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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 23:01

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 Climat: agir comme s'il n'était pas déjà trop tard...

 

Le quasi échec de  la conférence de Varsovie sur le climat, survenant après tant d'autres (On ne se rappelle pas sans ricaner la conférence de Rio en 1992...) s’est soldé par la promesse d'une nouvelle négociation en 2015... La méthode ne change pas.

 

Pendant ce temps, le niveau du CO2 dans l'atmosphère continue d'augmenter en termes bruts. Le réchauffement menace d'atteindre quatre degrés et non deux d'ici la fin du siècle. Le continent Arctique voit ses masses glaciaires se réduire d'année en année. La dégradation climatique est confirmée par la violence des phénomènes extrêmes, ouragans et typhons, inondations, sécheresses, incendies. Il y en a toujours eu, mais ce qui est nouveau est leur fréquence, qui dépasse souvent les prévisions antérieures des experts. Le nombre des "années chaudes" sur une période récente, est en hausse.

 

Face à tant de faits concordants, le bataillon des climato-sceptiques se fait plus discret, du moins en Europe. Car en Australie, pays pourtant durement affecté, le nouveau premier ministre Tony Abbott en fait partie, et aux Etats-Unis les stipendiés des multinationales ne désarment pas. New York est à la merci d'un nouvel ouragan Sandy...

 

Les intérêts immédiats priment toujours!

 

Mais le discours officiel est maintenant écologiste, du moins en paroles. Car le fait essentiel est que chaque fois qu'il y a contradiction entre les nécessités de l'action à long terme pour "sauver la planète" et les intérêts nationaux immédiats, les besoins à court terme du capitalisme, ce sont toujours ces derniers qui l'emportent. La  conférence est à Varsovie, mais la Pologne défend sa production de charbon, et les mineurs aussi bien sûr. La politique des quotas de CO2 a un bel avenir.

 

Des voies maritimes dans l'Arctique sont devenues praticables une partie de l'année. Quelle joie pour les transporteurs, les armateurs! Quel "progrès"! Et la férocité avec laquelle le Kremlin a traité les militants de Greenpeace, empêcheurs d'explorer les fonds sous-marins pour rechercher de nouvelles ressources en pétrole dans ces zones à haut risque, en dit long sur les priorités d'un Poutine!

 

L'exploitation du gaz de schiste par fragmentation hydraulique, lancée massivement aux Etats-Unis, et qui atteint déjà l'Europe malgré de fortes résistances, entraîne de nouveaux dégâts pour l'environnement, et menace les nappes phréatiques, aggravant encore le problème de l'eau.

 

Il faut aussi sortir de cette hypocrisie, qui a encore imprégné la conférence de Varsovie, selon laquelle c'est le "Nord" avant tout qui doit assister les pays  émergents  pour faire face au coût de la conversion aux énergies renouvelables. La Chine, l'Inde, le Brésil, ce n'est plus le Tiers Monde, comme tant de misérables pays africains! Une Chine assoiffée de "croissance" voit des cités polluées comme jamais. Elle découvre avec retard la nécessité de changer de modèle. Le Brésil de Dilma Rousseff continue de tolérer la déforestation de l'Amazonie, qui devrait être totalement stoppée. Mais les affaires, le mercantilisme d'abord!

 

Il y a enfin les faux écologistes, on ne peut dénoncer la noria des camions dans les Alpes et s'opposer à la liaison ferroviaire rapide Lyon-Turin!    

 

Marx aujourd'hui dirait que la révolution industrielle ouverte il y a plus de deux siècles s'est déroulée dans les pires conditions; qu'il va falloir vivre autrement, plus sobrement; que le capitalisme conduit l'humanité à sa perte à force de maltraiter la nature, qui sera toujours plus forte que les marchands et les démiurges.  

                                                                           

Robert Falony

  

 

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 22:02

  

La social-démocratie et nous (3/3)

 

En Allemagne, le SPD va s’engager dans une collaboration gouvernementale avec la puissante chancelière Merkel,  sur base d’un programme social a minima. En Grande Bretagne, le Labour de Miliband est illisible, cantonné dans son opposition respectueuse. En France, l’expérience Hollande devait nécessairement décevoir, la courbe du chômage ne s’inverse pas, mais il est permis de distinguer entre un Montebourg et un Moscovici. Dans les pays d’Europe du sud, la social-démocratie est comme assommée par l’ampleur de la « crise ». En Belgique, il est de bonne guerre électorale que le Premier ministre affiche un optimisme de circonstance, mais il est aussi le premier à savoir que la zone euro reste menacée, que le risque d’une crise bancaire subsiste, et qu’une « reprise » rachitique d’un pour cent ou moins n’est pas la fin de la « crise » déclenchée en 2008. Pour le démentir, chaque jour offre l’annonce de nouvelles suppressions d’emplois, en Belgique où à l’étranger le plus proche.

