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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 07:09

Cher Robert,

Désolé, mais je ne vois pas trop l'intérêt d'aligner des phrases aussi peu nuancées que "Trois listes se réclamant de la gauche radicale, cela témoigne davantage d'affirmations personnelles que d'un souci de front commun, au delà de divergences idéologiques sclérosées."

Tout qui prend la peine de lire les programmes des listes en question constatera que l'on y trouve des différences aussi notables qu'entre PS ou ECOLO (pour ne prendre que ces deux exemples) sur des enjeux essentiels comme l'avenir de la monnaie, le fédéralisme européen ou le protectionnisme. Entend-on que la présence de ces deux listes plutôt que d'en déposer une seule (ce qui permettrait assez probablement d'obtenir un élu de plus à l'Europe) est le signe de "divergences idéologiques sclérosées" entre PS et ECOLO ?  Pas que je sache.

De manière générale la logique bipartite, conduit assez invariablement à l’appauvrissement du champ politique et de la démocratie.  Il conduit aussi à une forme d'alternance qui ne change pas le cours libéral et austéritaire. On aura d'ailleurs peine à voir le quelconque virage à gauche que l'élection de "l'ami" Martin Schulz pourrait produire, lui qui est un pur produit du SPD qui est un (sinon "le") parti moteur des logiques austéritaires que l'Allemagne impose aujourd'hui à toute l'Europe.

Dès lors que la social-démocratie à renoncé (c'est en tout cas ma conviction) à inverser le cours des choses, on peut assurément se questionner sur l'impossibilité de la gauche de gauche de se refonder dans un projet (le notre c'est l'écosocialisme, il est nouveau et il avance de part le monde) et une structure qui laisse à chacun un véritable espace.  En Belgique, la prédominance du PTB (accentuée par sa percée dans les médias), son parcours particulier (je ne pense pas qu'il existe en Europe un autre pays où un parti de la même mouvance soit dans cette position dominante), sa façon assez hégémonique d'envisager le paysage à la gauche du PS et d'ECOLO (le refus de simplement joindre VEGA à l'accord technique sur Bruxelles en est témoin), sont autant d'éléments qui mériteraient pour le moins d'être considérés si l'on tente de comprendre ce phénomène au delà des divergences de programme et de projet dont j'ai parlé.

Quant à VEGA, où l'on adhère à titre individuel et où la double adhésion est possible, modestement mais avec sérieux et enthousiasme, c'est une forme de laboratoire qui part du principe que ce sont à des personnes et pas à des formations (souvent arque-boutées sur leurs divergences) de travailler à une convergence à gauche.  On peut ne pas partager cette analyse (pourtant nourrie dans mon chef comme dans celui de bien d'autres dans VEGA par de multiples tentatives unitaires avortées) mais en faire une question "d'affirmations personnelles" c'est simplement gratuitement injurieux. Voilà qui devait être dit !

Salutations de gauche,



Pierre Eyben

 

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 09:10

  

Les médias opposent globalement les "partisans de l'Europe" aux "eurosceptiques".  Un autre schéma s'impose. L'Europe dont ils parlent est celle des gouvernements adossés sur le grand capital et les marchés financiers. Ce n'est pas une Europe fédérale, mais intergouvernementale. Ce n'est pas celle des peuples, qui s'en détournent. C'est la non Europe de l'austérité budgétaire déflationniste, qui fait payer la "crise" par les masses défavorisées. C'est la non Europe qui débouche, comme dernier exemple en date, sur le passage d' Alstom sous la coupe de l'américain General Electric, faute d'une politique industrielle européenne intégrée. On a vu ça avec la sidérurgie liégeoise et lorraine... 

 

Cette Europe officielle et démissionnaire suscite une opposition rétrograde, de type nationaliste et xénophobe. La gauche n'a rien à voir avec ces gens là, qui rêvent du retour aux monnaies nationales; à l'indépendance de la Flandre, de l'Ecosse, de la Catalogne, de la Bretagne, de la Corse, de la Lombardie, de la Vénétie, et pourquoi pas du retour au Moyen Age? Les sots qui suivent ces courants, s'il advient, feront l'expérience pratique des effets de leur sottise.

 

 Mais si les élections européennes traduisent, comme on peut le craindre, une poussée de ces forces, incarnées par Marine Le Pen, par Wilders, par Grillo et d'autres, la faute en sera précisément à "cette Europe là". Les Barroso, Van Rompuy et compagnie auront les résultats qu'ils méritent.  Soulignons encore que le système antisocial des "travailleurs détachés" payés par des patrons esclavagistes deux ou trois euros de l'heure, renforce la xénophobie ambiante. On entend rarement un certain patronat faire la critique d'une "libre circulation des travailleurs" qui favorise à ce point le dumping social...

 

Et puis il y a la gauche anticapitaliste, morcelée, et qui doit clarifier sa position face à l'Europe politique.

 

Dans cette mêlée confuse, la social-démocratie est représentée par l'ami Martin Schulz. Le verbe est à gauche, il veut "infléchir" la politique dominante, mais rien n'assure que les gens qui ne se sont pas dressés hier contre la politique de Merkel, de la BCE, du FMI, contre le sort infligé à l'Espagne, au Portugal, à la Grèce,  ne feront pas  demain une courbe rentrante, en continuant comme par devant... Il faudrait que le groupe socialiste du nouveau Parlement européen devance le PPE (Parti populaire européen, démocrate-chrétien) pour que Schulz puisse mettre en question, dans son pays, le rapport des forces avec la chancelière.

 

Or, le Parlement européen élu en juin 2009 compte 275 PPE, 194 socialistes et assimilés, 85 libéraux (ADLE), 58 Verts. Le reste va à quelque 120 eurosceptiques britanniques,  souverainistes divers, et fascistes plus ou moins déclarés. C'est cette masse qui risque de gonfler. La gauche radicale est sortante avec seulement 35 sièges.

 

En Belgique, la dispersion...

 

En Belgique, on ne peut pas dire que les partis politiques ont mis leurs actes en concordance avec leurs paroles quant à l'importance du scrutin européen: à la notable exception de Guy Verhofstadt, fédéraliste mais libéral, aucune personnalité d'envergure internationale et d'avenir politique ne figure en tête des listes. On a fait comme d'habitude. Pour le PS, on n'est pas irrespectueux envers Marie Arena en s'interrogeant sur sa vocation à occuper vraiment la scène du PE pendant cinq ans... Et l'éviction  de Véronique De Keyser demeure injustifiable.

 

Le risque de dispersion des suffrages est d'autant plus grand qu'on a assisté à une prolifération sans précédent du nombre des listes: dix-neuf pour l'Europe, sept néerlandophones et douze francophones! Lesquels n'ont à se répartir qu’une petite dizaine de sièges... C'est ici que la lancinante question du vote "utile" se pose non seulement en termes politiques mais surtout en pratique: est-il sage de voter pour une liste qui n'a pratiquement aucune chance de remporter un siège, si sympathique soit son programme?  Trois listes se réclamant de la gauche radicale, cela témoigne davantage d'     affirmations personnelles que d'un souci de front commun, au delà de divergences idéologiques sclérosées. Ne reste donc que le vote nominatif en soutien d'un "meilleur que les autres", sur une liste...de gauche.

