole et d'armement ?

 

Le calife d'Istanbul...

 

Erdogan ne garde de l'œuvre d'Ataturk que son volet nationaliste, et rêve d'en effacer toute la partie laïque. Après tout, le califat ne fut aboli qu'en 1924, alors que le sultan était déjà détrôné.  Mais cet homme, exaltant si volontiers le passé de l'empire ottoman, ne dispose pas de la majorité des deux tiers qui lui permettrait de façonner la Turquie de ses rêves. Et son bilan de politique extérieure  est un bilan d'échecs.

 

Quant à l'affairisme de son parti AKP, dont la spéculation immobilière est l'aspect le plus notoire, il est bien connu. Comme Poutine en Russie, Erdogan combat toute force indépendante dans le jeu des institutions, il veut mettre l'appareil judiciaire au service de son  régime personnel, museler la liberté de la presse. Les manifestations hostiles, qui rallient toute une partie de la bourgeoisie, ont été durement réprimées l'an dernier.

 

Loin de l'Europe

 

En avril 2015, on rencontrera le centenaire du génocide commis contre les Arméniens durant la première guerre mondiale, sous la forme de déportations massives et de colonnes de la mort. Un génocide dont les autorités turques actuelles nient toujours les proportions.

 

Dans un tel contexte, l'idée d'une adhésion de la Turquie à l'Union européenne a perdu toute actualité, même si la négociation sur les "chapitres" n'a pas été formellement suspendue. Ce n'est pas l'Islam en tant que religion qui fait obstacle, mais l'islamisme,  distinction que des islamo-gauchistes naïfs s'obstinent à ne pas faire. Car l'islamisme est un projet politique qui place les dogmes religieux au dessus des lois civiles et de la démocratie. Cette Turquie- là n'a pas sa place en Europe, une Europe pour laquelle un Erdogan n'a d'ailleurs que mépris.

 

 

Robert Falony

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 09:11

Gouvernement des droites parce qu'il réunit la droite MR, la NVA ultralibérale et nationaliste  la droite libérale  flamande et l'aile droite conservatrice du CD &V. Tout ce qui représente le mieux le haut fric.

Faisons d'abord justice de l'argument selon lequel  l'alliance régionale PS-CDH aurait changé la donne. A moins de ne rien comprendre à la logique du fédéralisme, elle couvre évidemment  des majorités asymétriques, sinon les élections régionales sont quasiment vides de sens.

Avec un sourire béat, Charles Michel a pris ses fonctions de Premier ministre. Le caricaturiste du "Laatste Nieuws" l'a représenté en petit garçon que Bart De Wever tient par la main. Il est surtout devenu le dernier caniche de la chancelière allemande, alors que même le FMI prévoit une menace de récession en Allemagne, si elle s'obstine à imposer cet équilibre budgétaire  à contre-courant qui enfonce l'Europe dans la "crise". (La vraie  question, en réalité, sera d'effacer une partie des "dettes souveraines". En  attendant, on se contente d'étaler la "rigueur" dans le temps, en échange des fameuses "réformes" à la sauce libérale.)

Les congrès de parti ont donné leur aval à la coalition pseudo suédoise. Toute petite opposition symbolique chez les sociaux chrétiens flamands. Unanimité à la NVA: quand  le gauleiter a parlé, on ne discute pas. Et le parti séparatiste se taille la part du lion dans le cabinet Michel, avec  en particulier l'Intérieur et les Finances!  Notons que c'est le journaliste flamand bien connu Guido Fonteyn qui range la NVA dans la rubrique "Extrême droite".

Sur la nature du programme de gouvernement, l'éditorialiste du "Soir" Béatrice Delvaux, guère suspecte de gauchisme, dit tout en date du 10 octobre: " La Belgique passe d'un régime protecteur (...) à une organisation libérale" et "Tout ce qui gênait l'entreprise est supprimé". On comprend que le Voka et la FEB, petits frères du Medef français, exultent.

Mais le discours officiel propage une  illusion: les marges dégagées au profit des entreprises ne vont  pas créer de l'emploi, la corrélation n'a rien d'automatique. Ce n'est pas au siège du MR ou à l'hôtel de ville d'Anvers que se dessine la conjoncture économique. Les patrons resteront attentistes, n'investiront pas ou peu... Quant à tous ceux dont le pouvoir d'achat va souffrir, ils consommeront moins, la demande intérieure va fléchir. Et le climat de morosité dans lequel on baigne incitera  ceux qui pratiquent l'épargne de précaution à mettre encore davantage des sous de côté...