 

Mais le boulevard de l’Empereur a avalisé les exigences budgétaires de « l’Europe », le PS semble même incapable de fournir une analyse en profondeur de la « crise », qui est systémique et non conjoncturelle. S’en tenir à des généralités sur la responsabilité des banques (en étant dans l’incapacité de séparer radicalement banques d’affaires et de dépôts) ne suffit vraiment pas…  Or, sans une telle analyse des contradictions du capitalisme, de plus en plus insoutenables, il est vain d’espérer reconquérir l’opinion, toujours plus désorientée, détachée du monde politique, apathique et blasée… Les structures du PS n’offrent que des débats émiettés, en dépit d’une inquiétude réelle à la base.

 

Et ceci nous amène aux élections. Discours officiel : les élections européennes de mai 2014 sont capitales. Mais en pratique, elles sont secondaires comme d’habitude : tous les « faiseurs de voix » sont promis aux listes de la Chambre…

 

Face aux élections…

 

Nous n’avons jamais été de ceux qui, dans un esprit post-1968, proclamaient : « Elections, piège à cons ». Mais il ne faut pas non plus tomber dans le genre d’électoralisme qui, dans la gauche radicale, fait prendre le gain d’un pour cent de voix pour une immense victoire d’un prolétariat rêvé. Les conditions qui ont permis le relatif essor de « Die Linke » en Allemagne et du Front de gauche en France font singulièrement défaut en Belgique, et même ces deux formations souffrent d’un manque d’homogénéité.

 

Il n’y a chez nous ni un Mélenchon, ni un Lafontaine. A gauche du PS, seul le PTB semble avoir la capacité de rafler un siège de député fédéral, voire deux, mais cela ne modifiera pas le rapport des forces global entre les couches sociales en présence. Et ce qui nous sépare du PTB est sa filiation stalinienne non reniée, et l’opacité de son fonctionnement interne. Quant au MG, où l’on évoquait déjà des dissensions internes, le drame d’Ostende n’est pas fait pour l’aider. Mais le vrai problème de la gauche radicale n’est-il pas la sorte d’esprit de boutique qui s’y manifeste souvent ?

 

Nuire électoralement au PS n’est pas un but en soi, alors que tout un monde patronal rêve d’un gouvernement axé sur la NVA et le MR, pour en finir avec l’indexation et renforcer la compétitivité par la déflation salariale, sur le mode espagnol. La stratégie de la NVA vise d’abord à bouter dehors toute la gauche. Rien ne peut plaire davantage aux libéraux.        

 

Robert Falony

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24 octobre 2013 4 24 /10 /octobre /2013 10:16

 

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La montée de l’extrême droite dans toute l’Europe

 

L’extrême droite monte en puissance dans tous les pays européens ou presque. Son eau mère est ce vaste courant populiste de droite qui s’alimente à trois sources. La première est l’incompréhension face à la « crise », attribuée soit à « l’Europe », soit au monde politique en général - et non au libéralisme économique dont les thèses encrassent les cerveaux. Le sentiment que « cela allait mieux avant » joue ainsi en faveur des replis de type nationaliste, avec leur cortège d’illusions. La seconde source, teintée de xénophobie ou d’islamophobie, s’explique par la présence massive des communautés issues de l’émigration, « Nous ne sommes plus chez nous ». Quand la gauche fait preuve d’angélisme sur le sujet, ou verse dans le communautarisme, elle n’aide vraiment pas à contenir ce courant. Enfin, troisième source, la vaine recherche de l’homme providentiel, du sauveur, le culte de la personnalité entretenu par les médias.

 

D’une capitale à l’autre…

 

En France, le Front national se pose désormais comme la première force politique, face à une droite éclatée et à un gouvernement PS qui devait nécessairement décevoir. La défense du front républicain est officiellement répudiée par un Fillon, la plupart des élus UMP n’ont plus d’autre souci que de courir derrière Marine Le Pen. Si celle – ci  n’est pas dénoncée pour ce qu’elle est, l’incarnation même du néo-fascisme à visage avenant, la fatale institution gaulliste d’une présidence « forte » par l’ élection au suffrage universel n’est pas hors de sa portée, si la « crise » devait s’aggraver.  Le Front national mord largement sur les couches populaires déçues par la gauche.