 

En Flandre, la NVA va s'emparer  d'au moins trois sièges. Il y a gros à parier qu'au Parlement européen, elle fera le jeu du PPE et de Juncker, candidat de la droite internationale à la présidence. Si des gouvernements de poids ne mettent pas des bâtons dans les roues : tous au Conseil des ministres n'adorent pas le Parlement européen.       

 

 

Robert Falony

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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 20:54

France: la gauche de gouvernement va dans le mur...

 

Le parti socialiste français a subi un désastre électoral aux élections municipales de mars. Un désastre qui risque bien de se reproduire aux élections européennes, avec le Front national plus haut que le PS...

 

Le sauvetage de Lille et de Paris ne doit pas faire illusion. C'est autour des grands centres urbains, dans les faubourgs et petites cités populaires, que l'évaporation du vote de gauche est la plus spectaculaire. Le PS est en  difficulté dans les "communauté urbaines" qui sont autour de ces grandes villes. D'anciens bastions "ouvriers" sont tombés, au détriment soit du PS, soit du parti communiste. Le cas le plus symbolique est celui de Limoges, une cité administrée par la gauche depuis un siècle. Et puis, autre cas de figure: Marseille, qui était "prenable" face au vieux maire Gaudin. Mais le "système Guerini", les pratiques affairistes et glauques, d'ailleurs anciennes, dans la fédération PS des Bouches du Rhône, plus les conflits internes qui ont précédé l'élection, ont entraîné une cuisante défaite.

 

Tout l'échec de la politique de Hollande se ramène a ceci: il n'a pas osé, après son élection, affronter Berlin sur le carcan budgétaire européen. Une coalition anti-Merkel était à tenter. Ceux qui ont peur d'une crise ouverte entretiennent des crises larvées. Les incantations à la "rigueur" de Manuel Valls n'y changeront rien: cette politique conduit la gauche dans le mur. Une quarantaine de députés socialistes ont eu le courage de manifester leur opposition par leur vote d’abstention, le 29 avril.

 

La monarchie élective en France

 

La France est cependant dotée, depuis la réforme du général De Gaulle instaurant pour son usage l'élection directe du président de la République, d'une monarchie élective et quasiment plébiscitaire. Le chef de l'Etat n'est pas un arbitre, mais un chef de parti. Ceci correspond à une vieille tradition "bonapartiste" dans ce pays, qui est censée garantir un Etat fort. A une époque où, en outre, la dépolitisation des masses atteint des sommets, l'état d'esprit des médias, et des masses  formatées, est de chercher un "homme fort" et providentiel pour s'en remettre à lui.


 

Dans le cas français, et en dépit d'une Constitution  disant que le gouvernement gouverne, le glissement vers le pouvoir personnel s'est accentué par la pratique. Jusqu'en 1981, la droite est au pouvoir, De Gaulle, Pompidou, Giscard sont ses guides. Mitterrand, oubliant ses professions de foi antérieures, s'est coulé dans ce modèle, d'ailleurs avec souplesse. Il n'a pas cherché à redéfinir la fonction. La France a expérimenté des "cohabitations" entre le président et une majorité du bord opposé.


 

Cela a paru tellement malséant que l'on a accentué le caractère monarchique du régime en réduisant la durée du mandat présidentiel de sept à cinq ans, de façon à faire coïncider l'élection présidentielle avec les législatives.

 

Le parti socialiste a été vampirisé par cette fonction monarchique. Les tendances ont fait place à des écuries de course à la présidentielle. A droite, au centre, à gauche, il y a vingt personnages, qui, en fonction de leur âge, ne rêvent que d'une chose: occuper un jour l'Elysée.


Arnaud Montebourg voulait une Sixième République: il se débat dans les contradictions de la Cinquième...

 

  

Robert Falony

 

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 16:08

À l’approche des élections européennes, le patronat et les multinationales lancent une offensive antisociale tous azimut et sans précédent.

 

Des propositions sont faites de transformation fondamentale des relations sociales et de travail par le Medef en France et en Belgique par le patronat via le consultant Roland Berger avec la collaboration de l’économiste ultralibéral, ancien chef de cabinet de Reynders, ancien patron de la Bourse de Bruxelles, académicien et professeur à l’Université Catholique de Louvain, Bruno Colmant.

 

Ces propositions relèvent d'une « logique esclavagiste » ! Ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche français), ni Raoul Hedebouw (porte -parole du PTB belge) qui disent cela, mais Laurence Parisot, ancienne patronne du Medef !

 

De quoi s’agit-il ?

 

Des jeunes aux plus âgés

 

Place aux jeunes ! Pierre Gattaz le nouveau patron des patrons français, homme très puissant qui a une (trop) grande influence sur le gouvernement Hollande – Valls, préconise un SMIC « jeunes » inférieur au SMIC, qu’il appelle pudiquement « salaire transitoire » à 800 Euros mensuel. Rappelons que le SMIC français s’élève à 1445,38 Euros par mois. Certes, Valls a rejeté cette proposition, mais, sans conteste, elle fait partie d’une offensive de démantèlement de l’Etat social, d’autant plus que cette initiative n’est pas la seule.

 

Et pour les vieux !  Les « quatre mesures pour sauver les pensions ». Ces mesures consistent en gros à liquider le système de pension par répartition et à supprimer tous leurs avantages sociaux pour les cotisants, c’est-à-dire les travailleurs salariés des secteurs public et privé.

 

Il s’agit d’abord de réduire le montant des pensions progressivement de 8 % à 44 % de 2020 à 2050…, ensuite d’augmenter les cotisations des travailleurs en portant le taux d’imposition des ménages qui est aujourd’hui de 20 % à 32 % en 2030, en troisième lieu d’augmenter le taux de la TVA qui est aujourd’hui en moyenne de 14 % en Belgique à 24 % en 2050. Il va de soi, quatrièmement, qu’il conviendra également de travailler plus longtemps en portant l’âge légal de la pension à 70 ans.

 

Les auteurs du rapport sont conscients qu’aucune de ces quatre mesures ne pourra être acceptée « séparément », qu’elles susciteraient une levée de boucliers, voire la révolte. Aussi, les économistes du consultant Roland Berger proposent ce qu’ils appellent ce qu’ils appellent cette « quadrithérapie optimale » en y allant progressivement. On n’est jamais trop prudent !

 

Rappelons au passage que les pensions en Belgique sont parmi les plus basses de toute l’Europe occidentale. Cela prouve une fois de plus que ce genre de proposition s’inscrit dans une vaste opération de démantèlement de l’Etat social.

