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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 10:41

  

Un monde toujours soumis aux zones d'influence

 

Lorsque le Conseil de Sécurité des Nations Unies donna son feu vert à l'intervention française en Centrafrique, la Russie et la Chine s'abstinrent d'opposer leur veto. Ce fait intéressant a été ignoré des commentateurs, et en tout cas des censeurs de l'action militaire, toujours prompts à voir dans tout "devoir d'ingérence" la preuve d'un complot impérialiste. Et les défenseurs attardés de la "souveraineté nationale", comment peuvent-ils fermer les yeux devant les massacres, et faire de toute intervention la démonstration d'un plan ourdi pour mettre seulement la main sur des richesses? La révolution arabe en  Libye est tombée en morceaux, en l'absence de tout pouvoir central solide. Faut-il pour autant y voir la preuve qu'il ne fallait pas intervenir pour Benghazi?

 

La Centrafrique est un de ces  territoires issus du système colonial, sans Etat de droit, livrés aux habituels coups de force militaires, comme celui de l'an dernier qui a propulsé sur Bangui des milices agissant sous le couvert de la religion musulmane. Leurs crimes ont entraîné en réaction les massacres opérés par d'autres milices, celles là au nom de la population "chrétienne". Dans l'histoire de l'Afrique noire, c'est la répétition d'une longue série de drames, dont les protagonistes sont toujours de petits seigneurs de guerre. A peine la situation s'améliore-t-elle enfin au Congo oriental qu'un autre foyer surgit, Centrafrique, Sud Soudan. Le comble pour l'armée française est que le Tchad, allié commode de Paris au Mali, se révèle déjà bien encombrant comme force d'interposition à Bangui!          

 

L'Ukraine dans le giron de la Russie

 

Il y a deux Ukraine, dont l'une n'a pas la détestation de la Russie. Avant de juger sans appel la politique de Moscou dans les évènements de Kiev, reproduisons une opinion exprimée ici même en août dernier:  "L'Occident a le Poutine qu'il mérite". Ceux qui, à la faveur de la dislocation de l'URSS et  de l'effondrement du système communiste, ont fait avancer l'Otan vers l'Est, n'ont pas compris que, tôt ou tard, ils provoqueraient, en encerclant la Russie, le réveil d'un nationalisme russe virulent. Poutine en a été l'instrument. La politique des zones d'influence n'est pas à sens unique.

 

Le président ukrainien Ianoukovitch n'est pas un laquais de Moscou. Il trône au dessus d'un système de corruption généralisée, bien antérieur à lui, mais il sait bien que les intérêts de son pays sont étroitement liés à ceux de la Russie. L'Ukraine est dépendante de son puissant voisin pour ses fournitures d'énergie et ses exportations. En regard, le misérable accord d'association offert par l'Union européenne ne pèse pas lourd, et "l'aide" occidentale, dans le style du FMI, n'est pas plus désintéressée que celle de la Russie. Les encouragements prodigués aux manifestants de Kiev, fortement inspirés par des forces nationalistes d'extrême droite, relèvent du même esprit passéiste de guerre froide que celui animant trop souvent Vladimir Poutine lui-même...

 

Pour le malheur du peuple syrien

 

Pour son malheur, la Syrie est aussi dans une zone d'influence, celle de Moscou et de Téhéran. La révolution arabe syrienne, à l'origine démocratique,  assassinée d'abord par le régime Assad, est maintenant vampirisée  par les combattants islamistes qu'assistent l'Arabie saoudite et le Qatar, des pays dont l'intégrisme religieux n'a aucun rapport avec la démocratie.

    

                                                           

Robert Falony

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 10:35

Kris Peeters lance la campagne…

 

Le ministre- président flamand s’est fendu d’une interview dans plusieurs journaux francophones, dont le « Soir » où il déclare ne pas vouloir faire de cartel avec la NV-A. Mais, il ne ferme pas tout-à-fait la porte : « Après le 25 mai, on verra ».

 

Ben tiens, le CD&V est le deuxième parti. Dans un cartel avec les copains de BDW, il apparaîtrait comme le porteur d’eau. Inconcevable pour le « grand » parti de gouvernement…

 

Un Di Rupo II, pourquoi pas ?

 

Kris ne pense pas que le prochain locataire du « 16 » sera de son parti, puisqu’il ne sera pas à la tête du premier parti du pays. Donc, il n’est pas candidat. Il verrait bien Elio rempiler.

 

Il a tellement peur de l’accord MR-NV-A qu’il préfère un PS plutôt qu’imaginer Reynders ou De Wever devenir Premier. Pas très gentil pour l’étoile montante du CD&V, Koen Geens, qui estime que ce poste revient obligatoirement à un Flamand (donc à lui…).

 

Kris fait d’ailleurs des concessions : pas de 7e réforme de l’Etat tant que la 6e n’est pas totalement en place. Et il se dit hostile au séparatisme. Il prône un « confédéralisme positif ».