L'emploi toujours davantage sacrifié...

 Le gros paquet des économies portant sur les dépenses publiques, et notamment sur le non remplacement des fonctionnaires, ne remplacer  qu'un fonctionnaire sur cinq c'est faire quatre chômeurs de plus, l'élève de primaire le plus nul  en mathématique peut comprendre cela. La fonction publique va être dégradée à une vitesse accélérée.

L'idéologie NVA-MR vise à réduire le chômage par la multiplication des petits boulots mal payés. Le chômeur est par définition un suspect: ce n'est pas quelqu'un qui cherche un emploi sans en trouver, ou qui n'est pas assez qualifié pour en décrocher un, c'est un profiteur auquel il faut faire la chasse...

Les plus hardis des penseurs néolibéraux ont d'ailleurs une nouvelle cible. Pour eux, il faut élargir vers le haut les contrats à court terme, les CDD... Les salariés bénéficiaires d'un  contrat à durée indéterminée sont eux-mêmes des profiteurs. Cette idéologie mine la classe moyenne, qui sera rejetée...vers l'extrême droite!

La pension à 67 ans est le type même du coup d'épée dans l'eau: il y aura davantage de vieux chômeurs dans le secteur privé...

Combattre ce gouvernement par tous les moyens disponibles...

Pas seulement à la tribune des assemblées parlementaires, mais aussi dans la rue. Il faut travailler à le faire chuter, l'empêcher de durer cinq ans. L'opposition doit se souder en un front commun politico-syndical.

Plaçons  deux bémols au discours de combat  du président du parti socialiste à Tubize. Le premier est que la "rigueur" budgétaire en Régions wallonne et bruxelloise n'est que l'écho atténué de la même politique néfaste au niveau européen, il faut le dire pour ne pas mystifier les travailleurs. Le second est que l'appel à l'action des forces progressistes doit exclure tout calcul d'appareil, toute visée électoraliste... mais ceci vaut aussi pour Ecolo ou pour le PTB.

Par la force des choses, l'opposition politique devra coller à l'action syndicale. C'est dans le monde du travail, de la base au sommet des organisations, que peuvent se trouver les ressources nécessaires pour modifier le rapport des forces. Au chapitre des grèves, il y a tout un choix de méthodes: grèves tournantes, grèves perlées, grèves du zèle... S'y ajoutent diverses formes de résistance civile. Car c'est bien d'organiser la résistance qu'il s'agit! 

                                                                    Robert Falony

Cet article peut ouvrir un débat sur le blog  du club Osons le socialisme:

 

 

 

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 23:29

Médias: Irak, Ukraine, la fausse objectivité...

 

Le JT du soir, principale, voire unique, source d'information du plus grand nombre. De l'image avant tout, rarement localisée. Du factuel, pas de recul, pas de contexte. Le goût de la sensation. Et parfois la forme la plus subtile du mensonge: celui par omission.

 

Lorsque Mossoul, à la mi-juin, tomba aux mains de ce qui était alors l'EIIL, cela ne provoqua pas d'énormes vagues dans l'opinion mondiale. Moins que le sort d'infortunés otages décapités. Mais, même si le pseudo "Etat islamique" est finalement écrasé, jamais ses victimes, chrétiens d'Orient chassés et dépouillés, eux et d'autres minorités, ne retrouveront leurs foyers.

 

En termes de barbarie, le nouveau califat  se distingue certes par son exhibitionnisme, mais ses troupes ont été à bonne école, sauf que les bourreaux du régime syrien opéraient avec plus de discrétion.

 

Mais, pour expliquer la situation en Irak, il est incroyable de ne pas remonter d'abord à la guerre de l'administration Bush contre l'Irak de Saddam Hussein, sur base d'un mensonge et sans justification humanitaire. Encore était-ce une chose de chasser ce dictateur, une autre de briser la colonne vertébrale d'un Etat. C'est pourtant ce qu'ont fait Bush et Blair. L'Irak d'après 2003 n'est plus que chaos, revanche sectaire des chiites contre les sunnites, attentats et représailles, corruption généralisée. Des tribus sunnites finissent par se jeter dans les bras des  dissidents d'Al Qaida, adeptes du nouveau calife.