 

En Italie, l’évolution du « Mouvement cinq étoiles » de Grillo, qui a surgi comme force extérieure au « système », est plus qu’inquiétante. Son leader tient un discours de type Sarkozy, contre les syndicats, les corps intermédiaires, et prône la « démocratie directe » par Internet.  Le glissement à droite est évident, alors que des millions d’Italiens ont cessé de s’accrocher à la planche pourrie qui a nom Berlusconi…

 

En Espagne, l’extrême droite se manifeste à la faveur de la revendication catalane pour davantage d’autonomie, voire l’indépendance. Le mouvement des indignés ne trouve pas de couverture politique adéquate.

 

En Grande Bretagne, l’UKIP milite contre l’appartenance à l’Europe et presse Cameron.

En Autriche, le parti d’extrême droite FPÖ vient de monter à 21,40%, la coalition des chrétiens et des sociaux démocrates se maintenant de justesse. Ne mentionnons qu’au passage la Hongrie d’Orban, bastion du nationalisme intégral. Mais c’est en Grèce que la politique de déflation a produit la plus proche reproduction de ce qui se passait dans les années trente. Un part ouvertement nazi, « Aube dorée », a occupé la rue, envahi le Parlement et pratiqué la terreur. Le gouvernement a mis du temps à le frapper, et l’enquête a révélé ses connivences dans la police.  

 

La Scandinavie n’est nullement épargnée. En Norvège, le parti du Progrès (FrP) de Siv Jensen est le troisième du pays avec 16% des voix et entre au gouvernement. Le parti des vrais Finlandais exerce une pression conservatrice sans être au pouvoir. Les « démocrates de Suède » sont de filiation néo nazie. Le parti du peuple danois (DF) complète ce tableau pour l’Europe du nord.

 

Un tableau trop noir ? Seuls les aveugles volontaires peuvent le croire.

 

 

Robert Falony

 

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 11:10

 

 

Ah, quelle « reprise » !

 

Les chroniqueurs des pages économiques et financières qui ont entonné le grand air de la « reprise » et de la sortie de récession ont bonne mine ! Passer au dessus de zéro fait du bien, mais amputons leurs belles anticipations de ce qui est en partie l’effet de la bonne saison touristique en Europe…

 

Pour le reste, on continue de réduire l’emploi : Caterpillar, Arcelor Mittal, ce ne sont que les exemples les plus criants en Belgique.

 

Et puis, patatras, revoici la crise de la zone euro axée sur l’Italie, et la crise budgétaire américaine récurrente…

 

Quant à la « rigueur » budgétaire, attendez la suite, après les élections, vous n’avez encore rien vu !

 

Castor

 

 

Quelle victoire ?

 

Toute la presse se réjouit de l’échec de Berlusconi au Parlement italien. Il n’a pas réussi à faire tomber le gouvernement et ses partisans s’égayent. Quelle belle victoire !

 

Est-ce une victoire d’avoir permis à ce personnage d’avoir disposé de l’Italie à ses bottes pendant près de quinze années ? Est-ce une victoire d’avoir voté des lois qui le protégeaient des foudres de la Justice ? Est-ce une victoire de l’avoir remplacé par Mario Monti, l’homme de Goldman Sachs ?

 

La démocratie parlementaire se porte bien mal. En Italie, bien sûr, mais ailleurs aussi, comme en Belgique. Est-ce un hasard si la Chambre vient de voter dans la précipitation la fin des indemnités de départ volontaire des députés ? Les élections approchent et certains ont très peur d’une pandémie appelée « populisme ».

 

PV

                                                                   

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 17:11

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La victoire de l’égoïsme national allemand

 

La victoire « historique » de la chancelière Merkel, celle d’une personnalité qui incarne le nationalisme allemand de notre époque, est une très mauvaise nouvelle pour tous ceux qui s’efforçaient de nous faire croire à la possibilité d’une autre Europe, plus sociale, plus solidaire, moins adepte de la « rigueur » budgétaire et plus soucieuse de justice sociale et de redressement économique. Elle marque le triomphe de l’égoïsme national allemand sur la solidarité européenne. Seule fiche de consolation : la déconfiture du parti libéral, qui ne passe pas la barre de la représentation au Bundestag.

 

Et ce résultat est la démonstration, c.q.f.d., de ce qu’expliquent de si nombreux économistes : la « réussite » allemande, avec l’euro comme bouclier protecteur, a nécessairement pour corollaire la faiblesse des autres économies, singulièrement dans l’Europe du sud. Il n’y a pas de gagnants sans perdants. La plus belle illustration de la non Europe…

 

Le corollaire est aussi que « les autres » sont priés de retrouver leur « compétitivité » par les réformes chères aux libéraux de tout poil : blocages et baisses salariales, possibilité de licencier à tout va (la « flexibilité »), traitement du chômage de masse par le travail à vil prix, comme précisément en Allemagne.