 

Positivons, donc…

 

Indéfendable

 

Philippe Moureaux n’est pas au diapason général – c’est une vieille habitude – donc, il n’aime pas Maggie De Block. Il estime « indéfendable » la politique d’asile du gouvernement. Et pour lui, Maggie De Block, c’est Roger Nols en plus habile.

 

Il n’a pas tort quand on voit le sort réservé aux Afghans qu’Elio Di Rupo n’a pas daigné recevoir en sa bonne ville de Mons.

 

Dieudonné : un jeu dangereux

 

L’antisémitisme du chansonnier Dieudonné et le salut crypto-nazi appelé la quenelle ont fini par énerver pour de bon le chef français de la police Manuel Valls qui veut interdire ses spectacles dans tout l’hexagone.

 

Cela a déclenché une de ses polémiques dont les Français en ont le secret. Un jeu dangereux qui exacerbe les tensions. La palme revient au journaliste de l’Express Christophe Barbier qui disait au sujet des caricatures islamophobes de Charlie Hebdo : « La liberté d’expression n’a pas de limite ! » et qui, quelques mois plus tard, dit à propos de Dieudonné : « Il y a des limites à la liberté d’expression ».

 

Et il en rajoute une couche : Barbier joue à son Kim Jong Un. Il veut réguler Internet pour interdire de toile Dieudonné et ses partisans. « Cela marche bien en Chine », explique-t-il avec toute sa candeur. En jouant à sa petite NSA personnelle, il souhaite sans doute faire dévorer Dieudonné par des chiens affamés, comme, dit-on, le ferait un quelconque dictateur Nord-Coréen.

 

La liberté d’expression est menacée.

 

Ces petits jeux du microcosme germanopratin sont dangereux. Réclamer des restrictions à la liberté d’expression… au nom de cette même liberté peut avoir de très fâcheuses conséquences qui pourraient se retourner contre tout le monde.

 

La liberté d’expression est inaliénable. Dieudonné est un type imbuvable. Il a été condamné à plusieurs reprises, mais il ne paye pas ses amendes… Alors, que la Justice fasse son boulot. Ce sera la façon la plus efficace de le museler.

 

A quoi joue le PS français ?

 

Ce petit jeu peut aussi se retourner contre le PS français et la gauche en général qui se sont toujours positionnés comme les défenseurs acharnés des libertés fondamentales.

 

À moins qu’en provoquant des tensions sur des sujets de société, il tente de faire oublier les cuisants échecs de sa politique sociale et économique auprès des citoyens français à la veille des élections municipales et européennes qui ne s’annoncent guère brillantes pour les amis de François Hollande. Et pour ceux de son prédécesseur aussi, d’ailleurs. On aura l’occasion d’en parler.

 

La sécurité n’est pas la priorité à l’aéroport de Zaventem.

 

Un accident mortel de travail s’est produit ce samedi 4 janvier  à l'entreprise de catering LSG Skychefs à Brussels Airport, une société qui prépare les plateaux-repas pour la plupart des compagnies aériennes clientes de l’aéroport.

 

Le travailleur a été renversé par un camion effectuant une manœuvre. Cette. Une grève s’est déclenchée spontanément. Un délégué syndical a déclaré : « Nous avons déjà attiré plusieurs fois l'attention par le passé sur une meilleure sécurisation qui passerait par un meilleur éclairage et un meilleur marquage au sol permettant aux chauffeurs de savoir où ils peuvent rouler. Le rétroviseur du véhicule impliqué dans l'accident était en outre mal placé. »

 

Ces entreprises emploient en outre des travailleurs en CDD ou des intérimaires qu’elle n’a pas le temps de former aux règles de sécurité à respecter. L’éclairage, le marquage au sol, la formation, tout cela coûte cher, n’est-ce pas. Et puis, on perd du temps. La direction a néanmoins autorisé les travailleurs à rentrer chez eux, sans doute pour éviter un mouvement social de grande ampleur. Une révolte à l’aéroport après les incidents qui se sont déroulés la semaine dernière, cela ferait vraiment désordre.

 

En tout cas, le régime de travail à Zaventem et dans le secteur aérien s’apparente de plus en plus à de l’exploitation pure et simple avec le prix du sang en plus.


 

 

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4 janvier 2014 6 04 /01 /janvier /2014 10:26

Paul Magnette monte au créneau.

 

Dans une interview au « Morgen » , le Président ff du PS répond à l’offensive libérale contre Jean-Pascal Mabille. Il rappelle que Johnny Thys était parfaitement au courant des propositions de son ministre de tutelle. Il est donc parti, puisque son traitement passait de 1,1 millions d’Euros à 650.000 Euros. Le pauvre ! Au passage, on oublie qu’il a des mandats  d’administrateur dans plusieurs sociétés privées. Une compensation, quoi !