 

Les arguments avancés sont classiques. L’économiste français de mouvance « économie de l’offre » Jean-Luc Ginder affirme : « Pour lutter contre le fléau du chômage, il est impératif de réviser le coût du travail et dans cette idée, il faudra accepter de compresser le Smic sachant qu'il est populaire et cher pour chacun d'entre nous.

 

Cette mesure n'est pas une provocation mais une attitude réaliste. »

 

Cette question du « coût du travail » est d’ailleurs obsessionnelle pour Ginder. Dans sa chronique dans « Les Echos », il écrit le 25 février dernier : « Ce qui est en cause ce n’est pas le salaire c’est le fait qu’une série de choses auxquelles nous tenons fondamentalement dans notre modèle repose sur le travail. Dans un même temps, nous sommes dans un univers de compétition fiscale. Beaucoup de pays ont misé sur des réformes qui basculent une partie de la fiscalité qui pesait sur le travail sur l’impôt.

 

Ces mesures permettent aux entreprises d’être en situation de compétitivité. Là encore sur ce terrain, toi État tu ne prends pas la mesure du danger et tu laisses s’installer un niveau de coût de travail surtaxé qui fragilise encore les entreprises, qui nourrit le chômage et brise la productivité française, ton "made in France" si recherché. »  

 

Donc, au lieu de combattre cette « compétitivité fiscale » au niveau européen – là, l’Union européenne ferait œuvre utile –, il faut s’attaquer au sempiternel « coût du travail ». On dirait que pour ces gens-là, payer un travailleur un Euro de l’heure serait encore trop cher !

 

Lamy qui vous veut du bien.

 

En outre, Gattaz a un soutien de poids pour sa proposition : Pascal Lamy, l’ancien patron de l’OMC, étiqueté « socialiste », ex-chef de cabinet de Delors à la Commission européenne, un des pionniers du fameux « Acte Unique » à l’origine des dispositions ultralibérales des traités de Maastricht et des autres qui ont suivi.

 

Pour Pour Lamy qui avait d’ailleurs lui-même lancé cette idée, la proposition de Gattaz est un progrès considérable et il va jusqu’à insulter ceux qui s’y opposent. Il déclare : « C'est l'état d'esprit des Français qui est le problème (...) C'est un état d'esprit défensif ». Et il ajoute : « Aussi longtemps que cette pédagogie ne sera pas faite, je pense que nous resterons, en quelque sorte, tétanisés, coincés, peureux. » Donc, les travailleurs sont des lâches qui refusent d’être « offensifs » pour le plus grand intérêt du marché.

 

Il est symptomatique de constater qu’un des principaux décideurs mondiaux préconise pareille chose. Voilà donc leur conception de la « mondialisation heureuse ». Tout pour l’entreprise, tout pour le capital, rien pour le travail, l’humanité étant réduite à devenir consommatrice dans le marché le plus vaste possible.

 

C’est un cauchemar, mais on finit toujours par se réveiller d’un cauchemar.

 

La civilisation coûte trop cher !

 

Donc, aussi bien les jeunes, à peine sortis des études, et les anciens – allons, disons-le carrément, les vieux – se trouveraient précarisés parce que tout simplement l’être humain coûte trop cher pour une classe possédante dont la cupidité égale la puissance.

 

Ce n’est pas un hasard si des deux côtés de Quiévrain, ce genre de propositions est lancé. Il s’est mis en place une stratégie en vue de détruire notre contrat social, notre mode de vie, notre pacte entre générations. Bref, notre civilisation ! La civilisation qui s’est progressivement mise en place à partir de la Renaissance visait en définitive à donner à l’être humain sa dignité en lui accordant progressivement le droit d’intervenir librement dans la vie de la Cité et le droit de jouir équitablement des richesses qu’il produit par son travail. Elle est remise en question par cette classe dominante qui a réussi à conquérir les marchés mondiaux.

 

L’esclavage revient en force.

 

Madame Parisot a déclenché, sans doute à son corps défendant, un vaste débat sur la question de la dégradation du travail qui vire de plus en plus à de nouvelles formes d’esclavage.

 

L’esclavage, bien qu’il soit juridiquement aboli depuis longtemps, n’a jamais réellement disparu. Il y a celui que nous côtoyons dans nos villes et sur lequel nous détournons les yeux, comme la prostitution où des milliers de femmes sont à la merci de « protecteurs » prêts à tout pour empocher un maximum d’argent sur leur dos, quitte à les enchaîner et les torturer, voire les éliminer. Celui où des hommes et des femmes provenant en cachette de terres lointaines sans aucune protection, travaillent dans des ateliers clandestins de confection, de boulangerie-pâtisserie, dans de grands hôtels internationaux, etc., celui de domestiques étrangers en séjour illégal à la merci de riches familles, de diplomates sans scrupules qui sont à la peine jour et nuit pour leurs « maîtres » avec pour seule rémunération l’enfermement dans un placard dans une soupente de grenier ou dans une cave.

 

Il ya l’esclavage dans les grands travaux essentiellement dans les pays dits émergents comme le Brésil pour la coupe mondiale de football et aussi le Qatar pour la suivante. Et on peut se poser la question du régime réel des travailleurs « détachés » au sein de l’Union européenne.

 

À l’exception de quelques associations, aucune des grandes ligues de défense des droits de l’homme ne se mobilise sur cette question. Certes, la CSI (Confédération Internationale des Syndicats) et la CES (Confédération Européenne des Syndicats) réagissent régulièrement, mais c’est largement insuffisant. Cette faiblesse de ce qu’il reste du mouvement ouvrier est inquiétante.

 

Les beaux films hollywoodiens

 

Ah oui ! On réalise de beaux films hollywoodiens sur l’esclavage qui font pleurer les belles âmes et gagner beaucoup d’argent à leurs producteurs et aux banques qui les financent et qui tirent aussi profit de l’esclavage contemporain, mais face à l’esclavage d’aujourd’hui, face à l’esclavage quotidien, face à la volonté manifeste de dégradation du travail vers l’esclavage, il n’y a pas de soulèvement ! Marx proclamait à la fin du « Manifeste » : « Les prolétaires n’y ont rien à perdre que leurs chaînes ! Ils ont un monde à y gagner ! »

 

Dans la très vénérable revue trimestrielle française inscrite dans la tradition« Révolution prolétarienne », à laquelle ont jadis collaboré des gens comme Victor Serge, Simone Weil, George Orwell, Albert Camus, etc., Jacques Demorgon écrit au sujet de l’esclavage, dans le numéro 781 daté de juin 2013 : «  Abdennour Bidar [philosophe français président de l’Observatoire de la laïcité et collaborateur à la revue Esprit] (…) pose une « capabilité » de l’humanité entière. Il pense que jusqu’ici les religions ont été le support imaginaire de la toute-puissance. Par la suite, les humains ont commencé à s’approprier la toute-puissance. Cela commença par une modernité critique des autoritarismes théologico-politiques ou politico-religieux. En s’appuyant sur une association de l’information technoscientifique et de l’économie, elle entraîne une succession de révolutions industrielles grâce aux puissances de la machine à vapeur, de l’électricité, de l’atome et de l’informatique.