 

Sur le plan institutionnel, Angela Merkel continuera de privilégier la négociation intergouvernementale, quitte à contourner la Commission européenne, trop supranationale à ses yeux. Allemagne d’abord.

 

Le SPD a raté le coche.

 

Peer Steinbrück était bien le dernier candidat chancelier à avoir une chance de battre Merkel. Totalement associé à la politique anti-sociale de l’ère Schröder, homme de finance lui-même et fort porté sur l’arrogance, sa seule arme a été la défense du salaire minimum.

 

C’est un sujet sur lequel la chancelière pourrait faire de petites concessions si elle a besoin du SPD, puisqu’elle rate de justesse la majorité absolue. Mais le rapport des forces parlementaires est si défavorable aux sociaux- démocrates qu’ils compteront pour du beurre, ou peu s’en faut,  dans une éventuelle coalition… Notons que Mme Merkel n’a pas le contrôle du Bundesrat, la seconde Chambre des régions. Un vif débat va agiter la grande formation vaincue, mais la seule voie de gauche pour le SPD est celle d’un front commun avec les écologistes et « Die Linke », pour préparer l’avenir… Que la gauche laisse Merkel gouverner seule, selon la formule du soutien conditionnel et critique !

 

L’histoire tragique du parti social-démocrate…

 

De façon significative, la social-démocratie allemande a célébré cette année les 150 ans de son existence… en se référant à ce qui était en juin 1863 l’Association des travailleurs allemands, un parti ouvrier certes, mais celui de Ferdinand Lassalle, chef charismatique. Les marxisants, eux, formèrent le groupe dit d’Eisenach. La fusion des deux courants eut lieu avec le congrès de Gotha (1875).

 

L’année prochaine, le SPD sera confronté à son histoire tragique avec le centenaire de la guerre de 14-18. Trahissant l’action internationaliste, la social-démocratie allemande se rallia d’emblée à la guerre impérialiste sous le drapeau de Guillaume II. En 1919,  alliée aux chefs militaires, elle écrasa le mouvement spartakiste, ouvrant ainsi la voie à ceux qui allaient abattre la République de Weimar, Hindenburg et Hitler.

 

 En 2014, on va sans doute nous jouer la comédie de la « réconciliation entre les peuples » ?

 

 

  Robert Falony

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6 septembre 2013 5 06 /09 /septembre /2013 09:23

L’Occident a le Poutine qu’il mérite…

 

Du naufrage de l’URSS, Vladimir Poutine a entrepris de sauver quelque chose : conserver à la Russie son rôle de deuxième puissance mondiale, face aux Etats-Unis. Son idéologie est le nationalisme, le retour à la « grandeur » du passé russe, qu’il fut incarné par Staline ou par un Tsar. Avec la Syrie, il « tient » Obama. Assad est son féal. Il ne s’agit pas d’idéologie, mais de géopolitique.

 

Le monde occidental a la Russie qu’il mérite. Après l’implosion de l’URSS, et tandis que la Russie d’Eltsine s’enfonçait dans un désastre absolu, à la fois social, économique et financier, il a trouvé bon de faire avancer l’Otan, qui est une alliance militaire, aussi loin que possible à l’Est. L’Ukraine, la Géorgie, au nom bien entendu de la démocratie, ont été l’objet de sollicitudes intéressées, tandis que l’Asie centrale devenait un autre champ de manœuvres et d’affrontements. Le vieil ours russe, même rallié au système capitaliste, a eu de quoi s’inquiéter. Dans le régime Poutine, toute opposition intérieure est redevenue « la main de l’étranger ».

 

L’impérialisme américain - il y en a d’autres  -  peut bien demeurer principal, mais il est déclinant. On le voit bien en Egypte comme dans l’affaire syrienne.

 

La folle guerre contre l’Irak, endossée par Bush et Blair, lui a porté un coup fatal. Elle a finalement abouti, en Irak même, à un enchaînement perpétuel d’attentats sanglants, opposant un gouvernement chiite à une minorité sunnite dépossédée du pouvoir. Et a l’Ouest, à ne plus pouvoir faire la distinction entre le mensonge et l’évidence…Le droit international ( ?) et le devoir d’ingérence humanitaire restent suspendus à l’usage du veto au Conseil de sécurité. Un droit régalien pour la bande des Cinq, auquel tant Washington que Moscou et Pékin restent fort attachés… Parlons donc plutôt du Conseil d’Insécurité.