 

Ce sont bien des monstres, et on ne les bloque pas avec de bons sentiments mais avec des armes. Mais il convient de souligner que le monde musulman est la première victime de leurs errements. Derrière l'aspect religieux de l'éternel et archaïque conflit entre musulmans chiites et sunnites se cachent de puissants intérêts d'Etat, opposant l'Iran, l'Arabie saoudite, la Turquie. La coalition mise en place dans l'urgence par l'administration Obama est bien hétéroclite...

 

Ukraine: une  propagande simpliste des deux côtés...

 

La crise ukrainienne semble être entrée dans une phase de gel, parce que l'offensive guerrière du gouvernement de Kiev contre la sécession a échoué du fait de la réaction russe; et que les évènements du Moyen Orient ont changé la priorité pour les Etats-Unis et pour l'Europe.

 

 Mais il était simpliste de réduire cette crise à une agression de la Russie contre un pays souverain, au lieu d'expliquer les données du problème, et la réalité géopolitique. Les dirigeants occidentaux auraient évité beaucoup de morts en professant que la vocation de l'Ukraine n'est pas de devenir membre de l'Union européenne et encore moins de l'Otan. De telles visées sont reportées aux calendes grecques, même le président Porochenko, réaliste, en renvoie la demande à la fin de la décennie...

 

Le juste milieu demeure d'œuvrer pour une Ukraine aussi neutralisée que possible. Toute politique visant à la rattacher à moyen terme au bloc occidental ne fait que renforcer l'emprise de Poutine sur la société russe, comme parangon du patriotisme. Ce qui est arrivé cette année. Car ce sont les masses russes elles mêmes qui doivent combattre pour plus de démocratie, en rupture avec le nationalisme passéiste du régime, d'ailleurs plus faible qu'il n'y parait.

 

Robert Falony

 

N. Aux éditions Jourdan: "1914-2014, la véritable histoire du siècle". 18,90 €

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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 20:55

 

Cet été, on aura tout vu...

 

La presse financière s'extasie: le groupe chinois de commerce en ligne Alibaba a récolté 25 milliards de dollars à la Bourse de New York, record battu.

Alibaba et les quarante voleurs?

 

En  politique française, l'été a été joyeux: il y a d'abord un autre record battu, celui du livre d'une certaine Valérie T., se vengeant d'être une sorte de reine de France déchue en tirant  sur l'ambulance présidentielle, car son ex va vraiment mal.

 

Parmi les barons de l'UMP,  nombreux sont ceux qui retournent leur veste pour se rallier à Sarkozy retour de son île d'Elbe, car on ne sait jamais, mieux vaut être en faveur...  Xavier Bertrand, Baroin, Wauquiez, NKM, Raffarin, c'est à qui démentira le mieux ses "nettes réserves" d'avant-hier. Le scandale Bygmalion? On passe l'éponge...

 

Un autre inoubliable est DSK. Celui-là, on vient de le retrouver à Kiev comme invité dans une conférence internationale, lui fournissant l'occasion de tenir des propos très en harmonie avec les vues de Moscou. Pas étonnant: le personnage s'est recyclé dans la haute finance russe, en particulier dans les rouages de deux banques dont l'une est liée au géant pétrolier Rosneft. On a toujours les opinions de ses intérêts...

 

Et  en Belgique ? Passons sur la danse des Sioux autour du poste de Premier ministre. Mais retenons le procès Delphine Boël/ Albert II. La plaignante demande en somme aux juges d'officialiser l'adultère à la tête d'une monarchie catholique.

 

Castor

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6 septembre 2014 6 06 /09 /septembre /2014 17:27

France: la crise du PS... et de la République

 

Il y a deux crises en France: l'une est celle de la social-démocratie, marquée par l'éclatement du PS. L'autre est propre à la France, malade de son régime présidentiel, du système institutionnel instauré par De Gaulle, et qui a vampirisé le parti socialiste, transformant les tendances en écuries de course pour l'Elysée. Le président de la République n'est pas un arbitre, c'est le chef d'une majorité.

