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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 22:07

Après le 25 mai

 

Club « Osons le socialisme » (communiqué adopté à la réunion du 7 juin)

 

Au lendemain du 25 mai, la FGTB a exprimé son inquiétude devant le glissement à droite. Si le PS a maintenu sa position centrale en Wallonie et à Bruxelles, il s’est tassé et sa marge de manœuvre pour un gouvernement fédéral sera plus réduite.

 

Le PTB a fait son entrée sur la scène parlementaire. Malgré nos réserves sur cette formation, elle représente une gauche ouvrière et sera un aiguillon vers la direction du PS.

 

Déplorons l’éparpillement des voix de la gauche dite radicale.

 

La poursuite de la politique d’austérité conduira à l’échec et les dernières décisions de la BCE ne répondent pas à la situation de stagnation et de déflation.

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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 18:10

Parlement européen: glissement global à droite

 

Un siècle après la folie des nationalismes qui plongea l'Europe dans le cauchemar d'une guerre criminelle de quatre ans, le nationalisme se porte bien. Les élections européennes de la fin mai ont été marquées par une poussée de repli sur la "patrie" et la "souveraineté nationale", de xénophobie, voire de tentation fasciste. L'Europe officielle, celle du Conseil des ministres et de la Commission, en est la première responsable: c'est sa politique du carcan budgétaire et des "sacrifices nécessaires" qui a jeté, comme en France, les populations les plus défavorisées dans le camp du Front national, ou simplement dans l'abstention, plus massive encore en Europe de l'Est. Le problème des "dettes souveraines" est en réalité celui d'une partie au moins de leur effacement, d'une manière ou d'une autre.  Mais les gouvernements s'apprêtent à poursuivre la même politique qui a si bien fait la preuve de son échec.

 

La gauche radicale ne progresse pas à la mesure de la "crise".

 

Dans le nouveau Parlement européen, le PPE conservateur et la social démocratie perdent globalement des sièges mais gardent leur suprématie. En Espagne, la politique dominante a été durement sanctionnée, et le PSOE n'a nullement profité d'être dans l'opposition. Par contre, la gauche radicale y fait une belle percée, avec le parti rouge-vert et les "Indignés".

 

En France, l'UMP et le parti socialiste tombent au plus bas au profit du Front national. Contre-performance du Front de gauche avec seulement trois sièges, 13 au PS (sur 74).

 

 La gauche italienne a tiré son épingle du jeu avec Renzi, homme nouveau, qui distance le démagogue Grillo. "Die Linke" se maintient en Allemagne. Grâce au  grand succès de Syriza  avec Alexis Tsipras en Grèce, la gauche radicale progresse d'une dizaine de sièges dans le nouveau Parlement. Par rapport à la gravité de la "crise", cela indique clairement qu'elle doit clarifier ses positions et propositions,  et souffre d'un manque de crédibilité. Il ne doit rien y avoir de commun entre elle et les europhobes. La sortie de la zone euro, en particulier, est un objectif nationaliste et réactionnaire.

 

 A la rédaction de cet article, on ignore encore si Marine Le Pen réussira à construire "son" groupe dans le nouveau Parlement: il faut que sept pays soient représentés. Par définition, les  courants nationalistes sont rivaux et ombrageux, et les nazis grecs, pour prendre cet exemple, sont infréquentables, comme les antisémites hongrois de Jobbik.

 

Le Parlement plutôt que le Conseil des ministres !

 

Ce glissement global vers la droite déforce le courant fédéraliste en tant que tel. On le voit bien avec la candidature Juncker comme président de la Commission. Ce conservateur luxembourgeois est censé être soutenu en bloc par le PPE, première force du Parlement. Mais la retorse chancelière allemande semble prête à abandonner l'homme de son propre parti, face au refus du Premier ministre britannique Cameron, qui court derrière l'europhobe Nigel Farage (UKIP),  grand vainqueur du scrutin avec 27,5% des voix.

 

La double lecture du traité de Lisbonne sur le choix du président de la Commission, "en tenant compte du Parlement" n'est pas une question dans laquelle la gauche peut renvoyer les uns et les autres dos à dos. Car c'est le Conseil des ministres qui s'identifie le plus à la politique qu'elle dit condamner. Restera à savoir si le Parlement peut avoir le courage de "recaler" un candidat de compromis choisi par le Conseil... 

 

 

Robert Falony

(3.6.2014)

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27 mai 2014 2 27 /05 /mai /2014 21:47

 

Ce qui s'est passé en Belgique ce 25 mai, et singulièrement en Flandre, est la copie conforme de ce à quoi on a assisté dans presque toute l'Europe: un glissement à droite, vers le nationalisme, mal compensé par une radicalisation à gauche moins forte. Des couches populaires et une classe moyenne fragilisée par la "crise" se détournent des "élites" de la pseudo Europe, calfeutrées dans leurs privilèges, leurs titres, leur prébendes.