 

L’étouffement de la « révolution arabe »…

 

Si la « révolution arabe » a démontré quelque chose, c’est que l’aspiration des peuples aux libertés démocratiques est universelle, qu’elle transcende la religion et la « culture ». C’est ce qui épouvante tant de pouvoirs étatiques. Mais ce soulèvement de larges masses est en voie d’étouffement, sans qu’on puisse prononcer encore son R.I.P. L’espoir subsiste en Tunisie.

 En Egypte, la gauche démocratique, avec son inexpérience et ses divisions, a été jouée par les Frères musulmans comme par l’Etat militaire. Mais ce qui s’est passé en Syrie est encore plus révélateur : au début, et sans mobiles religieux, presque tout un peuple revendiquait pacifiquement la fin de la dictature. On lui tira dessus. En deux ans, le clan Assad a réussi à transformer cette situation en un conflit multiforme, opposant son camp au monde sunnite, avec l’appui de l’Iran et du Hezbollah libanais, tandis que la rébellion armée se faisait contaminer par l’islamisme extrême. C’est vraiment l’horreur de l’utilisation des armes chimiques (déjà employées contre les Kurdes par Saddam Hussein…) qui modifie la donne de la non-intervention… Mais le régime syrien réussit remarquablement à détruire le pays qu’il administrait, à la façon du Hitler de 1945, « Périssons mais dans les ruines »…

 

Une Russie moins crispée sur son nationalisme aurait pu accepter, au début de la « guerre civile » syrienne, une zone d’exclusion aérienne qui aurait paralysé l’aviation du régime. Maintenant, que les Etats- Unis finissent ou non par intervenir, le mal est fait : 100.000 morts, deux millions de réfugiés, les civils gazés… Une partie du refus d’intervenir vient d’un non dit, d’une xénophobie latente, très marquée dans les partis d’extrême-droite : « Que les Arabes se massacrent entre eux, ça ne nous concerne pas… ».

 

 

Robert Falony

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3 août 2013 6 03 /08 /août /2013 00:34

 

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Egypte : comment le camp révolutionnaire s’est fait duper ?

 

Pas d’hypocrisie : ce qui s’est passé au Caire le 3 juillet est un coup d’Etat militaire, même adossé sur un mouvement populaire démocratique. Et son mérite est de porter un coup d’arrêt à la montée d’un islamisme politique qui dénature la « révolution arabe », parce que la théocratie est par nature incompatible avec la démocratie. Entre les Frères musulmans, les salafistes et même les djihadistes, les divergences portent plus sur les méthodes et les moyens que sur le type de société à instaurer : la vision politico- religieuse est la même, elle est rétrograde et totalitaire. Une idéologie qui refuse l’égalité des droits à la moitié de l’humanité, les femmes, se récuse d’elle-même.

 

On voit bien le double jeu d’Ennhada en Tunisie, la marche à la dictature d’Erdogan en Turquie. Qu’on nous épargne donc le discours conformiste sur un Morsi « démocratiquement élu ». La démocratie bourgeoise, d’ailleurs minée par les marchés financiers, n’est pas un article d’exportation clés sur porte.

 

Mais il importe de voir comment, en Egypte, le camp révolutionnaire, faute de clairvoyance, s’est fait duper.

 

Absence de stratégie unie du camp révolutionnaire

 

Les forces qui ont fait tomber Moubarak en janvier - février 2011 représentent d’abord les couches urbaines éduquées, toute une classe moyenne, des milieux ouvriers et politisés. Elles auraient du  savoir qu’elles n’avaient  pas de prise sur l’Egypte profonde, rurale et religieuse, cette immense clientèle des Frères musulmans, qui n’ont pas fait la révolution de 2011 mais l’ont exploitée. Face à une armée dont les cadres supérieurs restent liés au système Moubarak, comme une bonne partie de la fonction publique et des forces de police, la seule stratégie valable était de rechercher l’alliance d’un secteur de l’armée qu’on pourrait encore qualifier de « nassérien », en tout cas de progressiste. Les divisions du courant de gauche ne l’ont pas permis, et encore moins la brutalité de la répression dans la période 2011-2012. Mais l’erreur fatale fut d’avoir, au second tour de l’élection présidentielle en juin 2012, fait élire Morsi contre le candidat « officiel » Ahmed Chafik, un général de l’armée de l’Air qui avait certes été appelé en première ligne  par un Moubarak aux abois, mais était le candidat de compromis par excellence. La poussée islamiste rendait cette option tout à fait déraisonnable.

