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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 22:44

L'islamophobie peut se définir assez aisément. Le mouvement allemand "Pegida" en offre un bel exemple. Dans la foulée de "Je suis Charlie", il importe de dire ce qu'elle n'est pas.

On n'est pas islamophobe parce que l'on place la loi civile au dessus des prescrits religieux.  L'affaire des caricatures de Mahomet n'est en soi qu'une question minuscule, qui pourrait être rangée parmi les "accommodements  raisonnables" si elle ne débouchait pas sur la nature même de la laïcité: celle-ci ne se situe pas "à côté des religions", mais au dessus. Un délit de blasphème?  Impensable! Mais il existe toujours sous d'autres cieux... (Au reste, pour un athée ou un agnostique, on ne se moque pas de ce qui n'existe pas - la divinité...). Il faut donc défendre la liberté d'expression inconditionnelle, hormis ce qui est incitation directe à la haine raciale et au meurtre. (1)

Glisse-t-on dans l'islamophobie si on défend, non les "valeurs occidentales", mais les valeurs universelles de la démocratie et du socialisme, issues des grandes révolutions populaires que le développement inégal des sociétés humaines développa d'abord en Europe? Ce sont ces valeurs là qui ont inspiré les "révolutions arabes"  au départ, avant qu'elles ne soient détournées par l'islamisme militant et la dictature militaire. Pour donner un nouvel avenir à cette aspiration qui traverse tout le monde arabo-musulman, il ne faut rien concéder à ses adversaires, ni ceux de là bas, ni ceux d'ici. Mais au contraire aider les intellectuels,  les artistes, les femmes, les esprits libres qui, sous une chape de plomb, affrontent la censure et la répression, du Maroc au Pakistan.

On lit et on  entend: "La communauté musulmane  n'a pas à se justifier" (du terrorisme).Certes,  en tant que communauté... Mais pourquoi cette communauté serait-elle homogène, depuis quand la gauche ne doit-elle pas encourager l'expression individuelle, l'esprit critique? Le courant "Pas en notre nom" a répondu. Au reste,  la population d'origine immigrée, cataloguée "musulmane" n'est pas un bloc compact, la pratique religieuse y est très diversifiée. Mais il y a le problème des cités, des ghettos: il est plus social que politique.

On n'est pas islamophobe à vouloir donner un contenu moins flou à cet "Islam d'Europe" , dont les mosquées sont trop souvent sous influence marocaine, ou turque, ou pire saoudienne, autant de rivalités nationalistes  sous-jacentes. On ne l'est pas davantage si l'on pense que l'Islam devra faire son "aggiornamento" , tout comme l'Eglise catholique romaine a entamé le sien dès le pape Léon XIII, sans parler de son successeur actuel. "La charia n'a rien à voir avec l'Islam?" interroge l'écrivain Olivier Rolin dans les débats du "Monde", en énumérant les abominations que l'on  sait. Trop de régimes établis  croient répondre à l'idéologie des talibans et à ses "excès" par un surcroit de dogmatisme puritain tiré d'une lecture archaïque d'un Coran non dépoussiéré. L'idéologie salafiste doit être combattue frontalement. Au moins, dans l'Iran du clergé chiite, il y a du jeu, des courants. En géopolitique, jouer cette carte, comme le fait en partie Obama, a du sens: le pire est le régime rival de l'Arabie saoudite, tellement courtisée par les affairistes du type de ceux qui se sont rassemblés à Davos!

 

Robert Falony

 

(1) La décision prise à Tournai d'abandonner le festival "Ramdan", face à des menaces,   apparait bien comme une reddition devant les censeurs! Parmi les oeuvres, il y avait l'admirable film malien "Tombouctou", que l'on peut toujours voir à Bruxelles.                                                                 

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19 janvier 2015 1 19 /01 /janvier /2015 23:26

Mafia, pouvoir et grand capital

 

En parcourant trois ou quatre numéros du "Monde", fin décembre, on pouvait prendre connaissance d'un vaste scandale dans le secteur de l'immobilier  et des travaux publics au Brésil, de la corruption liée à Alstom aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, de la chute du magnat allemand Thomas Middelhof, ex-président de Bertelsmann , des achats de voix au Parlement grec, et savoir en prime que l'infante Cristina sera jugée pour fraude fiscale en Espagne. On se souvenait qu'au Portugal l'ex-premier ministre "socialiste" José Socratès  vient de tomber, et des affaires de corruption toutes récentes à Venise et à Rome, éclaboussant la fonction publique.

 

La norme et non plus l'exception

 

Mais peut-on encore parler de "scandales", quand ceux-ci sont devenus la norme? Leurs acteurs s'en cachent de moins en moins. L'idéologie libérale du fric triomphant, arrogant, et de plus en plus cynique, s'affiche avec impudeur. "Ils" ont de moins en moins à craindre la "Justice", dure pour les pauvres, douces pour eux, le "ruling" y pourvoira.  La métaphore de l'iceberg laisse entrevoir que pour un scandale mis au jour,  trois resteront immergés. La fraude fiscale? Ce sont les Etats qui l'organisent au profit des entreprises multinationales, et pourquoi pas au nom de la défense de l'emploi?

Il ne suffit plus d'évoquer la "criminalité en col blanc" comme existant à la marge. Elle est au centre du mode de fonctionnement du capitalisme dérégulé, voyez les moeurs qui ont cours à la City de Londres, pour prendre cet exemple. Dérégulé? Mais la mafia est très régulée, comme l'observait jadis un économiste africain.

 

Mafias de tous les pays...

 

La mafia est italienne, ou albanaise, ou mexicaine... Elle est universelle. Mais c'est précisément du Mexique que viennent des signes préoccupants du terrain qu'elle gagne. En septembre, dans l'Etat de Guerrero, une quarantaine d'étudiants ont "disparu", assassinés par des narcotrafiquants en collusion avec les autorités policières.

Le Mexique, dont près de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, a vu en ce siècle des milliers de gens tomber sous les balles des tueurs: trafiquants de drogue, forces armées, milices se sont livrées à une véritable guerre civile. L'affaire de l'Etat de Guerrero n'en est qu'un épisode supplémentaire.

 

Ce n'est pas une question de latitude. L'espèce de soulèvement sur fond de mysticisme guerrier qui traverse de larges couches d'un monde musulman incapable d'analyser les causes de sa situation s'incarne dans le pseudo Etat islamique (Daech). En Syrie et en Irak, trafiquants d'armes, de pétrole, de devises, et même d'esclaves, prolifèrent et s'enrichissent en symbiose avec cette nouvelle version de la "secte des assassins" du onzième siècle. Le commerce des réfugiés de guerre spoliés et abandonnés en mer est en plein essor.

Des futurologues dans le style de Jacques Attali ont envisagé, parmi les quelques destinées possibles de l'humanité, l'exercice direct du pouvoir par ce monde là. Le crime prospère à l'abri du secret bancaire et de la libre circulation des capitaux. On peut seulement se dire qu'on  ne peut dissoudre le peuple, et que la révolte contre l'injustice est éternelle aussi.  

 

Robert Falony

 

 

°Elections  grecques: solidarité avec Syriza!