 

Quand Mitterrand est arrivé au pouvoir en 1981, il s'est coulé dans la fonction. Même sans rétablir l'élection du président par l'Assemblée nationale, il aurait pu réécrire la pratique constitutionnelle de façon à ce que le chef du gouvernement tienne la barre, lui et non le président. Le passage du  septennat au quinquennat a aggravé la situation. Montebourg peut bien se réclamer avec d'autres de la Sixième République: c'est une formule creuse si on ne change pas de système.

 

Valls, Hollande, Montebourg

 

Manuel Valls s'est toujours situé le plus à droite dans le PS. Arrivé dernier à la "primaire", il avait même suggéré de changer le nom du parti... Il reste donc fidèle à son idéologie  "sociale libérale" dans ce rôle de Premier ministre musclé que la déroute politique de François Hollande lui a attribué.

 

Les Français, en 2012, ont voté contre Sarkozy, et pourquoi pas pour ce personnage à l'allure aussi rassurante que rondouillarde? Issu avec Ségolène Royal des hautes écoles élitistes qui fournissent des cadres à l'Etat, il s'est faufilé dans son sillage jusqu'aux hautes sphères du pouvoir élyséen, avec Attali, tout en se créant une base électorale en Corrèze. C'est un solitaire, en ce sens qu'il ne s'est jamais attaché à un courant. Premier secrétaire incolore, mais majoritaire face au problème européen, il a eu l'astuce de partir le premier dans la course à l'Elysée, telle la tortue de la fable, alors que la plupart ne juraient que par Strauss Kahn, encore un fameux "socialiste"! Des imprudences de langage ont laissé supposer qu'il était prêt à se mesurer à la chancelière allemande. En réalité, comme tant d'autres dans la social-démocratie européenne, il misait sur le "retour de la croissance" annoncé par des augures...

Il ne faut pas faire d'Arnaud Montebourg le nouvel héraut de la gauche, mais il est  moins myope sur la réalité économique, et s'apparente à un courant plus critique à l'égard de "Bruxelles" et Berlin, comme, semble-il, Renzi en Italie. Quant aux "frondeurs", ils ont le mérite d'exister. Ils seraient peut-être plus disposés à rejoindre le Front de gauche, si celui-ci n'était pas sorti mal en point du scrutin européen, malmené par les états d'âme de Mélenchon.

 

Tableau d'ensemble

 

Toute la social-démocratie européenne est en réalité frappée de la même maladie de langueur et d'atonie. Y a-t-il spectacle plus navrant que celui offert par l' inaudible opposition du Labour, face à Cameron? Il faut aller chez les indépendantistes écossais porteurs d'une illusion pour entendre des arguments de gauche. Les socialistes  espagnols s'efforcent, eux, de faire oublier l'ère Zapatero. Mais en Grèce, la gauche radicale Syriza a le vent en poupe.

 

Et ce que ne dit pas la social-démocratie sur l'Ukraine: ni l'Otan, ni Poutine !

 

Robert Falony 

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29 août 2014 5 29 /08 /août /2014 00:03

 

Ne dites pas "la coalition suédoise"!

 

Elle fait référence à une coalition de centre-droit, alors qu'il s'agira d'un gouvernement des droites, dans lequel la très nationaliste et ultra libérale NVA pèsera de tout son poids !

 

Toutes les idées qui filtrent de la négociation en cours sont plus inquiétantes les unes que les autres. Mais elles sont enrobées dans un vocabulaire mielleux et trompeur, "restaurer la compétitivité", ou "dégager des marges pour l'emploi" qui sont autant de tromperies sur la marchandise... Le programme esquissé  est bel et bien celui du patronat, dont la vocation n'est pas de réduire le chômage, mais d'améliorer le profit. Il n'investira pas dans le contexte économique actuel !

 

Admirons au passage combien les négociateurs sont soucieux de la parité hommes-femmes au niveau européen. Se disputant les premiers rôles comme des chiens se disputent un os, ils font   poireauter Juncker avec la désignation du commissaire belge, poste pour lequel la sociale-chrétienne Marianne Thyssen est pourtant toute indiquée! Mais les principes et le MR style Reynders, cela fait deux!  

 

 

R.F. (26-8)

 

Lagarde… à vue

 

Christine Lagarde, l’actuelle DG du FMI, est rattrapée par les affaires. Elle doit se poser la question de l’efficacité de la justice privée qu’elle a inaugurée avec le fameux « arbitrage » entre le très distingué Bernard Tapie et les débris du Crédit Lyonnais. Les « juges » ont donné raison à l’ancien ministre de la Ville de François Mitterrand qui a empoché au passage 329 millions d’Euros.