 

La forte progression de la NVA était attendue. Qu'elle se soit faite en phagocytant l'électorat  du Vlaams Belang signifie pour De Wever des problèmes en interne, avec une base plus nationaliste qu'ultra libérale...

 

En Belgique francophone, Paul Magnette et Laurette Onkelinx ont sauvé la mise de justesse, mais n'ont pu éviter ni le tassement, ni le renforcement du MR en Région wallonne, ni l'irruption du PTB sur la scène politique, puisque ce parti communiste très spécifique force bel et bien les portes des assemblées, en "parti ouvrier" qui va servir d'aiguillon pour un PS dont la marge de résistance aux compromis n'est vraiment pas élargie...

 

Que dire alors de la situation française? Véritable naufrageur du PS, François Hollande, pour avoir capitulé en matière budgétaire devant la chancelière allemande, a fait du Front national le premier parti de France, avec une Marine Le Pen bien plus dangereuse que son père...

 

Des commentaires sur nos plateaux de TV, retenons que tout le monde était content, et qu'on discutait beaucoup plus des coalitions possibles  que des programmes...

 

R.F.

 

Impossible de clore de billet sans évoquer l'abominable attentat contre le musée juif, acte d'antisémitisme qui traduit une forme de racisme.

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 07:16

 Eliminons tout de suite la question du "vote utile": on n'a la réponse qu'après le scrutin!

 

Vaut-il mieux voter selon ses principes et ne rien peser dans le vrai rapport des forces, même de façon infinitésimale; ou bien voter "utile" et en pratique souscrire aux compromis politiciens de demain?  C'est la quadrature du cercle.  Rangeons cela au rayon des libres opinions...

 

Le danger principal est une aggravation de la politique d'austérité à sens unique, incarnée en Belgique francophone par le MR, et, à l'échelle du pays, par la NVA. On laissera à De Wever le mérite de la clarté dans ses buts: éliminer le centre-gauche du gouvernement à tous les niveaux, refaire d'abord avec le gouvernement flamand ce qu'il a fait à Anvers ville: renvoyer le SPa dans l'opposition avec le  concours du CD&V et de l'Open VLD.

 

 Ces partis ont certes pris leurs distances avec les nationalistes. Mais demain ils diront le cas échéant qu'il faut" respecter la volonté de l'électeur". Et, quoi qu'on en pense, la stratégie de la NVA est bien de privilégier le domaine socio-économique au niveau du pouvoir fédéral. Si la NVA dépasse en sièges le total du PS et du SPa, elle pourra atteindre son but, qui correspond à celui du patronat, et pas seulement du patronat flamand.

 

Du côté francophone, ne soyons pas dupes des cabrioles des Reynders et Michel face à la NVA. Si celle-ci se montre "raisonnable" en matière institutionnelle, bien des discours de campagne seront oubliés.

 

Des programmes hors contexte...

 

Des programmes des partis- mais l'un n'est pas l'autre- il y a peu à retenir. On se demande comment on va concilier tous ces allègements promis de la fiscalité avec l'observance des règles budgétaires édictées par "Bruxelles".  Le retour de la "croissance" ?  Oubliez. Moins d'un demi pour cent aux dernières nouvelles. La situation des finances locales a été le plus souvent occultée. Et on  continue de sacrifier au dogme de "l'effet de retour" automatique de telle ou telle mesure fiscale prise au niveau fédéral.

 

Eparpillement

 

La gauche dite radicale présente donc trois listes en Belgique francophone. Observons que le PTB donné comme favori est, quand on considère ses origines, un phénomène unique en Europe occidentale. Ses listes sont pratiquement "pur sucre".  Cependant, le nombre de militants syndicaux qui s'y sont ralliés, à la base de la FGTB en particulier, indique clairement qu'il fera perdre des plumes au PS dans les bassins industriels. Trop de légitime colère face au sacrifice de l'emploi.

 

 Mais, chez nous, pas d'élément fédérateur, point d'effet Mélenchon ou Tsipras... Persistons à le regretter.

 

Les Exécutifs régionaux

 

Si la reconduction automatique de l'alliance PS-CDH- Ecolo est possible dans les chiffres, le mieux est certes qu'elle soit immédiatement reconduite à Namur. Et à Bruxelles, où le risque d'éparpillement des sièges est beaucoup plus grand?

Quant au gouvernement flamand, ce sera au CD&V de démontrer rapidement qu'il ne s'ancre pas à droite en sacrifiant le SPa et le mouvement ouvrier chrétien...

 

   

Robert Falony

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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 07:09

Cher Robert,

Désolé, mais je ne vois pas trop l'intérêt d'aligner des phrases aussi peu nuancées que "Trois listes se réclamant de la gauche radicale, cela témoigne davantage d'affirmations personnelles que d'un souci de front commun, au delà de divergences idéologiques sclérosées."