 

Magnette ajoute qu’il n’est pas question de privatiser Belgacom et Bpost. « Je ne vois pas pourquoi on interviendrait là où cela fonctionne. A moins que l'on veuille être en mesure de distribuer des salaires exubérants à ses amis. ». Désormais, les choses sont claires.

 

Le poids du PTB

 

Dans une interview à « l’Echo » de ce week-end – décidément c’est le passage en revue de tous les « sages » dans le quotidien des « investisseurs. – Philippe Moureaux attire l’attention sur le poids du PTB aux prochaines élections, surtout à Liège. Le « peuple de gauche », en effet, ne se retrouve plus dans les concessions faites à la droite par le PS et surtout Elio Di Rupo. C’est, selon Moureaux, le prix que le bourgmestre de Mons a payé pour avoir une stature d’homme d’Etat… Ambiance !

 

Qui sera le premier ?

 

Dans le microcosme, les pronostics vont bon train en ce début d’année. Tout le monde a l’air d’accord : l’enjeu pour la partie francophone sera Bruxelles et Liège. A Bruxelles, la partie se jouera entre le MR et le PS, ou plutôt entre Didier et Laurette qui se livreront à un solide combat des chefs pour être le (la) premier(e). A Liège, les divisions internes au PS qui peine à se trouver une tête de liste et l’aiguillon PTB pourraient profiter au MR. D’après nos illustres prévisionnistes, le Hainaut restera PS et le reste de la Wallonie ne bougera pas. Wait and see…

 

Que se passe-t-il au Congo ?

 

On est très mal informé sur l’ancienne colonie belge. Non seulement, depuis une semaine, des incidents à répétition ont lieu autour de l’aéroport de Kinshasa, mais, bien plus grave, le journal en ligne (de gauche) « Mediapart » du14 septembre 2013, a dénoncé via le blog d’un de ses lecteurs un véritable génocide dans les régions minières qui se déroule dans une totale indifférence.

 

Il écrit : « Un génocide est en cours, plus de 6 millions de personnes (dont la pour la moitié des enfants de moins de 5 ans !) ont été massacrées dans l'indifférence générale et avec l'appui des Etats-Unis et de l'Europe !!! Des centaines de milliers de femmes et de filles sont violées et mutilées par les armées d'occupation. Et tout cela pour une seule raison : s'emparer des richesses minières exceptionnelles dont recèle le sous-sol du pays ! » Une vidéo particulièrement dure est produite à l’appui de ces affirmations.

 

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=NMtgHzXZnIg

 

Qu’en est-il exactement ? De telles affirmations méritent au moins un contrôle, un démenti, ou une confirmation !

Cela mériterait au moins une interpellation parlementaire auprès du ministre belge des Affaires étrangères, le néoucclois Didier Reynders.

 

 

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3 janvier 2014 5 03 /01 /janvier /2014 10:39

Le gaffeur d’Uccle

 

Le bel Armand De Decker, sénateur-bourgmestre d’Uccle et surtout porteur d’eau de Didier Reynders, y va de sa petite interview dans l’Echo. Tout d’abord, il est persuadé que le MR sera le premier parti de Bruxelles, le 25 mai. Rassurons-nous : il s’est tellement trompé dans le passé – notamment il avait affirmé que le roi Albert II n’abdiquerait pas – qu’on peut être certain que cela n’arrivera pas.

 

Le PS ringard et nuisible

 

Evidemment, pour le grand atlantiste des beaux quartiers, les Socialistes tuent la Wallonie face à une Flandre de centre-droit qui progresse… Après les propos de la présidente de l’Open VLD (voir « Au jour le jour » du 2 janvier), cela devient une obsession chez les libéraux : mettre les Socialistes au musée. Gardien de musée ? Tiens, voilà une belle fonction pour notre grand Belgicain. Le poste sera sans doute vacant le 25 mai prochain.

 

Reynders vaut mieux que Michel

 

No’s maïeur ucclois y va de son analyse interne au MR. La période Reynders est bien meilleure que celle de (Louis) Michel. Pas évident que (Charles) Michel adhèrera à ce point de vue. Alors, vouloir être le premier parti de Bruxelles et attiser ses divisions internes ne semble pas être la meilleure stratégie ! Ses copains de l’OTAN ne lui ont donc rien appris ?

 

Une belle réponse

 

Dans une carte blanche du « Soir » consacrée à la polémique entre Jean-Pascal Labille et la droite ultralibérale francophone et flamande et nationaliste flamande, Claude Emonts, le Président du CPAS de Liège appelle un chat un chat. « D’un côté, l’hydre socialiste et la menace totalitaire, de l’autre celui de la raison et de la « liberté », qui en tant que telle ne se discute bien entendu pas. Avec en toile de fond les commentaires de ce pauvre Monsieur Thys, ce patron inflexible, se plaignant d’avoir été maltraité ». En réalité, Labille a voulu tout simplement mettre de l’ordre dans les entreprises publiques dont il a la charge.