 

° L'attentat monstrueux contre "Charlie Hebdo": défense inconditionnelle de la liberté d'expression face aux fanatiques religieux!

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 22:45

II. Les grèves ont un peu modifié le rapport des forces.

Ceci est un titre que vous n'aurez lu dans aucun de ces quotidiens qui ont toujours un pied dans le camp du gouvernement,  et sont tout imprégnés de la pensée libérale. Le front commun syndical a réussi à remettre en selle une "concertation sociale" qui paraissait moribonde. Le patronat s'abritait derrière le gouvernement de ses vœux. Mais il sait faire ses comptes, et les grèves de décembre lui ont été dommageables. Maintenant, c'est le gouvernement qui se retranche derrière le patronat, et qui a avalisé les premiers petits accords conclus. Dans l'équipe Michel, c'est le négociateur  K. Peeters qui a été renforcé, s'autorisant même la polémique avec le président de la NVA, lequel ne demeure pas en reste.

Si l'on considère le contenu de ces accords a minima, celui sur les fins de carrière en particulier, on entrevoit des accommodements, des reports de dates, ou des exceptions. Mais on sait que les dossiers les plus lourds ne sont pas encore abordés. Le saut d'index, avec toute sa symbolique, reste une ligne de fracture, même si la déflation  menaçante modifie quelque peu les données du problème. On assiste même à ce tour de passe-passe des augures de l'économie libérale qui transforment un signe évident de la récession, la chute du cours du pétrole, en promesse de rebond vers une reprise économique qu'ils voient généralisée!  De toute façon, la marge pour les négociations salariales reste des plus étroites, et la droite gouvernementale demeure adepte du célèbre axiome there is no alternative.

Fragilité de la trêve...

Mais jusqu'à nouvel ordre, il n'y a qu'une trêve sur le front des grèves. Le temps n'est plus où la droite pouvait espérer diviser le front commun  syndical, les syndicalistes savent que leur unité est le seul gage de leur réussite. En janvier, la base syndicale aura peu de raisons de trouver la situation meilleure! La pauvreté gagne du terrain avec ces milliers d'exclus en  fin de droits, qui vont refluer vers les CPAS, et pour lesquels peuvent se négocier au mieux des moratoires. Entretemps, une nouvelle crise de la zone euro aura peut être éclaté, au départ de la Grèce ou de l'Italie?

Pour maintenir son cap budgétaire, le gouvernement sera forcé de se reporter sur les recettes, c'est pourquoi on reparle tant de la fiscalité. La "fortune" a peu à craindre, tandis qu'au mépris de tous les discours en faveur des baisses d'impôt, les gouvernants seront de plus en plus tentés de se tourner vers la seule imposition d'un rendement immédiat: la hausse de la TVA.

Le PS au balcon ?

Le PS dans l'opposition au niveau fédéral ne donne guère l'impression de miser sur une évolution rapide de la situation politique. Reproduit-il son attitude de 1981 à 1988, lorsqu'il était "au balcon" sous la présidence de Guy Spitaels? Une opposition purement parlementaire, jouant la prudence et l'attentisme? Qu'il tire plutôt  les leçons de la pénible politique du trio Hollande-Valls-Macron en France.

 

 Robert Falony

 

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 12:20

 

Robert Falony qui est un militant socialiste de toujours, qui fut journaliste au « Peuple », à « la Wallonie », au « Matin », au « Journal du Mardi », à l’éphémère hebdomadaire « l’Eglantine » et auteur de nombreuses chroniques. Il vient de publier un livre où il analyse un siècle d’histoire à travers l’impérialisme. Il n’écrit pas comme Lénine qu’il s’agit du stade suprême du capitalisme (1) mais il pense qu’il est fondamentalement lié au capitalisme dans sa course folle vers de plus en plus de profit.

 

Son ouvrage comprend trois parties : la première intitulée « 1914 : le naufrage de l’Europe et du Socialisme part des origines de la Première guerre mondiale jusqu’à aujourd’hui. Il s’agit d’une analyse critique de l’histoire d’un siècle. La seconde « Dans les tourmentes de l’impossible neutralité » passe en détail cinquante épisodes qui ont marqué l’histoire de la Belgique dans le monde et du socialisme en ce pays. Le troisième volet « III et maintenant ? » tire les conclusions. Le livre s’achève par un lexique « iconoclaste à l’usage d’économistes atterrés ».

 

Nous faisons ici une longue recension de la première partie, parce qu’elle tire en 189 pages les leçons sur chaque épisode important de l’histoire mouvementée de 1914 à 2014 et de l’évolution chaotique du socialisme et de la gauche. Et ces 189 pages sont déjà un résumé ! Ce qui rend leur lecture aisée et passionnante. Il est nécessaire en effet que le lecteur puisse s’imprégner de ce texte qui est un ouvrage de référence pour tout qui s’intéresse à l’histoire de la gauche et à l’histoire en général et qui souhaite tirer les leçons des transformations profondes que nous vivons.

 

Pierre Verhas

(Les intertitres sont d’Uranopole)

 

 

Robert n’analyse pas les contradictions du capitalisme, mais celles de la social-démocratie. Avant la Révolution russe, les partis socialistes s’appelaient « sociaux démocrates » comme en Allemagne et en Russie. En Belgique, le nom était Parti Ouvrier Belge. Le qualificatif « socialiste » était rarement utilisé sauf pour la IIe Internationale.

 

Le naufrage de la IIe Internationale

 

Cette IIe Internationale qui s’effondra avec l’assassinat de Jaurès étant incapable d’assurer la volonté de paix de la classe ouvrière mondiale contre les impérialismes et les nationalismes exacerbés en ce début d’été 1914.

 

Et pour Falony, c’est l’effondrement de cette IIe Internationale en août 1914 qui marqua la fin de l’Europe et la fin du Socialisme. « Un siècle plus tard, ce naufrage de l’Internationale nous interpelle toujours autant. La question de fond reste si importante que la gauche socialiste d’esprit critique doit lui apporter une réponse de fond, une réponse actuelle. » La problématique fut l’incompréhension de la puissance du fait national.

 

Une opposition à la guerre se dessina dès fin 1914 au sein du SPD en Allemagne grâce à l’action courageuse « guerre à la guerre » de Karl Liebknecht et de Rosa Luxembourg. Les socialistes des pays neutres comme les Suisses et aussi les Italiens qui n’étaient pas encore engagés dans la guerre tentèrent de réunir le Bureau de la défunte Internationale Socialiste qui s’était réfugié en Hollande et dont le secrétaire était le Belge Camille Huysmans qui ne donna aucune suite. Au terme d’hésitations et de tergiversations diverses, à l’initiative des Suisses et des Italiens et avec les bolchéviks russes, une conférence se tint à Zimmerwald en Suisse. Elle sonna le réveil de l’internationalisme. Une autre conférence eut lieu en avril 1916 à Kienthal.

 

Il était convenu de jeter les bases d’un nouvel internationalisme, mais il surgit une division entre les « pacifistes » et une minorité dirigée par Lénine qui veut tirer parti de la « guerre impérialiste » pour déclencher la révolution prolétarienne.