 

La Justice – la vraie, la publique – a détecté un problème dans cette juteuse combinaison. Elle a inculpé un des juges « arbitres », Tapie, son avocat et le chef de cabinet de Lagarde lorsqu’elle était ministre des Finances de Sarkozy. Cette dernière fut d’abord entendue comme simple témoin, puis comme témoin assisté – un bidule inventé par le Code pénal d’outre Quiévrain qui signifie que l’on est presque mis en examen – et enfin, mise en examen. Pas pour les faits incriminés, mais pour « négligence ». Elle risque quand-même un an de boîte… qu’elle ne fera pas, rassurez-vous !

 

Pas contente la directrice du FMI, elle conteste et de ce pas retourne travailler à Washington. Elle risque gros malgré tout : les Américains commencent à en avoir assez de ces Français qui prennent la Justice par-dessus la jambe. Après les frasques de DSK, les combines louches de Lagarde, cela commence à faire beaucoup.

 

Aussi, la grande Christine va devoir ferrailler ferme pour terminer son mandat au FMI. Et elle aura sans doute difficile à le renouveler.

 

Christine Lagarde, à défaut de garde à vue, risque bien de l’avoir dans la vue.

 

PV (29-8)

 

 

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 21:04

  

Quelques foyers du bellicisme en 2014...

 

Le cerveau primitif de l'Homme ayant peu évolué depuis un siècle, la série des conflits armés qui se déroulent en cet été 2014 témoigne de la vigueur des comportements bellicistes. En Ukraine, un chef d'Etat fait la guerre à sa propre population, celle d'un petit territoire qu'il revendique comme ukrainien, face à des séparatistes insurgés adossés à la Russie. Pris entre deux feux, les civils deviennent des réfugiés...

 

Gaza: on n'accusera pas l'armée israélienne d'avoir visé délibérément les écoles de l'ONU. Plus probablement, les militaires ont "tapé dans le tas", on sait ce que cela veut dire à Gaza. La guerre traduit sur le terrain l'affreux principe de la responsabilité collective, on massacre les "sujets" de l'ennemi. Le problème palestinien n'est pas ici notre propos.. Constatons simplement qu'Israël a perdu la guerre de l'image: la sienne s' est encore un peu plus dégradée à travers le monde.

 

Pour justifier les pires crimes, rien de tel que d'invoquer Dieu, qui ne répondra pas. Le fanatisme religieux est un puissant ressort du bellicisme. Le pseudo " Etat islamiste" avec un calife à la place du calife, prétend s'ériger sur les ruines d'une Syrie détruite par Assad, et d'un Irak disloqué par la guerre de G. Bush. Il est le modèle de la barbarie absolue. Là, la riposte armée s'imposait, pour assister la résistance kurde.

 

La révolution libyenne aussi a échoué: une épuration totale des cadres dirigeants a  conduit, comme en Irak, à la destruction de l'Etat. Le chaos libyen complète le tableau d'un désastre géopolitique.

 

Quatre autocrates

 

Vladimir Poutine est un autocrate qui rêve des splendeurs passées de la puissance russe, mais n'en a plus les moyens. Il ne peut rétablir les bases économiques de l'URSS. Mais la politique brouillonne de l'Union européenne en Ukraine l'a bien servi, en lui conférant un fort regain de popularité, le patriotisme !

 

Autre autocrate, rêvant quant à lui de l'empire ottoman, Erdogan n'est pas un islamiste "modéré" : il travaille à défaire l'œuvre laïque d'Ataturk. C'est lui qui se verrait bien calife...

 

Assad: s'est maintenu au pouvoir en détruisant la Syrie, et en transformant sa lutte pour le garder en conflits ethnico-religieux.

 

Al-Sissi: l'armée égyptienne s'est jouée d'un camp révolutionnaire divisé et inexpérimenté, et a rétabli sa dictature par une répression féroce.

 

Le nationalisme est totalitaire.