 

Le pauvre M. Thys

 

M. Thys avait déclaré qu’il ne voulait pas travailler pour 295.000 Euros par an (cela, c’était avant tout ce barnum). On propose au patron de la poste et à ses confrères des autres entreprises publiques (tiens ! Pas une femme là-dedans…) 650.000 Euros (sans compter d’autres avantages). Claude Emonts a fait le calcul : il s’agit d’un revenu brut de 1780 Euros par jour, ou encore 74,2 Euros l’heure, nuits et jours de congé compris. La président du CPAS liégeois conclut : « … pendant ce temps, et pour ne parler que d’elles, les personnes qui dépendent des CPAS et donc des pouvoirs publics, ne savent plus ou regarder dans la catastrophe sociale qui s’annonce. »

 

Bruno Colmant avertit !

 

L’ancien chef de cabinet de Reynders et ancien président de la Bourse de Bruxelles n’y va pas par quatre chemins : « L’euro va faire très mal. » (l’Echo du 3 janvier). Il n’hésite pas à écrire que le pacte budgétaire consacre la fin de la souveraineté fiscale et budgétaire. La philosophie de tout cela est une combinaison des approches luthérienne allemande et calviniste hollandaise qui prévaut : les déficits budgétaires doivent se rembourser par l’épargne plutôt que par la création monétaire. Et il ajoute : « Le pacte budgétaire conduit à aligner des économies européennes hétérogènes sur une devise surévaluée (l’euro étant devenu l’héritier du Deutsche Mark) (…) l’Europe a imposé une dévaluation « interne », c’est-à-dire une contraction budgétaire et des modérations salariales traduites sous l’exigence de programmes d’austérité désormais consacrés par le pacte budgétaire. »

 

Quand on parlait de souveraineté…

 

La souveraineté n’existe plus puisque désormais les moyens seront fixés par la Commission européenne (organe non élu). Ceux qui disaient cela se faisaient traiter de « souverainiste ». En outre, la politique ultralibérale est désormais « bétonnée » dans le Traité (le fameux TSCG). Donc, plus question de changer de cap. Et vous allez voter le 25 mai ?

 

En Europe, et dans la gauche démocratique, seuls quelques parlementaires (dont Sfia Bouarfa à Bruxelles) ont eu le courage de s’opposer à cette abomination. Pour le reste, silence radio.

 

La démocratie se cache pour mourir…

 

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2 janvier 2014 4 02 /01 /janvier /2014 10:30

Services publics : le dernier défenseur

 

Jean-Pascal Labille, le ministre socialiste liégeois des entreprises publiques a déclenché un séisme. Il a osé manifester l’autorité de l’Etat en mettant au pas les « top managers » des entreprises publiques semi-privatisées comme Belgacom et la Poste devenue « bpost ». Après plusieurs avertissements et autres épisodes crocignolesques, il a viré Didier Bellens de Belgacom. C’est autour de Johnny Thys de Bpost de ne pas demander le renouvellement de son mandat. Le pauvre : le traitement qu’on lui impose est bien trop bas !

 

Colère du patronat flamand

 

Mais Johnny Thys n’est pas seul. Le « grand » patronat flamand se ligue contre Jean-Pascal Labille, ce ministre aux idées ringardes. Enfin ! Il défend le service public ! De quelle grotte préhistorique sort-il, celui-là ? Et, en outre, il veut payer un salaire de misère (cela tourne autour du million d’Euros…) aux géniaux patrons de ces entreprises qui n’attendent que la privatisation totale pour devenir les chevaliers teutoniques de l’ultralibéralisme.

 

La droite se déchaîne.

 

Le « grand » patronat flamand, c’est le VOKA qui soutient politiquement et sans doute matériellement la NV-A. Et il a des alliés au sein du gouvernement Di Rupo : le très ultralibéral Open VLD et le MR. La présidente de l’Open VLD a déclaré que Labille est de « la vieille école ». Ben voyons ! Elle a quand-même fait ses preuves, celle-là, non ? Ensuite, les deux Vice-premiers libéraux, Alexander De Croo et Didier Reynders tirent à boulets rouges sur Labille en affirmant qu’il y avait eu un accord pour maintenir Thys. Un peu grosse la ficelle ; c’est Thys qui veut partir et non Labille qui le chasse. Et qu’on ne vienne pas dire que nos bons libéraux l’ignoraient. En tout cas, bien combiné par la droite qui confirme ainsi l’alliance future : MR, Open VLD, NV-A pour le 25 mai.

 

Les chrétiens ne demeurent pas en reste.