 

L’horreur de la guerre et Rosa Luxemburg

 

La guerre s’enlise dans l’horreur. En Russie, tous les éléments sont réunis pour déclencher la Révolution. Pour Robert Falony, la deuxième Révolution russe est « une conséquence de la guerre et de la défaite, elle aurait été impossible sans ce désastre. » Et il conclut : « Donc : assumons la Révolution d’Octobre en tant qu’instant de l’histoire. Un instant unique qui ne s’est reproduit nulle part et que des générations ont proposé abusivement comme modèle universel. »

 

Et c’est la social-démocratie au pouvoir dans une Allemagne exsangue avec à sa tête le droitier Noske qui est en collusion avec l’aristocratie et les militaristes allemands. Il fait appel aux corps francs contre les spartakistes. « Rosa Luxembourg est hostile à un coup de force minoritaire, mais elle refuse de se séparer du mouvement de masse : ainsi est né dans la douleur et la confusion le parti communiste. »

 

Après les combats de Berlin, la révolution est vaincue. Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht sont assassinés par les militaristes le 15 janvier 1919. Robert Falony analyse ensuite les polémiques qui opposèrent Lénine à Rosa Luxembourg pour laquelle il ne cache pas son admiration. En effet, Rosa Luxembourg est opposée à un parti dirigé par des révolutionnaires professionnels et après la révolution russe, elle refuse de séparer le pouvoir révolutionnaire de la démocratie. Débat qui ne concerne pas seulement les partis communistes mais l’ensemble des partis sociaux-démocrates en Europe. Elle n’aura pas connu Kronstadt. Mais elle l’avait prédit. C’est ainsi que la 4e Internationale (trotskiste) parle des « erreurs de Rosa Luxembourg ».

 

Rosa Luxemburg : pour Robert Falony, une référence du socialisme

Rosa Luxemburg : pour Robert Falony, une référence du socialisme

 

Ensuite, pour répondre aux staliniens et à ceux qui confondent dictature du prolétariat avec bureaucratie, Robert Falony réplique : « De même qu’en démocratie bourgeoise la classe possédante exerce dans le domaine économique et financier une dictature de fait, de même la « dictature du prolétariat » pourrait être simplement le contrôle par le plus grand nombre des moyens de production, de distribution et d’échange, c’est-à-dire la démocratie économique sans préjudice de la démocratie formelle. »

 

L’entre deux guerres

 

Ensuite, l’auteur brosse le tableau de ce que nous appelons aujourd’hui l’entre deux guerres : la scission de l’Internationale, la naissance du fascisme, la crise de 1929, les aberrations du stalinisme avec les procès de Moscou, la mort de la république de Weimar avec la prise de pouvoir de Hitler, la France des années trente.

 

En ce qui concerne le courant pacifiste qui était assez puissant à gauche dans les années trente, Robert Falony écrit : « … nombreux sont aussi les pacifistes, justement horrifiés par l’abominable guerre de 14-18 – « Plus jamais ça ! » – qui s’engagent aussi sur une fausse voie : ils ne comprennent pas la vraie nature du régime nazi, que l’Allemagne de 1936 n’est plus celle de 1914. Il n’y a plus de front antimilitariste possible au plan international si toute capacité d’en former un a été abolie. » Cette gauche là n’a pas contribué à sauver la paix !

 

Arrive la décennie 1930-1940, les « années trente ». Tout d’abord, la grande dépression de 1929 amena des gouvernements de droite en Belgique à appliquer une politique déflationniste. Des troubles graves éclatèrent en 1932 et le Parti Ouvrier Belge dans l’opposition adopta au Congrès de Noël 1933 le « Plan du Travail » d’Henri de Man. Ce plan qui comportait des éléments dirigistes eut un large succès populaire. En mars 1935, le P.O.B. rentra au gouvernement Van Zeeland avec de Man et Spaak. Il dévalua le franc de 28 % : « L’attachement de la plupart des dirigeants à l’étalon-or, cette « relique barbare », s’effaçait devant la dure nécessité ». Les élections de mai 1936 amenèrent le succès de l’extrême-droite avec les rexistes et les nationalistes flamands du VNV. En juin 1936, il y eut une vague de grèves qui  en parallèle avec la situation française, aboutit à des accords sociaux similaires. « La justice sociale est en marche » titrait Le Peuple.

 

Robert Falony se penche en quelques lignes sur le cas du leader socialiste bruxellois Paul- Henri Spaak qui devint Premier ministre et ministre des Affaires étrangères en mai 1938 (2). Il se fit « le héraut d’une politique étrangère dite « neutraliste », adossée sur le roi Léopold III. C’était là une position que le précédent d’août 1914 rendait totalement illusoire. N’y avait-il que cela ? » En réalité, c’était la position des classes dominantes qui souhaitaient composer avec la « nouvelle Allemagne ».

 

Paul-Henri Spaak (à gauche) avec Paul van Zeeland en 1937. Spaak avait un art consommé de l'opportunisme et du reniement.

Paul-Henri Spaak (à gauche) avec Paul van Zeeland en 1937. Spaak avait un art consommé de l'opportunisme et du reniement.

 

1936, ce fut aussi la guerre d’Espagne. « La guerre civile en Espagne a commencé bien avant juillet 1936 ! ». La lutte des classes y était intense et la monarchie renversée en 1931 donna naissance à une seconde République faible et haïe par la bourgeoisie, l’église et l’aristocratie. La gauche était divisée. Il y avait lutte entre les anarchistes et les socialistes et les socialistes eux-mêmes étaient divisés. Les élections de 1936 qui amenèrent le Front populaire mirent les anarchistes de côté. « Ce qui a été dit (…) de l’Italie de 1920-1922 est encore plus vrai pour l’Espagne d’alors : un mouvement révolutionnaire divisé et qui tourne en rond est perdu. »

 

Cela annonça le coup d’Etat de Franco du 18 juillet 1936. La guerre civile s’acheva avec la chute de la République en 1939. La guerre d’Espagne avait été le banc d’essai de la Seconde guerre mondiale.

 

Dès lors, la voie était tracée pour Hitler. Après avoir absorbé l’Autriche, il y eut Munich en 1938. La Bohème et la Moravie tombent entre les mains de l’Allemagne et la proie suivante fut la Pologne. Pendant ce temps-là, le militarisme japonais dès 1927, imposa une politique d’expansion territoriale, mit la main sur la Mandchourie en 1931. Shanghai fut bombardé en 1937 et les Japonais envahirent la Chine.

 

La guerre à nouveau

 

Vint ensuite en 1939, le Pacte germano-soviétique. Robert Falony estime qu’il s’agit d’un pacte de non-agression. Il écrit : « … si Staline pouvait tirer une conclusion de l’affaire de Munich, c’est bien que la pusillanimité de Londres et de Paris rendait improbable une alliance sérieuse avec lui face à la montée du nazisme. » S’il n’y avait eu la Pologne comme état tampon, la classe dirigeante franco-britannique n’aurait pas vu d’un mauvais œil une attaque de l’Allemagne contre la Russie soviétique.

 

Ce pacte jeta le trouble sur les partis communistes occidentaux, Moscou prétextant qu’il lui faisait gagner du temps et de l’espace. Argument dramatiquement démenti par l’attaque allemande du 22 juin 1941 qui surprit Staline. Et l’Armée rouge n’était pas prête à encaisser ce choc.