Tout qui prend la peine de lire les programmes des listes en question constatera que l'on y trouve des différences aussi notables qu'entre PS ou ECOLO (pour ne prendre que ces deux exemples) sur des enjeux essentiels comme l'avenir de la monnaie, le fédéralisme européen ou le protectionnisme. Entend-on que la présence de ces deux listes plutôt que d'en déposer une seule (ce qui permettrait assez probablement d'obtenir un élu de plus à l'Europe) est le signe de "divergences idéologiques sclérosées" entre PS et ECOLO ?  Pas que je sache.

De manière générale la logique bipartite, conduit assez invariablement à l’appauvrissement du champ politique et de la démocratie.  Il conduit aussi à une forme d'alternance qui ne change pas le cours libéral et austéritaire. On aura d'ailleurs peine à voir le quelconque virage à gauche que l'élection de "l'ami" Martin Schulz pourrait produire, lui qui est un pur produit du SPD qui est un (sinon "le") parti moteur des logiques austéritaires que l'Allemagne impose aujourd'hui à toute l'Europe.

Dès lors que la social-démocratie à renoncé (c'est en tout cas ma conviction) à inverser le cours des choses, on peut assurément se questionner sur l'impossibilité de la gauche de gauche de se refonder dans un projet (le notre c'est l'écosocialisme, il est nouveau et il avance de part le monde) et une structure qui laisse à chacun un véritable espace.  En Belgique, la prédominance du PTB (accentuée par sa percée dans les médias), son parcours particulier (je ne pense pas qu'il existe en Europe un autre pays où un parti de la même mouvance soit dans cette position dominante), sa façon assez hégémonique d'envisager le paysage à la gauche du PS et d'ECOLO (le refus de simplement joindre VEGA à l'accord technique sur Bruxelles en est témoin), sont autant d'éléments qui mériteraient pour le moins d'être considérés si l'on tente de comprendre ce phénomène au delà des divergences de programme et de projet dont j'ai parlé.

Quant à VEGA, où l'on adhère à titre individuel et où la double adhésion est possible, modestement mais avec sérieux et enthousiasme, c'est une forme de laboratoire qui part du principe que ce sont à des personnes et pas à des formations (souvent arque-boutées sur leurs divergences) de travailler à une convergence à gauche.  On peut ne pas partager cette analyse (pourtant nourrie dans mon chef comme dans celui de bien d'autres dans VEGA par de multiples tentatives unitaires avortées) mais en faire une question "d'affirmations personnelles" c'est simplement gratuitement injurieux. Voilà qui devait être dit !

Salutations de gauche,



Pierre Eyben

 

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13 mai 2014 2 13 /05 /mai /2014 09:10

  

Les médias opposent globalement les "partisans de l'Europe" aux "eurosceptiques".  Un autre schéma s'impose. L'Europe dont ils parlent est celle des gouvernements adossés sur le grand capital et les marchés financiers. Ce n'est pas une Europe fédérale, mais intergouvernementale. Ce n'est pas celle des peuples, qui s'en détournent. C'est la non Europe de l'austérité budgétaire déflationniste, qui fait payer la "crise" par les masses défavorisées. C'est la non Europe qui débouche, comme dernier exemple en date, sur le passage d' Alstom sous la coupe de l'américain General Electric, faute d'une politique industrielle européenne intégrée. On a vu ça avec la sidérurgie liégeoise et lorraine... 

 

Cette Europe officielle et démissionnaire suscite une opposition rétrograde, de type nationaliste et xénophobe. La gauche n'a rien à voir avec ces gens là, qui rêvent du retour aux monnaies nationales; à l'indépendance de la Flandre, de l'Ecosse, de la Catalogne, de la Bretagne, de la Corse, de la Lombardie, de la Vénétie, et pourquoi pas du retour au Moyen Age? Les sots qui suivent ces courants, s'il advient, feront l'expérience pratique des effets de leur sottise.

 

 Mais si les élections européennes traduisent, comme on peut le craindre, une poussée de ces forces, incarnées par Marine Le Pen, par Wilders, par Grillo et d'autres, la faute en sera précisément à "cette Europe là". Les Barroso, Van Rompuy et compagnie auront les résultats qu'ils méritent.  Soulignons encore que le système antisocial des "travailleurs détachés" payés par des patrons esclavagistes deux ou trois euros de l'heure, renforce la xénophobie ambiante. On entend rarement un certain patronat faire la critique d'une "libre circulation des travailleurs" qui favorise à ce point le dumping social...

 

Et puis il y a la gauche anticapitaliste, morcelée, et qui doit clarifier sa position face à l'Europe politique.

 

Dans cette mêlée confuse, la social-démocratie est représentée par l'ami Martin Schulz. Le verbe est à gauche, il veut "infléchir" la politique dominante, mais rien n'assure que les gens qui ne se sont pas dressés hier contre la politique de Merkel, de la BCE, du FMI, contre le sort infligé à l'Espagne, au Portugal, à la Grèce,  ne feront pas  demain une courbe rentrante, en continuant comme par devant... Il faudrait que le groupe socialiste du nouveau Parlement européen devance le PPE (Parti populaire européen, démocrate-chrétien) pour que Schulz puisse mettre en question, dans son pays, le rapport des forces avec la chancelière.