 

Les deux fractions catholiques du gouvernement se taisent dans toutes les langues sur cette affaire. À la veille des élections, il ne serait pas très bon qu’ils se mettent à dos le mouvement syndical chrétien (CSC et ACV). Cela n’empêche pas le CD&V d’en revenir à ses vieux fantasmes : le ministre des finances – l’homme de la KBC – Koen Geens estime normal que le Premier ministre du gouvernement fédéral soit issu de la communauté la plus nombreuse du pays. Pas très gentil pour son actuel patron ! Mais, on a compris, le CD&V et Geens en particulier se positionnent pour l’après 25 mai. Il est vrai qu’il est tout auréolé de sa réforme(tte) bancaire qui fait se gondoler les spécialistes de la finance.

 

Damien Thiery : joli coup du MR

 

Damien Thiery, le porte drapeau du FDF dans la périphérie bruxelloise, passe avec armes et bagages au MR. Il en avait assez de Maingain, paraît-il. La réalité est que le fringant maïeur de Linkebeek n’était pas du tout certain d’être réélu après la scission de BHV, s’il était resté fidèle au parti dont son père fut un des fondateurs. Par contre, sur la liste du MR, il a de fortes chances de pouvoir continuer à siéger dans la « Haute » assemblée qui sera réduite en peau de chagrin avec la 6e réforme de l’Etat, mais bon.

 

Pour le MR, c’est une aubaine. Avec la scission de BHV, le MR perdait un siège en « périphérie ». Il le récupère en débauchant Damien Thiery qui ne demandait pas mieux. Belle opération pour l’alliance MR – NV-A : Thiery va se calmer et en « récompense », Geert Bourgeois, le ministre de l’Intérieur du gouvernement flamand a nommé le bourgmestre francophone de Wezembeek-Oppem. Un détail reste à régler cependant : on verra ce que l’électeur en pense, le 25 mai.

 

L’Echo fait dans le social.

 

Le journal économique l’Echo titre ce jour : « La Belgique plus compétitive grâce aux préavis moins chers ». Donc, si nous comprenons bien : on vire les employés à bas prix, donc ça coûte moins cher et ça rapporte – pas faux, regardez en France EADS qui annonce 17000 suppression d’emplois et son action fait un bond de 17 %, 1 pourcent pour mille mises à pied – et comme les entreprises belges travaillent pour l’exportation, cela n’a aucun impact sur la consommation intérieure. C’est le consommateur étranger qui trouvera son compte en payant les produits belges moins cher. Et la Belgique améliore sa balance commerciale. Donc, tout le monde y gagne… sauf l’employé qui vient gonfler la cohorte des chômeurs et des exclus.

 

Qui a raison ?

 

Dans le « Soir », Vincent de Callatay, le « brillant » économiste de la banque d’affaires De Groof, prévoit une amélioration dans le paysage économique. Par contre, Claire Guélaud, dans le « Monde » craint une nouvelle crise de la dette souveraine, car les pays de la zone Euro continuent à s’endetter – ce qui soit dit en passant, prouve que la politique de la « troïka » (Commission européenne, Banque centrale européenne, FMI) est un fiasco – alors, qui a raison ? Les oracles font dans la cacophonie…

 

S'il en reste une, je serai celle-là !

 

Notre amie Sfia Bouarfa a eu le courage de ses opinions jusqu'au bout : elle a été la seule parlementaire socialiste à voter contre la ratification du fameux Traité budgétaire européen (le TSCG) au Parlement de la Région de Bruxelles-capitale.

 

Le courage : une qualité qui devient rare en politique.

 

 

 

 

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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 23:01

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 Climat: agir comme s'il n'était pas déjà trop tard...

 

Le quasi échec de  la conférence de Varsovie sur le climat, survenant après tant d'autres (On ne se rappelle pas sans ricaner la conférence de Rio en 1992...) s’est soldé par la promesse d'une nouvelle négociation en 2015... La méthode ne change pas.

 

Pendant ce temps, le niveau du CO2 dans l'atmosphère continue d'augmenter en termes bruts. Le réchauffement menace d'atteindre quatre degrés et non deux d'ici la fin du siècle. Le continent Arctique voit ses masses glaciaires se réduire d'année en année. La dégradation climatique est confirmée par la violence des phénomènes extrêmes, ouragans et typhons, inondations, sécheresses, incendies. Il y en a toujours eu, mais ce qui est nouveau est leur fréquence, qui dépasse souvent les prévisions antérieures des experts. Le nombre des "années chaudes" sur une période récente, est en hausse.

 

Face à tant de faits concordants, le bataillon des climato-sceptiques se fait plus discret, du moins en Europe. Car en Australie, pays pourtant durement affecté, le nouveau premier ministre Tony Abbott en fait partie, et aux Etats-Unis les stipendiés des multinationales ne désarment pas. New York est à la merci d'un nouvel ouragan Sandy...

 

Les intérêts immédiats priment toujours!