 

Le hasard seul fait la naissance, nous naissons quelque part.  Appartenir administrativement à une "nation" ne nous distingue pas politiquement, ne donne pas à l'Etat le droit de disposer de la vie. On peut combattre et mourir pour la liberté, la démocratie, non pour la "patrie". Le nationalisme est totalitaire, qui élève "les intérêts nationaux" au dessus des droits des autres peuples et de  l'humanité entière. Le citoyen n'est pas le "sujet" d'un pouvoir dirigeant, toujours habile à désigner un ennemi extérieur pour détourner le mécontentement qu'il suscite.

 

Robert Falony  ( 10.8.)

 

 

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29 juillet 2014 2 29 /07 /juillet /2014 13:10

En Belgique comme ailleurs, s’effectue un remarquable travail d'exhumation des horreurs de la grande boucherie de 1914-18, mais les médias laissent aux historiens la question centrale des responsabilités. La critique de la conquête des marchés n'est pas dans l'air du temps, ni même celle du militarisme et de ce nationalisme dont on revoit la résurgence un peu partout à travers le monde. Au mieux, la pensée officielle peut aller jusqu'à mettre en question le jeu des alliances  de l'époque. Mais on voit bien que les grandes capitales concernées n'ont aucune envie de creuser davantage sur leurs propres responsabilités dans un passé qui n'est pourtant pas si lointain...

 

 

 Commémorer, oui, mais patriotiquement!

 

En Belgique, c'est facile, la neutralité de ce petit pays a été sauvagement violée par l'Allemagne impériale. On va rencontrer, au mois d'août, le souvenir de crimes de guerre abominables qui n'étaient pas ceux des nazis, mais des soldats de Guillaume II.

 

 

 


dinant_1914.jpg


Massacre de Dinant par les Uhlans en 1914.

 

Voyons d'abord le cas allemand. Le régime nazi, universellement réprouvé, fait écran et occulte la réalité antérieure du vieux militarisme prussien. Il ne faut pas trop peiner la chancelière Merkel et les électeurs de la CDU en soulignant que le pouvoir conféré à Hitler (financé par le grand capital)  le fut par le président Hindenburg, héritier historique de Frédéric II et de Bismarck. Ni que l'Allemagne contemporaine a transféré sur le terrain monétaire cette vieille propension à l'hégémonie. Quant aux sociaux-démocrates, le vote des crédits à la guerre en 1914, à l'unanimité, au contraire de toutes les belles résolutions, demeure la plus grande honte de  leur histoire.

 

En 1914, le parti de la guerre à Berlin assura donc l'Autriche-Hongrie de son appui dans ses ambitions balkaniques, poussant à la catastrophe.

 

La France. On n'imagine pas François Hollande ou Manuel  Valls déclarer que la récupération de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine ne valait pas ces millions de morts et de mutilés, ni même que l'alliance contre nature entre l'empire des tzars et la France républicaine ( nouée déjà  au temps d'Alexandre III, les fameux emprunts russes) "justifiait" la thèse de l'encerclement de l'Allemagne. Rendre hommage à Jean Jaurès, c'est d'abord se souvenir qu'il combattait le nationalisme de son propre pays, incarné par le président de la République élu en 1913, Raymond Poincaré, et tant d'autres.  

 

Les petits nationalismes sont nocifs comme les grands. Il s'est trouvé le 28 juin des nationalistes serbes pour rendre hommage au geste imbécile de Prinzip à Sarajevo. Ils appartiennent à la même espèce que les assassins de Srebrenica durant la guerre en ex-Yougoslavie.

 

Il va être curieux de considérer ce centenaire tel que vu de Moscou, dans l'optique de l'autocrate Poutine, promoteur du nationalisme grand russe et panslave. De la à réhabiliter le fantoche Nicolas II et la clique de ceux qui voulurent la guerre pour refouler la révolution...


Ce qu'il y a d'actuel dans toutes ces considérations, c'est, redisons le, la résurgence du nationalisme d'exclusion, tel qu'il sévit en Ukraine. Seule une Ukraine neutralisée peut trouver la paix. Toute nouvelle extension de l'Otan vers l'Est attiserait le conflit avec la Russie. Et c'est ce grand saut en arrière que représente l'exaltation de la "souveraineté nationale" face à la non Europe du capitalisme, lequel s'en accommode très bien, de même qu'il produisait la guerre il y a cent ans. 

 

Robert Falony

 

A paraître aux éditions Jourdan dans les prochains mois: cent ans d'Histoire. Thème central: la guerre et la finance ont tué la démocratie... La préface est de Philippe Moureaux.