 

Victorieux avec moins de 52 % des voix, les Frères musulmans se comportèrent en maîtres absolus pendant une année, voulurent imposer leur Constitution et bâtir leur Etat. En même temps, ils étaient incapables de faire face aux urgences économiques et sociales.

 

L’armée ne le sera pas davantage. L’Egypte survit avec des aides extérieures d’urgence, et le FMI lui présente se habituelles recettes, qui consistent à saigner le peuple. Il n’y a pas que les manifestants de la place Tahrir, il y surtout des conflits sociaux, des grèves. Face à l’agressivité des Frères musulmans, l’armée, avec son homme fort, le général Al-Sissi, a besoin pour un temps du soutien de la force populaire anti-islamiste : c’est la dernière bonne carte du camp révolutionnaire démocratique.

 

Toute la région est en feu…

 

Egypte, Liban, Syrie, Irak : toute la région est en feu, dans un inextricable nœud d’ambitions nationalistes (Iran, Turquie) ou de prosélytisme islamiste (Qatar, Arabie saoudite), plus les interférences des grands impérialismes. Les démocrates y sont bien seuls.   

 

 

Robert Falony

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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 17:31

 

                                   Du dernier usage de la monarchie…

 

Puisque les médias tartinent à qui mieux mieux sur le changement de règne, produisent  à satiété cahiers spéciaux et albums souvenirs, qu’il soit permis ici d’ajouter un grain de sel.

Le 3 juillet, le jour de l’annonce de l’abdication, lors d’une interview de télé-trottoir, une dame à Liège disait que l’évènement ne lui faisait « ni chaud ni froid ». Sur ce blog peu patriotique, on n’éprouve pas autre chose. Le 21 juillet, ni drapeau à la fenêtre, ni émotion quelconque ! Il est encore loisible d’être républicain en Belgique francophone.

 

Des forces politiques ont en vue de réduire la fonction royale à un rôle purement protocolaire… Pour ne garder qu’une potiche ? A quoi bon une institution qui ne servirait plus à rien en situation de crise gouvernementale, pas même à réduire le risque de dislocation de cet étrange pays ?

 

Lors du discours du début juillet, le cadrage englobait un portrait de Léopold 1ier, personnage d’Ancien Régime qui n’aimait pas la Constitution belge.

 

Dynastie oblige ! Si le nouveau roi doit éviter quelque chose, c’est de s’inspirer d’un grand père autoritaire et d’un oncle mystique… 

 

 

 

Castor

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12 juillet 2013 5 12 /07 /juillet /2013 18:36

Dégâts collatéraux

 

On s’en doutait ! Les révélations de l’ex analyste de la NSA, le courageux Edward Snowden, allaient déclencher un séisme. Eh bien ! C’est fait ! Et il a surmonté de loin l’échelle de Richter… L’inamovible Premier ministre luxembourgeois  – il sévit depuis dix-huit années – et aussi ancien président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker, est obligé de faire une vraie fausse sortie.

 

Suite aux révélations sur les indiscrétions des services secrets luxembourgeois qui sont sous sa tutelle, il a bien dû remettre son tablier et demander au Grand Duc de procéder à des élections anticipées. Tout cela, parce que les socialistes de son gouvernement l’ont lâché. Au passage : pas très malin de leur part. L’électeur ne pardonne jamais au parti qui a fait chuter un gouvernement.

 

 

Jean-Claude Juncker-copie-1 

 Jean-Claude Juncker l'ex futur Premier Ministre du GD de Luxembourg     

 

 

Mais le plus amusant, voici ce que les fouineurs d’ATTAC France ont découvert. Nous vous le livrons tel quel (sous la plume de Jacques Cossart) :

 

« Le 11 juin 2013, Monsieur Juncker, président de 2005 à janvier 2013 de l’Eurogroupe - assemblée des ministres des finances de la zone euro - déclare :
"Ce n’est pas nous qui avons déclenché la crise, c’est les États-Unis, où la crise économique est née de la trahison des principales vertus de l’économie sociale et de marché. Nous avons toujours suivi les gourous et nous sommes dans la situation où nous sommes aujourd’hui".

Plein de compassion, le même personnage déclarait à Singapour en novembre 2012 "Nos amis grecs n’ont pas d’autre choix [...] et mon impression est que les réformes qui sont mises en œuvre en Grèce sont de mieux en mieux comprises par les citoyens grecs".


Devant pareils personnages, il n’est pas le seul en effet, on s’interroge toujours pour savoir si c’est le mépris ou l’incompétence qui le disputent à une naïveté inouïe. »

Disons : les deux !