 

Signature du Pacte germano-soviétique, fruit de la pusallinimité occidentale et de la duplicité de Staline : de gauche à droite au premier rang : Von Ribbentrop, Staline, Molotov

Signature du Pacte germano-soviétique, fruit de la pusallinimité occidentale et de la duplicité de Staline : de gauche à droite au premier rang : Von Ribbentrop, Staline, Molotov

 

La débâcle de 1940, la résistance héroïque des Britanniques, la guerre en mer, la neutralité de l’Amérique et enfin, l’entrée de l’Amérique en guerre suite à l’incroyable attaque de Pearl Harbour. « Il y a un mystère Pearl Harbour » pour Robert Falony, tout comme lors du 11 septembre 2001.

 

Lorsqu’à Casablanca en janvier 1943, Roosevelt et Churchill exigèrent la reddition inconditionnelle de l’Allemagne, ce fut une « formulation de type nationaliste » selon Robert Falony. Cela n’a pas facilité les complots contre Hitler. « C’est la liquidation du régime nazi qu’il fallait exiger explicitement, la restauration de la démocratie et des libertés publiques en Allemagne. »

 

De même, le débarquement des forces alliées en 1944 et les sacrifices consentis ont « motivé pour des générations un devoir de reconnaissance éternelle envers les Etats-Unis. Oui, mais (…) ces hommes sont tombés « pour notre liberté » et pour les intérêts de l’empire américain. Ils sont tombés parce que Hitler, pur produit de la crise de 1929, n’a pas été arrêté à temps. Et nous devons au moins nous souvenir des millions de soldats russes tués en affrontant la Wehrmacht, victimes, eux, des « erreurs » de Staline. »

 

Le triomphe de la barbarie

 

La fin de la guerre amène à une réflexion fondamentale sur le triomphe de la barbarie comme l’écrit Falony. L’inventaire des atrocités est terrible, mais l’auteur insiste sur le fait que si ces tueries touchèrent l’Europe de l’Ouest, elles furent bien pires en Pologne, en Russie ou dans les Balkans. Et il y a bien sûr l’horreur des camps de concentration. Robert Falony ajoute : « … il y a dans le génocide subi par les Juifs quelque-chose d’unique dans l’histoire : pas seulement par le nombre de victimes (…) mais surtout parce que l’organisation scientifique de ce génocide a été le fait d’un Etat moderne, d’une nation industrialisée et cultivée, l’Allemagne. » La Turquie du génocide Arménien de 1915 n’était pas un Etat moderne, mais les deux génocides eurent lieu pendant une guerre.

 

Vue du camp d'Auschwitz-Birkenau, symbole de la barbarie (photographie Pierre Verhas)

Vue du camp d'Auschwitz-Birkenau, symbole de la barbarie (photographie Pierre Verhas)

 

Et Falony réfute la théorie comme quoi « Tout a été perçu comme s’il y avait une distance infranchissable entre les violences de la « Nuit de cristal », du racisme ordinaire, et les fours crématoires. Or, cette distance n’existait pas. Lorsqu’on s’engage dans la voie de la discrimination ethnique, le chemin risque d’être sans bornes. Le pogrome est l’ancêtre du four crématoire. »

 

« Après Auschwitz et Dresde, la barbarie avait encore une dernière cime à atteindre : Hiroshima et Nagasaki. » La bombe atomique a profondément changé la stratégie et les rapports de forces entre grandes puissances. Robert Falony se penche d’abord sur les origines du projet « Manhattan » d’élaboration de la bombe avec, notamment, l’exploitation de l’Uranium du Congo belge.

 

Les deux blocs et la guerre froide

 

La fin de la guerre engendra l’ONU et ce que l’auteur appelle le « Conseil d’insécurité ». Robert Falony pense que la faiblesse innée de cette organisation est due à deux principes contradictoires dans sa Charte : d’une part, une aspiration démocratique universelle et d’autre part, le respect de la souveraineté des Etats. L’Assemblée générale sert de tribune et le Conseil de sécurité est une « caverne de brigands », champ clos des rivalités impérialistes.

 

Cela n’a pas empêché la guerre froide. Tout d’abord, une rupture idéologique entre l’Est et l’Ouest. Les partis communistes occidentaux ont été chassés des gouvernements en 1946 et en 1947, ce qui provoqua une nouvelle division de la gauche. On en était revenu aux années vingt ! Il y eut la frénésie Maccarthyste aux USA et aussi de nombreux foyers de tensions, mais sans guerre, dès 1948. En 1949, c’est la fondation de l’OTAN. Cette nouvelle alliance clairement au service des intérêts américains fut ressentie par Moscou comme une tentative d’encerclement qui répliqua par le Pacte de Varsovie.

 

Une vraie guerre éclata en Corée en juin 1950 suite à l’invasion de la Corée du Sud sans doute avalisée par Staline. Les Américains réagirent sous le drapeau de l’ONU avec la participation d’armées alliées dont un bataillon belge. Cela aboutit à un statu quo entre les deux Corées. En attendant, les Soviétiques avaient mis au point leur propre bombe nucléaire. L’équilibre de la terreur était atteint.

 

La bombe d'Hiroshima engendra l'ère de l'équilibre de la terreur.

La bombe d'Hiroshima engendra l'ère de l'équilibre de la terreur.

 

Suit le réarmement allemand, l’échec de la CED (Communauté européenne de défense), l’entrée de l’Allemagne de l’Ouest dans l’OTAN. Tout cela s’achève par la crise des missiles de Cuba en 1962 et qui fut la dernière de cette intensité.

 

La décolonisation : une dramatique occasion manquée

 

Entre temps, la décolonisation débuta dès 1948 par la partition des Indes britanniques. Les guerres d’Indochine et d’Algérie avec notamment le gouvernement socialiste de Guy Mollet qui intensifia la guerre. « Il reste une figure des moins glorieuses de la social-démocratie d’après-guerre » (3). La guerre d’Algérie emporta la Quatrième république. Il n’empêche que la gauche française et la gauche belge se sont engagées à fond pour l’indépendance de l’Algérie. Néanmoins, la leçon à tirer est : « lorsqu’un peuple est acculé à la violence, celle-ci finit par régir les rapports entre colonisés et colonisateurs, mais entre colonisés eux-mêmes. » Et on va retrouver « cette culture de la violence » en Asie et en Asie du Sud-Est.

 

Falony se penche bien entendu sur la décolonisation du Congo. « La crise congolaise de 1960-1961, quant à elle, devait beaucoup à l’impréparation de l’immense colonie belge à son indépendance. La bourgeoisie belge somnolente face à l’évolution du monde et totalement surprise par l’émeute de Léopoldville de janvier 1959, fut acculée à concéder une indépendance nominale dont la date fut fixée au 30 juin 1960. » La Société générale et l’Union minière jouèrent sur les divisions au sein de la population congolaise et le seul homme politique qui avait une vision politique d’un Congo unitaire, Patrice Lumumba, fut assassiné dans des conditions atroces au Katanga. Sa liquidation fut préparée à Bruxelles et à Washington.

 

La sécession du Katanga fut quand-même vaincue et le principe des frontières intangibles en Afrique fut définitivement fixé, ce qui n’empêcha pas les guerres et les conflits internes.