 

Toutefois, cette modernité n’a pas assez distingué entre « travail d’asservissement et travail d’accomplissement ». »

 

Demorgon ajoute : ce qui compte, c’est moins le travail que ce qu’il produit. Il poursuit : « Or, le travail d’accomplissement de chacun est autrement plus producteur pour tous que le travail d’asservissement de multitudes humaines. »

 

Le travail (d’accomplissement) rend libre.

 

Cependant, par la dégradation matérielle et qualitative du travail, le patronat, les multinationales, la finance, tout ce « nouveau » capital qui domine le monde rétablissent l’esclavage. Seul le travail d’asservissement compte pour eux.

 

Il est vrai que le travail d’accomplissement peut être dangereux, car il apporte l’épanouissement, donc la liberté. Ce n’est pas la « liberté » proclamée à Auschwitz à des millions d’esclaves forcés n’ayant que la mort au bout du chemin, ni l’esclavage des ateliers clandestins, ni celui de millions de gens n’ayant comme alternative la précarité dans l’esclavage ou la misère dans le chômage, c’est ce travail là qui fait des hommes et des femmes libres.

 

Des femmes et des hommes libres, c’est en effet très dangereux.

 

Pierre Verhas

Pierre Gattaz et Laurence Parisot. Une évolution dangereuse d'un patronat déjà très agressif.

Pierre Gattaz et Laurence Parisot. Une évolution dangereuse d'un patronat déjà très agressif.

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 13:55

 

Est-il encore possible de "neutraliser" l'Ukraine?

 

La couverture médiatique des évènements d'Ukraine a donné lieu à un déferlement de ce qu'il faut bien appeler une propagande à sens unique, doublée du goût très vif de la sensation. Menace de guerre! C'est à peine si on voulut bien signaler que l'Ukraine n'est pas couverte par l'Otan. Il se trouva des commentateurs, journalistes ou hommes politiques, pour évoquer la Tchécoslovaquie de 1968, voire Hitler. Et l'éditorialiste du "Monde" du 26 mars se laisse aller à écrire que le maître de la Russie veut "redécouper les frontières de l'Europe"!

 

En août 2013, on titrait cette "Lettre": "L'Occident a le Poutine qu'il mérite...". Maintenons cette affirmation.... Que l'on s'interroge sur l'extension continue vers l'Est de l'Otan et de l'Union européenne!

 

Il faut néanmoins être clair: l'annexion de la Crimée à la Russie est effectivement une violation du traité de garantie de 1994 en faveur de Kiev. Mais le droit international "pur" fut-il pris tellement au sérieux dans l'affaire du Kosovo , un nouvel Etat toujours non reconnu par nombre de pays  redoutant les sécessions? George Bush attaquant et détruisant l'Irak sur base d'un mensonge d'Etat éhonté était-il un champion du droit international ?  Et celui-ci est-il seulement concevable quand il s'agit du Mali ou de la Centrafrique, lorsque le droit humanitaire se substitue à tout autre?

 

Il est certain que Poutine, qui, en passant, ravive le nationalisme grand russe pour renforcer son emprise sur la Russie, a saisi la Crimée comme un gage, en compensation d'avoir été floué par le soulèvement de la place Maïdan.

 

On peut observer les silences troublants des médias sur  des faits pourtant indiscutables: le passé historiquement russe de la Crimée; la bizarrerie d'une Union européenne forcée de ratifier une prise du pouvoir par la force à Kiev,  alors même que trois de ses ministres venaient de conclure un accord avec le déchu Ianoukovitch (lequel a d'ailleurs été un incapable même du point de vue de Moscou); enfin le fait que le moteur de la révolution survenue à Kiev est un nationalisme très marqué à droite, avec une minorité d'activistes qu'on peut effectivement qualifier de néonazis. L'aveu s'en trouve dans tel reportage honnête ("Monde" du 26 mars) qui montre les groupes paramilitaires d'extrême-droite à la pointe d'un soulèvement encouragé par des hommes politiques américains et européens...

 

L'aspect social. Oligarques kleptomanes...

 

Les médias dissimulent autre chose: le niveau de vie du plus grand nombre, en Ukraine, est  encore plus bas qu'en Russie. Des deux côtés, certes, la fin de l'URSS a signifié, par les privatisations à tout va, l'appropriation des moyens de production par la nouvelle classe dirigeante. Ce sont ces oligarques qu'on peut aussi bien appeler des kleptomanes. Il est vrai qu'à l'Ouest, le capitalisme se criminalise aussi...

 

Quand le FMI veut aider l'Ukraine à éviter la faillite, ce sera au prix de sacrifices sociaux à côté desquels ce qui a été exigé des Grecs sera léger, en particulier dans l'Est industriel.

 

Le seul service qu'une diplomatie indépendante de Washington pourrait rendre au peuple ukrainien serait d'exclure ce pays de la sphère d'influence de l'Otan et de négocier avec Moscou sa neutralisation, dans le cadre d'un régime fédéral très poussé conservant l'unité extérieure des deux Ukraine. Mais les vautours de la nouvelle guerre froide n'en veulent pas, ils misent sur l'écroulement de l'économie russe. Dans un monde où toutes le économies  sont interdépendantes,  ces idéologues ne font qu'aggraver les tendances persistantes à la récession. Ils préparent de nouvelles crises. Un siècle après les folies de 1914, ils n'ont toujours rien compris.      

 

Robert Falony

 

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NB. Des messages de sympathie et de soutien ont été adressés à Véronique De Keyser, injustement  écartée de la liste européenne du PS.

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 14:37

Comment "commémorer" la boucherie de 14-18 ?

 

Il y a encore dans la gauche des gens qui ont la mémoire historique, et pour lesquels le centenaire de la guerre de 14-18 doit être marqué par autre chose que des commémorations patriotiques traditionnelles, tandis que l'Europe officielle va tenter de gommer l'essentiel: la responsabilité partagée des impérialismes rivaux dans un  conflit - une boucherie abominable - dont le but n'était pas seulement des gains territoriaux, mais la conquête de nouveaux marchés. Et pour la gauche: en août 1914, la Deuxième Internationale fait honteusement faillite en se ralliant à la guerre... (1).

 

Côté Europe officielle, un article du nouveau ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier,  paru dans "Le Monde" du jeudi 6 février, donne le ton: il faut préférer la diplomatie aux postures nationalistes. Comme il n'y a pas de filiation directe entre l'actuelle République fédérale et la vieille Allemagne impériale, Steinmeier peut écrire: "Au lieu de tabler sur l'apaisement et la compréhension, Berlin opta pour l'escalade".