 

Or, le Parlement européen élu en juin 2009 compte 275 PPE, 194 socialistes et assimilés, 85 libéraux (ADLE), 58 Verts. Le reste va à quelque 120 eurosceptiques britanniques,  souverainistes divers, et fascistes plus ou moins déclarés. C'est cette masse qui risque de gonfler. La gauche radicale est sortante avec seulement 35 sièges.

 

En Belgique, la dispersion...

 

En Belgique, on ne peut pas dire que les partis politiques ont mis leurs actes en concordance avec leurs paroles quant à l'importance du scrutin européen: à la notable exception de Guy Verhofstadt, fédéraliste mais libéral, aucune personnalité d'envergure internationale et d'avenir politique ne figure en tête des listes. On a fait comme d'habitude. Pour le PS, on n'est pas irrespectueux envers Marie Arena en s'interrogeant sur sa vocation à occuper vraiment la scène du PE pendant cinq ans... Et l'éviction  de Véronique De Keyser demeure injustifiable.

 

Le risque de dispersion des suffrages est d'autant plus grand qu'on a assisté à une prolifération sans précédent du nombre des listes: dix-neuf pour l'Europe, sept néerlandophones et douze francophones! Lesquels n'ont à se répartir qu’une petite dizaine de sièges... C'est ici que la lancinante question du vote "utile" se pose non seulement en termes politiques mais surtout en pratique: est-il sage de voter pour une liste qui n'a pratiquement aucune chance de remporter un siège, si sympathique soit son programme?  Trois listes se réclamant de la gauche radicale, cela témoigne davantage d'     affirmations personnelles que d'un souci de front commun, au delà de divergences idéologiques sclérosées. Ne reste donc que le vote nominatif en soutien d'un "meilleur que les autres", sur une liste...de gauche.

 

En Flandre, la NVA va s'emparer  d'au moins trois sièges. Il y a gros à parier qu'au Parlement européen, elle fera le jeu du PPE et de Juncker, candidat de la droite internationale à la présidence. Si des gouvernements de poids ne mettent pas des bâtons dans les roues : tous au Conseil des ministres n'adorent pas le Parlement européen.       

 

 

Robert Falony

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9 mai 2014 5 09 /05 /mai /2014 20:54

France: la gauche de gouvernement va dans le mur...

 

Le parti socialiste français a subi un désastre électoral aux élections municipales de mars. Un désastre qui risque bien de se reproduire aux élections européennes, avec le Front national plus haut que le PS...

 

Le sauvetage de Lille et de Paris ne doit pas faire illusion. C'est autour des grands centres urbains, dans les faubourgs et petites cités populaires, que l'évaporation du vote de gauche est la plus spectaculaire. Le PS est en  difficulté dans les "communauté urbaines" qui sont autour de ces grandes villes. D'anciens bastions "ouvriers" sont tombés, au détriment soit du PS, soit du parti communiste. Le cas le plus symbolique est celui de Limoges, une cité administrée par la gauche depuis un siècle. Et puis, autre cas de figure: Marseille, qui était "prenable" face au vieux maire Gaudin. Mais le "système Guerini", les pratiques affairistes et glauques, d'ailleurs anciennes, dans la fédération PS des Bouches du Rhône, plus les conflits internes qui ont précédé l'élection, ont entraîné une cuisante défaite.

 

Tout l'échec de la politique de Hollande se ramène a ceci: il n'a pas osé, après son élection, affronter Berlin sur le carcan budgétaire européen. Une coalition anti-Merkel était à tenter. Ceux qui ont peur d'une crise ouverte entretiennent des crises larvées. Les incantations à la "rigueur" de Manuel Valls n'y changeront rien: cette politique conduit la gauche dans le mur. Une quarantaine de députés socialistes ont eu le courage de manifester leur opposition par leur vote d’abstention, le 29 avril.

 

La monarchie élective en France

 

La France est cependant dotée, depuis la réforme du général De Gaulle instaurant pour son usage l'élection directe du président de la République, d'une monarchie élective et quasiment plébiscitaire. Le chef de l'Etat n'est pas un arbitre, mais un chef de parti. Ceci correspond à une vieille tradition "bonapartiste" dans ce pays, qui est censée garantir un Etat fort. A une époque où, en outre, la dépolitisation des masses atteint des sommets, l'état d'esprit des médias, et des masses  formatées, est de chercher un "homme fort" et providentiel pour s'en remettre à lui.


 

Dans le cas français, et en dépit d'une Constitution  disant que le gouvernement gouverne, le glissement vers le pouvoir personnel s'est accentué par la pratique. Jusqu'en 1981, la droite est au pouvoir, De Gaulle, Pompidou, Giscard sont ses guides. Mitterrand, oubliant ses professions de foi antérieures, s'est coulé dans ce modèle, d'ailleurs avec souplesse. Il n'a pas cherché à redéfinir la fonction. La France a expérimenté des "cohabitations" entre le président et une majorité du bord opposé.