 

Deux camps et les « trente glorieuses »

 

Mais le monde est lui aussi figé en deux camps. Cependant pas pour longtemps. Dans le « camp socialiste », il y eut l’affaire de Yougoslavie et plus tard, le schisme sino-soviétique. Et une troisième force survint : les non-alignés à la conférence de Bandoeng en 1955. Mais le neutralisme n’eut guère de succès. En Europe, une partie de la gauche, qui rejetait l’atlantisme ne fut pas tentée par le non-alignement, à l’exception d’une partie des travaillistes anglais.

 

En Belgique, la gauche critique à l’égard de l’atlantisme ne se rallia pas au non-alignement. Elle était plus préoccupée par les risques causés par l’arme nucléaire et la course aux armements. C’est ainsi qu’elle organisa les Marches antiatomiques dans les années 1960 et en 1981 le grand mouvement contre les Euromissiles.

 

Sur le plan économique et social, ce furent les « trente glorieuses » avec un pétrole bon marché, une industrie connaissant un développement technologique inégalé, la consommation encouragée par le crédit. Cela aveugla le mouvement ouvrier européen – à l’exception de l’aile gauche syndicale – qui ne vit que le partage d’un gâteau qui ne cessait de croître. Mais le système monétaire commençait à donner des signes de déséquilibre et en 1973, la guerre israélo-arabe provoqua le quadruplement du prix du pétrole. Une récession généralisée eut lieu en 1974 – 1975, accompagnée d’une inflation sans égale depuis la fin de la guerre.

 

Cette période eut l’avantage d’ouvrir les yeux surtout après la décision de Nixon de sortir le dollar du système de Bretton Woods en 1971. S’en suivit une crise monétaire qui n’est toujours pas terminée. En 1980, Reagan et Thatcher lancent la dérégulation néolibérale. Tout cela aboutit à la crise financière de 2008 dont nous subissons les conséquences, sans doute pour longtemps encore.

 

De grands organismes comme le FMI, la Banque mondiale instaurent un « néo-colonialisme subtil » dans le Tiers-monde.

 

Les pâles « lueurs révolutionnaires »

 

Mais des « lueurs révolutionnaires » s’allumèrent un peu partout. Robert Falony analyse les différents mouvements révolutionnaires de la fin des années 1960 et de la décennie 1970. En 1974, la révolution des œillets renverse le régime de Caetano, successeur de Salazar, mais généra une social-démocratie droitière. Mai 68 en France fut aussi un échec « hormis dans le domaine des mœurs ». Le parti communiste et la CGT encadrèrent la classe ouvrière sans aucune intention révolutionnaire. Dans l’autre bloc, le printemps de Prague en Tchécoslovaquie fut écrasé par Brejnev « parce que cette tentative n’avait plus rien à voir avec un « modèle » conforme aux intérêts de la bureaucratie dirigeante. » Ensuite, dans les années septante, de petites fractions de la gauche sombrent dans le terrorisme. Robert Falony fustige cet aventurisme sanglant et suicidaire. Sur l’autre continent, le mouvement hippie issu de la révolte des étudiants de Berkeley contre la guerre du Vietnam aboutit à l’impasse, parce qu’il est impossible de s’évader de la société réelle (4).

La révolution des oeillets enterra ses espoirs dans une social-démocratie molle et incapable de répondre aux aspirations du peuple Portugais.

La révolution des oeillets enterra ses espoirs dans une social-démocratie molle et incapable de répondre aux aspirations du peuple Portugais.

 

Le capitalisme fou

 

L’Union Soviétique s’effondre. Gorbatchev a échoué dans son entreprise de réforme et son successeur Eltsine amène l’ancienne Nomenklatura au capitalisme. Elle devient l’oligarchie en pillant ce qu’il reste de la Russie. La Chine de son côté choisit la voie de l’économie de marché et la bureaucratie chinoise a dépassé la soviétique en corruption et opulence.

 

L’Europe de son côté ne parvient pas à se construire. C’est le triomphe de la non-Europe. Il est impossible d’élaborer une Europe sociale. L’Unice (le patronat européen) s’oppose farouchement à un système européen de conventions collectives pour améliorer la situation des pays à bas salaires. Même la démocratie est en déclin en Europe avec la France et son régime de monarchie élective et l’Italie avec son pouvoir fragile et souvent corrompu.

 

Pendant ce temps là, le capitalisme devient fou. L’école de Chicago impose ses dogmes dans tout le monde occidental. Les faillites se multiplient et atteignent leur paroxysme avec la faillite de la banque Lehman Brothers en 2008. Robert Falony attire l’attention sur la montée en puissance de l’économie souterraine et mafieuse.

 

Le déclin de la social-démocratie

 

Quant à la social-démocratie, la chute de l’empire soviétique la laissa seule avec elle-même. Elle a raté l’occasion de marquer l’histoire, bien qu’elle ait fait partie, voire dirigé la plupart des gouvernements de l’Union européenne. Robert Falony fait ce constat amer : « A défaut de faire barrage à la vague néo-libérale, de mettre en cause la libre circulation des capitaux, ces partis auraient pu au moins donner une impulsion nouvelle à la construction nouvelle, dans un sens fédéraliste. Il n’en fut rien, ils en restèrent à la primauté du « fait national ». Et que dire d’une Internationale socialiste qui accueillait en son sein quelques dictateurs hors d’Europe, comme le Tunisien Ben Ali ? » Aujourd’hui, les partis sociaux-démocrates n’ont pratiquement plus de militants, ils ont des technocrates. Elle ne pense plus, elle ne réagit plus. « Même la crise financière de 2008 l’a laissée relativement impavide. »

 

On n’est plus au temps de Karl Marx.

 

Le tableau est certes noir. On ne peut guère être optimiste, mais Robert Falony, fort de son expérience, de son immense culture et de son bon sens ne jette pas pour autant l’éponge. Il est convaincu que le capitalisme est arrivé à un point où il ne peut plus résoudre ses contradictions. Selon lui, les économistes alternatifs, comme les « économistes atterrés », doivent franchir un pas supplémentaire : se tourner vers une économie dirigée.

 

L’économie au service de l’homme, en quelque sorte.

 

Pierre Verhas

Robert Falony : 1914 – 2014 la véritable histoire du siècle en Belgique et dans le monde, un ouvrage de référence

Robert Falony 1914-2014 La véritable histoire du siècle en Belgique et dans le monde

Editions Jourdan, Paris, 2014 (www.editionsjourdan.fr)

ISBN : 978-2-87466-360-4

Prix (France) : 18,90 Euros

 

Notes

 

(1) Il y eut deux éditions de l’ouvrage de Lénine intitulé : « L’impérialisme, stade suprême du capitalisme », l’une parue en 1913 et l’autre après la seconde révolution russe fin 1917. Il est intéressant d’en analyser les différences !

 

(2) Paul-Henri Spaak représente le type même de l’homme politique social-démocrate occidental qui pratiqua la collaboration de classe en s’alignant sur la droite libérale et sur l’atlantisme le plus dur, alors qu’il avait été auparavant neutraliste et même partisan du « socialisme national » de Henri de Man. À la fin de sa vie, il a trahi son engagement au Parti socialiste en rejoignant son adversaire politique de l’époque, le FDF, parti francophone bruxellois qui fut fondé en opposition aux lois dites linguistiques de 1963 dont le même Spaak fut un des promoteurs comme Vice-Premier ministre du gouvernement Lefèvre-Spaak. Le PS à Bruxelles ne s’est jamais totalement remis de cette trahison.