 

 C'est un peu court. Même le ministre des Affaires étrangères d'un gouvernement de coalition pourrait s'étendre sur ce qu'était l'Allemagne militariste des Bismarck, Guillaume II et Hindenburg. Et le SPD dont Steinmeier fait partie pourrait utilement regretter le vote unanime des crédits à la guerre dont le parti social-démocrate de 1914 s'est rendu coupable.

 

Néanmoins, à Paris comme à Berlin, à Londres comme à Vienne, on pourra mettre pudiquement en question "le jeu des alliances", mais sans plus. Le vernis de respectabilité "européenne" ne mettra pas fondamentalement en cause les nationalismes de l'époque. Par exemple, on n'imagine pas le président François Hollande déclarer que la récupération de l'Alsace Lorraine ne valait pas ces  millions de morts et de mutilés. Et il sera intéressant d'observer comment la Russie officielle, celle d'un Poutine qui fait feu de tout bois pour célébrer la grandeur russe, dédouanera  le bellicisme de la clique militariste qui entourait le tsar Nicolas II.

 

La faillite des élites...

 

Or, et à la faveur du rejet populaire croissant d'une Europe des gouvernements soumis aux marchés financiers, les  élections européennes de mai prochain risquent d'être marquées par une poussée des nationalismes rétrogrades, sous le drapeau troué, usé jusqu'à la corde, de la "souveraineté nationale". Illusions passéistes !

 

Contre ces deux camps qui sont les deux faces de la même médaille, le centenaire de 14-18 offre l'occasion à la gauche internationaliste de réaffirmer des positions de principe intangibles... Mais il y a des lueurs de lucidité qu'il faut saluer, ainsi l'article "La faillite des élites" de l'économiste  Martin Wolf dans "Le Monde"  du 18 janvier. Il ose un rapprochement entre la stupidité des "élites" de 1914 et le comportement des "trois bureaucraties non élues" que sont la Commission européenne, la BCE et le Fonds monétaire international. D'où, partout, les explosions de fureur populaire...     

 

 

Robert Falony

 

___________

(1) Sous le titre "1914: le naufrage de l'Europe et du socialisme", l'auteur de ces lignes a rédigé un essai qui est la synthèse de cent années d'Histoire, jusqu'à la crise ouverte en 2008.


Ce travail est en voie de publication  par une de nos maisons d'édition.

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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 13:30

Des dizaines de morts : voilà qui nous ramène au drame yougoslave des années nonante, sur le sol européen !

 

Osons d'abord aller à contre-courant de nos médias: le meilleur service que l'Union européenne aurait pu rendre au peuple ukrainien eut été d'afficher que  son avenir n'est pas dans l'Union européenne, dont chaque extension signifie un affaiblissement.

 

 Après la dislocation de l'URSS comme entité géographique, indépendamment de son  régime, l'avancée de l'Otan vers l'Est a été contre-productive pour la démocratie en Russie, elle a fini par susciter une résurgence du vieux nationalisme russe sous la forme que lui donne un Poutine, avec le retour brutal à une politique de zone d'influence, cas de la Syrie. Mais l'Union européenne  sans fédéralisme, la zone de libre échange conforme aux intérêts du grand capital, ce n'est pas aussi une zone d'influence ?

 

Cette politique oppose une Ukraine à l'autre, et durcit la position de la Russie. On sait au reste que l'Union européenne ne peut pas offrir à l'Ukraine ce que peut lui donner la Russie sous la forme d'une union douanière et de ressources en énergie, alors que son économie est au bord du gouffre.

 

Le système de pouvoir du président (élu) Ianoukovitch est un modèle de corruption ? Certes. Mais avant lui, la "révolution orange" incarnée par Mme Timochenko (emprisonnée) n'avait pas réussi beaucoup mieux...

 

Ce n'est qu'uni et non écartelé que le peuple ukrainien peut s'assurer un avenir plus démocratique, voire en alliance avec de larges masses russes. La prudence dont font preuve Berlin et Paris face au drame de Kiev contraste avec l'esprit "va-t-en guerre" dont font preuve certains milieux politiques américains, sans parler des noyaux ultra nationalistes et même fascistes en Ukraine même.

 

 

R.F.

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 17:26

La SNCB débauche.

 

La SNCB a annoncé aux syndicats la suppression de 80 postes sur 320 au sein de l'atelier de Forest, spécialisé dans l'entretien et la maintenance des trains de voyageurs. Il n'est pas question de licenciements secs, mais de non-remplacement de départs naturels grâce à un gain de productivité d'environ 20%, écrit L'Echo du 8 février.

 

Cette réduction de la voilure doit permettre à la SNCB d'éviter de perdre des marchés face à la concurrence. Elle sera étalée sur une période d'environ trois ans.


Les syndicats formulent des inquiétudes quant à cette annonce. Ils dénoncent le fait que les équipes travaillent déjà en effectifs réduits sur le terrain et que la pression va dès lors encore augmenter sur les agents. Les organisations syndicales demandent plutôt à la direction technique de la SNCB d'augmenter les effectifs au poste d'entretien de traction. Elle reproche également à la direction de confier davantage de tâches à la sous-traitance.


Classique politique patronale : on augmente la productivité pour supprimer des emplois, sous prétexte d’éviter la concurrence. Mais on recourt systématiquement à la sous-traitance.

 

P.V.


ArcelorMittal: les sociétés de démantèlement et de compétences ne feront qu'une.


La société de compétences et celle de démantèlement, prévues par de l'accord social intervenu le 6 décembre dernier concernant la restructuration d'Arcelor Mittal, ne feront finalement qu'une. 275 travailleurs, au total, sont concernés par ces structures à la durée de vie limitée.

La Région wallonne était chargée au lendemain de l'accord social de créer deux structures séparées. L'une chargée du démantèlement des sites et devant accueillir 75 personnes et l'autre chargée de rassembler les compétences de travailleurs "en vue notamment de préserver les compétences nécessaires aux lignes mises sous cocon."


Ces deux sociétés seront finalement rassemblées sous une même structure. Les réunions se multiplient actuellement afin de sceller un accord sur ce dossier, précise-t-on à la Région wallonne qui se donne encore quelques semaines pour aboutir.


Concernant la structure de compétences, Techspace Aero, la FN, Magotteaux et même CMI ont été approchées pour l'intégrer au même titre ArcelorMittal et de ses filiales comme le prévoit l'accord social. Ces entreprises pourront bénéficier du savoir-faire de 200 travailleurs d'Arcelor Mittal qui ne seront pas conservés par le groupe et qui seront versés pour deux ans maximum au sein de cette structure.


De source syndicale, on estime cependant que les chiffres annoncés lors de l'accord social devront être revus suite à l'intention de la direction de réembaucher 469 travailleurs pour une durée maximale de 4 ans afin d'assurer les compétences et le maintien de l'outil.


Cent cinquante-cinq travailleurs, qui devaient être versés dans ces structures parallèles, sont concernés.

Cela sent vraiment la fin !