 

Mais le discours officiel est maintenant écologiste, du moins en paroles. Car le fait essentiel est que chaque fois qu'il y a contradiction entre les nécessités de l'action à long terme pour "sauver la planète" et les intérêts nationaux immédiats, les besoins à court terme du capitalisme, ce sont toujours ces derniers qui l'emportent. La  conférence est à Varsovie, mais la Pologne défend sa production de charbon, et les mineurs aussi bien sûr. La politique des quotas de CO2 a un bel avenir.

 

Des voies maritimes dans l'Arctique sont devenues praticables une partie de l'année. Quelle joie pour les transporteurs, les armateurs! Quel "progrès"! Et la férocité avec laquelle le Kremlin a traité les militants de Greenpeace, empêcheurs d'explorer les fonds sous-marins pour rechercher de nouvelles ressources en pétrole dans ces zones à haut risque, en dit long sur les priorités d'un Poutine!

 

L'exploitation du gaz de schiste par fragmentation hydraulique, lancée massivement aux Etats-Unis, et qui atteint déjà l'Europe malgré de fortes résistances, entraîne de nouveaux dégâts pour l'environnement, et menace les nappes phréatiques, aggravant encore le problème de l'eau.

 

Il faut aussi sortir de cette hypocrisie, qui a encore imprégné la conférence de Varsovie, selon laquelle c'est le "Nord" avant tout qui doit assister les pays  émergents  pour faire face au coût de la conversion aux énergies renouvelables. La Chine, l'Inde, le Brésil, ce n'est plus le Tiers Monde, comme tant de misérables pays africains! Une Chine assoiffée de "croissance" voit des cités polluées comme jamais. Elle découvre avec retard la nécessité de changer de modèle. Le Brésil de Dilma Rousseff continue de tolérer la déforestation de l'Amazonie, qui devrait être totalement stoppée. Mais les affaires, le mercantilisme d'abord!

 

Il y a enfin les faux écologistes, on ne peut dénoncer la noria des camions dans les Alpes et s'opposer à la liaison ferroviaire rapide Lyon-Turin!    

 

Marx aujourd'hui dirait que la révolution industrielle ouverte il y a plus de deux siècles s'est déroulée dans les pires conditions; qu'il va falloir vivre autrement, plus sobrement; que le capitalisme conduit l'humanité à sa perte à force de maltraiter la nature, qui sera toujours plus forte que les marchands et les démiurges.  

                                                                           

Robert Falony

  

 

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 22:02

  

La social-démocratie et nous (3/3)

 

En Allemagne, le SPD va s’engager dans une collaboration gouvernementale avec la puissante chancelière Merkel,  sur base d’un programme social a minima. En Grande Bretagne, le Labour de Miliband est illisible, cantonné dans son opposition respectueuse. En France, l’expérience Hollande devait nécessairement décevoir, la courbe du chômage ne s’inverse pas, mais il est permis de distinguer entre un Montebourg et un Moscovici. Dans les pays d’Europe du sud, la social-démocratie est comme assommée par l’ampleur de la « crise ». En Belgique, il est de bonne guerre électorale que le Premier ministre affiche un optimisme de circonstance, mais il est aussi le premier à savoir que la zone euro reste menacée, que le risque d’une crise bancaire subsiste, et qu’une « reprise » rachitique d’un pour cent ou moins n’est pas la fin de la « crise » déclenchée en 2008. Pour le démentir, chaque jour offre l’annonce de nouvelles suppressions d’emplois, en Belgique où à l’étranger le plus proche.

 

Mais le boulevard de l’Empereur a avalisé les exigences budgétaires de « l’Europe », le PS semble même incapable de fournir une analyse en profondeur de la « crise », qui est systémique et non conjoncturelle. S’en tenir à des généralités sur la responsabilité des banques (en étant dans l’incapacité de séparer radicalement banques d’affaires et de dépôts) ne suffit vraiment pas…  Or, sans une telle analyse des contradictions du capitalisme, de plus en plus insoutenables, il est vain d’espérer reconquérir l’opinion, toujours plus désorientée, détachée du monde politique, apathique et blasée… Les structures du PS n’offrent que des débats émiettés, en dépit d’une inquiétude réelle à la base.

 

Et ceci nous amène aux élections. Discours officiel : les élections européennes de mai 2014 sont capitales. Mais en pratique, elles sont secondaires comme d’habitude : tous les « faiseurs de voix » sont promis aux listes de la Chambre…

 

Face aux élections…

 

Nous n’avons jamais été de ceux qui, dans un esprit post-1968, proclamaient : « Elections, piège à cons ». Mais il ne faut pas non plus tomber dans le genre d’électoralisme qui, dans la gauche radicale, fait prendre le gain d’un pour cent de voix pour une immense victoire d’un prolétariat rêvé. Les conditions qui ont permis le relatif essor de « Die Linke » en Allemagne et du Front de gauche en France font singulièrement défaut en Belgique, et même ces deux formations souffrent d’un manque d’homogénéité.