 

(3) On compare souvent François Hollande à Guy Mollet qui ont pas mal de points communs. Une politique belliciste à l’extérieur et une politique libérale à l’intérieur.

 

(4) Ajoutons qu’une partie de ce mouvement dont une des leaders fut Ayn Rand prôna la pensée « libertarienne » : un capitalisme sans règles, une sexualité libre, le commerce libre de la drogue, bref la liberté totale économique et de mœurs. C’est un des courants du néolibéralisme actuel. De même, certains leaders « soixante-huitards » français sont passés du maoïsme ou du trotskisme, ou encore du situationnisme au néolibéralisme le plus pur et dur. D’une démarche totalitaire à l’autre, en somme.

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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 10:35

Le club “Osons le socialisme” , réuni le 13 décembre, témoigne de sa sympathie et de son adhésion aux mouvements de résistance sociale radicale qui, en Flandre avec “Hart boven hard”, maintenant en pays francophone avec “Tout autre chose”, suppléent aux carences de partis politiques et viennent en renfort à la résistance syndicale.

 

Pour le Club « Osons le socialisme » : Robert Falony, Michel Overloop,

Louis Van Geyt, Michel Van Hoorne,  Pierre Verhas

 

Coordonnées du mouvement « Tout autre chose » :

 

http://www.toutautrechose.be/

 

La page "facebook" :

 

https://www.facebook.com/toutautrechose?fref=ts

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13 décembre 2014 6 13 /12 /décembre /2014 00:02

1. Illégitimité de ce gouvernement.       

L'arrivée au pouvoir d'un gouvernement axé sur la NVA et le MR n'était peut être pas déterminée dès avant les élections, mais elle était virtuelle. Les contacts entre le MR et la NVA avaient été notoires. Le  MR escomptait un  recul socialiste, lequel n'eut pas l'ampleur qu'il espérait. Mais surtout, son évolution idéologique à la Thatcher correspond parfaitement au glissement vers la droite même extrême des classes moyennes européennes, affolées par la persistance d'une "crise" qui les dépasse. L'abandon du "jamais avec la NVA" fut donc un simple virage "réaliste", lequel  stupéfia le PS, mais c'est une autre histoire. Inversement, les coalisés de droite, avec la lourde responsabilité des droitiers du CD&V, s'affligèrent de ne pas voir le CDH participer à leur combine.

L'opposition francophone a certes toutes les  raisons de faire corps avec l'opposition flamande sur le terrain principal, qui est  socio-économique . Cette stratégie est celle qui contrarie le plus Bart De Wever, "belle mère" du cabinet Michel. On se rappellera qu'il s'est arrangé pour ne pas voter en personne la confiance, alors même que le MR acceptait de livrer aux nationalistes du nord les postes clés de l'Etat fédéral, Intérieur, Finances, Défense.

Mais dire cela n'empêche pas les fédéralistes de constater que le gouvernement Michel, s'il a une légitimité formelle, n'a pas de légitimité politique et morale, dès lors que le pays francophone n'est plus représenté que par un seul parti, minoritaire au sud. C'est une situation sans précédent, tellement inimaginable que si elle avait pu être envisagée par les auteurs des précédentes révisions de la Constitution, ils y auraient fait figurer une disposition excluant cette possibilité.

Le glissement à droite toute du MR a provoqué une véritable rupture idéologique entre ces « libéraux » nouvelle vague et les syndicats libéraux, qui ne se reconnaissent plus dans cette marâtre.

 

La même politique? Mais une différence de degré...

Mais quid de l'argumentation qui assimile la politique du gouvernement Michel à celle menée précédemment ?  A celle même du gouvernement wallon ? Quelle différence entre « austérité » et « rigueur » ? La réponse est simple: il s'agit bien de la même politique dans son inspiration « européenne», mais avec une différence de degré. Le PS et toute la social-démocratie dans l'Union ont témoigné à suffisance, dans un passé récent, de leur soumission face au diktat budgétaire incarné par Merkel et sa Commission (Juncker, c'est Merkel). Mais s'il n'y avait pas une différence  de degré, le PS et le SP pourraient faire partie de ce gouvernement, ne pas combattre le saut d'index et la pension à 67 ans. Si tel n'est pas le cas en Belgique, c'est bien qu'il y a une différence autre que purement politicienne.

Le CD&V déja  ridiculisé...

Face au front des grèves, les petites ouvertures tentées par le "maillon faible" du gouvernement, le CD&V, se sont heurtées à cette date au refus obstiné du MR et de la NVA de faire la moindre concession, en rendant risible la posture de négociateur adoptée par Chris Peeters. Pas question d'imposer le capital, même symboliquement.  On observe même dans le cas De Wever le refus d'envisager un quelconque débat sur ce qui n'est pas explicite dans l'accord de gouvernement: ainsi sa réaction à propos des voitures de société !  Etrange concept: la Belgique peut plonger dans la déflation-récession, les prévisions budgétaires être démenties, une nouvelle crise secouer la zone euro, il n'y aura pas lieu de faire autrement!

La vie et les réalités  se chargeront, l'an prochain, de corriger ces présomptueux représentants du grand capital, organisateurs de la fraude fiscale...

 

Robert  Falony 

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6 décembre 2014 6 06 /12 /décembre /2014 20:30

Ce mur là... et tous les autres !

 

La célébration des 25 ans de la chute du mur de Berlin a donné lieu en Allemagne a des festivités bien compréhensibles, mais qui ont été un peu gâchées par des déclarations de Gorbatchev, disant en substance qu'en 1989, il s'était fait rouler par le monde occidental, lequel fit avancer l'Otan vers l'Est et se comporta en vainqueur de la guerre froide. Rappelons que le dernier dirigeant de l'URSS, ne pouvant plus faire face à ses problèmes intérieurs, abandonna les "démocraties populaires" à leur sort. Le mur de Berlin est tombé en fait lorsque, en juin 1989, la Hongrie ouvrit une brèche dans le "rideau de fer", par laquelle les Allemands de l'Est se précipitèrent en nombre.

 

Et tous les autres murs,  ceux d'aujourd'hui? Celui, bien plus long, qui sépare l'Etat d'Israël et la Palestine occupée? Un mur qui n'a pas seulement été construit pour des raisons de sécurité, mais aussi pour modifier la frontière de 1967,  comme son tracé en atteste. Et qui englobe des blocs de peuplement empiétant toujours plus sur le peu qui reste de la Palestine. Face à l'Etat hébreu et à son indéfectible soutien américain, la meilleure chose que nos parlements et nos gouvernements puissent faire est de réclamer la reconnaissance internationale d'un Etat palestinien, en vue de son admission aux Nations Unies. La Suède a montré la voie.