 

P.V.

 

L’égérie de la NV-A n’est pas contente !

 

Liesbeth Homans, le bras droit de Bart De Wever et présidente du CPAS d’Anvers qui donne « sa » préférence aux Flamands au détriment des allochtones, celle pour qui le racisme est une « notion relative », se présente contre Kris Peeters, le président CD & V du gouvernement flamand. Elle se livre dans une interview à la « Libre Belgique » du 8 février.

 

Elle n’aime pas Bruxelles. «  Mon problème avec Bruxelles, c’est qu’une personne qui parle néerlandais n’y est pas traitée avec respect. Je ressens ce sentiment de supériorité des francophones tous les jours à Bruxelles. » Elle ajoute : « Ce qu’on voit, c’est que nous avons deux démocraties en Belgique. C’est un fait. Les intérêts des uns et des autres ne sont pas du tout les mêmes. Je ne juge pas ceux des Wallons, mais veux répondre aux attentes des Flamands. Donner une réponse politique aux attentes des citoyens, c’est la raison d’être d’un parti politique. »

 

Quant à la réforme de l’Etat, la seconde de Bart est très claire : « Nous ne sommes pas pour une 7ème réforme de l’État, nous sommes pour la réforme ultime. Cette réforme ultime et définitive, c’est très clairement le confédéralisme. Si c’est pour faire une nouvelle réforme bric-à-brac où l’on transfère une partie des compétences sans les moyens, cela n’a aucun sens. La 6ème réforme transfère une partie des compétences mais pas suffisamment que pour pouvoir gérer l’ensemble de celles-ci. »

 

Et pour gouverner, ce sera « De préférence sans le PS, mais il faut que les résultats côté francophone le permettent. Moi, je connais les souhaits et tendances des partis flamands. Le succès du PS, lié à son clientélisme, nous l’imposera ou pas. Ce sera en tout cas sans le modèle PS. »

 

Les choses sont claires et confirment implicitement l’accord passé entre Didier Reynders – la candidat « Monsieur Bruxelles » - et Bart De Wever.

 

P.V.

 

La Confédération européenne des Syndicats tire la sonnette d’alarme.

 

La directive de l’ami de la NV-A, le très néolibéral batave Fritz Bolkestein, sévit encore !

Le détachement de travailleurs de pays tiers est inacceptable s’il n’est pas assorti de garanties leur assurant la pleine égalité de traitement.


Le Conseil fait pression sur le Parlement européen pour qu’il accepte une directive sur les détachements intragroupes sans dispositions garantissant la pleine égalité de traitement en faveur des ressortissants de pays tiers travaillant dans un État membre.

Cela signifierait que les travailleurs employés dans un État membre seraient soumis aux conditions de travail et de protection définies par la législation de leur pays d’origine ! 'Le marché du travail européen deviendrait une jungle', prévient la Confédération européenne des syndicats (CES).

L’UE doit garantir un traitement juste aux ressortissants de pays tiers employés dans l’UE. Ce principe a été confirmé par la Directive sur les travailleurs saisonniers mais le Conseil veut faire une entorse à celui-ci exposant ainsi les ressortissants de pays tiers à plus d’insécurité et au risque de se faire exploiter. Mais au profit de qui?

La CES prendra toutes les mesures nécessaires pour combattre cette directive et demande aux États membres de considérer des propositions pour restaurer la pleine égalité de traitement pour tous les ressortissants de pays tiers employés dans un État membre.

CES - 7 février 2014

 

Rififi au MR de Bruxelles : Reynders en fait trop !

 

L'actuel ministre des Affaires étrangères, qui rêve de devenir premier ministre fédéral d'un gouvernement des droites incluant la NVA, en fait décidément trop. Son « tour de Flandre » a fini par irriter Eric Van Rompuy, qui l'a descendu dans une interview. D'autres CD&V n'en pensent pas moins.

 

Candidat à tout, aussi à la présidence du pouvoir bruxellois, l'éminence libérale divise aussi son propre parti à Bruxelles, et son plan de grands travaux et de nouveaux tunnels fait à peu près l'unanimité contre lui...

 

En effet, après avoir perdu ses deux porteurs de voix - Didier Gosuin et Bernard Clerfayt - le MR ne fait manifestement pas confiance à sa roue de secours – et ennemi personnel de Reynders –  le très droitier Vincent De Wolf, bourgmestre d’Etterbeek, pour évoquer l'avenir de Bruxelles au congrès qui lui est consacré..

Didier Reynders et Charles Michel, qui se moquent comme d’une guigne des libéraux bruxellois débarquent à Bruxelles pour nous dévoiler la nature de leurs rêves. « I had a dream » dit Reynders, qui se refuse à chiffrer ses rêves de souterrains et de métros et surtout d’être « le premier » à Bruxelles à défaut de l’être à Liège. Et Michel junior, prudent et perplexe, de rajouter en direction de l'électeur: « je vous dirai qui est notre candidat ministre président après les élections. » Il constate aussi, tout à coup, que son équipe bruxelloise n'est plus à l'image de la région.

L’ambition de « premier parti » de Bruxelles reste fort illusoire pour l’instant. Cela n’empêche pas la gauche de rester vigilante !

 

R.F. et P.V.

 

Luc Coen : (les autres doivent) travailler plus pour gagner moins.

 

Dans la foulée de la présentation du rapport annuel de la BNB, tant la CSC que la FGTB ont dénoncé les positions de la Banque nationale sur l'écart salarial et l'austérité budgétaire.

« La CSC avait beaucoup de questions et d'observations par rapport au texte. Nous avons obtenu des corrections, mais les passages sur l'index et l'écart salarial, ainsi que sur la politique d'assainissement unilatérale sur le plan des dépenses sont restés inacceptables », a souligné la CSC dans un communiqué. « C'est la raison pour laquelle je me suis abstenu sur ces éléments », a expliqué Marc Leemans, le président du syndicat chrétien, cité dans le texte.


Rudy De Leeuw, président de la FGTB et, à ce titre, régent à la Banque nationale, s’est abstenu sur deux points du rapport de la direction de la BN:

 

  • D’une part, sur les recommandations relatives aux mesures d’austérité budgétaire, en particulier celles concernant le plan pluriannuel, ainsi que celles visant l’augmentation de la durée de la carrière en fonction de l'espérance de vie ;

  • D’autre part, sur l'analyse de l'écart salarial et, en particulier, le point relatif à la prise en compte des subsides salariaux tels que les titres-services ainsi que les commentaires relatifs au mécanisme d'indexation automatique des salaires.

     

    En effet, pour Rudy De Leeuw  « l’austérité reste le problème, pas la solution. Ainsi, l’équilibre structurel visé, bien que louable, ne peut porter préjudice aux indispensables investissements en vue de relancer l’économie réelle ». La FGTB continue à s’opposer à la mise en œuvre linéaire et aveugle du Traité budgétaire européen.