 

Cela a paru tellement malséant que l'on a accentué le caractère monarchique du régime en réduisant la durée du mandat présidentiel de sept à cinq ans, de façon à faire coïncider l'élection présidentielle avec les législatives.

 

Le parti socialiste a été vampirisé par cette fonction monarchique. Les tendances ont fait place à des écuries de course à la présidentielle. A droite, au centre, à gauche, il y a vingt personnages, qui, en fonction de leur âge, ne rêvent que d'une chose: occuper un jour l'Elysée.


Arnaud Montebourg voulait une Sixième République: il se débat dans les contradictions de la Cinquième...

 

  

Robert Falony

 

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21 avril 2014 1 21 /04 /avril /2014 16:08

À l’approche des élections européennes, le patronat et les multinationales lancent une offensive antisociale tous azimut et sans précédent.

 

Des propositions sont faites de transformation fondamentale des relations sociales et de travail par le Medef en France et en Belgique par le patronat via le consultant Roland Berger avec la collaboration de l’économiste ultralibéral, ancien chef de cabinet de Reynders, ancien patron de la Bourse de Bruxelles, académicien et professeur à l’Université Catholique de Louvain, Bruno Colmant.

 

Ces propositions relèvent d'une « logique esclavagiste » ! Ce n'est pas Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche français), ni Raoul Hedebouw (porte -parole du PTB belge) qui disent cela, mais Laurence Parisot, ancienne patronne du Medef !

 

De quoi s’agit-il ?

 

Des jeunes aux plus âgés

 

Place aux jeunes ! Pierre Gattaz le nouveau patron des patrons français, homme très puissant qui a une (trop) grande influence sur le gouvernement Hollande – Valls, préconise un SMIC « jeunes » inférieur au SMIC, qu’il appelle pudiquement « salaire transitoire » à 800 Euros mensuel. Rappelons que le SMIC français s’élève à 1445,38 Euros par mois. Certes, Valls a rejeté cette proposition, mais, sans conteste, elle fait partie d’une offensive de démantèlement de l’Etat social, d’autant plus que cette initiative n’est pas la seule.

 

Et pour les vieux !  Les « quatre mesures pour sauver les pensions ». Ces mesures consistent en gros à liquider le système de pension par répartition et à supprimer tous leurs avantages sociaux pour les cotisants, c’est-à-dire les travailleurs salariés des secteurs public et privé.

 

Il s’agit d’abord de réduire le montant des pensions progressivement de 8 % à 44 % de 2020 à 2050…, ensuite d’augmenter les cotisations des travailleurs en portant le taux d’imposition des ménages qui est aujourd’hui de 20 % à 32 % en 2030, en troisième lieu d’augmenter le taux de la TVA qui est aujourd’hui en moyenne de 14 % en Belgique à 24 % en 2050. Il va de soi, quatrièmement, qu’il conviendra également de travailler plus longtemps en portant l’âge légal de la pension à 70 ans.

 

Les auteurs du rapport sont conscients qu’aucune de ces quatre mesures ne pourra être acceptée « séparément », qu’elles susciteraient une levée de boucliers, voire la révolte. Aussi, les économistes du consultant Roland Berger proposent ce qu’ils appellent ce qu’ils appellent cette « quadrithérapie optimale » en y allant progressivement. On n’est jamais trop prudent !

 

Rappelons au passage que les pensions en Belgique sont parmi les plus basses de toute l’Europe occidentale. Cela prouve une fois de plus que ce genre de proposition s’inscrit dans une vaste opération de démantèlement de l’Etat social.

 

Les arguments avancés sont classiques. L’économiste français de mouvance « économie de l’offre » Jean-Luc Ginder affirme : « Pour lutter contre le fléau du chômage, il est impératif de réviser le coût du travail et dans cette idée, il faudra accepter de compresser le Smic sachant qu'il est populaire et cher pour chacun d'entre nous.

 

Cette mesure n'est pas une provocation mais une attitude réaliste. »

 

Cette question du « coût du travail » est d’ailleurs obsessionnelle pour Ginder. Dans sa chronique dans « Les Echos », il écrit le 25 février dernier : « Ce qui est en cause ce n’est pas le salaire c’est le fait qu’une série de choses auxquelles nous tenons fondamentalement dans notre modèle repose sur le travail. Dans un même temps, nous sommes dans un univers de compétition fiscale. Beaucoup de pays ont misé sur des réformes qui basculent une partie de la fiscalité qui pesait sur le travail sur l’impôt.