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 21:06

Moyen Orient: extension de l'incendie

 

L'annonce de la prise de Mossoul par les forces de l'EIIL (Etat islamique de l'Irak et du Levant) a soudain réveillé nos médias amnésiques. Après avoir relégué à l'arrière-plan, pendant  des années, les convulsions en Irak, consécutives à la guerre de Bush et Blair en 2003, ils ont "découvert" que cet Etat est brisé, et pas depuis l'intervention des djihadistes.

 

 Il faut rappeler que le proconsul américain Bremer avait commis la bêtise insigne de dissoudre le parti et l'armée du dictateur chassé, sans s'attirer pour autant la sympathie des chiites bénéficiaires, mais avec l'effet de faire des sunnites la nouvelle minorité opprimée, derrière la façade d'une union constitutionnelle toute théorique. Combien, depuis dix ans, d'attentats, de représailles, d'épisodes sanglants? Le premier ministre Nouri Al-Maliki a été l'instrument de ce sectarisme chiite. Cela n'a pas empêché son armée, formée et instruite avec l'argent du contribuable américain, de se débander à Mossoul et ailleurs en terre sunnite. Par chance, ce sont les combattants kurdes qui, au nord, contiennent l'EIIL, lequel, comme son nom l'indique, est né en Irak, même s'il a fait ses armes dans la guerre syrienne, se posant même  en dissidence d'Al Qaida.

 

L'embarras américain

 

Face à cette situation, l'administration Obama a choisi, comme d'habitude, de louvoyer, elle envoie en Irak des "conseillers" et des commandos, tout en chargeant le secrétaire d'Etat  Kerry de trouver une solution politique qui passe par le remplacement d'Al-Maliki. Il en faudrait bien plus pour détacher les chefs tribaux sunnites de leur  alliance avec les "fous de Dieu". Ceux-ci n'ont guère de chances de prendre Bagdad, mais ils resteront comme poisson dans l'eau dans la partie sunnite de l'Irak. Ainsi, c'est tout le Moyen Orient qui s'embrase. L'issue des guerres de Syrie et de l'Irak est liée à une improbable solution politique globale

 

La nébuleuse islamiste guerrière

 

Quelles que soient dans cet embrasement les responsabilités de longue date des capitales étrangères, des Etats-Unis mais aussi de la Russie, de l'Iran, de l'Arabie saoudite et des pétromonarchies, il faut s'interroger sur l'incapacité du monde arabo-musulman à se hisser dans une véritable modernité. L'échec dramatique des "révolutions arabes" illustre cette impuissance. On n'est pas islamophobe en considérant comme inepte l'obscure querelle sur la succession du prophète qui oppose la confession chiite et la sunnite.

 

Et  c'est sur ce terreau du fanatisme religieux que prospère cette nébuleuse de soulèvements islamistes extrêmes qui, sur fond d'utopie avec le califat universel, oppose en réalité des chefs de guerre compromis dans les pires trafics. Ils ont failli s'emparer du Mali, tandis qu'en Centrafrique, le Tchad a joué et perdu, provoquant un effet de boomerang qui s'est retourné contre les musulmans. Au Nigéria, la mauvaise gouvernance du président Goodluck Jonathan, plus préoccupé de faire taire les familles des filles enlevées que de les retrouver, n'est pas pour venir à bout de la secte Boko Haram. En Somalie, les milices Chebab ont étendu leur terrorisme au Kenya. L'étendard de l'E.I.I.L. complète le tableau.  

    

Robert Falony

 

ps. Avec le 28 juin, on a rencontré la première grande date commémorative de la boucherie de 14-18 commise par les impérialismes rivaux. L'assassinat à Sarajevo de l'archiduc d'Autriche, commis par un terroriste serbe, était un acte à la fois stupide et criminel, mais la guerre eut éclaté de toute façon à la première autre occasion.

 

Observons que si nos médias "commémorent" patriotiquement, ils masquent la question fondamentale des responsabilités, ou la diluent dans "le jeu des alliances". Cela les dispense de dénoncer l'Allemagne impériale et le militarisme prussien, le nationalisme français et la fatale alliance franco-russe. Ceci à l'heure des résurgences nationalistes, voire bellicistes, si visibles dans l'affaire d'Ukraine. Opposition donc à toute nouvelle extension de l'Otan !

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