 

 

La berlusconisation de Sarkozy

 

 

Encore un vrai faux retour ! Depuis que la Cour constitutionnelle française a rejeté les comptes de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, l’ex fulmine parce que son instrument politique, l’UMP, est en faillite. Bon. Le « Canard enchaîné » révèle que Sarkozy a reçu en son cabinet les avocats de l’UMP, les représentants des banques créancières et les « dirigeants » de ce parti. On est arrivé à un accord d’étalement de la dette, mais l’UMP est dans l’incapacité d’honorer la première échéance au 31 juillet. Aussi, Sarkozy a lancé sa campagne d’appel de fonds (A vot’ bon cœur pour sauver l’UMP et accessoirement me donner la possibilité de me représenter en 2017). Des facétieux ont appelé cela le « sarkothon ».

 

 

 

Nicolas_Sarkozy01.jpg

 

Nicolas Sarkozy inspiré par son "maître" Silvio Berlusconi ?

 

 

Mais, le Sarko, il n’a pas arrêté de perdre depuis son élection à la présidence : les municipales, les régionales, l’élection présidentielle, les législatives. Voici qu’il perd le pognon de ses bons amis !

 

Et, au lieu de faire profil bas, car il traîne pas mal de casseroles qui commencent à déborder, il plastronne. Vraiment ! L’ex a bien retenu les leçons de son maître Silvio Berlusconi…

 

La fuite en Egypte

 

Les événements d’Egypte ont fait sortir de sa réserve le Ministre belge des Affaires étrangères, le très néolibéral Didier Reynders. Il a déconseillé aux touristes belges de se rendre dans le pays des Pharaons. Jusque là, rien de bien original. Il a étendu sa mise en garde aux zones touristiques du golfe d’Akaba où l’on n’a recensé aucun désordre. Et il n’a pu s’empêcher d’ajouter : « Comme père de famille, je n’accepterais pas d’envoyer ma famille là-bas. »

 

 

 

 

Didier-Reynders.jpg 

 Didier Reynders n'enverrait pas sa petite famille bronzer au pays des Pharaons. 

 

 

Tollé des agences de voyages et autres tour opérateurs ! Pas très malin, comme « bon » libéral de se mettre à dos ce secteur de l’économie qui a son importance et qui compte beaucoup de PME. Quelques électeurs en moins, Didier !

 

La liberté de la presse

 

La Cour d’appel de Versailles a contraint le site « Mediapart » et le journal « Le Point » de retirer les copies des enregistrements pris clandestinement par le majordome des Bettencourt.  Ces documents ont servi de pièces à convictions au procès en cours. Aussi, il y a une contradiction évidente au sein de la Justice française.

 

 

 

Liliane_Bettencourt.jpg 

 La famille Bettencourt (dont les aïeux étaient pétanistes) n'aime pas la liberté de la presse. 

 

 

Il est vrai que la Cour d’appel de Versailles est composée de magistrats nommés sous la présidence précédente. Y aurait-il un lien de cause à effet ? On n’oserait le penser…

 

 

L’utilisation des compétences

 

Le Parlement européen vient de désigner… Jean-Luc Dehaene comme rapporteur du nouveau projet de budget de l’Union européenne. L’ancien Premier ministre qui a imposé l’austérité en Belgique et qui fut président de Dexia où il n’a pas fini de devoir expliquer la raison pour laquelle il n’a pas réussi à éviter la catastrophe et qui est aussi  administrateur d’Inbev (la multinationale brésilio-belge de la bière), a le temps et les compétences pour présenter le budget européen.

 

 

 

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Jean-Luc Dehaene cumule compétences et jetons de présence...

 

 

On se demande quand le taureau de Vilvorde a le temps de dépenser tout le pognon que lui rapportent tous ses mandats publics et privés.

 

 

Un accord hybride

 

 

L’accord patrons-syndicats sur l’alignement des régimes employés – ouvriers concernant les préavis fait déjà l’objet de contestations. Les spécialistes du droit du travail affirment que le texte de cet accord est bourré d’erreurs et, dès lors, il ne pourra pas tenir. D’autre part, la CNE – la centrale du syndicat chrétien des employés – rejette l’accord en bloc. Seule la FEB se réjouit. Le SETCa (syndicat des employés de la FGTB) se tait dans toutes les langues. Et le gouvernement fait fi de tout cela : il a adopté l’accord tel quel au « kern ».

 

Chipoter ainsi avec le droit social s’avérera très vite contreproductif.

 

Anne : Quid ?

 

Les trotskystes de la LCR ont dénoncé un texte signé par Anne Demelenne, la secrétaire générale de la FGTB, publié dans le cadre de la campagne « citoyens engagés » de l’Institut Emile Vandervelde (IEV), sous le titre de « l’action commune socialiste ».