 

Ces mesures permettent aux entreprises d’être en situation de compétitivité. Là encore sur ce terrain, toi État tu ne prends pas la mesure du danger et tu laisses s’installer un niveau de coût de travail surtaxé qui fragilise encore les entreprises, qui nourrit le chômage et brise la productivité française, ton "made in France" si recherché. »  

 

Donc, au lieu de combattre cette « compétitivité fiscale » au niveau européen – là, l’Union européenne ferait œuvre utile –, il faut s’attaquer au sempiternel « coût du travail ». On dirait que pour ces gens-là, payer un travailleur un Euro de l’heure serait encore trop cher !

 

Lamy qui vous veut du bien.

 

En outre, Gattaz a un soutien de poids pour sa proposition : Pascal Lamy, l’ancien patron de l’OMC, étiqueté « socialiste », ex-chef de cabinet de Delors à la Commission européenne, un des pionniers du fameux « Acte Unique » à l’origine des dispositions ultralibérales des traités de Maastricht et des autres qui ont suivi.

 

Pour Pour Lamy qui avait d’ailleurs lui-même lancé cette idée, la proposition de Gattaz est un progrès considérable et il va jusqu’à insulter ceux qui s’y opposent. Il déclare : « C'est l'état d'esprit des Français qui est le problème (...) C'est un état d'esprit défensif ». Et il ajoute : « Aussi longtemps que cette pédagogie ne sera pas faite, je pense que nous resterons, en quelque sorte, tétanisés, coincés, peureux. » Donc, les travailleurs sont des lâches qui refusent d’être « offensifs » pour le plus grand intérêt du marché.

 

Il est symptomatique de constater qu’un des principaux décideurs mondiaux préconise pareille chose. Voilà donc leur conception de la « mondialisation heureuse ». Tout pour l’entreprise, tout pour le capital, rien pour le travail, l’humanité étant réduite à devenir consommatrice dans le marché le plus vaste possible.

 

C’est un cauchemar, mais on finit toujours par se réveiller d’un cauchemar.

 

La civilisation coûte trop cher !

 

Donc, aussi bien les jeunes, à peine sortis des études, et les anciens – allons, disons-le carrément, les vieux – se trouveraient précarisés parce que tout simplement l’être humain coûte trop cher pour une classe possédante dont la cupidité égale la puissance.

 

Ce n’est pas un hasard si des deux côtés de Quiévrain, ce genre de propositions est lancé. Il s’est mis en place une stratégie en vue de détruire notre contrat social, notre mode de vie, notre pacte entre générations. Bref, notre civilisation ! La civilisation qui s’est progressivement mise en place à partir de la Renaissance visait en définitive à donner à l’être humain sa dignité en lui accordant progressivement le droit d’intervenir librement dans la vie de la Cité et le droit de jouir équitablement des richesses qu’il produit par son travail. Elle est remise en question par cette classe dominante qui a réussi à conquérir les marchés mondiaux.

 

L’esclavage revient en force.

 

Madame Parisot a déclenché, sans doute à son corps défendant, un vaste débat sur la question de la dégradation du travail qui vire de plus en plus à de nouvelles formes d’esclavage.

 

L’esclavage, bien qu’il soit juridiquement aboli depuis longtemps, n’a jamais réellement disparu. Il y a celui que nous côtoyons dans nos villes et sur lequel nous détournons les yeux, comme la prostitution où des milliers de femmes sont à la merci de « protecteurs » prêts à tout pour empocher un maximum d’argent sur leur dos, quitte à les enchaîner et les torturer, voire les éliminer. Celui où des hommes et des femmes provenant en cachette de terres lointaines sans aucune protection, travaillent dans des ateliers clandestins de confection, de boulangerie-pâtisserie, dans de grands hôtels internationaux, etc., celui de domestiques étrangers en séjour illégal à la merci de riches familles, de diplomates sans scrupules qui sont à la peine jour et nuit pour leurs « maîtres » avec pour seule rémunération l’enfermement dans un placard dans une soupente de grenier ou dans une cave.

 

Il ya l’esclavage dans les grands travaux essentiellement dans les pays dits émergents comme le Brésil pour la coupe mondiale de football et aussi le Qatar pour la suivante. Et on peut se poser la question du régime réel des travailleurs « détachés » au sein de l’Union européenne.

 

À l’exception de quelques associations, aucune des grandes ligues de défense des droits de l’homme ne se mobilise sur cette question. Certes, la CSI (Confédération Internationale des Syndicats) et la CES (Confédération Européenne des Syndicats) réagissent régulièrement, mais c’est largement insuffisant. Cette faiblesse de ce qu’il reste du mouvement ouvrier est inquiétante.