     

    Par ailleurs, le rapport établit un lien entre modération salariale et compétitivité, sans référence aucune à nos manques structurels en matière de R&D, d’innovation ou encore de formation des travailleurs.

    En outre, le texte laisse à penser que les salaires pourraient être les grands responsables des problèmes de compétitivité de nos entreprises. Ainsi, il est question de la poursuite de la politique de gel des salaires au-delà de 2014, ce qui est d’autant plus inopportun que la modération salariale -recommandée par la Banque centrale européenne- pratiquée jusqu’ici, a aggravé la situation économique et sociale des travailleurs et n’a pas endigué l’augmentation du chômage.

     

    Enfin, Luc Coen estime que les salaires nets  en Belgique sont trop élevés et l’on part à  la retraite trop tôt.

     

    La décence n’étrangle pas le gouverneur de la Banque nationale, le fonctionnaire le mieux payé du royaume sans compter une voiture de fonction avec chauffeur, 24 heures sur 24, une résidence de fonction dans le quartier de l’Observatoire à Uccle et du personnel domestique à sa disposition…

     

    P.V.

     

     

    La votation suisse

     

    Le versant nationaliste et xénophobe de la votation suisse contre l'immigration ajoute au péril: la droite "dure" monte dans toute l'Europe. Le camp minoritaire (d'extrême justesse) a d'ailleurs été incapable d'expliquer l'enjeu, en particulier dans les campagnes.

     

    Mais l'autre versant de ce référendum est un nouvel avertissement adressé aux tenants du libéralisme économique: trop de dumping social, d'usage de l'immigration pour peser sur les salaires !

     

     Et la politique d'austérité à sens unique n'est pas seulement dommageable pour l'enseignement et la santé, elle l'est aussi pour la sécurité publique, sacrifiée par manque de moyens.

     

    R.F.

     

     

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2 février 2014 7 02 /02 /février /2014 10:10

Ils sont incapables d'expliquer "la crise"...

 

Aucun gouvernement, aucun de ces "experts" branchés sur des banques ou des instituts financiers, ne fournit de la "crise", mot indiqué en septembre 2008 mais qui reste utilisé  à tort et à travers, une explication globale et valable. Mais l'emploi fréquent dans les médias des termes "En période de crise" suggère pourquoi. Il y a toujours eu des hauts et des bas, "ça monte et ça descend"  comme disait M.Levy. Donc la reprise va succéder à la dépression comme le jour à la nuit, comme le soleil suit la pluie. Cela a toujours été comme cela. A ce niveau, autant se contenter du bulletin de la météo.

                                         

Récession longue sans reprise nette...

 

Ces fins analystes devraient au moins s'aviser que les récessions d'après guerre, retenons celles de 1974-1975, de 1980-82, de 2001-2002, ont été relativement courtes, et suivies de reprises nettes. La récession ouverte en 2008, et dont plusieurs pays d'Europe du sud ne sont pas sortis ou peinent à sortir, a duré cinq ans, si elle s'achève officiellement en 2013. Il n'est donc question que de croissance du PIB "anémique" ou "atone", de "scénario à la japonaise" . Ce qui parait exclu est une reprise franche et généralisée à travers le monde, inutile de compter sur les pays émergents menacés de tempête financière, l'Argentine en est le dernier exemple. Ceux dont on dit qu'ils commencent à s'en tirer, cas de l'Espagne, l'ont fait par l'équivalent d'une dévaluation interne, la pression à la baisse des salaires, au prix du sacrifice de la consommation intérieure et d'un chômage de masse abominable.

 

Et cette récession dure cinq ans malgré des injections de liquidités illimitées par les banques centrales, malgré les innovations technologiques les plus porteuses! L'endettement public est à peine stabilisé, les dettes cachées demeurent énormes, et les pompiers pyromanes du FMI voient maintenant poindre le péril d'une  déflation généralisée.

 

Nos fins analystes devraient peut être s'aviser du fait que le système capitaliste est arrivé au point où il ne peut plus résoudre ses contradictions. S'y ajoute la menace climatique.

 

La vaine querelle "offre" ou "demande"...

 

 La crise de surproduction, si typique dans le domaine de l'automobile, se mesure toujours par rapport à la demande solvable.

 

Ceci fournit de bons arguments aux partisans "keynésiens" de la relance par injection de pouvoir d'achat, mais sans rien résoudre sur le fond. La réduction répétée des charges sur les entreprises ratera l'objectif de l'emploi, parce que c'est la dernière priorité d'une direction, soucieuse d'abord de marge bénéficiaire, de dividendes, de désendettement. Elle n'investit pas sans certitudes. La classe dirigeante se heurte de plus à cette camisole de force budgétaire dont il est officiel qu'il faut la conserver pour ne pas affoler les marchés financiers...

 

A Davos, on se berce de l'espoir que la reprise américaine (+1,8% en 2013) va s'accentuer et tirer l'économie mondiale. Elle doit beaucoup à l'énergie à bon marché et au gaz de schiste, mais le chômage aux Etats-Unis reste plus élevé qu'avant 2008.

 

 En ces cinq ans, aucune réforme radicale n'a été effectuée, pas même la scission  des banques d'affaires et des banques de dépôt. Les "économistes atterrés" et autres pourfendeurs de la politique libérale en Europe ont eu bien du mérite. Mais ils ont un pas de plus à franchir: réhabiliter l'économie dirigée, encadrée par la puissance publique. Finalement, seule une crise plus grave pourrait ouvrir cette perspective ?    

 

 

Robert Falony

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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 15:09

 La CSI se réjouit de l’adoption de la nouvelle Constitution tunisienne.

 

 

L’adoption de la nouvelle constitution tunisienne est "une étape historique pour le pays, comme pour toute la région, et je me permets de féliciter l’UGTT pour le rôle essentiel qu’elle a joué pour parvenir à ce jalon capital vers la démocratie et le respect des libertés fondamentales", a déclaré Sharan Burrow, secrétaire générale de la CSI.

 

La CSI se réjouit avec le peuple tunisien de ce succès qui consacre les principes fondamentaux de séparation des pouvoirs, d’indépendance de la justice, ainsi que du droit d’association, du droit syndical et du droit de grève. La CSI se réjouit également de l’inscription tout aussi historique de la parité hommes-femmes dans les institutions représentatives.

 

Aux côtés des forces démocratiques de la société civile,  L’ UGTT a fait preuve d’un engagement essentiel et sans relâche pour sortir de l’impasse  et permettre qu’aboutisse ce processus constitutionnel. Après avoir été le berceau des révolutions arabes en tournant courageusement la page d’un demi-siècle de dictature,  le peuple tunisien fait une fois encore figure de modèle en ouvrant aujourd’hui concrètement la voie vers la démocratie.