 

Il n’y a chez nous ni un Mélenchon, ni un Lafontaine. A gauche du PS, seul le PTB semble avoir la capacité de rafler un siège de député fédéral, voire deux, mais cela ne modifiera pas le rapport des forces global entre les couches sociales en présence. Et ce qui nous sépare du PTB est sa filiation stalinienne non reniée, et l’opacité de son fonctionnement interne. Quant au MG, où l’on évoquait déjà des dissensions internes, le drame d’Ostende n’est pas fait pour l’aider. Mais le vrai problème de la gauche radicale n’est-il pas la sorte d’esprit de boutique qui s’y manifeste souvent ?

 

Nuire électoralement au PS n’est pas un but en soi, alors que tout un monde patronal rêve d’un gouvernement axé sur la NVA et le MR, pour en finir avec l’indexation et renforcer la compétitivité par la déflation salariale, sur le mode espagnol. La stratégie de la NVA vise d’abord à bouter dehors toute la gauche. Rien ne peut plaire davantage aux libéraux.        

 

Robert Falony

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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 10:16

 

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La montée de l’extrême droite dans toute l’Europe

 

L’extrême droite monte en puissance dans tous les pays européens ou presque. Son eau mère est ce vaste courant populiste de droite qui s’alimente à trois sources. La première est l’incompréhension face à la « crise », attribuée soit à « l’Europe », soit au monde politique en général - et non au libéralisme économique dont les thèses encrassent les cerveaux. Le sentiment que « cela allait mieux avant » joue ainsi en faveur des replis de type nationaliste, avec leur cortège d’illusions. La seconde source, teintée de xénophobie ou d’islamophobie, s’explique par la présence massive des communautés issues de l’émigration, « Nous ne sommes plus chez nous ». Quand la gauche fait preuve d’angélisme sur le sujet, ou verse dans le communautarisme, elle n’aide vraiment pas à contenir ce courant. Enfin, troisième source, la vaine recherche de l’homme providentiel, du sauveur, le culte de la personnalité entretenu par les médias.

 

D’une capitale à l’autre…

 

En France, le Front national se pose désormais comme la première force politique, face à une droite éclatée et à un gouvernement PS qui devait nécessairement décevoir. La défense du front républicain est officiellement répudiée par un Fillon, la plupart des élus UMP n’ont plus d’autre souci que de courir derrière Marine Le Pen. Si celle – ci  n’est pas dénoncée pour ce qu’elle est, l’incarnation même du néo-fascisme à visage avenant, la fatale institution gaulliste d’une présidence « forte » par l’ élection au suffrage universel n’est pas hors de sa portée, si la « crise » devait s’aggraver.  Le Front national mord largement sur les couches populaires déçues par la gauche.

 

En Italie, l’évolution du « Mouvement cinq étoiles » de Grillo, qui a surgi comme force extérieure au « système », est plus qu’inquiétante. Son leader tient un discours de type Sarkozy, contre les syndicats, les corps intermédiaires, et prône la « démocratie directe » par Internet.  Le glissement à droite est évident, alors que des millions d’Italiens ont cessé de s’accrocher à la planche pourrie qui a nom Berlusconi…

 

En Espagne, l’extrême droite se manifeste à la faveur de la revendication catalane pour davantage d’autonomie, voire l’indépendance. Le mouvement des indignés ne trouve pas de couverture politique adéquate.

 

En Grande Bretagne, l’UKIP milite contre l’appartenance à l’Europe et presse Cameron.

En Autriche, le parti d’extrême droite FPÖ vient de monter à 21,40%, la coalition des chrétiens et des sociaux démocrates se maintenant de justesse. Ne mentionnons qu’au passage la Hongrie d’Orban, bastion du nationalisme intégral. Mais c’est en Grèce que la politique de déflation a produit la plus proche reproduction de ce qui se passait dans les années trente. Un part ouvertement nazi, « Aube dorée », a occupé la rue, envahi le Parlement et pratiqué la terreur. Le gouvernement a mis du temps à le frapper, et l’enquête a révélé ses connivences dans la police.  

 

La Scandinavie n’est nullement épargnée. En Norvège, le parti du Progrès (FrP) de Siv Jensen est le troisième du pays avec 16% des voix et entre au gouvernement. Le parti des vrais Finlandais exerce une pression conservatrice sans être au pouvoir. Les « démocrates de Suède » sont de filiation néo nazie. Le parti du peuple danois (DF) complète ce tableau pour l’Europe du nord.

 

Un tableau trop noir ? Seuls les aveugles volontaires peuvent le croire.

 

 

Robert Falony

 

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 11:10

 

 

Ah, quelle « reprise » !

 

Les chroniqueurs des pages économiques et financières qui ont entonné le grand air de la « reprise » et de la sortie de récession ont bonne mine ! Passer au dessus de zéro fait du bien, mais amputons leurs belles anticipations de ce qui est en partie l’effet de la bonne saison touristique en Europe…

 

Pour le reste, on continue de réduire l’emploi : Caterpillar, Arcelor Mittal, ce ne sont que les exemples les plus criants en Belgique.