 

Les beaux films hollywoodiens

 

Ah oui ! On réalise de beaux films hollywoodiens sur l’esclavage qui font pleurer les belles âmes et gagner beaucoup d’argent à leurs producteurs et aux banques qui les financent et qui tirent aussi profit de l’esclavage contemporain, mais face à l’esclavage d’aujourd’hui, face à l’esclavage quotidien, face à la volonté manifeste de dégradation du travail vers l’esclavage, il n’y a pas de soulèvement ! Marx proclamait à la fin du « Manifeste » : « Les prolétaires n’y ont rien à perdre que leurs chaînes ! Ils ont un monde à y gagner ! »

 

Dans la très vénérable revue trimestrielle française inscrite dans la tradition« Révolution prolétarienne », à laquelle ont jadis collaboré des gens comme Victor Serge, Simone Weil, George Orwell, Albert Camus, etc., Jacques Demorgon écrit au sujet de l’esclavage, dans le numéro 781 daté de juin 2013 : «  Abdennour Bidar [philosophe français président de l’Observatoire de la laïcité et collaborateur à la revue Esprit] (…) pose une « capabilité » de l’humanité entière. Il pense que jusqu’ici les religions ont été le support imaginaire de la toute-puissance. Par la suite, les humains ont commencé à s’approprier la toute-puissance. Cela commença par une modernité critique des autoritarismes théologico-politiques ou politico-religieux. En s’appuyant sur une association de l’information technoscientifique et de l’économie, elle entraîne une succession de révolutions industrielles grâce aux puissances de la machine à vapeur, de l’électricité, de l’atome et de l’informatique.

 

Toutefois, cette modernité n’a pas assez distingué entre « travail d’asservissement et travail d’accomplissement ». »

 

Demorgon ajoute : ce qui compte, c’est moins le travail que ce qu’il produit. Il poursuit : « Or, le travail d’accomplissement de chacun est autrement plus producteur pour tous que le travail d’asservissement de multitudes humaines. »

 

Le travail (d’accomplissement) rend libre.

 

Cependant, par la dégradation matérielle et qualitative du travail, le patronat, les multinationales, la finance, tout ce « nouveau » capital qui domine le monde rétablissent l’esclavage. Seul le travail d’asservissement compte pour eux.

 

Il est vrai que le travail d’accomplissement peut être dangereux, car il apporte l’épanouissement, donc la liberté. Ce n’est pas la « liberté » proclamée à Auschwitz à des millions d’esclaves forcés n’ayant que la mort au bout du chemin, ni l’esclavage des ateliers clandestins, ni celui de millions de gens n’ayant comme alternative la précarité dans l’esclavage ou la misère dans le chômage, c’est ce travail là qui fait des hommes et des femmes libres.

 

Des femmes et des hommes libres, c’est en effet très dangereux.

 

Pierre Verhas

Pierre Gattaz et Laurence Parisot. Une évolution dangereuse d'un patronat déjà très agressif.

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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 13:55

 

Est-il encore possible de "neutraliser" l'Ukraine?

 

La couverture médiatique des évènements d'Ukraine a donné lieu à un déferlement de ce qu'il faut bien appeler une propagande à sens unique, doublée du goût très vif de la sensation. Menace de guerre! C'est à peine si on voulut bien signaler que l'Ukraine n'est pas couverte par l'Otan. Il se trouva des commentateurs, journalistes ou hommes politiques, pour évoquer la Tchécoslovaquie de 1968, voire Hitler. Et l'éditorialiste du "Monde" du 26 mars se laisse aller à écrire que le maître de la Russie veut "redécouper les frontières de l'Europe"!

 

En août 2013, on titrait cette "Lettre": "L'Occident a le Poutine qu'il mérite...". Maintenons cette affirmation.... Que l'on s'interroge sur l'extension continue vers l'Est de l'Otan et de l'Union européenne!

 

Il faut néanmoins être clair: l'annexion de la Crimée à la Russie est effectivement une violation du traité de garantie de 1994 en faveur de Kiev. Mais le droit international "pur" fut-il pris tellement au sérieux dans l'affaire du Kosovo , un nouvel Etat toujours non reconnu par nombre de pays  redoutant les sécessions? George Bush attaquant et détruisant l'Irak sur base d'un mensonge d'Etat éhonté était-il un champion du droit international ?  Et celui-ci est-il seulement concevable quand il s'agit du Mali ou de la Centrafrique, lorsque le droit humanitaire se substitue à tout autre?

 

Il est certain que Poutine, qui, en passant, ravive le nationalisme grand russe pour renforcer son emprise sur la Russie, a saisi la Crimée comme un gage, en compensation d'avoir été floué par le soulèvement de la place Maïdan.

 

On peut observer les silences troublants des médias sur  des faits pourtant indiscutables: le passé historiquement russe de la Crimée; la bizarrerie d'une Union européenne forcée de ratifier une prise du pouvoir par la force à Kiev,  alors même que trois de ses ministres venaient de conclure un accord avec le déchu Ianoukovitch (lequel a d'ailleurs été un incapable même du point de vue de Moscou); enfin le fait que le moteur de la révolution survenue à Kiev est un nationalisme très marqué à droite, avec une minorité d'activistes qu'on peut effectivement qualifier de néonazis. L'aveu s'en trouve dans tel reportage honnête ("Monde" du 26 mars) qui montre les groupes paramilitaires d'extrême-droite à la pointe d'un soulèvement encouragé par des hommes politiques américains et européens...

 

L'aspect social. Oligarques kleptomanes...