 

Après l’annonce de la composition d'un gouvernement d'indépendants, la voie est désormais ouverte vers  des élections législatives et présidentielles en 2014.  Alors que la Tunisie doit faire face à une situation socio-économique extrêmement difficile, la CSI continuera à plaider auprès des institutions internationales et des investisseurs étrangers pour qu’ils soutiennent le pays et lui permettent de répondre aux aspirations sociales qui ont été le monteur de la révolution, et en particulier aux jeunes qui sont les forces vives de la nouvelle Tunisie démocratique de demain.

 

CSI - 28 janvier 2014

 

 

 

Emir Kir et le génocide arménien

 

 

Le bulletin mensuel de l’association des journalistes professionnels signale l’issue d’une bataille judicaire entamée en 2004 par Emir Kir, actuel bourgmestre (PS) de Saint Josse, sur la question du génocide arménien, face au journaliste Mehmet Koksal . L’homme politique avait jeté le gant entretemps, mais pas le camp de la presse. La Cour d’appel de Bruxelles, sans statuer sur le fond, a déclaré “déloyal” le comportement d’Emir Kir dans cette affaire, et lui met à charge deux tiers des dépens, soit 7500 €.

 

 

Ce jugement confirme implicitement que ce politicien, négationniste de la tragédie dans la presse turque, préfère se taire sur le sujet côté Belgique. Que ne fait-on pour avoir des voix !

 

Le citoyen Kir, en 2015, pour le centenaire du génocide arménien à la faveur de la guerre mondiale, aura l’occasion de prouver qu’il adhère à la vérité historique et aux valeurs socialistes.

 

R.F.

 

Cela bouge à gauche.

 

 

Le Parti du travail de Belgique (PTB), la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) et le Parti communiste (PC) se sont unis sous le sigle PTB-GO (Gauche d'Ouverture) en vue des élections du 25 mai, persuadés que ce scrutin marquera le retour de "la gauche de la gauche" dans plusieurs assemblées du pays, ont annoncé lundi 27 janvier leurs représentants. Cette alliance vise à répondre à certains appels syndicaux, comme celui de la FGTB de Charleroi qui avait demandé le 1er mai 2012 un rassemblement autour d'une "alternative anticapitaliste à gauche du PS et d'Ecolo".

 

 

Plusieurs personnalités du monde syndical, universitaire et des médias ont décidé de soutenir le parti, parmi lesquelles on trouve Josy Dubié, ancien grand reporter et ancien sénateur Ecolo, Hugues Le Paige, ancien journaliste à la RTBF et directeur de la revue « Politique », Irène Pêtre et Fabrice Epis de la CNE, les comédiens Fabrice Murgia et Patrick Bebi, la philosophe Isabelle Stengers, Anne Morelli historienne et professeur à l’ULB, la blogueuse Anne Lowenthal , Christian Viroux de la FGTB Charleroi qui a lancé le 1er mai 2012 un appel à une formation politique à la gauche d’Ecolo et du PS, etc. Toutes ces personnalités ont signé un appel pour incarner la gauche de la gauche.

 

 

Certains appellent à voter, d'autres seront également présents sur les listes du PTB. Il est cependant encore trop tôt pour dire quels seront les choix individuels. Notons que l'ensemble de la régionale carolo de la FGTB soutiendra aussi le parti.

 

 

Il s’agit sans conteste d’un élément nouveau et important dans un paysage politique belge figé depuis plusieurs années. Sur le plan électoral, la gauche se cantonnait dans les deux principales formations que sont Ecolo et le PS. Et voilà que s’ajoute le PTB qui s’est allié avec le PC et la LCR et qui a réussi à rallier plusieurs personnalités indépendantes citées ci-dessus. Comme l’écrit Jean-Marie Chauvier : « Sans illusion quant aux résultats immédiats, ce ne serait pas une « révolution », mais peut-être une dynamique nouvelle, du moins un ballon d’oxygène dans l’atmosphère asphyxiante de la vie politique belge de ces derniers temps. » Sans illusions ? On peut raisonnablement penser que le PTB-GO obtiendra un siège ou deux au Parlement fédéral et quelques strapontins au niveau régional.

 

 

À notre avis, le déclic s’est fait avec la brutalité de l’austérité imposée par les instances européennes et notamment le fameux TSCG ou pacte budgétaire qui a été voté à la hussarde sous la houlette d’une coalition de fait entre les forces conservatrices et les sociaux-démocrates à quelques exceptions près (les trois parlementaires européens PS belges et Sfia Bouarfa à Bruxelles) et une grande partie des écologistes. Cette capitulation sans condition devant le grand capital a déterminé plus d’un à s’éloigner de la gauche de gouvernement qui se justifie par l’éternel « sans nous, ce serait pire ».

 

 

Comme l’écrit Jean-Marie Chauvier : « Les élections elles-mêmes, la "démocratie parlementaire" sont moins crédibles que jamais, vu la dictature de fait du grand capital, "des marchés" et autres "troïkas", la réduction extrême des sphères de souveraineté populaire dans les cadres nationaux. A quoi bon voter ? On ne sait plus trop. Mais on peut encore essayer, surtout s'il y a des chances de faire entendre les voix du refus de cet ordre social injuste. Sans illusions quant à la possibilité de transformer la société "par la voie parlementaire". »

 

 

Il est en outre malheureux de voir la réaction des états-majors syndicaux. Ainsi, dans une interview au « Soir » du 29 janvier, Anne Demelenne, secrétaire générale de la FGTB a répondu : « Il ne faut pas se tromper d’adversaires. », les adversaires étant les partis défendant les idées et une politique néolibérale. Dans un mémorandum qui  sera adressé à tous les partis démocratiques, la FGTB insistera sur les trois principaux enjeux à son sens : le pouvoir d’achat, les emplois de qualité et les pensions convenables.

 

 

On sent la secrétaire générale quelque peu gênée par la prise de position de la FGTB Charleroi. « Tout ce que l’on demande aux gens, c’est d’aller voter (…) en fonction de valeurs qu’ils défendent chaque jour. » Elle plaide pour un renforcement de la gauche.

 

 

Philippe Moureaux, lui, est plus clair : « Ils [le PTB – GO] représentent un facteur de division. Alors que l’ancrage à gauche du PS est indispensable. » Il avertit : « J’imagine un instant un succès du PTB qui obtiendrait trois sièges, le PS en perdant six dans la foulée. On entendra une voix gauche-gauche au Parlement, et on aura un gouvernement droite-droite. »

 

 

Le débat est posé : ou bien un vote « utile » ou un affaiblissement du PS au profit d’un gouvernement de droite, ou bien un aiguillon pour le PS et Ecolo pour qu’ils retrouvent les fondamentaux. Après tout, pour certains, une « cure » d’opposition ne ferait sans doute pas trop de tort à la gauche. Avec le risque, répondent d’autres, que les acquis sociaux soient définitivement balayés.

 

 

En attendant, il est temps d’avoir une réponse unitaire face à la vague conservatrice qui semble recouvrir l’Europe et la Belgique en particulier.

 

 

P.V.

 

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