 

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 Mur de séparation Israël - Palestine à Bethléem du côté Palestinien. Juste derrière ce mur, il y a un lieu saint juif dit "la tombe de Rachel" qui appartenait à la municipalité de Bethléem avant 1967. Il a été annexé par Israël. C'est une des preuves que le mur ne suit pas la "ligne verte" (l'ancienne frontière israélo-jordanienne avant juin 1967) (photographie Pierre Verhas).

  

 

Il y a aussi des murs oubliés, comme celui qui a séparé Cypriotes grecs et turcs, le mur coupant Nicosie.

 

Les murs face à la misère du monde

 

La libre circulation des hommes et des capitaux, grand principe du libéralisme, n'existe que pour les capitaux. Quant aux hommes, il faut qu'ils appartiennent à l'humanité favorisée...

Les murs dressés pour endiguer toute la misère du monde sont partout. Autour des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, des clôtures grillagées empêchent l'accès à l'Europe. Des groupes se lancent à leur assaut. Sur la longue frontière entre les Etats Unis et le Mexique, tout un système de clôtures barre l'accès à la terre promise, et on fait la chasse à ceux qui réussissent à passer.

 

On se noie en Méditerranée pour mettre pied à Gibraltar, à Lampedusa, sur des îles grecques. Un nombre de morts qu'on ne connaîtra jamais exactement. Les guerres en Afrique et en Asie, Lybie, Soudan, Syrie, Irak, Afghanistan, ont aggravé la situation, grossi ce flot de réfugiés fuyant la violence et la répression.  En l'absence de toute politique unifiée de l'Union européenne en matière d'asile et d'immigration, on a laissé l'Espagne, l'Italie, la Grèce, se débrouiller avec le problème.

 

Un problème douloureux. Michel Rocard  disait qu'on ne peut pas accueillir toute la misère du monde, mais qu'on peut en prendre une partie. Seule l'immigration atténue les effets du vieillissement démographique en Europe. Mais comment combattre l'immigration clandestine, organisée par les trafiquants de la misère humaine, qui rançonnent leurs victimes et les livrent à tous les périls, jusqu'à les abandonner en haute mer? Où créer des colonies de peuplement et de travail, même provisoires ?

 

Les murs sont d'abord dans nos têtes, avant de se dresser dans le monde. Murs d'incompréhension et de méfiance réciproques. La gauche doit naviguer entre deux périls: l'un est la xénophobie ambiante, l'autre l'adhésion à un communautarisme éloigné des principes socialistes.

       

 

Robert Falony

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 22:51

Toute la politique néolibérale tend à comprimer les coûts salariaux, que ce soit directement (le saut d'index en Belgique) ou par la "réforme du marché du travail" visant à généraliser les contrats d'emploi précaire et les petits boulots mal payés. C'est ce cadre idéologique qu'il faut avoir en tête pour aborder la question du low cost.

A première vue, et pour beaucoup, des prix "démocratiques" ne sauraient être assimilés à de la régression sociale, mais sont au contraire bénéfiques pour les budgets modestes. Mais en réalité, ce sont les deux faces de la même médaille. La régression sociale et culturelle se lit en creux dans le low cost. Pour le comprendre, on prendra les deux exemples les plus évidents: le low cost en alimentation et le low cost dans les voyages.

Le premier est illustré par la mal bouffe, associée en premier lieu à la multinationale Mac Donald.  Les couches les plus pauvre y sont vouées, produisant comme aux Etats-Unis une large population d'obèses. Et un maximum de profits. La diététique, ce n'est pas pour les pauvres, non plus que le bon goût. Les voyages: la compagnie low cost Ryanair, dont l'envol a été rendu possible par les infrastructures publiques de cités régionales voulant leur aéroport, est le modèle du genre. De droit fiscal irlandais, exploitant férocement son personnel, elle a tiré vers le bas les prix du transport aérien en général...obligeant les grandes compagnies à réduire leur personnel: rencontre du low cost et du chômage. Notons que Michael O'Leary, son PDG, un affairiste sans scrupules, commence à rencontrer quelques déboires devant les tribunaux.  L'aspect "culturel" de l'affaire est ici que l'on tend à faire voyager les gens comme des valises.

La philosophie qui sous-tend ces pratiques du capitalisme contemporain est assez simple: à bas prix, les "bénéficiaires" ne sont que matière à une consommation de faibles coûts. Sur fond de pauvreté culturelle. Pour les possédants, il ne faut pas seulement que les pauvres soient pauvres, il est bon qu'ils soient également aussi abrutis que possible, ils seront moins portés à la révolte. Il suffit d'examiner la grille des programmes de télévision aux heures de grande audience pour s'en persuader. Sous prétexte d'amuser,  de distraire , ces programmes "grand public" sont surtout habités par la violence, la vulgarité, la lourdeur... . Quant à la débauche publicitaire, qui s'étale dans les villes pour les enlaidir et qui inonde les écrans de télévision jusqu'à couper les films,  qui la paie sinon la clientèle elle-même?

Le low cost existait sous une autre forme bien avant notre société de consommation. A la pire époque de la misère ouvrière, il existait autour des usines des cantines et des débits pour répondre aux besoins élémentaires de leurs salariés...  

S'agissant des prix en général, les associations de consommateurs, du type "Test achats", font œuvre utile en analysant les rapports qualité-prix. Mais elles entretiennent aussi des illusions sur les vertus de la concurrence. Et les "consommateurs" sont de toutes les couches sociales, inégaux en pouvoir d'achat. Dans une société socialiste, et même en économie mixte, les prix de base ne seraient plus déterminés par le libre jeu du marché, la "main invisible". Ils seraient fixés par des conventions collectives (des accords internationaux pour les matières premières) en fonction de l'intérêt général, de même que les salaires et rémunérations.

 

Robert Falony

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 13:34

Erdogan, l'islamiste qui se rêve en calife...

 

Parmi les modes médiatiques qui découlent du "politiquement correct", il y a eu celle consistant à présenter le président turc Erdogan, avec son parti AKP,  comme un "islamiste modéré". Mais le masque est tombé: non seulement il a soutenu le bref gouvernement des Frères musulmans en Egypte, mais encore on voit bien que pour lui, les djihadistes du pseudo Etat islamiste ne sont pas l'ennemi principal. Après s'être fait piéger lors de la chute de Mossoul, où la cinquantaine de Turcs du consulat avaient été capturés - quelles conditions pour avoir obtenu leur libération? - on a vu Erdogan refuser toute assistance aux Kurdes de Syrie assiégés à Kobané, en les qualifiant de terroristes liés au PKK turc. Seule l'aide militaire américaine a évité la chute de la ville, détruite. Des Kurdes d'Irak ont quand même été admis à passer.

 

On n'en finit jamais de dévoiler l'hypocrisie dans les relations internationales. Si vraiment le régime de Damas, incarné par Assad, était l'ennemi à abattre pour Erdogan, il avait tout le loisir, en 2011-2012, d'aider les rebelles syriens "modérés" en leur fournissant des armes. Mais la démocratie n'intéresse pas l'autocrate turc, pas plus qu'elle n'intéresse l'Arabie saoudite ou le Qatar, lesquels ont tant contribué à l'émergence de l'extrémisme religieux qui a vampirisé la rébellion syrienne. La coalition anti E.I. laborieusement mise en place par l'administration Obama a beau comprendre la Turquie, membre de l'Otan, et l'Arabie saoudite, ces pays en font le moins possible sur le terrain, un véritable double jeu: combien de riches ressortissants des pétromonarchies financent-ils en réalité le djihad, sans parler de tous les trafics de pétrole et d'armement ?