 

 

 

Demelenne-Belga.jpg 

 Anne Demelenne : peut mieux faire pour l'indépendance syndicale !  

 

 

Il semblerait que ce texte plus politique que syndicaliste ait en réalité été rédigé par  le directeur général adjoint de l’IEV, un cabinetard du nom de Gilles Doutrelepont qui n’a absolument pas la fibre syndicale…

 

Anne Demelenne et Gilles Doutrelepont démentent, mais ce texte est incontestablement mauvais et ne reflète en rien une position socialiste et… syndicaliste. Jugez plutôt en vous reportant sur le site de l’IEV :

http://www.citoyensengages.be/getattachment/49e65bc3-a8d8-4d68-984f-e4f8f05012fc/L%E2%80%99Action-commune-en-2013%C2%A0-pourquoi-et-comment.aspx

 

En tout cas, cela fait désordre. Et on se pose la question de l’indépendance syndicale tant revendiquée par Anne Demelenne…

 

 

Pierre Verhas

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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 23:19

La social-démocratie et nous (2/3). Cette Europe là ne sera pas la nôtre en 2014 !

 

 S’il fallait une seule raison de douter du « tournant à gauche » de la direction du P.S., on la trouverait dans l’accueil enthousiaste qu’elle a réservé à l’accord budgétaire, présenté quasiment comme une victoire socialiste. Qu’on comprenne bien : c’est un chose de défendre les ministres socialistes, d’expliquer qu’ils ont fait tout ce qu’ils ont pu, d’énumérer les concessions arrachées à la droite. On le sait bien, « Ce serait pire sans nous ». Mais occulter les aspects négatifs n’est pas sérieux. Il y a de la régression sociale dans la balance du compromis : la TVA pour les avocats va défavoriser la masse des petits justiciables, l’allocation de rentrée scolaire est laminée, et cet immense bricolage de réduction des dépenses publiques va comporter, le diable étant dans les détails, bien des effets collatéraux mal mesurés aujourd’hui. Bref : la politique d’austérité pesant d’abord sur le plus grand nombre se poursuit.

 

L’épisode démontre que le PS est incapable, dans sa propagande, de pratiquer une pédagogie autonome, indépendante de sa participation gouvernementale. Qu’il est même incapable de faire de la pédagogie ! On ne peut pas, à la fois, critiquer la politique euro –libérale et défendre la soumission aux diktats budgétaires de la Commission et de l’Allemagne, le traité TSCG (« Tous saignés comme les Grecs »). Car cette Europe là est un leurre, une fausse Europe, une non Europe, l’Europe du grand capital et des marchés financiers.

 

Sur le six-pack socialiste…

 

Les six « réformes de gauche pour changer l’Europe » du PS forment un  programme électoral pour 2014 qui va dans le bon sens et résume les idées de nombre d’économistes non libéraux. Mais sans plus. C’est bien de vouloir conférer à la BCE le droit d’acheter directement de la dette d’Etat, mais ce serait mieux de mettre en cause la structure même de la dette publique, d’en contester la légitimité, de parler remise et « consolidation ». Mais cela, ce serait effrayer les marchés financiers, ce que la social démocratie n’ose jamais faire. Une politique industrielle européenne ? Tout espoir de sidérurgie intégrée a disparu pour le bassin liégeois. La scission des banques d’affaires et des banques de dépôt ? Pays par pays, les gouvernements en font le minimum, les banquiers n’en veulent pas. La taxe sur les transactions financières ? C’est un vrai serpent de mer qui, dans l’Union européenne, apparaît et disparaît. Il faut dire tout cela pour être crédible.

 

Trois camps en présence

 

Les médias opposent globalement les « eurosceptiques » et les partisans de «  l’Europe », comme si c’était là la ligne de démarcation. Mais la gauche anticapitaliste n’a rien à voir avec les « souverainistes », avec les adversaires de l’euro, avec les populistes nationalistes. Elle refuse par contre la pseudo Europe du grand capital, celle de la Commission européenne, des Van Rompuy et des Barroso. Et elle refuse l’Europe des illusions et du mensonge permanent.

Il y aura donc trois fronts en vue des élections européennes de 2014.

 

Aucune liste « à gauche du PS » ne pourra emporter un siège de député européen. Affaiblir la social-démocratie en faisant cadeau d’un siège à la droite serait aberrant. Mais on peut conseiller au président du PS d’embarquer dans « sa » liste, avec le statut d’indépendants, des contestataires de l’obéissance budgétaire, elle y gagnerait en crédibilité !    

 

 

Robert Falony

 

 

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