 

Et puis, patatras, revoici la crise de la zone euro axée sur l’Italie, et la crise budgétaire américaine récurrente…

 

Quant à la « rigueur » budgétaire, attendez la suite, après les élections, vous n’avez encore rien vu !

 

Castor

 

 

Quelle victoire ?

 

Toute la presse se réjouit de l’échec de Berlusconi au Parlement italien. Il n’a pas réussi à faire tomber le gouvernement et ses partisans s’égayent. Quelle belle victoire !

 

Est-ce une victoire d’avoir permis à ce personnage d’avoir disposé de l’Italie à ses bottes pendant près de quinze années ? Est-ce une victoire d’avoir voté des lois qui le protégeaient des foudres de la Justice ? Est-ce une victoire de l’avoir remplacé par Mario Monti, l’homme de Goldman Sachs ?

 

La démocratie parlementaire se porte bien mal. En Italie, bien sûr, mais ailleurs aussi, comme en Belgique. Est-ce un hasard si la Chambre vient de voter dans la précipitation la fin des indemnités de départ volontaire des députés ? Les élections approchent et certains ont très peur d’une pandémie appelée « populisme ».

 

PV

                                                                   

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 17:11

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La victoire de l’égoïsme national allemand

 

La victoire « historique » de la chancelière Merkel, celle d’une personnalité qui incarne le nationalisme allemand de notre époque, est une très mauvaise nouvelle pour tous ceux qui s’efforçaient de nous faire croire à la possibilité d’une autre Europe, plus sociale, plus solidaire, moins adepte de la « rigueur » budgétaire et plus soucieuse de justice sociale et de redressement économique. Elle marque le triomphe de l’égoïsme national allemand sur la solidarité européenne. Seule fiche de consolation : la déconfiture du parti libéral, qui ne passe pas la barre de la représentation au Bundestag.

 

Et ce résultat est la démonstration, c.q.f.d., de ce qu’expliquent de si nombreux économistes : la « réussite » allemande, avec l’euro comme bouclier protecteur, a nécessairement pour corollaire la faiblesse des autres économies, singulièrement dans l’Europe du sud. Il n’y a pas de gagnants sans perdants. La plus belle illustration de la non Europe…

 

Le corollaire est aussi que « les autres » sont priés de retrouver leur « compétitivité » par les réformes chères aux libéraux de tout poil : blocages et baisses salariales, possibilité de licencier à tout va (la « flexibilité »), traitement du chômage de masse par le travail à vil prix, comme précisément en Allemagne.

 

Sur le plan institutionnel, Angela Merkel continuera de privilégier la négociation intergouvernementale, quitte à contourner la Commission européenne, trop supranationale à ses yeux. Allemagne d’abord.

 

Le SPD a raté le coche.

 

Peer Steinbrück était bien le dernier candidat chancelier à avoir une chance de battre Merkel. Totalement associé à la politique anti-sociale de l’ère Schröder, homme de finance lui-même et fort porté sur l’arrogance, sa seule arme a été la défense du salaire minimum.

 

C’est un sujet sur lequel la chancelière pourrait faire de petites concessions si elle a besoin du SPD, puisqu’elle rate de justesse la majorité absolue. Mais le rapport des forces parlementaires est si défavorable aux sociaux- démocrates qu’ils compteront pour du beurre, ou peu s’en faut,  dans une éventuelle coalition… Notons que Mme Merkel n’a pas le contrôle du Bundesrat, la seconde Chambre des régions. Un vif débat va agiter la grande formation vaincue, mais la seule voie de gauche pour le SPD est celle d’un front commun avec les écologistes et « Die Linke », pour préparer l’avenir… Que la gauche laisse Merkel gouverner seule, selon la formule du soutien conditionnel et critique !

 

L’histoire tragique du parti social-démocrate…

 

De façon significative, la social-démocratie allemande a célébré cette année les 150 ans de son existence… en se référant à ce qui était en juin 1863 l’Association des travailleurs allemands, un parti ouvrier certes, mais celui de Ferdinand Lassalle, chef charismatique. Les marxisants, eux, formèrent le groupe dit d’Eisenach. La fusion des deux courants eut lieu avec le congrès de Gotha (1875).

 

L’année prochaine, le SPD sera confronté à son histoire tragique avec le centenaire de la guerre de 14-18. Trahissant l’action internationaliste, la social-démocratie allemande se rallia d’emblée à la guerre impérialiste sous le drapeau de Guillaume II. En 1919,  alliée aux chefs militaires, elle écrasa le mouvement spartakiste, ouvrant ainsi la voie à ceux qui allaient abattre la République de Weimar, Hindenburg et Hitler.

 

 En 2014, on va sans doute nous jouer la comédie de la « réconciliation entre les peuples » ?

 

 

  Robert Falony

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