 

Le calife d'Istanbul...

 

Erdogan ne garde de l'œuvre d'Ataturk que son volet nationaliste, et rêve d'en effacer toute la partie laïque. Après tout, le califat ne fut aboli qu'en 1924, alors que le sultan était déjà détrôné.  Mais cet homme, exaltant si volontiers le passé de l'empire ottoman, ne dispose pas de la majorité des deux tiers qui lui permettrait de façonner la Turquie de ses rêves. Et son bilan de politique extérieure  est un bilan d'échecs.

 

Quant à l'affairisme de son parti AKP, dont la spéculation immobilière est l'aspect le plus notoire, il est bien connu. Comme Poutine en Russie, Erdogan combat toute force indépendante dans le jeu des institutions, il veut mettre l'appareil judiciaire au service de son  régime personnel, museler la liberté de la presse. Les manifestations hostiles, qui rallient toute une partie de la bourgeoisie, ont été durement réprimées l'an dernier.

 

Loin de l'Europe

 

En avril 2015, on rencontrera le centenaire du génocide commis contre les Arméniens durant la première guerre mondiale, sous la forme de déportations massives et de colonnes de la mort. Un génocide dont les autorités turques actuelles nient toujours les proportions.

 

Dans un tel contexte, l'idée d'une adhésion de la Turquie à l'Union européenne a perdu toute actualité, même si la négociation sur les "chapitres" n'a pas été formellement suspendue. Ce n'est pas l'Islam en tant que religion qui fait obstacle, mais l'islamisme,  distinction que des islamo-gauchistes naïfs s'obstinent à ne pas faire. Car l'islamisme est un projet politique qui place les dogmes religieux au dessus des lois civiles et de la démocratie. Cette Turquie- là n'a pas sa place en Europe, une Europe pour laquelle un Erdogan n'a d'ailleurs que mépris.

 

 

Robert Falony

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 09:11

Gouvernement des droites parce qu'il réunit la droite MR, la NVA ultralibérale et nationaliste  la droite libérale  flamande et l'aile droite conservatrice du CD &V. Tout ce qui représente le mieux le haut fric.

Faisons d'abord justice de l'argument selon lequel  l'alliance régionale PS-CDH aurait changé la donne. A moins de ne rien comprendre à la logique du fédéralisme, elle couvre évidemment  des majorités asymétriques, sinon les élections régionales sont quasiment vides de sens.

Avec un sourire béat, Charles Michel a pris ses fonctions de Premier ministre. Le caricaturiste du "Laatste Nieuws" l'a représenté en petit garçon que Bart De Wever tient par la main. Il est surtout devenu le dernier caniche de la chancelière allemande, alors que même le FMI prévoit une menace de récession en Allemagne, si elle s'obstine à imposer cet équilibre budgétaire  à contre-courant qui enfonce l'Europe dans la "crise". (La vraie  question, en réalité, sera d'effacer une partie des "dettes souveraines". En  attendant, on se contente d'étaler la "rigueur" dans le temps, en échange des fameuses "réformes" à la sauce libérale.)

Les congrès de parti ont donné leur aval à la coalition pseudo suédoise. Toute petite opposition symbolique chez les sociaux chrétiens flamands. Unanimité à la NVA: quand  le gauleiter a parlé, on ne discute pas. Et le parti séparatiste se taille la part du lion dans le cabinet Michel, avec  en particulier l'Intérieur et les Finances!  Notons que c'est le journaliste flamand bien connu Guido Fonteyn qui range la NVA dans la rubrique "Extrême droite".

Sur la nature du programme de gouvernement, l'éditorialiste du "Soir" Béatrice Delvaux, guère suspecte de gauchisme, dit tout en date du 10 octobre: " La Belgique passe d'un régime protecteur (...) à une organisation libérale" et "Tout ce qui gênait l'entreprise est supprimé". On comprend que le Voka et la FEB, petits frères du Medef français, exultent.

Mais le discours officiel propage une  illusion: les marges dégagées au profit des entreprises ne vont  pas créer de l'emploi, la corrélation n'a rien d'automatique. Ce n'est pas au siège du MR ou à l'hôtel de ville d'Anvers que se dessine la conjoncture économique. Les patrons resteront attentistes, n'investiront pas ou peu... Quant à tous ceux dont le pouvoir d'achat va souffrir, ils consommeront moins, la demande intérieure va fléchir. Et le climat de morosité dans lequel on baigne incitera  ceux qui pratiquent l'épargne de précaution à mettre encore davantage des sous de côté...

L'emploi toujours davantage sacrifié...

 Le gros paquet des économies portant sur les dépenses publiques, et notamment sur le non remplacement des fonctionnaires, ne remplacer  qu'un fonctionnaire sur cinq c'est faire quatre chômeurs de plus, l'élève de primaire le plus nul  en mathématique peut comprendre cela. La fonction publique va être dégradée à une vitesse accélérée.

L'idéologie NVA-MR vise à réduire le chômage par la multiplication des petits boulots mal payés. Le chômeur est par définition un suspect: ce n'est pas quelqu'un qui cherche un emploi sans en trouver, ou qui n'est pas assez qualifié pour en décrocher un, c'est un profiteur auquel il faut faire la chasse...

Les plus hardis des penseurs néolibéraux ont d'ailleurs une nouvelle cible. Pour eux, il faut élargir vers le haut les contrats à court terme, les CDD... Les salariés bénéficiaires d'un  contrat à durée indéterminée sont eux-mêmes des profiteurs. Cette idéologie mine la classe moyenne, qui sera rejetée...vers l'extrême droite!

La pension à 67 ans est le type même du coup d'épée dans l'eau: il y aura davantage de vieux chômeurs dans le secteur privé...

Combattre ce gouvernement par tous les moyens disponibles...

Pas seulement à la tribune des assemblées parlementaires, mais aussi dans la rue. Il faut travailler à le faire chuter, l'empêcher de durer cinq ans. L'opposition doit se souder en un front commun politico-syndical.

Plaçons  deux bémols au discours de combat  du président du parti socialiste à Tubize. Le premier est que la "rigueur" budgétaire en Régions wallonne et bruxelloise n'est que l'écho atténué de la même politique néfaste au niveau européen, il faut le dire pour ne pas mystifier les travailleurs. Le second est que l'appel à l'action des forces progressistes doit exclure tout calcul d'appareil, toute visée électoraliste... mais ceci vaut aussi pour Ecolo ou pour le PTB.

Par la force des choses, l'opposition politique devra coller à l'action syndicale. C'est dans le monde du travail, de la base au sommet des organisations, que peuvent se trouver les ressources nécessaires pour modifier le rapport des forces. Au chapitre des grèves, il y a tout un choix de méthodes: grèves tournantes, grèves perlées, grèves du zèle... S'y ajoutent diverses formes de résistance civile. Car c'est bien d'organiser la résistance qu'il s'agit! 

                                                                    Robert Falony

Cet article peut ouvrir un débat sur le blog  du club Osons le socialisme:

 

 

 

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