 

Les médias dissimulent autre chose: le niveau de vie du plus grand nombre, en Ukraine, est  encore plus bas qu'en Russie. Des deux côtés, certes, la fin de l'URSS a signifié, par les privatisations à tout va, l'appropriation des moyens de production par la nouvelle classe dirigeante. Ce sont ces oligarques qu'on peut aussi bien appeler des kleptomanes. Il est vrai qu'à l'Ouest, le capitalisme se criminalise aussi...

 

Quand le FMI veut aider l'Ukraine à éviter la faillite, ce sera au prix de sacrifices sociaux à côté desquels ce qui a été exigé des Grecs sera léger, en particulier dans l'Est industriel.

 

Le seul service qu'une diplomatie indépendante de Washington pourrait rendre au peuple ukrainien serait d'exclure ce pays de la sphère d'influence de l'Otan et de négocier avec Moscou sa neutralisation, dans le cadre d'un régime fédéral très poussé conservant l'unité extérieure des deux Ukraine. Mais les vautours de la nouvelle guerre froide n'en veulent pas, ils misent sur l'écroulement de l'économie russe. Dans un monde où toutes le économies  sont interdépendantes,  ces idéologues ne font qu'aggraver les tendances persistantes à la récession. Ils préparent de nouvelles crises. Un siècle après les folies de 1914, ils n'ont toujours rien compris.      

 

Robert Falony

 

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NB. Des messages de sympathie et de soutien ont été adressés à Véronique De Keyser, injustement  écartée de la liste européenne du PS.

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 14:37

Comment "commémorer" la boucherie de 14-18 ?

 

Il y a encore dans la gauche des gens qui ont la mémoire historique, et pour lesquels le centenaire de la guerre de 14-18 doit être marqué par autre chose que des commémorations patriotiques traditionnelles, tandis que l'Europe officielle va tenter de gommer l'essentiel: la responsabilité partagée des impérialismes rivaux dans un  conflit - une boucherie abominable - dont le but n'était pas seulement des gains territoriaux, mais la conquête de nouveaux marchés. Et pour la gauche: en août 1914, la Deuxième Internationale fait honteusement faillite en se ralliant à la guerre... (1).

 

Côté Europe officielle, un article du nouveau ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier,  paru dans "Le Monde" du jeudi 6 février, donne le ton: il faut préférer la diplomatie aux postures nationalistes. Comme il n'y a pas de filiation directe entre l'actuelle République fédérale et la vieille Allemagne impériale, Steinmeier peut écrire: "Au lieu de tabler sur l'apaisement et la compréhension, Berlin opta pour l'escalade".

 

 C'est un peu court. Même le ministre des Affaires étrangères d'un gouvernement de coalition pourrait s'étendre sur ce qu'était l'Allemagne militariste des Bismarck, Guillaume II et Hindenburg. Et le SPD dont Steinmeier fait partie pourrait utilement regretter le vote unanime des crédits à la guerre dont le parti social-démocrate de 1914 s'est rendu coupable.

 

Néanmoins, à Paris comme à Berlin, à Londres comme à Vienne, on pourra mettre pudiquement en question "le jeu des alliances", mais sans plus. Le vernis de respectabilité "européenne" ne mettra pas fondamentalement en cause les nationalismes de l'époque. Par exemple, on n'imagine pas le président François Hollande déclarer que la récupération de l'Alsace Lorraine ne valait pas ces  millions de morts et de mutilés. Et il sera intéressant d'observer comment la Russie officielle, celle d'un Poutine qui fait feu de tout bois pour célébrer la grandeur russe, dédouanera  le bellicisme de la clique militariste qui entourait le tsar Nicolas II.

 

La faillite des élites...

 

Or, et à la faveur du rejet populaire croissant d'une Europe des gouvernements soumis aux marchés financiers, les  élections européennes de mai prochain risquent d'être marquées par une poussée des nationalismes rétrogrades, sous le drapeau troué, usé jusqu'à la corde, de la "souveraineté nationale". Illusions passéistes !

 

Contre ces deux camps qui sont les deux faces de la même médaille, le centenaire de 14-18 offre l'occasion à la gauche internationaliste de réaffirmer des positions de principe intangibles... Mais il y a des lueurs de lucidité qu'il faut saluer, ainsi l'article "La faillite des élites" de l'économiste  Martin Wolf dans "Le Monde"  du 18 janvier. Il ose un rapprochement entre la stupidité des "élites" de 1914 et le comportement des "trois bureaucraties non élues" que sont la Commission européenne, la BCE et le Fonds monétaire international. D'où, partout, les explosions de fureur populaire...     

 

 

Robert Falony

 

___________

(1) Sous le titre "1914: le naufrage de l'Europe et du socialisme", l'auteur de ces lignes a rédigé un essai qui est la synthèse de cent années d'Histoire, jusqu'à la crise ouverte en 2008.


Ce travail est en voie de publication  par une de nos maisons d'édition.

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